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mardi 18 juillet 2017

[Track of The Day] The Beach Boys - God Only Knows (Brian Sings Lead)

Un grand piano blanc. Et un homme, rondouillard, vieilli, aux cheveux grisonnant, assis derrière. Brian Wilson. A ses côtes, son vieux compère des Beach Boys Al Jardine, et tout un groupe dédié à une seule chose : continuer à faire vivre les chansons de Brian Wilson, un des compositeurs les plus talentueux de l’histoire de la musique contemporaine. Et notamment celle de 'Pet Sounds', mythique album parmi les mythiques albums, dont la tournée actuelle fête depuis l'an passé les 50 ans.

Et c’est dans un Théâtre Antique de Fourvière à Lyon, pas totalement rempli, que tout ce beau monde a donné rendez-vous à son public. Un concert de 2h30, découpé en trois parties. La première voit le groupe, sous un soleil déclinant, enchaîner quelques (grands) succès des Beach Boys, de façon assez chronologique. Le groupe est à l’aise, Al Jardine est en forme, les autres sont au diapason et sortent une partition parfaite ; même si l’on passera sur la fin du set et quelques chansons des années 70 pas forcément remarquables (et que je ne connaissais pas), un peu trop ampoulées à mon goût (notamment par un Blondie Chaplin et sa tronche entre Lou Reed et Darry Cowl qui en fait des caisses à n'en plus finir).
Le maître que le public est venu célébré est quant à lui toujours derrière un grand piano blanc, au centre de la scène. Il a beau parler entre chaque morceau et notamment présenter les musiciens qui vont prendre le lead au niveau de la voix ou au niveau de la guitare, il semble un peu ailleurs.

La première partie se termine par Sail On, Sailor et sur la fin instrumentale, Brian Wilson, claudiquant et aidé sur la fin par un des membres de son staff, quitte la scène. C’est l’heure de l’entracte (normal, on est dans un théâtre). Puis un des membres revient sur scène pour appeler et présenter un à un tous les musiciens du groupe. Al Jardine est annoncé en avant dernier et alors qu’il rentre sur scène et est acclamé, Brian Wilson le suit, comme s’il voulait échapper à l’ovation monstre qui s’annonce.

Léger flottement et le groupe embraye pour dérouler 'Pet Sounds', dans son intégralité et dans l’ordre évidemment. Chose pour laquelle le public est évidemment venu. Les voix sont assurées par Al Jardine, mais surtout par Brian Wilson lui même pour les parties plus graves et par Matt Jardine (fils de) pour les parties les plus hautes. Un Matt Jardine qui est quasiment un sosie vocal bluffant de Brian Wilson jeune (même s’il monte un peu moins haut). Et la magie opère. Notamment parce que le groupe derrière est fantastique, restituant quasiment à la perfection les sonorités audacieuses d’un disque qui a un demi-siècle.

La foule s’emballe sur Sloop John B (ou Brian Wilson retrouve un regain d’énergie) avant d’avoir droit à un très beau God Only Knows, où la magie opère merveilleusement. 'Pet Sounds' se termine, Brian Wilson sort de scène avant même la fin de Caroline No, puis revient, avant que le groupe n'enchaîne sur quelques autres gros tubes (Good Vibrations, Barbara Ann, Surfin' U.S.A., ce genre de broutilles). La foule, massée dans les gradins, descend alors dans la fosse (assise elle aussi) pour un final en apothéose. Le groupe salue, comme au théâtre une nouvelle fois, puis disparait pour de bon.

Et cette impression qui reste : malgré la présence d’Al Jardine, difficile de ne pas se dire qu’on est en face d’un groupe qui reprend les Beach Boys ; un peu à la manière The Rabeats pour les Beatles. C'est extrêmement bien fait, le groupe est de très grande qualité, mais avec aussi peu de membres d'origine, difficile de s'enlever cette idée de la tête. On se rend également vite compte que Brian Wilson, caché derrière son piano blanc, ne doit rien jouer du tout ou, s’il joue, que rien ne ressort au niveau de la sono. On sent l’homme fatigué, ailleurs. Ânonnant plus que chantant, il a l'air perdu, semblant parfois se demander ce qu’il fait là. 

Pour autant, on le sent régulièrement revenir parmi nous, expliquer qu’il a écrit telle chanson à 19 ans, que le prochain morceau de 'Pet Sounds' est seulement instrumental (comme s’il n’imaginait pas que la foule devant lui connaissait chaque note du disque par coeur), ou demandant au public de s’asseoir pendant une standing ovation sur une des chansons de la première partie. Et mieux, ce qu’il fait avec le groupe est très bien réglé. La partie 'Pet Sounds' a ceci d’assez formidable que les enchaînements entre les voix de Brian Wilson et de Matt Jardine coulent parfaitement : tout y est fluide et léger. Et sonne vrai. On a vraiment l'impression d'une discussion entre l'ancien Brian Wilson et le nouveau.

Enfin, et surtout peut-être, il est très touchant de voir Brian Wilson chanter de sa voix fatiguée et agitée le disque qui l’a rendu mythique. D’hésiter, d’être dans une autre tonalité, comme s’il ne pouvait pas faire autrement. Cela renforce le pouvoir émotionnel de certaines chansons (I'm Waiting For The Day, You Still Believe in Me), notamment sur une des plus belles chansons du monde (God Only Knows, whatelse ?).

La soirée était donc belle. Le temps était bon. Les mélodies indémodables. La foule respectueuse et vraiment fan de l’œuvre des Beach Boys et de son maître absolu. Brian Wilson semble au bout du rouleau certes. Mais vu la vie qu’il a eu, tous les pépins qu’il s’est créé ou toutes les saloperies qu’on lui a faite, difficile de ne pas comprendre. Chapeau bas, génie.

