mardi 9 septembre 2008

Emiliana Torrini – Me and Armini [Rough Trade]

Début 2005, j’avais eu l’occasion de m’occuper une journée (presque) entière d’Emiliana Torrini alors qu’elle faisait à Paris la promo de son second album, ‘Fisherman’s Woman’. J’avais rencontré alors une jeune femme absolument charmante, drôle et au caractère bien trempé qui, avec ses petits yeux rieurs et de son sourire à tomber, m’avait complètement fait fondre.

Je dois avouer que cette rencontre, même si elle n’avait pas été suivie d’effet malgré des clins d’œil appuyés et des sourires ultra-bright de ma part, avait assez influencé mon jugement sur les productions de la miss. Car si j’aimais déjà beaucoup son ‘Fisherman’s Woman’, après coup j’en suis tombé complètement amoureux, frissonnant à chaque note que sa jolie voix d’Islandaise voulait bien envoyer.

Il n’est donc pas anodin que je vous parle ici de son dernier album en date, ‘Me and Armini’. Non pas parce qu’il est fabuleux, renversant et fera date. Non juste parce qu’il est d’Emiliana Torrini. Et qu’il est à mes yeux réussi. Différents de ses deux premières livraisons, loin du trip-hop du début et – un peu moins loin – du folk épuré de 'Fisherman's Woman', ce disque la voit plonger à corps perdu dans des orchestrations plus travaillées, avec une basse aux sonorités reggae plutôt présente et une ambiance générale assez sombre. On se surprend même à lui trouver des similitudes avec Ed Harcourt sur certains titres (Dead Duck notamment, voir plus bas).
Seul un morceau, Gun, fait tâche au milieu des treize titres de ce ‘Me and Armini’, avec sa production lourdingue et sa rythmique qui ne vont pas un instant avec la voix et la douceur d‘Emiliana Torrini. Mais le reste est au diapason, sucré, délicat, beau.

‘Me and Armini’ est ce genre de disque, les galettes qu’on se surprend à écouter plus que de raisons, tout en étant conscient qu’elles n'ont rien d’extraordinaire. Bref, un album cohérent, de la part d'une des personnalités les plus attachantes du monde de la musique d'aujourd'hui. (sortie: 9 septembre 2008)


Son :
Myspace (Trois titres de ‘Me and Armini’)
Site Officiel

Deux titres en écoute. Me and Armini, aux sonorités reggae et un Dead Duck assez ambitieux et proche de certains titres d’Ed Harcourt, malheureusement plus en écoute.

lundi 8 septembre 2008

Track of The Day (02-08 septembre 2008)

Après des semaines de vacance de ce blog, la rentrée est de rigueur. Et placée sous le signe de l'electro qui fait bouger les pieds et mal à la nuque. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite).


Lundi 8 septembre 2008:
* Iron & Wine - Arms of a Thief (Transgressive)
Lovesong of the Buzzard n'est pas la moins belle chanson du 'The Shepherds's Dog' des Iron & Wine, sorti en 2007. Elle est ici la tête de proue de cet Ep de trois titres, tiré à 1000 exemplaires chez Transgressive Records, dont est tiré ce Arms of a Thief, un titre de folk-pop hésitant à lorgner vers quelques ambiances plus "actuelles". Et qui prouve une fois de plus que le groupe de Sam Beam prend toujours un soin précieux à composer de beaux Eps avec de grandes chansons.
(disponible sur Lovesong Of The Buzzard Ep, 2008)

Dimanche 7 septembre 2008:
* Monosurround - We [Citizen]
Duo allemand, composé de Ramtin et Erik, fraîchement signé chez Citizen Record (le label de Vitalic), les Monosurround donne dans l'électro entre beat, scratchs, flow et grandiloquence, qui sonne vraiment fin 80s/début 90s. La preuve flagrante avec ce We de leur premier album à venir, fin septembre, 'Hello World'.
(disponible sur Hello World, 2008)

Samedi 6 septembre 2008:
* The Who - Baba O'Riley (SebastiAn Remix) [-]

SebastiAn s'est fait une spécialité depuis quelques temps: remixer de grands tubes de l'histoire de la musique. Cela avait débuté avec celui de Killing In The Name des Rage Against The Machine. Et ça se poursuit avec celui Baba O'Riley des Who sur 'Who's Next'. Un remix pas bouleversant (surtout pour un grand fan de la bande à Pete Townshend comme moi), mais qui fait son petit plaisir.
(indisponible pour le moment, 2008)

