dimanche 30 mars 2008

Track of The Day (25-31 mars 2008)

Une semaine musicale avec des géants et quelques nouveaux groupes charmants. Ainsi que la suppression des pages persos où j'entreposais de la musique pour la mettre en écoute ici, et ce uniquement en streaming. Ce qui explique donc le fort ralentissement dans l'écriture et la publication de nouvelles chroniques (et c'est pas l'envie qui manque). Merci Free! Mais heureusement, il reste deezer! (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite)


Lundi 31 mars 2008:

* Leonard Cohen - Boogie Street [Sony]
Le grand Leonard Cohen sera de passage en France cet été. Auteur-compositeur-interprète mythique, il distille ses albums au compte-gouttes (le dernier, 'Book of Longing' composé avec Philip Glass, est sorti en 2007. Et je viens de l'apprendre). Ses dernières productions ont un son particulièrement froid: une boite à rythme, sa voix burinée au whisky et ses textes, toujours aussi bons. Il faut aimer. Et j'avais bizzarement beaucoup apprécié son 'Ten New Songs' de 2001, malgré cette production chaude comme du marbre en hiver. La présence de deux voix féminines sur cet album aidant surement à l'affaire. Comme sur ce Boogie Street, renversant...
(disponible sur Ten New Songs, 2001)

Dimanche 30 mars 2008:
* Young Republic - Girl From The Northern States [End Of The Road]
Entre Belle and Sebastian, Adam Green voire Herman Düne, ce disque pop est un vrai bonheur. On ressortira quand même ce Girl From The Northern States, qui évoque un des plus grands titres de Bob Dylan et qui semble avoir pris la bande de Stuart Murdoch en backing band.
(disponible sur 12 Tales From Winter City, 2008)

Samedi 29 mars 2008:
* Lee Hazlewood - It's Nothing to Me [Four Music]
Dans quelques semaines, quand j'aurais plus de temps, quand mon hébergeur ne me fera pas de coups dans le dos, je reprendrai les chroniques de disques Oldies. J'en consacrerai une chronique au grand Lee Hazlewood qui nous a quitté l'an passé et à un de ses albums majeurs. Avant cela, retournons en 2006 et écoutons un It's Nothing to Me qui me donne à chaque fois les larmes aux yeux. Putain de vie.
(disponible sur Cake or Death, 2006)

Vendredi 28 mars 2008:
* Bon Iver - For Emma, Forever Ago [Jagjaguwar]
Je reparlerais de ce disque splendide dans quelques temps (comprendre: quand j'aurais trouvé un nouvel hébergeur de son). Mais avant, voilà For Emma, Forever Ago, titre qui clôt l'album du même nom de Bon Iver. De la pop matinée de folk, avec des cuivres et des voix douces et hauts perchées. Merci Jagjaguwar!
(disponible sur For Emma, Forever Ago, 2008)

Jeudi 27 mars 2008:
* Scenario Rock - Histrionics [Jive]
Deuxième et nouvel album pour ces français, plus célèbres par les remix de Justice de leurs tubes (Skitzo Dancer pour ne pas le nommer) qu'autre chose. Un second opus plutôt frais et réussi d'où on ressortira le titre éponyme, Histrionics, long titre baroque de plus de dix minutes et vrai grand morceau de bravoure pop.
(disponible sur Histrionics, 2008)

Mercredi 26 mars 2008:
* The Hold Steady - Chips Ahoy! [Vagrant]
Du rock pompier? Du hard-rock Fm? Bof, à dire vrai, je ne sais pas trop. Un album pas forcément parfait mais quelques passages réjouissants, comme ce Chips Ahoy!, aux riffs gros comme une maison. Ou quand Springsteen rencontre Blue Öyster Cult. En gros.
(disponible sur Boys and Girls in America, 2006)

Mardi 25 mars 2008:
* Alain Bashung - La Nuit Je Mens [Barclay]
Son nouvel album, 'Bleu Pétrole' vient de sortir et il est encensé de partout. Avant de revenir dessus dès que j'aurais pu y mettre une oreille dessus, retour sur 'Fantaisie Militaire', peut-être le plus bel album d'Alain Bashung, géant parmi les géants. Un disque porté par ce poppy La Nuit Je Mens, sublimé par le talent des Valentins.
(disponible sur Fantaisie Militaire, 1998)

lundi 24 mars 2008

Track of The Day (18-24 mars 2008)

Une semaine toute en douceur, histoire de retrouver un peu de sérénité. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer, à droite).