Setlist :
Set 1
California Girls
Dance, Dance, Dance
I Get Around
Shut Down
Little Deuce Coupe
Little Honda
In My Room
Surfer Girl
Do It Again
Add Some Music to Your Day
Don't Worry Baby
Let Him Run Wild
Darlin'
Feel Flows
Wild Honey
Sail On, Sailor

Set 2 : 

'Pet Sounds'

Encore :
Good Vibrations
Help Me, Rhonda
Barbara Ann
Surfin' U.S.A.
Fun, Fun, Fun
Love and Mercy


Album : The Pet Sounds Sessions
Année : 1997
Label : Capitol

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En plus des lecteurs Spotify et Deezer, la version de God Only Knows, chanté par Brian Wilson, est à écouter ci-dessous :


samedi 13 septembre 2008

[Oldies] The Beach Boys – Sunflower (1970)

A quoi ça tient? A rien finalement. A queudalle. A une dose de LSD trop forte. A un gobage de champignons de fin de soirée. L’histoire est connue : les Beatles et les Beach-Boys, depuis l’arrivée des Fab 4 sur le continent nord-américain, se tirent la bourre. Les Anglais sortent 'Rubber Soul' ? Les garçons de la plage enregistrent ‘Pet Sounds’ ? Les Beatles écrivent ‘Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band’? Brian Wilson veut faire mieux et compose ‘SMiLE’, le projet avorté le plus ambitieux de l’histoire de la musique. Qui tuera les Beach Boys. Un projet fou qui ne verra le jour que près de quarante ans plus tard.

Donc, en 1967, quand Brian Wilson, perdu et malade, abandonne la partie contre les Beatles, les Beach Boys enchaînent les albums (cinq studios et un live) mais déclinent artistiquement parlant. Quand arrive 1970, le groupe vient de quitter Capitol (qu’ils poursuivent pour des royalties non payées) et signe chez Reprise Records, un label tout heureux d’avoir un tel groupe dans son giron. Brian Wilson, toujours là (il signera quelques titres et produira le disque), s’est quand même mis en retrait et a laissé les autres prendre la main sur les compositions, notamment son frère Dennis (dont on reparlera un jour dans ces pages).

Le premier titre qui émerge des divers enregistrements est Add Some Music to Your Day, un – presque – flop total niveau charts mais qui emballe d’emblée les dirigeants de Reprise Records. Confiants, le groupe finalise l’album et le transmet aux grands pontes du label. Résultat ? Refusé. On reproche essentiellement aux Wilson de ne pas avoir assez de titres forts (au final, seuls six titres, sur les douze du tracklisting, seront conservés dans la version qui verra le jour en août 1970).

Le groupe compose et réenregistre alors de nouveaux morceaux, balance le tout à la maison de disques, qui décide de sortir l’album. ‘Sunflower’ sera le plus grand échec commercial (jusqu’alors) du groupe, n’atteignant même pas le top 100 des charts américains, une première!

Et pourtant, il avait tout pour connaître le succès. Car ‘Sunflower’ est un grand disque, un des meilleurs des Beach Boys, avec les deux monuments des années 60 cités plus haut. Si le génie qui transpirait par tous les sillons d’albums comme ‘Pet Sounds’ ou ‘SMiLE’ semble avoir en partie disparu, il n’en reste pas moins quand même de grands moments de pop music, des harmonies comme eux seuls savent en façonner (Forever, Tears In The Morning), des idées lumineuses et une production qui voit Brian Wilson retrouver (ou presque) son lustre d’antan (Cool, Cool Water, du génie à l’état pur, voir plus bas) ainsi que des clins d’œil appuyés aux anciens rivaux anglais, les Beatles (At My Window, et ses paroles niaises en français – «le moineau est venu se poser à ma fenêtre» –, sorte de réponse au Michelle de la bande à Mc Cartney).

Perdu au début de l’album, deux titres sortent du lot (voir plus bas) : Deirdre, chanson pop, à la construction d’une simplicité apparente mais aux contours exquis (chœurs, cuivres, rythmique) et It’s About Time, un morceau renversant, très pop-rock (avec son petit solo de riffs au moment du bridge) qui, s’il sortait aujourd’hui, serait d’une actualité folle. Un titre écrit par le groupe dans son entier, et aux paroles assez fascinantes, comme un bilan de la cassure de la fin des années 60 et un mea-culpa chanté de Brian Wilson :

"I used to be a famous artist //Proud as I could be // Struggling to express myself // For the whole world to see // (...) // Oh the creation yeah // Of a good time doin' my part // With an open-hearted laugh of // realization in my mind // And now I'm but a child who art// Erect in humility // Serving out a love for everyone I meet // In truth who are really me // (...) // It's about time we get together // To be out front and love one another // Brothers sisters everybody // We better start to help each other now // We need it now // When we're sharin' our love brother // That's when we know we can // shape another world"

En 1971, les Beach Boys continuent sur leur lancée du renouveau et sortent le réussi ‘Surf’s Up’ (la dernière réédition, de 2008, compile à nouveau les deux albums sur un seul et même disque) avant de s’enfoncer irrémédiablement dans le médiocre et d’appartenir finalement au passé.
En 1970, à y regarder de plus près, les Beach Boys sont d'ailleurs déjà un groupe du passé (la pochette en est la preuve criante). Mais en écrivant un titre comme It’s About Time, ils prouvent quand même qu’ils ont toujours trente ans d’avance.

Première sortie : 31 Aout 1970 [Reprise]
Réédition : 2008 [EMI].