Vendredi 5 septembre 2008:
* Coldplay - Viva La Vida [Parlophone]
Annoncé comme une daube FM annoncée, le dernier 'Viva La Vida' de Coldplay est tout sauf cela. Chris Martin et ses potos ont toujours ce don inouï de pondre des mélodies entêtantes, comme celle qui domine ce Viva La Vida divin. Grand titre de 2008.
(disponible sur Viva La Vida, 2008)

Jeudi 4 septembre 2008:
* Robin Sparkles - Let's Go To The Mall [Dominant]
Pour ceux qui suivent cette série hilarante qu'est How I Met Your Mother comme moi depuis trois ans déjà, rappelez-vous de cet épisode déjà mythique du 'Slap Bet' avec en point d'orgue cette chanson de Robin Sparkles (alias Robin Scherbatsky), ex-pop stars canadienne qui chantait dans les centre commerciaux à la fin des années 80. Un bonheur de kitsch même pas moqueur. Savoureux. Et parfait pour attendre le retour des aventures de Ted et Barney le 22 septembre 2008, sur CBS. En espérant qu'ils aient les chaînes ricaines là haut...
(indisponible pour le moment)

Mercredi 3 septembre 2008:
* Vitalic - The 30 000 Feet Club [Citizen]
Disponible uniquement sur son 'V-Live' de l'an passé, The 30 000 Feet Club vient de voir le jour en version studio. Et c'est aussi énorme qu'en live. J'imagine qu'on devrait retrouver ce titre sur le futur album du grand Pascal Arbez, à venir prochainement. Sautez, vous êtes en transe!
(indisponible pour le moment, 2008)

Mardi 2 septembre 2008:
* Sia - Breathe Me (Four Tet Remix) [Domino]
Avec Bob Dylan et Sufjan Stevens, Four Tet est le troisième de mes dieux, de ces artistes qui me créent une petite boule dans le bide, pleine d'envie et d'admiration. Je suis retombé sur le remix du grand Kieran Hebden du Breathe Me de Sia. Une douceur toute ouatée, toute belle, toute doucereuse. Dont on a beaucoup de mal à se passer.
(disponible sur The Remixes, 2006)

jeudi 4 septembre 2008

Top 6 "R.I.P"

Y a des fois, vous fêtez votre anniversaire. Vous êtes heureux. Vraiment. Et puis, bam, au moment où vous vous y attendez le moins, la vie, cette vieille salope, vous rappelle à l’ordre et vous fait bien comprendre que «non mon p’tit pote, c’est pas pour tout de suite», en vous envoyant en travers de la gueule une nouvelle qui vous mouille les yeux et vous envahie d’une immense tristesse.

Et pourtant, je ne peux pas dire que le Djezon je le connaissais plus que cela. Un mec rencontré sur un forum (de football en plus!) et que je croisais plus souvent qu’à mon tour à la sortie d’une page html ou, plus épisodiquement, à la terrasse d’un café ou sur le ghorre pourri d’un terrain de foot de banlieue.
Et alors que je devrais m’en foutre limite si l’on en croit tous ces spécialistes qui nous expliquent qu’aujourd’hui, la société est devenue totalement individualiste (égoïste même qu’ils disent) et que l’on vit trop dans l’irréalité (Internet, forums, msn) pour créer du lien du social, ben je suis triste. Triste de voir partir un mec aussi doué avec les mots (voir ici) que maladroit avec les pieds, chambreur comme pas deux et à l’humour corrosif (bien trop pour beaucoup). Triste de perdre un compagnon de route, un camarade de vannes. Triste. Tout bêtement.

Donc nous y voilà. Un Top 6 'RIP'. Et dans tous les styles, avec Miss Kittin & The Hacker et leur Frank Sinatra, The Roots et leur hommage vibrant et terrible à J. Dilla (Can’t Stop This) et The Herbaliser, avec Katerine à la voix, qui y vont de leur obole pour Gainsbourg avec un Serge aux faux airs de Melody Nelson.

Vu qu’il fallait bien un peu de mauvais goût dans tout ça (et histoire de lui donner l’occasion de me traiter une fois de plus, de là-haut, d’ «imbécile heureux, mais imbécile quand même»), enchaînons avec No One But You de Brian May, Roger Taylor et John Deacon pour (officiellement en tout cas) réveiller la mémoire de Freddie Mercury (mais plus objectivement pour remplir les caisses).