Lundi 24 mars 2008:

* L'Altra - Soft Connection [Aesthetics]
Une des petites pépites des années 2000 se nomme 'In The Afternoon' de L'Atra, groupe de Chicago. Un disque sorti en 2002, d'une douceur et d'une beauté à en faire frissonner plus d'un. J'aurais pu prendre n'importe quel des dix titres de cet album qui n'a toujours pas pris le semblant d'un début de ride en six ans. Merveilleux.
(disponible sur In The Afternoon, 2002)

Dimanche 23 mars 2008:
* Adam Green & Ben Kweller - Kokomo (Beach Boys cover) [Rough Trade]
Quand Adam Green s'acoquine avec Ben Kweller le temps d'un morceau, ça donne un hors du temps Kokomo, reprise du célèbre tube des Beach Boys. Savoureux.
(disponible sur Jessica Ep, 2003)


Samedi 22 mars 2008:
* REM - Nightswimming [WEA]
Dans la série 'classic rock', et alors que leur nouvel album va voir le jour (sera t-il aussi ennuyeux que leur dernières livraisons, toute la question est là) je voudrais un extrait de 'Automatic For The People' de REM, le pianesque et plein de cordes Nightswimming. Filez moi un mouchoir.
(disponible sur Automatic For The People, 1992)

Vendredi 21 mars 2008:
* The Cure - Friday I'm in Love [Fiction]
J'ai envie de pop. Genre un titre qui résumerait l'affaire en 3'30 et des brouettes. Friday I'm in Love des Cure s'impose. Et tant pis si l'album sur lequel ce titre est sorti ('Wish') est descendu depuis 15 ans par les puristes. Et en plus on est vendredi.
(disponible sur Wish, 1992)

Jeudi 20 mars 2008:
* Sandrine - Let The Love [Nettwerk]
Bizarrement, il est rarement question d'artistes féminines sur ce blog. Remédions donc à cela avec ce Love and Pain, très sixties, extrait du nouvel album Sandrine, 'Dark Fades Into The Light'. Un titre (et un disque) charmant, très loin d'être essentiel, que l'on se réservera pour les jours de matins calmes.
(disponible sur Dark Fades Into The Light, 2008)

Mercredi 19 mars 2008:
* Wolfman - For Lovers (feat. Pete Doherty) [Rough Trade]
Dans dix ans, quand on se souviendra de Pete Doherty, que restera t-il: ses déboires? le nombre de cure de désintoxication qu'il aura abandonné? Le nombre de lignes qu'il se sera envoyées dans les narines? Non. Car n'en déplaise aux esprits chafouins, ce mec là, derrière tous les excès qui le caractérisent aujourd'hui, est un putain de songwriter. Et s'il n'a pas totalement écrit ce For Lovers là, il est en grande partie responsable de sa qualité, juste un petit bonheur de pop song.
(disponible sur For Lovers Ep, 2003)

Mardi 18 mars 2008:
* CyrzLe Fer Forgé [Pias]
Les auteurs-compositeurs de talent, ça existe en France. La preuve avec Cyrz qui, dans un premier album certes inégal, trouvait quand même le moyen de pondre une merveilleuse de chanson à l'harmonica, Le Fer Forgé, porté par un texte sublime, tout en métaphore. Magistral.
(disponible sur Un Morceau de Mon Avenir, 2006)

jeudi 20 mars 2008

Tanakh - Ardent Fevers [Alien8]

En cette période de paresse musicale (comprendre: une préférence à plonger dans quelques vieux disques plutôt qu'autre chose), je me suis dit qu'il serait temps de vous présenter (enfin, pour ceux qui ne le connaissent pas) un songwriter que j'aime beaucoup: Jesse Poe.