Son :
Site officiel
Myspace


Trois titres de ce 'Sunflower' en écoute, comme le veut la coutume. Forcément, les deux grands titres de l’album avec Deirdre et It’s About Time, avant de finir par Cool, Cool Water :




lundi 5 septembre 2011

[Track of The Day] The Beach Boys - Heroes and Villains

1967. Brian Wilson rate son grand défi de sortir l'album pop ultime 'Smile', perdu qu'il est dans des univers parallèles découverts grace à une sur-consommation intensive de drogue en tous genres. Les Beatles gagnent la guerre, les Beach Boys ne s'en remettront pas (ou à peine) fermez le ban.

2004. Ayant réussi on ne sait trop comment à passer entre les coups de fourche de la grande faucheuse, Brian Wilson est toujours de ce monde au XXIè siècle. Forcément toujours torturé par un échec de près de 40 ans, il enregistre sous son propre nom son chef d’œuvre avorté, comme il le concevait à l'époque. Et s'en sort admirablement bien.

2011. Après de longues négociations et d'interminables atermoiements, Brian Wilson et toute sa clique (enfin ceux encore là) acceptent de sortir 'The SMiLE Sessions', un double-album se rapprochant très près de ce que Brian Wilson voulait réaliser à l'époque. Alors certes, il manquera peut-être quelques voix ici et là, mais on devrait enfin avoir droit ce que les années 60 n'ont pas eu la chance de découvrir.
Mixé en mono, comme voulu par Brian Wilson, 'The SMiLE Sessions' me fait en tout cas saliver d'avance. En preview, la version remasterisée de Heroes & Villains. Vite, Capitol, la suite.

Ps: Profitons de ce post pour à nouveau crier "vive les mariés" à Payton et Lucas, stéphano-grenoblo-jurassiens qui se sont dits oui ce week-end. Qu'El Chato soit avec eux! 

Album: The SMiLE Sessions 
Année: 2011 
Label: Capitol

La petite présentation vidéo de tout ce que comptera le coffret 'The SMiLE Sessions'. Du lourd, en gros :



lundi 14 février 2022

[Track of The Day] Animal Collective - Strung With Everything

Les projecteurs braqués ailleurs, Animal Collective continue son petit bonhomme de chemin, loin des playlists, des sélections « Best New Music » et autre effervescence qui accompagnaient chaque sortie de leurs albums au mitan des années 2000. La preuve en est que moi-même, fan inconditionnel d'une grande partie de leur discographie, j'ai raté leurs deux derniers.

Pourtant, leur nouvelle sortie 'Time Skiffs' prouve à quel point le groupe, s'il ne fait plus le buzz, a toujours ce petit truc en plus de composition, cette folie qui n'appartient qu'à eux - quand bien même beaucoup se sont inspirés de leurs travaux. Un album qui est une sorte de retour aux sources, un melting pot de 'Spirit They're Gone Spirit They've Vanished', 'Sung Tongs', 'Feels' et 'Strawberry Jam'. De la folk-pop sous acide, que l'on imagine dirigée par un Panda Bear, réel patron de l'organisation animale, d'où s'échappent encore des petits bijoux si ce n'est bricolés au moins tordus dans tous les sens. 
 
Et si 'Time Skiffs' n'est sans doute pas leur chef d'oeuvre, on retiendra beaucoup de choses de ce douzième album, et notamment Strung With Everything, sorte de véritable condensé de sept minutes de leur début de carrière. Une chanson qui démarre doucement par quelques sons ambiant, quelques instruments effleurés, idéal introductif pour une mélodie d'acid-folk qu'on jurerait avoir été enregistrée à Hawaï. Mais c'est sur la fin du morceau que le quatuor de Baltimore emporte tout sur son passage, tel un Brian Wilson de 26 ans : deux dernières minutes dingues comme dans l'esprit d'un jeune Brian Wilson, entre piano martelé, respirations éphémères et chants extatiques. Quelle folie !

Album : Time Skiffs
Année : 2022
Label : Domino Records

Acheter

 
En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Strung With Everything d'Animal Collective est également en écoute ci-dessous via son clip :
 

jeudi 29 décembre 2011

Bilan 2011: Top 15 'Mixtape, Ep, 12", (Ré)Édition et 7"'


Histoire de ne pas déroger à la tradition de chaque fin d’année (depuis 2003 en général et 2007 sur ce blog en particulier), il est l’heure de faire un bilan d’une année musicale riche en découverte. En trois temps comme à chaque fois :
- un top « format court » qui présente les Ep, les 12’’, les 7’’ et les rééditions qui m’auront marqué en 2011.
- un top « singles » où 50 chansons ou morceaux qui auront rythmés mon année musicale
- un top « albums », en 50 disques.


Avant de débuter par la partie « format court » ci-dessous, il est bon de lister quelques blogs qui eux non plus n’oublient pas ces fondamentaux qui en exaspèrent plus d’un mais qui me passionnent à chaque fois. Ainsi, je ne saurais trop vous conseiller la lecture des pages suivantes :
La Quenelle Culturelle
Crystal Frontier
Feu à Volonté!

C’est Entendu
Mlle Eddie
Les Chroniques de Blake
De La Lune On Entend Tout
La Musique à Papa
Chroniques Electroniques (Techno/House)
Slash Taste
Sound of Violence

Ceci fait (d’autres à venir dans les jours qui viennent), passons donc aux Eps, aux 7’’, 12’’ et autres Mixtapes qui auront fait de cette année musicale 2011 une vraie bouffée d’oxygène.

