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mardi 18 mars 2014

[Track of The ] CunninLynguists - Beyond The Sun (feat. J-Live)

Il y a quelque-chose de jouissif  à voir les membres d'un groupe se lancer dans différentes carrières solos. Prenons The Cunninlynguists. Après le fameux album solo de Natti l'an dernier (voir par ailleurs), The Cunninlynguists qui revient aux affaires. Non pas avec un nouveau LP mais une nouvelle mixtape, le volume 3 de leur série 'Strange Journey'.

Cette série de mixtape quoique peut-être moins consistante que leurs albums, n'en reste pas moins très recommandable. Remix de leurs titres, invités en pagaille, insertion de live, quelques skits (dispensables la plupart du temps), les deux premiers volumes valaient clairement plus d'une écoute (surtout le premier opus à choisir).

Ce volume 3, à en croire le groupe, se déroulera dans l'espace, lors d'un voyage entre la Terre et une galaxie lointaine. Tout un programme donc.

'Strange Journey Volume 3' verra le jour le le 1er avril prochain et est annoncé par un premier morceau, Beyond The Sun, avec J-Live en featuring. Un extrait magnifique, dans une veine toute CunninLynguists, avec une prod à tomber.

Album : Strange Journey Vol. 3
Année : 2014
Label : APOS Music 



Beyond The Sun est en écoute également sur le soundcloud des CunninLynguists, et ci-dessous :



Un petit reportage de quelques minutes sur la tournée à venir (2 dates en France à Paris et Lille, rien à Lyon, snif) et un focus sur J-Live :

mercredi 15 janvier 2014

Bilan 2013 : Top 50 'Albums': 30-11


Deuxième et avant dernière partie de ce bilan de l'année 2013. Après les « Compilations, 45 tours et autres Ep » (à découvrir et écouter là), après le Top 50 « Chansons » (à découvrir et écouter là) et les albums classés de 50 à 31 (à découvrir et écouter là), voilà donc la suite : les albums classés de la 30è à la 1ère place.

Mais comme le veut la tradition, quelques autres liens pour aller fureter ici et là quelques belles découvertes :
Le Rewind 2013 chez Starsky

Et maintenant, plongeons nous donc dans cette 2è partie des « Albums qui ont fait mon année 2013, 2è partie ». Avec du joli monde à mes yeux, de ces anglais fans de vieux films à cette française qui devrait faire la une des magazines en passant par de vieux routiers qui font toujours le même album mais avec quelle classe, un échappé des CunninLynguists, un groupe mythique et des français psychédélique. Tout est donc ci-dessous et tout en bas du papier, comme à chaque fois, un player grooveshark pour écouter une chanson de chacun des 20 albums présentés.

Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums» : 10-01 
Top 50 « Albums» : 50-11
Top 15 'Ep, 12", 7" & Compilations'



30. Public Service Broadcasting - Inform - Educate - Entertain [Public Service Broadcasting] 
Album fourre-tout (la pop y cotoie le math-rock, le krautrock le post punk, le bango ou les synthés les guitares les plus précises) mais d'une très grande unité, plein de samples aux charmes aussi immédiats que désuets (tirés des archives du British Film Institute) et bourrés de mélodies, 'Inform - Educate - Entertain' de Public Service Broadcasting est sans conteste la très belle découverte de 2013.

29. Deafheaven - Sunbather [Deathwish Inc.]
Entre post-rock, guitares shoegaze et black metal, 'Sunbather' de Deafheaven (tout un programme !) aura été le groupe le plus bruyant de mon année 2013. Solide et très bien pensé, n'oubliant jamais les mélodies dans ses morceaux (The Pecan Tree), 'Sunbather' est un disque à l'énergie implacable.

28. Mondrian - Isn't It Fun [Without My Hat]
Forcément, il fallait que celui-ci y soit. Parce que c'est le premier LP de la jeune histoire de Without My Hat Records. Parce l'objet est splendide (4 faces imprimées, avec un volet). Mais surtout parce que Mondrian pond là une collection de chansons pop intemporelles, dont il est difficile de faire sortir un titre en particulier (They Don't Dance Much in Idaho quand même). 

27. Action Dead Mouse - ä [Greed Recordings]
A quoi bon changer une formule quand celle-ci est efficace ? Les italiens d'Action Dead Mouse, déjà encensés en fin d'année dans ces pages, continuent leur math-rock de chemin avec un 'ä' avec plein de guitares, de ruptures de rythmes et de changements de directions impromptus. Brillant.