Américain de son état, Jesse Poe n’est pas quelqu’un qui se laisse aller à la facilité. Jesse Poe n’est pas du genre à perdre son temps à faire deux fois la même chose. Non. Bien au contraire, Jesse Poe est quelqu’un qui a une vision bien singulière de sa passion, tentant de défricher un grand nombre de styles musicaux. Et à chaque fois, il le fait avec classe.

Tanakh, en dépit de nombreuses autres collaborations et d’autres groupes dont il assume le leadership, reste sa principale «créature». Une bête fascinante qui dévoile à chaque nouvel album un visage qu’on ne lui connaissait pas.

De 'Villa Claustrophobia', on se souvient d’un disque plein d’abstraction, de grands espaces d’orients aux contrées occidentales. De son successeur, le splendide 'Dieu Deuil', on a la réminiscence d’un folk planant, très post-rockien. Quant à leur album éponyme sorti en 2004, c'était un grand moment de musique expérimentale, aussi délicat d’accès qu’hypnotique.

En 2006, le bougre a pris tout le monde a revers en osant sortir 'Ardent Fevers', un disque de folk/folk-rock, chez Alien8 (et un dans mon top 3 de l'année). Un disque d’une beauté manifeste et d’une classe folle. Car autant ne pas cacher la fin de l’histoire plus longtemps, 'Ardent Fevers' est un grand album. Indéniablement, le plus beau de folk/folk-rock sorti cette année là. Un album digne des plus grands qui frappe par la force de ses compositions et par une production absolument effarante de précision et de perfection.

En onze titres, Tanakh convie guitares sèches et électriques, batterie soignée, cuivres lyriques, chœurs apaisés et cordes déchirées. Il faut se voir frissonner devant la trompette de Grey Breathes, humer l’air des Etats-Unis des années 50 sur Hit The Ground ou fredonner un Restless Hands très sixties.

Sans s’éloigner des codes traditionnels du folk, Jesse Poe y apporte sa touche, en prenant un malin plaisir à laisser la musique prendre le pas sur le chant, autorisant ainsi l’esprit de l’auditeur à aller vagabonder et se perdre dans des contrées oniriques faites de plaines désertiques ou embrumées, parfois uniquement troublées par quelques accords bluesy d’une guitare acérée (les splendides Still Trying to Find You Home et Takes and Read).

Il y a dans les morceaux de Tanakh ce je-ne-sais-quoi de Neil Young et de Leonard Cohen. Un petit riff pour sublimer un rien, un souffle pour faire frissonner, une phrase pour dérouter. Un grand songwriter qui à chaque nouvel album confirme encore plus tout le bien que l’on pensait de lui. Un artiste assez hors-norme, comme cet album qui reste longtemps en bouche, tel un succulent bonbon que l’on voudrait éternel. (sortie: 4 avril 2006)

Son:
Myspace (4 titres en écoute)

Deux titres en écoute, un tout en douceur (
5 a.m) et un autre qui semble rendre hommage aux années 70 et à ses longs solo qui pourraient (devraient?) en faire hurler quelques uns (Take and Read). (malheureusement, plus en écoute).

lundi 17 mars 2008

Track of The Day (10-17 mars 2008)

Une playlist assez éclectique entre hip, pop et hop. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite).