Pour rappel:
Top 50 'Albums 2011' - 10-01
Top 50 'Albums 2011' - 30-11
Top 50 'Albums 2011' - 50-31
Top 50 'Chansons 2011'


Mixtape












The Weeknd est le projet d'Abel Tesfaye, canadien de son état. Et est peut-être la révélation de l’année.
The Weeknd, c’est en 2011, trois mixtapes (car ce sont bien des mixtapes si l’on veut être précis) : ‘House of Ballons’, ‘Thursday’ et ‘Echoes of Silence’. Trois disques qu’il est difficile de séparer tant il y a dans cet enchainement une vraie cohérence artistique.

Après avoir eu du mal à cerner le son de ce projet (gourmandise que l'on mange en secret ou vrais bons disques ?), j’ai pris mon parti d’aimer ce weird r'n'b qui flirte régulièrement avec le sirupeux indigeste, sans jamais tomber dedans. Trois disques d’équilibristes de la part d’un artiste qui devrait à n’en pas douter faire – beaucoup –parler de lui en 2012. Car oui, la révélation de 2012, ne cherchez plus: ça y’est, c’est The Weeknd !

The Weeknd – House of Balloons – Thursday – Echoes of Silence – self-released - +
Télécharger gratuitement et légalement ici



Beaucoup moins lo-fi que leur élan précédent, et bien plus réussi que celui-ci, les Dum Dum Girls proposent sur ‘He Gets Me High Ep’ trois nouvelles compositions de haute volée, la guitare au centre de tout. Mieux, trois franches réussites, très rentre dedans avec la guitare comme base de travail. Simple et très efficace. Avec en point d'orgue et pour conclure, une reprise There Is A Light That Never Goes Out, chanson phare des Smiths. Du genre parfaite.


Dum Dum Girls – He Gets Me High Ep – Sub Pop – +
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Voilà peut-être l’Ep de l’année. On savait que Mayer Hawthorne avait du talent. Mais à ce point… ‘Impressions Ep’, disque balancé gratuitement en téléchargement (voir plus bas) propose six reprises de titres connus à plus obscurs. Bien aidé par un groupe du genre « au taquet », Mayer Hawthorne s’en sort à chaque fois à merveille, avec une justesse parfaite. Et même sur l’archi repris Mr Blue Sky. C’est dire !

Mayer Hawthorne – Impressions Ep – Stones Throw – +
Télécharger gratuitement et légalement ici



Quoiqu’en dise la pochette (négatif de celle de ‘Ravedeath, 1972’), ‘Dropped Pianos Ep’ est le côté clair de l’album sorti cette année par Tim Hecker. Plus de trente minutes de piano évasif, de 9 sketches (le titre de chaque chanson) aux ambiances aussi lumineuses que sombres.
Un régal d’ambiant, de sobriété classique et de drone. Un bijou, un !

Tim Hecker – Dropped Pianos Ep – Kranky – +
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A l’instar de The Weeknd, il est là aussi très difficile de séparer ces deux premiers Eps. Autant sur la qualité que sur les promesses qu’ils contiennent.

Comme The Weeknd, on tient là assurément une des grandes voix et un des grands personnages de l’année 2012 qui s’ouvre sous peu.
Soul, funk, folk, Michael Kiwanuka (et le groupe qui l’accompagne. Il ne faut jamais oublier ces groupes qui magnifient des artistes déjà bien talentueux) semble maitriser ces styles qu’il mélange à merveille.


Et, ce qui ne gâche rien, c’est que notre homme a une voix à la justesse indéniable. Évidemment un des très grands espoirs de 2011.

Michael Kiwanuka - Tell Me A Tale Ep (Isle Of Wight Sessions)- I’m Getting Ready Ep – Communion – +
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Grand groupe français méconnu, aux sorties toujours de haute tenue, Kwoon aura confirmé en 2011 tout le bien que je pense de lui. Mené par Sandy, le groupe s’éloigne un peu de ce son post-rock qui lui va à ravir pour mieux alterner avec des chansons plus tendues. Et pour bien finir l’affaire, Kwoon propose même en cloture une relecture acoustique de son tube à lui, I Lived on The Moon. On dit comment ravissement en post-rock ?

Kwoon – The Guillotine Show Ep – self-released/Fin de Siècle – +
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Alliage de bon gout, ‘Fair Enough Ep’ aura été un régal pour mes oreilles et m’aura permis de finir – notamment – un été pourtant bien pourri en beauté. Entre vagues de synthés et électro tuantes, cet Ep de Para One & Tacteel est une méchante surprise, très groovy. Rien de moins qu’un Must-Have majuscule !

Para One & Tacteel – Fair Enough Ep – Fool’s Gold – +
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Ben Cooper, avant de sortir avec un nouvel album (on y reviendra bien assez tôt) est revenu en août dernier avec ‘The Bastards Volume 1 Ep’, une trilogie d’Ep, dont le premier est à télécharger gratuitement et légalement (voir plus bas).
On retrouve via ces trois chansons tout le sel qui faisait de ‘Ghost’ un immense album : des mélodies enchanteresses, des clappings en veux-tu en voilà et une émotion qui traverse chacune de ses compositions. Vite la suite!


Radical Face – The Bastards Volume 1 Ep – self-released – +
Télécharger gratuitement et légalement ici (à la date du 16 septembre 2011)



Les très pop Revolver, groupe français rappelons le, auront donné suite à leur déjà réussi premier effort de 2009 ‘Music for a While’ via ‘Parallel Lives Ep’. Quatre chansons, deux nouvelles compositions, deux reprises, le tout enregistré live et acoustique. Cet Ep, sans aucune prétention, est une franche réussite, très fraiche et aux mélodies qui n’arrêtent pas de sautiller un peu partout.

