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samedi 25 décembre 2010

Top 50 'Chansons 2010'


Avant de continuer les pérégrinations topesques de ce blog, petit coup d'oeil sur quelques blogs amis. Notons ainsi que l'unique Disso a demandé (et continue de le faire) à qui souhaitait répondre ce qu'il fallait retenir en 2010, que Paul de Pomme2pin a lancé depuis quelques jours déjà quelques pistes, que Lyle piste pour le moment les daubes de l'année, tandis que Dragibus fait un petit bilan musical via le top des blogueurs 2010.


Mais revenons à nos moutons. Après donc une sélection d'Ep, compilations et autres -inches, deuxième partie de mon traditionnel triptyque annuel: les chansons et/ou singles de l'année.
Un numéro 1 qui aura écrasé de classe le reste de l'album sur lequel il se trouvait, un numéro deux qui doit être la chanson que j'ai le plus écouté en 2010, un numéro 3 qui rappelle les meilleures heures de New Order et un numéro 4 qui est la chanson la plus trémoussante de l'année. Bref, elles sont cinquante et auront rythmé mon année musicale. Et sont toutes en écoute dans le lecteur grooveshark en bas de l'article.

Bonne écoute!
Pour rappel:
Top 'Albums 2010': 10-01
Top 'Albums 2010': 30-11
Top 50 'Albums 2010': 50-31
Top 20 'Ep, 7", 12", Compilations et Rééditions' 2010


50. GAYNGS – The Gaudy Side of Town [Jagjaguwar]
49. Tom McRae – Out of The Walls [Cooking Vinyl]
48. Crystal Antlers – Little Sister [-]
47. The Duke Spirit – Everybody's Under Your Spell [You Are Here]
46. The Hundred in the Hands – Pigeons [Warp]
45. Math & Physics Club – Jimmy Had a Polaroïd [Matinée]
44. Gulcher – Bird Nine [-]
43. Pernice Brothers – The Loving Kind [Ashmont Records]
42. Seabear – Cold Summer [Morr Music]
41. Ash – Space Shot [Atomic Heart]
40. Roky Erickson with Okkervil River – Goodbye Sweet Dreams [ANTI-]

39. Laura Marling – Devil's Spoke [Virgin]
38. Hal – Down in the Valley [-]
37. Frightened Rabbit – Not Miserable [Fat Cat]
36. Styrofoam – Carolyn [Nettwerk]
35. Roadside Graves – Liv Tyler [Autumn Tone]
34. Arcade Fire – The Suburbs [Merge]
33. Radical Face – The Deserter's Song [Sound of a Handschake]
32. Wild Nothing – Your Rabbit Feet [Warmest Chord]
31. Jeremy Messersmith – John The Determinist [-]
30. Funeral Party – New-York City Moves to the Sound of LA [RCA]

29. Cee-Lo – Fuck You [Elektra]
28. The Bamboos – Like Tears in Rain [Tru-Thoughts]
27. Clogs - Last Song (feat. Matt Berninger) [Brassland]
26. Four Tet – She Just Likes to Flight [Domino]
25. The Drums – Forever and Ever Amen [Island]
24. Unkle Bob – Satellite [Friendly Sounds]
23. Janelle Monae –Tightrope (feat. Big Boi) [Atlantic]
22. Florent Marchet – Courchevel [Nodiva]
21. Sufjan Stevens – I Want to be Well [Asthmatic Kitty]
20. The Roots - Radio Daze (feat. Blu, P.O.R.N. & Dice Raw) [Def Jam]

19. Robyn – Dancing on my own [Konichiwa]
18. The Tallest Man on Earth – King of Spain [Dead Oceans]
17. Sage Francis – The Best of Times [Epitath]
16. Arnaud Fleurent-Didier – Ne Sois Pas Trop Exigeant [Columbia]
15. Teenage Fan Club – Baby Lee [PeMa]
14. The Pains of Being Pure at Heart – Say No To Love [Slumberland]
13. Kanye West – Power [Def Jam]
12. A Weather – Third of Life [Team Love]
11. General Bye Bye – Alphabet [Greed Recordings]
10. Eluvium – The Motion Makes Me Last (Four Tet Remix) [Temporary Residence]
09. Crocodiles – Mirrors [Fat Possum]