26. Natti - Still Motion [APOS Music]
Dernier des trois CunninLynguists à se lancer en solo, Natti en impose avec ce premier album, 'Still Motion'. Alternant morceaux lascifs et titres percutants aux punchlines bien senties, aussi bien influencé par la black music que le jazz ou la pop, Natti n'oublie jamais de mettre au centre de tout les mélodies. 


25. Grant Hart - The Argument [Domino]
Copieux album (20 chansons pour 1h15 de musique), 'The Argument' est le 4è album de Grant Hart en 25 ans ! Découvert pour ma part cette année, cet ancien Hüsker Dü (je n'en savais rien) a composé là un disque de rock et de pop totalement habité. Un disque qui s'écoute d'une traite avec un plaisir non-feint. Et cette voix qui rappelle le David Bowie des 70s n'y est pas étrangère.

24. The Men - New Moon [Sacred Bones]
S'éloignant du rock bruitiste et noisy de ses premiers essais, The Men sur 'New Moon' partent dans un mode entre blues et psychédélique, même s'ils retrouvent l'urgence et la nervosité des chansons qui ont fait leur reconnaissance sur la deuxième partie de l'album. Prêt à mettre quelques billets sur une trajectoire à la Black Keys qui leur irait bien au teint. 


23. Boards of Canada - Tomorrow's Harvest [Warp]
Un des évènements musicaux de l'année a sans conteste été le retour des patrons de la musique électronique, Boards of Canada. 'Tomorrow's Harvest' (leur premier album depuis 2006) est d'une beauté incroyable, plein de couches, de textures et de lumières dont les écoutes successives s'avèrent plus riches à chaque fois.


22. Adam Green and Binki Shapiro - st [Rounder]
Disque court mais coquin en forme de rédemption pour Adam Green qui s'auto-parodiait depuis de trop nombreux albums. Le duo entre le new-yorkais et l'anglaise Binki Shapiro marche totalement, dans une sorte de version revisitée des célèbres Lee Hazlewood et Nancy Sinatra. Version qui a de l'avenir.


21. Califone - Stitches [Dead Ocean]
Depuis leur magnifique 'Quicksand/Cradlesnakes' en 2003, j'ai bizarrement suivi de très loin les aventures discographiques des américains de Califone. Retomber nez à nez avec eux m'aura fait comprendre : 1) mon erreur 2) que les mélodies tuantes, ils connaissent toujours 3) que l'americana (mais pas que) qui traverse tout 'Stitches' est à tomber. 


20. The Limiñanas - Costa Blanca [Trouble in Mind]
Moins sous le feu des projecteurs de leurs compatriotes Aline, Granville et autres La Femme, The Limiñanas est pourtant un groupe plus qu'à suivre. Originaire de Perpignan, chantant en français, The Limiñanas est signé chez Trouble In Mind, rien que ça ! Leur nouvel album 'Costa Blanc' est la rencontre du psychédélisme et une inspiration toute gainsbourienne. Petit bijou.

19. Moonface - Julia With Blue Jeans On [Jagjaguwar]
Spencer Krug doit être l'artiste le plus prolifique sur les 10 dernières années. Dernier album en date, 'Julia With Blue Jeans On', deuxième sortie sous le nom Moonface. Piano/voix tout du long, chant sublime, piano très en avant et mélodie à tomber.



18. Nick Cave and the Bad Seeds - Push The Sky Away [Bad Seed]
Les années passent et elles ne semblent pas avoir d'emprise ni sur Nick Cave, ni sur ses Bad Seeds. 'Push The Sky Away', dernier album (studio) en date va titiller les meilleurs disques de sa discographie. La faute à des chansons sublimes, une cohérence tout du long et deux titres majestueux : Mermaids et Jubilee Street.


17. Okkervil River - The Silver Gymnasium [ATO Records]
Au contraire de groupes dans la même veine (The Decemberists, Iron & Wine), Okkervil River continue sans coup férir d'entretenir une discographie quasi sans faille. Fort d'un début d'album parfait, 'The Silver Gymnasium'  déroule un folk-rock aussi épique que délicat, comme à leurs plus grandes heures.