Lundi 17 mars 2008:
* The WeepiesThe World Spins Madly On [Nettwerk]
Oh, The Weepies ne renversera jamais l'histoire de la musique. On les aura peut-être oublié dans deux ans. Pourtant, leurs folk-pop songs ont la douceur de ces matins d'été, où le soleil pointe timidement le bout de son nez et où une petite brise vous caresse le cou. C'est simple. Beau. Charmant. Je pourrais passer des heures à les écouter en rêvant d'avoir un peu d'herbe sous la nuque.
(disponible sur Say I Am You, 2006)

Dimanche 16 mars 2008:
* The AccidentalTime and Space [Full Time Hobby]
Ça ressemble à Tunng, c'est signé sur le même label que Tunng, y a des gens de Tunng dans l'affaire, mais ce n'est pas Tunng. Ça y ressemble pourtant: folk-pop mélodieux (mais pas organique), plutôt sympathique sans être extraordinaire, mais qui contient de beaux moments comme ce délicieux Time & Space.
(disponible sur There Were Wolves, 2008)

Samedi 15 mars 2008:
* The Roots - Don't Feel Right [Def Jam]
Le Def Jam de Jay-Z offrait il y a deux ans un bien bel endroit aux Roots pour sortir leur nouvel album. Entre pochette engagée, hommage vibrant à Jay Dee et prods à tomber, leur 'Game Theory' tombait sous le sens. Comme son titre étendard, l'excellent Don't Feel Right.
(disponible sur Game Theory, 2006)

Vendredi 14 mars 2008:
* Sons and Daughters - Killer [Domino]
Les Sons and Daughters, sur la face B de Gilt Complex, premier single extrait de leur tout dernier album 'The Gift' (où il y a à boire et à manger, comme souvent), reprennent le cultissime Killer d'Adamski. Leur version sur-vitaminée est un petit bonheur jouissif. A écouter bien fort.
(disponible sur Gilt Complex Ep, 2008)

Jeudi 13 mars 2008:
* The Wedding Present - Interstate 5 (Extended Version) [Talitres]
A la fin de 2009, à l'heure du bilan sur la première décennie du nouveau millénaire, on reparlera de cet album, grand disque rock par un grand groupe, fan de Georges Best. Et l'on réécoutera ce Interstate 5, bonheur continu de huit minutes, avec un énorme plaisir, le réévaluant sans cesse. On pari?
(disponible sur Take Fountain, 2005)

Mercredi 11 mars 2008:
* Rage Against The Machine - Killing In The Name of SebastiAn (SebastiAn Remix) [Ed Banger]
Dans le genre tube parmi les tubes bien dur à remixer, l'hymne générationnel Killing In The Name Of des Rage Against The Machine se pose là. SebastiAn s'y emploie pourtant, s'en sort plutôt pas mal et ajoutes des voix vocodoïsées et des basses dans tous les sens. Bizarre à la première écoute, assez addictif dès la seconde.
(disponible sur Walkman 2 Ep, 2007)

Mardi 10 mars 2008:
* Promoe - These Walls Don't Lie [Burning Heart]
Promoe, tête de proue de Looptroop, en 2004 sortait, sans crier gare le tube de la dite année. These Walls Don't Lie donc, petit moment magique de hip-pop enregistré en Jamaïque , d'une efficacité sans borne qui rentre dans la tête pour ne plus en ressortir. Tout le monde est passé à côté. Et je me demande encore comment...
(disponible sur Long Distance Runner, 2004)

jeudi 13 mars 2008

Cunninlynguists – Dirty Acres [APOS Music]

Hormis dans la partie ‘Track of the day’, cela faisait un petit bail que je n’avais pas parlé dans ces pages de hip-hop. Il faut dire aussi que depuis quelques temps déjà, rien ne m’avait chatouillé l’oreille avec intérêt. La découverte (avec retard) de ce quatrième album des Cunninlynguists (soit dit en passant, le meilleur nom de groupe du monde), ‘Dirty Acres’, a donc été un petit choc et un vrai ravissement. Et l’occasion de pousser un bon gros «s’pas trop tôt» de soulagement.

Ce n’est pas la première fois que les trois compères Deacon The Villain, Natti et Kno m’enchantent. Leur second opus en 2003 ‘SouthernUnderground’ m’avait vraiment marqué à l’époque. Depuis, cinq ans ont passé, j’ai perdu cet album là, je n’ai jamais réécouté les Cunninlynguists qui ont continué leur route, sortant même, si l’on en croit les spécialistes, leur chef d’œuvre en janvier 2006, ‘Piece of Strange’.