08. The Idyllists – Empire State [Talking Bird]
07. Katerine – La Banane [Rosebud]
06. Lcd Soundsystem – You Wanted a Hit [DFA]
05. Belle and Sebastian – I Didn't See it Coming [Rough Trade]
04. Scissor Sisters – Invisible Light [Polydor]
03. Future Islands – Swept Inside [Thrill Jockey]
02. Mumford and Sons, Laura Marling and Dharohar Project – Meheni Rachi [Islands]
01. The National – Bloodbuzz Ohio [4AD]

















Et donc le lecteur grooveshark présentant ces 50 chansons, dans l'ordre croissant:


mardi 26 mai 2009

Current 93 – Aleph at Hallucinatory Mountain [Durtro Jnana]

Vous ne le savez pas encore, mais ce ‘Aleph At Hallucinatory Mountain’ va hanter vos nuits, perturber vos journées, glacer votre sang et réveiller les démons les plus enfouis au fond de vous. La faute à David Tibet, leader génial et barré de Current 93, groupe fondé en 1982, et auteur d’albums géniaux, plutôt en marge, entre expérimental, noise et drone, à l’inspiration rarement démentie.

J’imagine certains d’entre vous voulant zapper ce papier et surtout l’écoute des deux titres présentés plus bas, rien qu’à la lecture du mot expérimental. Un conseil : restez. Ce ‘Aleph At Hallucinatory Mountain’ en vaut la peine. Car expérimental est un bien trop facile raccourci pour définir la musique de Current 93. Surtout que ce n’est pas spécialement le cas ici.

En martelant les guitares, en maintenant les drones, en exacerbant le noise et sublimant les moments de calme, ‘Aleph At Hallucinatory Mountain’ n’est ni plus ni moins que la bande son de la fin du monde. Tout au long des huit titres de cet album, c’est en tout cas l’impression qui s’en détache.

Un disque qui, selon moi, est construit comme si l’apocalypse était pour aujourd’hui. Phases par phases, étapes par étapes, Current 93 mets en musique ces moments tragiques, où la mort contrôle tout, et où l’espoir n’est plus qu’une idée morte. Le tout en huit chapitres.

Invocation of Almost qui ouvre ‘Aleph At Hallucinatory Mountain’ présente en neuf minutes le début des hostilités avec un son rageur et noisy. Pour répondre à cette première salve, c’est Poppyskins qui prend la suite: une chanson acid-folk qui pourrait habiller une vision d’horreur, pleine de désolation, avec des paysages éventrés et abattus. Un titre calme et incertain, comme pour mieux comprendre l’étendue des dégâts et ce qui nous attend par la suite.

Mais l’accalmie ne dure pas. Non, les guitares oppressantes reprennent le dessus sur Docetic Mountain, tandis que le côté inéluctable de l’horreur qui est en train de se dérouler est porté par quelques riffs éparses.

26 April 2007 représente la fin de la phase 2. Tout est encore plus désolé, tout est encore plus noir. Un nuage de cendres plane sur le monde. Une chanson en forme de résignation, qui trouve écho dans Aleph is The Butterfly Net, à la tension constante qui retrouve son calme à la fin, comme une dernière prière, un dernier espoir avant que Not Because The Fox porte le coup final, dans un grand délire sonore de plus de 9 mns, avec un David Tibet à la voix de conteur de l'au-delà plus que jamais habitée, des guitares crachant leurs accords et des cordes brillantes et lugubres.

UrShadow est une sorte de testament : la vie a disparu («And suddenly, the living are dying»), tout n’est que désastre et sinistre et les quelques survivants peuvent se désoler d’être encore en vie ; qu’ils se rassurent, ils n’en ont plus pour très longtemps.