16. Eleanor Friedberger - Personal Record [Merge]
Sortie du giron de son frangin plus enclin aux expérimentations en tout genre, Eleanor Friedberger aura donné en 2013 au petit frère du déjà très réussi 'Last Summer' en 2011. Un disque qui prouve une fois de plus qu'elle a la pop dans le sens, des mélodies incroyables dans tous les doigts, et qu'elle est capable des tubes qu'il serait bon de fredonner à tue tête plus souvent qu'à notre tour. 

15. Poni Hoax - A State of War [Pan European Recording]
En continuant de puiser ses principales influences dans les années 80, les Poni Hoax auront sorti en 2013 leur troisième album, celui où les guitares sont les plus dansantes, les claviers les plus mélodiques, assez loin finalement des sonorités froides (mais pas désagréables pour autant) de leur précédents livraison. Jouissif.


14. Shannon Wright - In Film Sound [Vicious Circle]
Shannon Wright continue sa belle discographie avec 'In Film Sound', très bel album nerveux où les guitares sont plus que présentes et la furia sombre de l'américaine font merveille. Un jour, on se rendra compte de son talent incroyable. Un jour...



13. San Fermin - st [Downtown]
Groupe new-yorkais dont le leader est un grand fan du 'Come On Feel The Illinoise' de Sufjan Stevens, San Fermin fait dans la pop à la ... Sufjan Stevens. Cet album n'a évidemment pas la consistance du chef d’œuvre des années 2000, mais est d'une grande beauté, avec arrangements aux petits oignons, plages de respirations et voix profonde, mix entre celle de Matt Berninger (The National) et Dan Michaelson (Absentee). Ces jeunes gens iront loin.

12. Mélanie Pain - Bye Bye Manchester [Yotanka]
De façon très surprenante, Mélanie Pain ne connait pas les unes des magazines. Et pourtant, le talent de cet ex-Nouvelle Vague. Son premier album était 'My Name' en 2009 était déjà une très belle réussite. Et son 'Bye Bye Manchester' est du même acabit, pop aux atours rétro, alternant français et anglais, avec sa voix coquine et conviant pour l'occasion des artistes aimés de ces pages (Florent Marchet, Ed Harcourt). Belle confirmation. 

11. Radar Brothers - Eight [Merge]
Guitares langoureuses, pop, slowcore, alternative rock : ce n'est pas avec leur 7è album (quoiqu'en dise son titre) que les Radar Brothers vont changer leur fusil d'épaule. La seule différence est peut-être un piano plus présent et une ampleur plus grande de l'ensemble. Sinon ? Leur meilleur album depuis 'And The Surrounding Mountains', autre chef d'oeuvre.


Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums» : 10-01
Top 50 « Albums» : 50-11
Top 15 'Ep, 12", 7" & Compilations'


Comme promis, voilà donc un player grooveshark pour écouter une chanson de chacun des 20 albums présentés ci-dessus. Du numéro 30 au numéro 11. Bonne(s) écoute(s) !



mardi 1 octobre 2013

Natti - Still Motion [APOS Music]

Cela fait bien trop longtemps que je n'ai évoqué dans ces pages des sorties hip-hop. J'ai l'impression de répéter cette phrase tous les six mois, mais quand même.  Ainsi donc, une envie dernièrement m'a poussé à chercher des informations sur l'actualité récente des CunninLynguists, groupe chéri de ces pages. Et là, j'apprends que Natti, un des emcee du groupe vient de se lancer en solo, trois ans après ces deux acolytes (Deacon the Villain avec Sheisty Khrist pour 'Niggaz With Lattitude', Kno seul sur 'Death is Silent').

Son premier album est sorti il y a une semaine, s'appelle 'Still Motion' et vaut le coup d'oreille. Dans une veine très CunninLynguiststique, à l'ambiance que j'ai trouvé particulièrement nineties, Natti réussi un petit tour de force avec un disque à la qualité remarquable.

Alternant morceaux lascifs et titres percutants et aux punchlines bien senties, 'Still Motion' est une grande réussite aussi bien par le flow de Natti, ses influences (black, jazz, pop), ses samples, que par l'intelligence de ses featurings qui ne viennent jamais vampiriser des chansons mais plutôt se mettre vraiment au service de leur hôte (notons les titres avec Freddie Gibbs et de Mino Slick), qui gère parfaitement son affaire.

Évidemment, et comme tout album hip-hop qui se respecte, Natti convoque du monde pour lui donner du répondant. Et naturellement, Deacon The Villain et Kno, ses deux acolytes des CunninLynguists sont de la partie. Et si les deux se relaient derrière la console, Deacon The Villain est le plus impliqué des deux, présent sur trois morceaux (et parmi les plus fameux) et produisant 80% de 'Still Motion'.