Je ne sais pas si ce ‘Dirty Acres’ sera leur apogée discographique, s’il dépasse son prédécesseur ou s’il marquera l’histoire de la musique dite urbaine. Mais en tout cas il a du coffre. Il en résulte un mélange subtil de prod à la Madlib, de sons tout droit sorti des années 90 (le titre éponyme, c’est du Warren G époque ‘Regulate… G-Funk’, un des disques qui a bercé mon adolescence), de samples venant directement du début des années 70 et d’hip-hop plus indé (une musique très ouverte, qui pioche l’inspiration à droite et à gauche). Bref un petit bonheur d’idées éparses mais qui finissent par faire un ensemble homogène.

Ajoutons une bonne dose d’engagement politique sur ce ‘Dirty Acres’ (une constante chez le groupe) – il faut entendre Kno déclamer sur Georgia (voir plus bas) chanson hommage à son état de naissance “Do yall have time to discuss God's grace – if you're too busy studying the color of a face? – I don't follow man to avoid the disgrace – of the closed-minded culprits of Southern mistakes” - ou écouter ce K.K.K.Y qui évoque les abrutis blancs à capuches blanches à pointes – et vous obtenez un disque hip-hop de grande qualité et qui aurait mérité qu’on fasse un peu plus de bruit à son propos.

Car oui, ce voyage dans le monde merveilleux (?) des États-Unis d’Amérique des Cunninlynguists est savoureux. ‘Dirty Acres’ est le genre d’album doux et délicat : les flows sont posés, en rien agressifs et caressent littéralement les beats dans le sens du poil. Le tout recèle de petites perles – disséminés pour la plupart en fin de d’album – et qui ne demande qu’une chose : qu’on appuie toutes les 40 minutes sur play, à nouveau. (sortie : 27 novembre 2007)

Son :
Myspace (4 titres de ce ‘Dirty Acres’, 2 de ‘Piece of Strange’)

Deux titres pour cet album : un Dirty Acres qui m’évoque donc quelques prods West Coast du milieu des années 90 et un Georgia, mélodiquement imparable (malheureusement plus en ligne).

Et pour finir, la video de K.K.K.Y, single de l’album:


mardi 11 mars 2008

Cloud Cult – Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes) [Rebel Group]

C’est dingue comme un rien vous change la vie. Prenez Cloud Cult, groupe dont j’avais découvert l’existence l’an passé par un forumeur ami en études au pays de l’Oncle Sam, via leur splendide ‘The Meaning of 8’. Une claque. Un coup de boule. La première écoute m’avait tellement marqué, les suivantes l’avaient tant confirmée que je n’avais pas eu d’autres choix que d’en faire mon album de 2007.

Un an presque jour pour jour, le groupe mené par le couple Minowa revient avec un sixième album, ‘Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)’, qui tranche avec son (voire même ses) prédécesseur. Fondamentalement, Cloud Cult restent les mêmes : la pop étant leur rayon, ils continuent dans cette voie. Elle est toujours tourmentée, baroque, endiablée, déjantée. Il y a toujours des passages lo-fi, toujours quelques pointes d’électro, toujours ce rythme désormais reconnaissable entre mille, toujours cette voix (voire même plus souvent qu’à son tour ces voix) particulièrement touchante et toujours ces contre-pieds constants dans chaque morceau. Sauf que tout est moins poussé.

Cette fois, le groupe la joue plus simple, semble s’éloigner de la mort du fils Minowa qui lui pèse tant et qui habitait énormément ses premiers albums, sort une pochette moins hideuse que ses devancières, pond un disque d’une petite quarantaine de musique pour treize titres et ramène le piano sur le devant de la scène. En resserrant le tout, il devrait convaincre ceux qui avaient (les fous !) trouvé l’album trop long, trop plein. Cette fois, tout est clair, concis : chaque titre est un single possible.