Car quand As Real As Rainbows débute, on sait déjà qu’il est trop tard. La voix est très loin, le tout n’est plus qu’un lointain murmure, le souvenir d’un passé désormais révolu. Cette fois ça y est : la mort est partout. Et le néant a gagné.

David Tibet et sa pelletée d’invité – James Blackshaw, William Breeze et Ossian Brown de Coil, Andrew W.K, Rickie Lee Jones, la porn-star Sasha Grey ou Matt Sweeney, pour n’en citer que quelques uns – aussi. ‘Aleph At Hallucinatory Mountain’ est un album sublime, que l’on pourra commenter à l’envie. Mon interprétation est certainement fausse et exagérée. Mais c’est comme ça que j’ai ressenti l’album, et ce dès les premières écoutes. Une vraie bande-son lugubre mais passionnante.

Il y a quelques mois, Cormac McCarthy publiait, ‘La Route’, un roman terrifiant racontant l’odyssée d’un père et de son fils dans une Amérique dévastée par l’apocalypse, où le soleil laissait place à un ciel de cendres et de suie éternelle, où chacun ne vivait que pour soi, où la vie était condamnée à mourir. Alors qu’une adaptation cinématographique de ce livre est en tournage en ce moment, nul doute qu’‘Aleph At Hallucinatory Mountain’ en ferait une excellente bande-originale. (sortie: 18 mai 2009)

Son:
Myspace (Trois titres de ‘Aleph At Hallucinatory Mountain’ en écoute)

Deux chansons aux qualités et aux ambiances différentes aujourd'hui. L’assourdissant Not Because The Fox Barks, suivi de UrShadow, représentation du calme après la dévastation (malheureusement plus en écoute ici. Mais une chanson, Invocation of Almost, est en écoute ).

jeudi 19 février 2009

A Red Hot Compilation – Dark Was The Night [4AD]

Je n'aime pas les compilations. J’ai toujours trouvé ça d'une inutilité crasse. Elle représente tout ce que je peux détester : l'éloge du single, l’apologie du marketing et toute l’opposé de la création. Oh bien sûr, j’en ai bien quelques unes dans la discothèque. Un 'Greatest Hits' de Queen datant de quand je partais fortement dans les aigus, un 'Best-Of' de Chris Rea offert par une connaissance pas forcément très avisée sur mes goûts musicaux (ceci dit, je dois avouer avoir toujours eu un faible pour Road to Hell et son solo de guitare final) et quelques autres. Mais peu à dire vrai.
D’ailleurs, je me suis toujours promis qu'il fallait que j'arrête d'en acheter. Sauf que ‘Dark Was The Night’ vient tout remettre en cause.

Qu’est ce donc que ‘Dark Was The Night’? Rien de moins que la 20è compilation de Red Hot Organisation, une association de lutte contre le SIDA. Fêtant malheureusement ses 20 ans, Red Hot Organisation a mis les petits plats dans les grands pour sortir un disque le plus attractif possible, afin d’amasser le maximum d’argent.

Au programme donc un double album et surtout une liste ahurissante d’artistes plus talentueux les uns que les autres proposant, chacun, des titres inédits. Jugez plutôt : Andrew Bird, Blonde Redhead et Devastations, Bon Iver, Yeasayer, Feist en duo avec Ben Gibbard de Death Cab For Cutie (pour une reprise de Vashti Bunyan), Iron & Wine (pour un titre d’à peine une minute mais d’une beauté à couper le souffle), The Decemberists (et une balade déchirante d’émotion), Grizzly Bear (seul sur un titre et en compagnie de Feist sur un autre), My Brightest Diamond (reprenant le Feeling Good de Nina Simone), Beirut, Arcade Fire (le seul vrai raté de la compilation avec un Lenin très fadasse), Kronos Quartet (qui reprend la chanson de Blind Willie Johnson qui donne son nom à la compilation) j’en passe et pas des moindres (le tracklisting complet se trouve au bas de ce papier).