Tout du long, et à l'instar des albums des CunninLynguists, Natti insiste sur les mélodies, racées, ne tombant jamais dans une facilité qui ne lui irait de toutes façons pas au teint. On ressort en tout cas convaincu très rapidement par ce 'Still Motion', très CunninLynguists dans l'esprit, mais qui a sa vraie touche. Un disque qui est plus qu'une mise en bouche pour le prochain album des CunninLynguists, prévu pour 2014. (Sortie : 24 septembre 2013)


Son :
Acheter 'Still Motion' de Natti sur le bandcamp des CunninLynguists
(Pour info, l'album est au prix de 14.79€, frais de port en France compris)


 
Trois chansons de 'Still Motion' de Natti en écoute aujourd'hui : le tube du disque Bright Lights Big City, le très CunninLynguists Architecture (feat. Sha Stimuli & Substantial) et le sublime Gospel-hop Underground Railroad (feat. Mino Slick) :
 


 



jeudi 13 mars 2008

Cunninlynguists – Dirty Acres [APOS Music]

Hormis dans la partie ‘Track of the day’, cela faisait un petit bail que je n’avais pas parlé dans ces pages de hip-hop. Il faut dire aussi que depuis quelques temps déjà, rien ne m’avait chatouillé l’oreille avec intérêt. La découverte (avec retard) de ce quatrième album des Cunninlynguists (soit dit en passant, le meilleur nom de groupe du monde), ‘Dirty Acres’, a donc été un petit choc et un vrai ravissement. Et l’occasion de pousser un bon gros «s’pas trop tôt» de soulagement.

Ce n’est pas la première fois que les trois compères Deacon The Villain, Natti et Kno m’enchantent. Leur second opus en 2003 ‘SouthernUnderground’ m’avait vraiment marqué à l’époque. Depuis, cinq ans ont passé, j’ai perdu cet album là, je n’ai jamais réécouté les Cunninlynguists qui ont continué leur route, sortant même, si l’on en croit les spécialistes, leur chef d’œuvre en janvier 2006, ‘Piece of Strange’.

Je ne sais pas si ce ‘Dirty Acres’ sera leur apogée discographique, s’il dépasse son prédécesseur ou s’il marquera l’histoire de la musique dite urbaine. Mais en tout cas il a du coffre. Il en résulte un mélange subtil de prod à la Madlib, de sons tout droit sorti des années 90 (le titre éponyme, c’est du Warren G époque ‘Regulate… G-Funk’, un des disques qui a bercé mon adolescence), de samples venant directement du début des années 70 et d’hip-hop plus indé (une musique très ouverte, qui pioche l’inspiration à droite et à gauche). Bref un petit bonheur d’idées éparses mais qui finissent par faire un ensemble homogène.

Ajoutons une bonne dose d’engagement politique sur ce ‘Dirty Acres’ (une constante chez le groupe) – il faut entendre Kno déclamer sur Georgia (voir plus bas) chanson hommage à son état de naissance “Do yall have time to discuss God's grace – if you're too busy studying the color of a face? – I don't follow man to avoid the disgrace – of the closed-minded culprits of Southern mistakes” - ou écouter ce K.K.K.Y qui évoque les abrutis blancs à capuches blanches à pointes – et vous obtenez un disque hip-hop de grande qualité et qui aurait mérité qu’on fasse un peu plus de bruit à son propos.

Car oui, ce voyage dans le monde merveilleux (?) des États-Unis d’Amérique des Cunninlynguists est savoureux. ‘Dirty Acres’ est le genre d’album doux et délicat : les flows sont posés, en rien agressifs et caressent littéralement les beats dans le sens du poil. Le tout recèle de petites perles – disséminés pour la plupart en fin de d’album – et qui ne demande qu’une chose : qu’on appuie toutes les 40 minutes sur play, à nouveau. (sortie : 27 novembre 2007)

Son :
Myspace (4 titres de ce ‘Dirty Acres’, 2 de ‘Piece of Strange’)

Deux titres pour cet album : un Dirty Acres qui m’évoque donc quelques prods West Coast du milieu des années 90 et un Georgia, mélodiquement imparable (malheureusement plus en ligne).

Et pour finir, la video de K.K.K.Y, single de l’album (malheureusement plus en ligne).