Que ce soit avec No One Said It Would Be Easy (voir plus bas) qui ouvre ce ‘Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)’ – merveille de titre, peut-être le plus fort de l’album, avec un piano répétitif et aigue qui vous donne l’envie de vous jeter par la fenêtre, May Your Hearts Stay Strong – belle mélodie pop mariée à quelques scratchs, When Water Comes To Life – aux cordes somptueuses, tout est fait pour succomber. L’inverse serait étonnant. Et puis même, au cas où la beauté et le talent de ce groupe vous auraient échappé pendant les douze premiers titres, il restera toujours ce Love You All qui clôt l’album, histoire de bien enfoncer le clou.

Bref, mon histoire d’amour avec Cloud Cult n’est pas prête de s’arrêter. On n’a pas idée d’avoir autant d’idées à la minute, autant de mélodies dans la tête. Craig Minowa a tout d’un génie. Un jour le monde entier le saura. Et bizarrement, je me dis que ce jour ne devrait plus trop tarder. (sortie : 8 avril 2008)

NB : Ce disque ne sortira pas en France (en tout cas, il y a bien peu de chances). Il est disponible à l’achat en cliquant ici (et vu le cours du dollar en ce moment, vous auriez tort de vous en priver).

Son :
Myspace (deux titres en écoute de ‘Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)’)
Site Officiel

Comme d'habitude donc, deux chansons de l'album en question: Un No One Said It Would Be Easy merveilleux et un Journey Of The Featherless sautillant. Succombez. (malheureusement, plus en écoute).

lundi 10 mars 2008

Track of The Day (04-10 mars 2008)

Un peu de son black (ça faisait longtemps), quelques nouveautés et avant-premières ainsi qu'une reprise des plus délicates. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer, colonne de droite).


Lundi 10 mars 2008:

* Sebastien Tellier - La Ritournelle [Recordmakers]
La France a donc choisi Sebastien Tellier pour la représenter à l'Eurovision. On se fout de cette compétition à deux sous certes, mais ça fait quand même plutôt plaisir de voir un gars comme lui sur le devant de la scène. Histoire donc de célébrer l'évènement (et parce que je n'ai toujours pas écouté son tout nouveau 'Sexuality'), replongeons nous dans sa Ritournelle qui l'a rendu (presque) célèbre. Toujours aussi délicieux.
(disponible sur Politics, 2003)

Dimanche 9 mars 2008:
* The Kills - Black Balloon [Domino]
Sur leur nouvel album, 'Midnight Boom', The Kills y sont surprenant et s'écartent de ce qui a fait leur succès avec leur deux premiers opus. Il n'empêche que Alison Mosshart (dit VV) et Jamie Hince (aka Hotel) y sont très convaincants. La preuve avec ce Black Balloon, tout en douceur.
(disponible sur Midnight Boom, 2008)

Samedi 8 mars 2008:
* Feeder - Miss You [?]
Alors que le trio est toujours en studio, ce premier titre du prochain album (prévu pour cette année) vient de faire son apparition sur le net. Un Miss You nerveux et concis, tubesque à mort, qui devrait enfin faire de Feeder un des groupes à succès des prochains mois.
(disponible sur leur futur nouvel album, 2008)

Vendredi 7 mars 2008:
* The Herbaliser - Serge (feat. Katerine) [Ninja Tune]
En 2005, The Herbaliser rendait hommage à Serge Gainsbourg avec ce titre sobrement intitulé Serge, sur lequel Katerine vient poser sa voix dans un déluge de cordes à la Melody Nelson. Grand moment.
(disponible sur Take London, 2005)

Jeudi 6 mars 2008:
* Danger Mouse & Jemini - The Only One [Lex]
Premier album à faire éclater le talent dingue de Danger Mouse, le 'Ghetto Pop Life' avec Jemini (ce dernier au flow, lui à la prod) s'imposera à la fin de la décennie comme un des meilleurs disques hip-hop de son temps. Fin, pas gling-gling pour un sou, encore moins vulgaire: juste énormément bon.
(disponible sur Ghetto Pop Life, 2003)