Revolver – Parallel Lives Ep – Delabel – +
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Buzz de l’année en Angleterre, The Vaccines n’est pas l’arnaque que certains voudraient nous faire croire qu’ils sont. En tout cas, pas avec ce sobrement intitulé ‘Ep’, qui contient ni plus ni moins que deux des meilleures chansons de leur album ‘What Did You Except From The Vaccines ?’. Et puis rien que pour Post-Break Up Sex...

The Vaccines – The Vaccines Ep – Columbia
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12"

Si la collaboration entre Burial et Four Tet coulait de source tant ce dernier est un crossover maker de tous les diables, adjoindre Thom Yorke, beugleur en chef d’un groupe qui sombre d’albums en albums depuis maintenant dix ans, relevait du pari ; et ce malgré la belle surprise qu’avait constitué ‘The Eraser’ en 2006.
Pari gagné. La voix de Thom Yorke se marrie parfaitement aux univers musicaux des deux compères qui composent ici une ambiance musicale insidieuse et perverse rapidement envoûtante.

Burial, Four Tet & Thom Yorke – Ego-Mirror 12" – Text – +
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Sortie surprise et inattendue, ‘Locked/Pyramid 12"’ est un disque immense. Four Tet prouve ici (s’il en était encore besoin car très franchement) quel sens de la mélodie il possède et quel talent vit en lui. Difficile de trancher et de déterminer quel morceau est supérieur à l’autre ; Locked plein de légèreté ou Pyramid, lancinant, intriguant et dansant ? Va savoir Édouard. Mais quel disque!

Four Tet – Locked/Pyramid 12" – Text – +
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(Ré)Édition


Quarante-quatre. Quarante-quatre années d’attente pour enfin écouter le chef d’œuvre perdu de l’histoire de la pop music. Alors oui, il y avait bien eu le ‘SMiLE’ de Brian Wilson en 2004, somptueux. Mais malgré la classe de l’ensemble, on ne pouvait s’empêcher de trouver que les voix n’étaient pas les mêmes et que la folie qui l’habitait alors ne transparaissait pas sur sillon.

Sept années plus tard, et de façon presque inattendue, Brian Wilson a ressorti les bandes du placard, a enlevé la poussière dessus et s’est remis au travail, comme en 1967, quand les Beach Boys devait devenir le grand groupe du monde.
Cette fois, il l’a fait sans drogue. Et a réussi ce qu’il n’avait pas réussi à faire l’époque: finir son disque.

S’il y a bien un mot qui convient parfaitement à ‘The SMiLE Sessions’, c’est bien le mot chef d’œuvre utilisé plus haut. L’ensemble est dingue. Il fallait être fou pour penser, imaginer, produire un tel album, qui plus est en 1967.
Il y a tout dans cet album des Beach Boys : de la pop grandiloquente, des chœurs magnifiques, des chansons à tiroirs, des tubes en or massif. Et un génie en train de se brûler les ailes qui vole au-dessus de tout cela.

The Beach Boys – The SMiLE Sessions – Capitol – +
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7"

Amoureux du format court, The Pains of Being Pure at Heart aura continué a disséminer ici et là ses face-A et B tout au long de l’année. Des deux singles sortis en 2011, c’est indéniablement ‘The Body 7''’ qui remporte la palme. Pas forcément pour The Body, mais pour Tomorrow Dies Today, véritable tube pop que beaucoup voudraient avoir écrit. Et qui n’est qu’une « simple » face-B pour ces américains au talent fou.

The Pains of Being Pure at Heart – The Body 7'' – Slumberland
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Je ne suis évidemment pas objectif, mais ce premier 45 tours de Without My Hat Records ne pouvait pas ne pas figurer dans cette liste. Car j’en suis avant tout très fier. Car j’aime Pumuckl comme ce n’est pas permis. Et que c’est aussi une façon de remercier tout ceux qui ont soutenu le projet. Des plus anonymes aux « célébrités du web », de Kill Me Sarah à Erwan en passant par The Muffin Man, Rock 0la, Micka, Gérald ou Pepito (sans compter ceux que je n’aurais pas reconnu).
Merci donc. J’en profite également pour signaler qu’il reste des copies pour ceux qui le souhaitent!
Quant aux prochaines aventures de Without My Hat Records, elles devraient voir le jour courant premier trimestre 2012.

Pumuckl - Simple 7" - Without My Hat Records - +
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Pour finir, et comme à chaque fois, vous trouverez ci-dessous un player Grooveshark présentant une chanson de chacun des disques présentés ci-dessus.
Bonne(s) écoute(s) ! Et à très vite pour la suite!


mardi 13 janvier 2026

[Track of The Day] Tchotchke & The Lemon Twigs - Tchotchkes

Peut-on écouter une chanson ou un disque de Noël quand, justement, Noël est derrière nous ? Grande question, peut-être pas philosophique certes mais qui mérite d'être posée. Car tout de même, ce genre est très circonscrit à une période plutôt courte et devient désuet une fois le 25 décembre passé. Que fait-on alors quand on découvre une chanson de haute volée après les fêtes, quand foie gras, huitres et autres papillotes ont été digérées et que la routine a repris le pouvoir ? Hé bien, on s'en émerveille quand même.

