The Serfs est un de ces groupes à-part. Du genre sans compromission, qui trace sa voie de post-punk perturbé, de synth-wave plus que pop avec ce soupçon d'indus sans se retourner, toujours sûr de lui, avec une ligne directrice dont il ne démord pas. Comme s'il se fichait du succès et n'entendait rien d'autre que sa vision, qu'elle plaise ou non.
Après trois albums (le dernier, 'Half Eaten by Dogs', date de 2023), le trio de Cincinnati revient petit à petit aux affaires : un 45-tours pour Trouble In Mind Records à l'automne dernier et un nouveau single le 26 mars dernier, Bodies in Water (en écoute aujourd'hui). Une chanson synthétique à la voix pleine d'écho, presque indolente mais à l'efficacité hypnotique, genre de New Order sous tranxène, à la mélodie et aux waves dansantes autant que langoureuses et nébuleuses, et toujours un rien désespérés (« Born with two hearts. One for destruction, and one just to stay alive »).
J'ai tout fouillé. Tout. J'ai passé ma collection de disques en revue. Deux fois. J'ai fouillé les archives de ce blog de fond en comble. J'ai lu toutes les chroniques à leur propos que j'ai pu trouver. J'ai demandé à des amis. J'ai ressorti ma vieille collection de CD mp3 qui traine au fond d'un placard et qui n'avait pas vu le jour depuis sans doute une décennie. J'ai même demandé (première fois pour moi) à Chat GPT. Et... rien. Nada. Que tchi. J'ai beau écouter, réécouter, et reréécouter depuis quinze jours Life Is A Movie, la chanson qui ouvre 'Surgery and Pleasure' de Vundabar, je n'arrive pas à mettre l'oreille sur le groupe auquel ce trio américain me fait penser - et pas qu'un peu.
Pourtant, il y a tout dans ce morceau qui devrait sonner comme une évidence : la production comme granuleuse, ces guitares nerveuses et leur façon de sonner, ce chant et surtout ce refrain (ce foutu refrain même !). Mais non, toujours rien. Et le reste de l'album, dans la lignée de cette chanson d'ouverture, ne m'a pas plus aidé. On a beau y entendre du Interpol, du Against Me, du Editors, un rien de Pavement (la longue balade I Need You), de Franz Ferdinand aussi (ce côté dansant qui ressort ici et là) et plus globalement toute une flopée de groupes des années 2000 (et sans doute même plutôt dans sa deuxième moitié), rien n'y fait et surtout, rien de quoi me convaincre totalement. Non, la vérité est ailleurs semble-t-il, mais où ? La question est là.
Vous me direz, est-ce vraiment crucial ? Pour ma santé mentale, sans doute, oui. Mais en vérité, non, Life Is A Movie (en écoute aujourd'hui) étant une sacrée bonne chanson, qui ouvre qui plus est un bel album, plus anglais qu'on pourrait le croire, et qui, s'il ne réinvente pas la roue vous l'aurez compris, le fait bien. Surtout, un morceau qui se suffit à lui-même, aguicheur, riffeur, nerveux et sacrément bien tourné. Mais tout de même, si quelqu'un a une idée, l'illumination ou ne serait-ce qu'un bout de piste, je suis preneur : je suis sur le point de devenir fou.
Album : Surgery and Pleasure Année : 2025 Label : Loma Vista