Pour finir sur une note plus artistique, deux bijoux. Deux merveilles. La première, déjà diffusée dans ces pages à l’occasion d’une chronique de son ‘On Leaving’, Bird of Cuzco de Nina Nastasia en mémoire de John Peel, décédé brutalement il y a bientôt 4 ans, dans la ville de (justement) Cuzco, au Pérou. La seconde est, quant à elle, à pleurer. Ou comment le hip-hop se met à nu pour allumer une lumière acoustique au génie de ce géant que fut Johnny Cash, via la voix de Sage Francis et de ses acolytes, avec un Jah Didn’t Kill Johnny déchirant.

Bref, six titres pour rendre hommage à un pote. Lui dire qu’on pense à lui, à sa famille. Lui dire aussi que sa prose précise, ses vannes pourries, ses posts délicieux sur le forum des cahiers du foots et ses dribbles ratés vont nous manquer. Même qu'ils nous manquent déjà tiens. Et comme dit Sage Francis : «but before I die, please don’t take anymore of my friends». Rest In Peace mecton. Et so long. Bises.
 





Tracklisting:
Miss Kittin and The HackerFrank Sinatra (First Album, 2001) 
The Roots - Can't Stop This (Game Theory, 2006) 
The Herbaliser - Serge (feat. Katerine) (Take London, 2005) 
Queen - No One But You (Queen Rocks, 1997) 
Nina Nastasia - Bird of Cuzco (On Leaving, 2006) 
Sage Francis - Jah Didn't Kill Johnny (A Healthy Distrust, 2005)


 






mardi 2 septembre 2008

Noah and the Whale – Peaceful, The World Lays Me Down [Cherrytree]

Il est temps de reprendre les choses en main en ce 2 septembre 2008, à l’orée d’une nouvelle décennie et au crépuscule de pérégrinations estivales des plus agréables. Ce blog aura vécu à mon rythme pendant ces deux derniers mois : celui de farniente.

Mais après avoir pêché la crevette, fait du cormoran, être tombé amoureux du temps breton en même pas dix jours passés dans cette charmante ville qu’est Trebeurden, après avoir arpenté quelques sentiers sinueux des Alpes à croiser bouquetins, marmottes et paysages splendides, après avoir retrouvé une famille déjantée qui aime à se baffrer, à rire et se foutre de tout pendant quelques jours, il est l’heure de remettre le travail sur l’ouvrage et de repartir à la quête de ce chapeau, parce que bon, à la fin, ça suffit de savoir que je suis parti sans, j’aimerais bien le retrouver.

Pour ouvrir cette nouvelle année, commençons par un des disques qui aura bercé une bonne partie de mon mois d’août : ‘Peaceful, The World Lays Me Down’ de Noah and the Whale. Un album d’un groupe anglais, né sur les bords d’un des plus fameux stades de rugby du monde, aux contours folk pop, dans lequel on retrouve des réminiscences de pas mal de groupes actuels, de Beirut à Arcade Fire (oui, c’est léger, mais quand même) en passant par Jens Lekman. La voix de Charlie fait beaucoup penser à un mélange de celle d’Adam Green et de Micah Paul Hinson. D’ailleurs, c’est sûrement avec ce dernier qu’on trouvera le plus de liens, entre la voix, les ruptures des morceaux et les mélodies très travaillées (Peaceful, The World Lays Me Down est un titre somptueux qu’aurait pu composer le songwriter américain).

Ce disque revient constamment ces dernières semaines sur ma platine. Encore et encore. A peine plus de 40 mns, une qualité qui s’affine au fil des écoutes, des titres forts de partout, des touches mélodieuses à tomber dans chaque morceau. Ce premier album de Noah and the Whale est un peu mon Loney, Dear de 2008. Et si les styles ne sont pas vraiment comparables (le Suédois est beaucoup plus enjoué que ses homologues anglais), l’effet est le même : un disque de folk-pop à tomber et qui fait du bien par où il passe, avec ses chœurs, ses clappings, ses cordes qui pleurent et ses ruptures mélodiques. Un vrai bonheur. Rien de mieux pour attaquer une rentrée le plus sereinement possible. (sortie : le 11 août 2008)

Son :
Myspace (six extraits de ‘Peaceful, The World Lays Me Down’)
Site Officiel (très beau site)

Histoire de ne pas perdre les bonnes vieilles habitudes, deux morceaux en écoute. Délectez-vous donc de Give A Little Love et de Peaceful, The World Lays Me Down, deux titres pour se rappeler que cet été, bondieu, c’était bien (malheureusement plus en écoute).