Le morceau en question est Tchotchkes et est l’œuvre de Tchotchke, un trio féminin de New-York, et du duo des frères D'Addario The Lemon Twigs, groupe qui semble avoir retrouvé une nouvelle jeunesse depuis sa signature chez Captured Tracks. Deux groupes qui ne sont pas des inconnus l'un pour l'autre, loin de là : Tchotchke a déjà ouvert la scène aux Lemon Twigs ; ces derniers ont produit et joué sur les deux albums de ces dames ; et, histoire de faire un point gossip, la bassiste Eva Chambers fréquente Michael D'Addario tandis que la batteuse Anastasia Sanchez est, elle, en couple avec Brian D'Addario. Une affaire d'amour et d'amitié donc.

Et Tchotchkes dans tout cela ? Bien qu'elle parle de Noël, de ces moments où on tient à acheter le plus beau et le plus cher cadeau du monde à celle/celui qu'on aime alors qu'il/elle ne souhaite rien de plus qu'un bibelot qui lui correspond, c'est avant tout une merveilleuse chanson pop, à la veine formidablement Beach Boys (la voix de Michael D'Addario sonne de plus en plus comme celle de Brian Wilson jeune), aux arrangements soignés, pleine d'harmonies vocales magnifiques - si propres aux auteurs de 'Pet Sounds' -, et à la mélodie emballante qu'on a envie de chanter à tue-tête. Aussi bien un 13 janvier, un 20 mars qu'en plein milieu de l'été. Des morceaux comme cela, ça se déguste tous les jours. 

Album : -
Année : 2025
Label : Captured Tracks

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Tchotchkes de Tchotchke & The Lemon Twigs est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Tchotchkes de Tchotchke & The Lemon Twigs :

lundi 8 mars 2021

Tele Novella - Merlynn Belle [Kill Rock Stars]

« Merlynn Belle, was the music they wanted to be making all along but didn't know until it happened accidentally ». Voilà comment les Tele Novella décrivent leur nouvel album et expliquent, en creux, les raisons de leur disparition totale des radars - si ce n'est médiatiques, au moins indie.

Né à Lockhart au Texas, repositionné à Austin depuis, Tele Novella est en effet un groupe qui aime prendre son temps. Qui se cherche. Ou réléchissait tout simplement à son nouveau départ. Quatuor devenu duo (Natalie Ribbons au chant, Jason Chronis à la musique), il aura laissé s’écouler cinq longues années entre son premier album, 'House of Souls', et le deuxième, 'Merlynn Belle'. Mais qui pourra y trouver à redire ?

Pas grand monde sans doute à l’écoute de cette seconde fournée tardive. Car il s'agit là d'un sublime album pop et surtout un disque hors du temps. Du genre qui se balade au bras d’une country-folk de cent ans d’âge pour mieux la quitter et retrouver le sillon creusé par la pop de Stephin Merritt et de ses Magnetic Fields ; non sans avoir auparavant fait un crochet par les années 20, les plaines désertiques et les cabarets de l'époque du far-west, le salon d’un noble du XVIIè siècle amateur de musique de chambre ; ou plus simplement fricoté avec les fantômes de Lee Hazlewood et du Brian Wilson de 'Pet Sounds'.

Vous rêviez de synthétiseur ? Désolé mais Tele Novella les a bradés contre un harmonium. Vous vouliez du psyché ? Oubliez cette idée, prenez à bras le corps ces saynètes pop qui résonnent autant de guitare que d’autoharpe et de vibraphone, et plongez dans ces chansons d’un autre âge mais sacrément actuelles.

Car oui, si 'Merlynn Belle' est un disque que l’on pourrait qualifier de vintage, il n’est en rien daté. Porté par les mélodies soignées de Jason Chronis, et chanté divinement par Natalie Ribbons, merveilleusement conteuse tout du long, pleine d’harmonies dans la voix, s'il puise certes son inspiration dans de nombreux passés, la production do it yourself, la qualité des arrangements, des textes et de l’agencement de l’ensemble rendent 'Merlynn Belle' incroyablement moderne. Un disque magnifique de pop de la part de Tele Novella, pas vraiment d'aujourd'hui sans être totalement d'hier. Hors du temps en somme. (Sortie : 5 février 2021 )

Plus :
'Merlynn Belle' de Tele Novella est à l'écoute sur leur page bandcamp
'Merlynn Belle' de Tele Novella est à l'achat sur leur page bandcamp
'Merlynn Belle' de Tele Novella est en écoute, notamment, sur Deezer et Spotify


Trois chansons de 'Merlynn Belle' de Tele Novella en écoute aujourd'hui. Le single évident Paper Crown (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube), le délicat Desiree et It Won't Be Long, qui aurait été comme un gant à Stephin Merritt :

Plusieurs clips ont été réalisés pour ce 'Merlynn Belle' de Tele Novella. En voici trois : Technicolor Town, Paper Crown, Words That Stay : 

 

mardi 29 juillet 2025

[Track of The Day] C Duncan - Lucky Today

Si 'It's Only A Love Song', le nouvel album de l’écossais C Duncan, n'a pas toute mes faveurs à cause de son trop plein d'orchestrations, de son manque de finesse et du sentiment qu'il tourne trop vite en rond, on y trouve tout de même Lucky Today. Elle y occupe la deuxième position, et, n'y allons pas par quatre chemins, dans le genre beauté rare, elle se pose là.

Dans Lucky Today, rien n'est superfétatoire, tout y est à sa place, tout y est juste, de sa basse discrète mais câline, à la voix de C Duncan d'une grande vérité, de ses arrangements fournis mais jamais larmoyants qui débarquent toujours au bon moment, de son emphase contrôlée qui vient et qui va, à ces quelques « wouhou » qu'aurait aimé Brian Wilson. Une véritable beauté clinique qu'on dirait tirée d'une bande originale de film et qu'auraient parrainé les Beach Boys. Superbe de bout en bout.