Mercredi 5 mars 2008:
* Dub Incorporation - Life (feat. Tiken Jah Fakoly) [Productions Speciales]
Les Stéphanois de la Dub Incorporation invitent Tiken Jah Fakoly sur leur premier album. En résulte ce duo reggae-mais-pas-que Life d'une efficacité sans borne, entre accents africains et chants kabyles.
(disponible sur Diversité, 2003)


Mardi 4 mars 2008:
* Keren Ann - Hallelujah [Delabel]
La belle Keren Ann reprend le Hallelujah de Leonard Cohen (ou plutôt la version de John Cale, à peine différente de l'originale) et la pond à sa sauce. Intimiste, charmante. Comme elle.
(disponible sur Keren Ann (Bonus CD), 2007)

mardi 4 mars 2008

Nina Nastasia – On Leaving [Fat Cat]

Elle a le charme de ces femmes qui ont vu la vie ne pas leur faire de cadeaux. Elle a une discographie sans faille. John Peel la trouvait extraordinaire. Steve Albini est son producteur attitré. Elle a sorti des albums sur Touch&Go et Fat Cat - ce qui vous classe quand même un artiste. Elle est en tournée en France dans les jours qui viennent.

Et comme Nina Nastasia, malgré tout son talent, n’a jamais connu un début de commencement de notoriété, je me suis dis qu’il serait bien (et en quelques mots ; on m’a répété que mes chroniques étaient bien trop longues) de mettre en avant une telle artiste. Histoire de motiver – sait-on jamais – quelques uns à sortir ces jours prochains leurs oreilles pour une bien belle balade.

Car Nina Nastasia est une artiste à côté de laquelle il serait indécent de passer. Le genre de songwriter dont on se rendra compte de l’immense talent dans une quinzaine d’années, quand l’eau aura coulé sous les ponts et que toutes ses contemporaines auront disparues aussi vite qu’elles auront lassées.

Auteur de cinq albums (dont un très beau ‘You Follow Me’ l’an passé avec Jim White de Dirty Three), 'On Leaving' est son quatrième. Un disque à l’ambiance très particulière, qui tranche avec la noirceur de 'Run to Ruin', son troisième album. Ici, le schéma est plus classique : guitare-piano et une batterie effleurée de temps à autres.

Au-dessus, cette voix, mélange de fragilité et d’assurance, avec pleins de sentiments dans chaque intonation, qui fait une grande partie du charme de Nina Nastasia. Et puis cette production, au cordeau, d’une délicatesse folle, où le piano semble loin tout en étant proche, où l’arrivée des cordes est juste évidente, où la voix est placée au bon endroit au bon moment, où les quelques notes de guitare acoustique ont un effet immense sur l’auditeur. Bref, Steve Albini dans toute sa splendeur, au service de la miss.

'On Leaving' est un disque qui, aux premières écoutes je m’en souviens, m’avait pris à la gorge. J’en avais presque même eu les larmes aux yeux en écoutant le titre 11, Bird of Cuzco (voir plus bas), hommage à John Peel et à cette ville qui l’a vu mourir. Bref, j’en ai été retourné. Ce qui est fou, c’est que je pourrais dire la même chose de ses quatre disques précédents. D’ailleurs, pourquoi parler de cet album là et pas de ‘The Blackened Air’ ou son somptueux ‘Dogs’ (dont j’avais mis un titre en écoute ici). Et pourquoi pas d’ailleurs ?

Nina Nastasia donc. Une bien grande songwriter (il faut se pencher sur ses textes, qui ne respire certes pas toujours la joie de vivre, mais quand même), à la grâce infinie, de passage chez nous et qui vient de sortir un nouveau single, What She Doesn't Know issu lui aussi des sessions de ce 'On Leaving', plus que jamais recommandable. (sortie : 11 septembre 2006)

Nina Nastasia en tournée française :
06 mars: Epicerie Moderne, Feyzin (69)
07 mars: Emmetrop, Bourges
08 mars: Le Vauban, Brest
09 mars: Nouveau Casino, Paris
10 mars: YAMOY, Nantes
12 mars: Cave Aux Poetes, Roubaix

Son :
Myspace (5 titres en écoutes)

Deux morceaux, assez courts, mais qui veulent dire beaucoup. Cinq minutes en cumulé. Et pourtant, les frissons sont bien là. Si vous n’en chopez pas à l’écoute de Treehouse Song et Bird of Cuzco, vous n’êtes pas humains (malheureusement, plus en écoute).

lundi 3 mars 2008

Track of The Day (26 février-03 mars 2008)

Quelques oubliés de 2007, un grand titre de 2006 et une merveille de tube de 2008. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer, à droite).