Cinq titres se détachent légèrement des 31 qui composent ce ‘Dark Was The Night’ (ils sont tous les cinq en écoute plus bas) : La reprise de Cello Song – chanson composée et chantée par le grand Nick Drake sur 'Five Leaves Left’ en 1969 – par The Books et Jose Gonzales, ou la rencontre entre cordes délicates et légère electronica ; un nouveau titre de The National, So Far Around The Bend, dans la plus pure tradition du groupe et pour une de ses plus belles compositions; Sharon Jones and The Dap Kings qui reprend Shuggie Otis et son Inspiration Information, tout de soul vêtu ; et Sufjan Stevens qui s’amuse sur You Are The Blood des Castanets, en deux parties. Une première de dix minutes, tout simplement ahurissante, où le grand timonier de la pop des années 2000 mêle pop et touches électronique pour finir dans un feu d’artifice de frissons ; puis une seconde où il n’apparaît qu’en featuring du flow de Buck 65.

Au début de ce papier, je disais donc que j’avais décidé il y a quelques années de ne plus acheter ce genre de disque. Quand ce double album est tombé dans les griffes de l’Internet, je me suis résolu à briser mon serment après avoir écouté six titres (ici, et pour même pas 15€). L’objet est beau, le but final sert une bonne cause (tous les bénéfices seront reversés à Red Hot Organisation) et la qualité et la diversité des artistes présents est terrifiante (à noter que la grande majorité de ces titres là ne seront disponible qu'ici). Best compilation ever? (sortie : 16 février 2009)

Son :
Site officiel
Myspace (Un titre de ce ‘Dark Was The Night’ en écoute)

Acheter le disque ici


Exceptionnellement et vu la durée de ce double album (plus de 2h de musique), cinq titres en écoute. Les cinq cités plus haut, tous divers et variés (et dans l'ordre du tracklisting) (malheureusement plus en écoute).The Books et Jose GonzalesCello Song (Nick Drake cover)
The NationalSo Far Around The Bend
Sufjan StevensYou Are The Blood (Castanets cover)
Sharon Jones & The Dap-Kings - Inspiration Information (Shuggie Otis cover)
Buck 65 Remix (avec Sufjan Stevens et Serengeti) - Blood Pt. 2 (Castanets cover)


Tracklisting:
Disc 1
01. Dirty Projectors et David Byrne - Knotty Pine
02. The Books et José González - Cello Song (Nick Drake cover)
03. Feist and Ben Gibbard - Train Song (Vashti Bunyan cover)
04. Bon Iver - Brackett, WI
05. Grizzly Bear - Deep Blue Sea
06. The National et Nico Muhly - So Far Around the Bend
07. Yeasayer - Tightrope
08. My Brightest Diamond - Feeling Good (Nina Simone cover)
09. Kronos Quartet - Dark Was the Night (Blind Willie Johnson cover)
10. Antony Hegarty et Bryce Dessner - I Was Young When I Left Home (Bob Dylan cover)
11. Justin Vernon et Aaron Dessner - Big Red Machine
12. The Decemberists - Sleepless
13. Iron & Wine - Stolen Houses (Die cover)
14. Grizzly Bear et Feist - Service Bell
15. Sufjan Stevens - You Are the Blood (Castanets cover)

Disc 2
01. Spoon - Well-Alright
02. Arcade Fire - Lenin
03. Beirut - Mimizan
04. My Morning Jacket - El Caporal
05. Sharon Jones & The Dap-Kings - Inspiration Information (Shuggie Otis cover)
06. David Andrew Sitek - With a Girl Like You (The Troggs cover)
07. Buck 65 Remix (avec Sufjan Stevens et Serengeti) - Blood Pt. 2 (Castanets cover)
08. The New Pornographers - Hey, Snow White (Destroyer cover)
09. Yo La Tengo - Gentle Hour (Snapper cover)
10. Stuart Murdoch - Another Saturday
11. Riceboy Sleeps - Happiness
12. Cat Power et Dirty Delta Blues - Amazing Grace
13. Andrew Bird - The Giant of Illinois (The Handsome Family cover)
14. Conor Oberst et Gillian Welch - Lua
15. Blonde Redhead et The Devastations - When the Road Runs Out
16. Kevin Drew - Love Vs. Porn