Album : It's Only A Love Song
Année : 2025
Label : Bella Union

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En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Lucky Today de C Duncan est également en écoute ci-dessous :
 

samedi 3 novembre 2007

[Oldies] The Left Banke - Walk Away Renee/Pretty Ballerina (1967)

Tout le monde connaît The Left Banke. Tout le monde a déjà entendu au moins un de leurs morceaux. Sauf que personne ne sait que ce sont eux qui les ont composé. Oubliés qu’ils ont été.

Avant de continuer la lecture de cette chronique, descendez en bas de celle-ci et écoutez Pretty Ballerina. Puis revenez.

(… un ange passe …)

Ayé, vous voyez ? Ce titre magnifique qu’il vous est arrivé de fredonner n’est autre que l’œuvre des Left Banke, inventeur de la pop-baroque, groupe crashé en plein vol et nourri d’histoire à la « je t’aime moi non plus ». Un sacré gâchis une fois de plus (la meilleure preuve ? Leur courte discographie est totalement introuvable – sauf à des prix complètement indécents).

Et pourtant, ils avaient tout pour eux : une tête de proue de talent (Michael Lookofsky rapidement devenu Mike Brown), des morceaux magnifiques et quelques tubes dans la besace. Malheureusement, ils n’ont jamais eu la patience et la persévérance nécessaire pour vraiment accéder à la gloire.

L’histoire des Left Banke et de cet album (leur premier) démarre en 1965. Le groupe se forme, compose de charmants morceaux, fait emballer le tout par le père Lookofsky et démarche les maisons de disque.
Après plusieurs refus, le groupe splitte. Mike Brown jette l’éponge aussi vite qu’il la prise en main. Un génie au moral de dépressif en phase terminale.

Heureusement, ses compagnons d’ (future) infortune, eux, ne lâchent pas l’affaire. Et retravaillent un titre presque laissé à l’abandon, Walk-Away Renée. Et le label Smash les signe. Le morceau fait un carton (#5 dans les charts) … et le groupe se reforme.

Mike Brown a retrouvé la foi, les Left Bank sortent un second titre magistral (Pretty Ballerina donc) qui se classe à la quinzième place des tops de l’époque et leur premier album voit le jour, avec pour nom les titres de ces deux premiers singles à succès.

Le disque est court (même pas trente minutes). Mais est rempli de titres soignés et d’arrangements soyeux. Certes, Pretty Ballerina et Walk-Away Renée sont une évidence et se détachent immédiatement. Mais les neuf autres morceaux ne sont pas en reste. Et respirent à pleins poumons les parangons musicaux de l’époque. Il y a du Beach Boys dans les chœurs, un peu de Zombies par-ci et par là et bien évidemment du Beatles (de toutes façons, à l’époque, comment passer à coté ?) dans les chants et quelques ritournelles.
Mais ne nous méprenons pas: les Left Bank ont une sonorité bien à eux, une griffe, très baroque, aidé en cela par les talents de compositeurs de Mike Brown (qui se rêvait en Brian Wilson) et la voix de Steve Martin, qui aime à monter bien haut.

Ce disque aurait du être leur strapontin pour la gloire. Au lieu de cela, et alors que 'Pet Sounds' fait entrer par la grande porte les Beach Boys dans le Hall of Fame musical du XXè siècle, les Left Bank se déchirent, Mike Brown enregistre (avec des musiciens de sessions) un nouveau single provocant l’ire de ses anciens comparses (qui iront jusqu’à demander au fan-club du groupe de boycotter le titre) avant de se reformer une nouvelle fois pour un second album, même si leur leader se montre très absent sur celui-ci.

Ce nouvel opus sera l’épilogue de ce groupe qui voit son histoire se terminer aussi vite qu’elle a commencé. Au début des années 1990, une compilation réunira tous leurs titres sur un seul et même disque ('There's Gonna Be a Storm: The Complete Recordings 1966-69'). Mieux: à l’écoute de Ben & Jason voire de Badly Drawn Boy, on retrouvera un peu leur influence.

Mais au final, The Left Banke resteront à jamais les inventeurs de la pop baroque . Un groupe qui aurait du devenir énorme mais qui aura réussi à dilapider tout l’or qu’il avait entre les pognes en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. L’histoire de la musique dans sa plus grande vérité en quelque sorte.

Première sortie : Février 1967 (Smash Records)
Réédition : 1992 (Mercury)


Son :
Myspace (4 titres dispo)
Site officiel


Et pour finir, trois titres, dont Pretty Ballerina et Wak-Away Renée bien sûr. Mais jetez-vous sur Shadows Breaking Over My Head, tout aussi superbe, qui rappelle les grandes heures de Ben & Jason :







vendredi 28 décembre 2007

Top 50 'Albums 2007': 10-01

Dernière ligne droite avec les dix premiers. De belles découvertes et d'énormes confirmations. Et alors que je finis ce top, je suis en train d'écouter un disque sorti il y a quelques semaines et qui me met sur le cul et sur lequel il faudra bien sûr revenir dès début janvier car, et après une écoute, il m'emballe sévère et aurait trusté le tout haut de mon top 2007 si j'avais eu l'idée de l'écouter plus tôt. Bref, quelle belle année!

Nb: Et toujours en bas de page, un dernier lecteur deezer pour écouter un titre de chaque album.


10. Joe Henry – Civilians [Anti]
Nouvel album très classe de l’ami Joe Henry, entouré comme il se doit par quelques talentueux de l’instrument. Un songwriting délicieux, des airs jazz et de pop suave aux accents parfois folk et enrobés de mandoline. Un album sur les Etats-Unis, classieux comme tout.