Lundi 3 mars 2008:
* Dominique A - Le Courage des Oiseaux [Cinq 7]
L'immense Dominique A a donné corps, en 2007, à un album live assez miraculeux, suite à la sortie de 'L'Horizon' l'année précédente. Un live très réussi qui restitue bien tout la classe de cette tournée magistrale, très rock. La version de son célèbre Le Courage des Oiseaux en est la meilleure preuve.
(disponible sur Sur Nos Forces Motrices, 2007)

Dimanche 2 mars 2008:
* Alaska In Winter - Close Your Eyes - We Are Blind (feat. Beirut & Choir) [Regular Beat]
Une des belles découvertes de fin d'année dernière. Bienvenue dans les froides contrées de l'Alaska. Beirut version grand nord, avec quelques touches d'electro. D'ailleurs, l'ami francophile est présent sur ce titre là, qui clôt leur premier album.
(disponible sur Dance Party in The Balkans, 2007)


Samedi 1er mars 2008:
* The Chemical Brothers - The Pills Won't Help You Know (feat. Midlake) [Virgin]
The Chemical Brothers ont tendance à bien m'ennuyer depuis la sortie de leur 'Come With Us' il y a quelques années de cela. Mais comme à chaque fois, il y a toujours un titre à ressortir sur leurs albums. Sur leur 'We Are The Night' de l'an passé, c'est leur tout dernier titre, celui où Midalke est invité. On a vu pire conclusion...
(disponible sur We Are The Night, 2007)

Vendredi 29 février 2008:
* Magnolia Electric Co. - The Old Horizon [Secretly Canadian]
Le toujours prolifique Jason Molina, en 2006, pondait ce The Old Horizon totalement habité, au piano d'où il ressort une grande tristesse. Pourtant, ce titre se trouve sur l'album 'Fading Trails', plus léger à l'écoute, plus happy que ses prédécesseurs. Sauf ce titre donc.
(disponible sur Fading Trails, 2006)

Jeudi 28 février 2008:
* Spoon - Don't Make Me a Target [Merge]
Album découvert assez tardivement pour ma part (le titre ne m'ayant pas bizarrement donné trop envie de m'y plonger), je rattrape le retard, me jette dedans régulièrement avec délice. Comment ne pas écouter un disque comme ça quand il commence par un titre comme Don't Make Me a Target? Impossible. Juste impossible.
(disponible sur Ga Ga Ga Ga Ga, 2007)

Mercredi 27 février 2008:
* Iron & Wine and Calexico - Burn That Broken Bed [Touch & Go]
En 2006, Iron & Wine et Calexico, le temps d'un mini-album, m'avait mis à genoux. On retient souvent de cette collaboration le splendide He Lays In The Reins. A juste titre. Mais comme ce disque est entièrement plein de merveilles, autant écouter un titre moins "connu" (tout est relatif) comme ce bijou qu'est Burn That Broken Bed où la trompette Calexic-ienne fait merveille tout du long.
(disponible sur In The Reins, 2006)

Mardi 26 février 2008:
* Morley - Call On Me [Polydor]
Je ne connais pas la demoiselle ou la dame qui se cache derrière le pseudo de Morley. Jamais entendu parler d'elle. Mais son Call On Me, entendu l'autre jour au détour d'un rayon de disque, m'a scotché. Je reviendrais sur l'album s'il y a lieu. Mais ce titre là est déjà un bonheur tout simple et sans fin.
(disponible sur Seen, 2008)