09. Angels of Light – We Are Him [Young God]
Un ex de Swans (dont j’ai enfin découvert une partie de la discographie) sort un disque et je me prends une grosse claque. Un disque aux contours très rock torturés, très noir mais au coeur très pop finalement. On alterne en fait les ambiances. Il y a de tout, des cuivres, des choeurs, des cordes, de très belles mélodies. De slow-core à des rock riffeurs (langoureux ou non), il n’y a qu’un pas que Michael Gira franchit admirablement.

08. Vitalic – V Live [Citizen]
Tiens un live. Et d’électro en plus. Et alors? Ben, du génie. A se taper la tête contre les murs. Une heure à tout péter, un mix parfait entre le son et le bruit de la salle. Ses plus grands titres revus à la sauce “j’ai pris 12 guronzans ce matin et je pète le feu” et huit nouveautés qui font saliver et espérer du très gros pour le futur album. Un live indispensable et, de loin, l’album electro de l’année.


07. Vic Chesnutt – North Star Deserter [Constellation]
Vic Chesnutt s'entoure de Efrim, Guy Picciotto et toute la belle constellation et sort l'album le plus poignant de l'année, entre folk intimiste, post-rock (forcément) enragé et chœurs si propres au label canadien et à ses artistes. Les guests sont au service du maître et le résultat n’est rien d’autre qu’un disque fabuleux, habité comme jamais.



06. Loney, Dear – Loney Noir [Sub Pop]
Suédois de son état, Emile Svanängen (aka Loney, Dear) est un jeune songwriter folk avec pleins de pop autour qui, après un joli succès dans son pays d’origine quand il vendait ses disques sur CD-R, s’apprête à en découdre avec le monde entier avec sa musique qui a des faux-airs de Belle & Sebastian période Jeepster. Xylophone, guitare folk déchaînée, tout y passe. Aussi frais pour son genre que 'Funeral' l’a été pour la pop.


05. Animal Collective – Strawberry Jam [Domino]
Sorte de point d’orgue d’une trilogie de pop foutraque débutée avec 'Sung Tongs', 'Strawberry Jam' est un disque indispensable (comme tous) d’Animal Collective. Du psychédélisme, des nappes, des tubes en pagaille, surmonté par cette rythmique entêtante et hypnotique. Plus accessible que les précédents, plus mélodique mais toujours très exigeant, ce nouvel opus reste empreint de la même folie douce qui les caractérise. Groupe fondamental des années 2000, peut-être à son apogée.

04. Panda Bear – Personn Pitch [Paw Tracks]
S’échappant furtivement de son combo déjanté, Noah Lennox donne enfin suite à son lumineux album d’acid-folk introspectif de 2002 et convie à la table des festivités les fantômes de Brian Wilson et de Syd Barrett, qui auraient sérieusement abusés de pastilles qui font halluciner. Un disque de pop déglinguée, psychédélique et pastorale, assez barge et totalement essentiel en cette année fournie. Et accessoirement, la pochette de la décennie.

03. Florent Marchet – Rio Baril [Barclay]
Et un chef d’œuvre de pop à la française, un! Prenons donc Florent Marchet. Et son deuxième et nouvel album. En arrière fond : une petite ville de campagne, Rio Baril, semblable a tant d’autres bourgades qui peuplent notre beau pays. En personnage principal : Florent Marchet (enfin, on s’en doute).
En personnages secondaires : son ex qu’il ne supportait, ses amis qui l’auraient quitté si cette putain de peste l’avait épousé, ses parents, son voisin avec qui il essaie de créer du lien social. Bref, tout un parterre de personnage qui vont et viennent dans ce concept album, passionnant de bout en bout. Du folk, de la pop, des cuivres et des cordes, des histoires d’amour qui finissent mal, des déceptions dont on ne guérit pas vraiment. Une histoire qu’on ne se lasse pas d’écouter, même si l’on connaît la fin. Un peu l’histoire de tout le monde en fait.

02. Radical Face – Ghost [Morr Music]
De tous les disques que j’ai pu écouter et aimer cette année, celui-là est le premier qui m’a renversé. Mis les larmes aux yeux. Procurés des frissons dans le dos, dans les bras, au bout des doigts. De partout. Mon premier choc musical de 2007. Une pop planante, atmosphérique et romantique, un folk serein et céleste, accordéon en bandoulière, piano délicat, rythmiques et clappings endiablés et embruns en fond sonore. Un peu comme si Why? (hip-popeur de chez Anticon) avait enregistré son 'Elephant Eyelash' de 2005 chez Morr Music avec Page France en charge des chœurs.

01. Cloud Cult – The Meaning of 8 [Rebel Records]
S’il ne devait en rester qu’un (bon dans le cas où je n’ai vraiment pas le choix. Sinon je prends les cinquante) en 2007, ça serait donc celui-là. La découverte de l’année, celle d’un groupe proposant son cinquième album. Un groupe singulier, pour qui l’écologie est un vrai sacerdoce, ce qui explique (plus ou moins) qu’il ne soit jamais sorti des USA (ben oui, les cds en Europe, ça vient pas par voilier).
Le groupe, avec pour tête de proue le couple Minowa, propose une pop exaltée et alambiquée, qui n’hésite pas à aller flirter avec des bas-côtés lo-fi, electro ou beaucoup plus nerveux. Des constructions qui n’arrêtent pas de changer, d’évoluer et de se contredire, dix idées par morceaux, et au final une cohérence folle. Ajoutez à cela la grande faucheuse comme inspiration (la mort du fils du couple Minowa en 2002) et vous obtenez sans coup férir l’album de l’année. Un chef d’œuvre parmi les très grands disques, ni plus ni moins.

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