Et la vidéo, toute belle, de 5 Years Time, qui aurait pu être l’hymne de cet été 2008, qui sent bon Wes Anderson (dont le groupe est fan), malheureusement plus disponible.


lundi 18 août 2008

Track of The Day (12-18 août 2008)

Une semaine placée sous le signe de la nouveauté. Et du nouvel album de Mancuniens sur le retour. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite).


Lundi 18 août 2008:
* Oasis - Falling Down [Big Brother]
Cela fait combien de temps que je n'avais pas été touché et que je n'avais pas vibré à l'écoute d'un titre d'Oasis? Aussi loin que je me souvienne, depuis la sortie de 'Be Here Now' (car oui, votre serviteur aime beaucoup 'Be Here Now'). Depuis, rien. Et puis là, les deux frérots reviennent, avec un nouvel album. Et le premier titre qui filtre annonce un album prometteur. On confirmera ça lors de la sortie, mais force est de constater que ce Falling Down est particulièrement savoureux. Et entêtant.
(disponible sur Dig Out Your Soul, 2008)

Dimanche 17 août 2008:
* Ladytron - Ghosts [Nettwerk]
Fondé à Liverpool, mais originaire aussi bien de Sofia que de Glasgow, les Ladytron sortent là leur quatrième album studio. Un disque toujours dans la même veine: ecletro, pop, rock, limite new-wave. Toujours très efficace, toujours très sûr, les Ladytron confirment une fois de plus. De toutes façons, avec un titre comme Ghosts, qui va vouloir se plaindre?
(disponible sur Velocifero, 2008)

Samedi 16 août 2008:
* The Wedding Present - I Lost The Monkey [Talitres]
Nouvel album de la bande à David Gedge . après leur splendide 'Take Fountain' de 2005. Un nouveau disque plus rentre dedans, plus hargneux. En point d'orgue, un single d'une grande efficacité: I Lost The Monkey. The Wedding Present comme on les aime.
(disponible sur El Rey, 2008)

Vendredi 15 août 2008:
* Her Name Is Calla - "Motherfucker! It's Alive And It's Bleeding!" [Gizeh]
On en reparlera bientôt en plus long, mais voilà Her Name Is Calla, post-rock band de Leicester. Ils jouent une musique dans la veine de iLiKETRAiNS, avec un côté sombre très soutenu. Très prenant, hypnotisant, leur 'The Heritage' est une grande réussite, dont on ressortira ce "Motherfucker! It's Alive And It's Bleeding!", tout en montée, avec un piano discret mais effrayant, pour un titre frissonnant comme on aime.
(disponible sur The Heritage, 2008)

Jeudi 14 août 2008:
* Oasis - Falling Down (Chemical Brothers Remix) [Big Brother]
Alors que leur nouvel album 'Dig Out Your Soul' ne sortira qu'à la rentrée, les frères Gallagher se font remixer par leurs amis des Chemical Brothers. Un remix qui, aux premières écoutes, donnait envie d'en savoir plus sur le nouvel album des Mancuniens, et ce pour la première fois depuis une dizaine d'années. Envie confirmée à la suite de l'écoute de Falling Down, dans sa version originale (mais on en reparle en fin de semaine).
(disponible sur The Shock of the Lightning Ep, 2008)

Mercredi 13 août 2008:
* Lambchop - Slipped Dissolved and Loosed [Merge]
Les vieux de la vieille sont de retour. Après Calexico qui annonce un nouvel album, voilà le retour du grand Lambchop. Nouvel album à venir le 29 septembre prochain, chez Merge, et qui s'intitulera 'Oh Ohio'. Un premier extrait est disponible gratuitement (et le plus légalement du monde) ici (click droit/enregistre sous l'ami(e)). Et ça s'appelle Slipped Dissolved and Loosed. Du Lambchop pur jus. En clair? C'est beau.
(disponible sur Oh Ohio, 2008)

Mardi 12 août 2008:
* Jude - Indian Lover [Maverick]
Quand 'King of Yesterday' sort, Jude a connu un beau succès d'estime avec son premier album 'No One Is Really Beautiful'. Sauf que le succès commercial se fait attendre. Et chez Maverick, le label de Madonna, on n'aime pas attendre justement. Quand Jude présente la première version de son second album, il est rejeté en bloc par sa maison de disques: pas assez vendeur. Jude revient donc avec de nouveaux titres, beaucoup plus faciles d'accès. Le disque sera un flop total, Jude se fera virer de Maverick. Pourtant ce 'King of Yesterday' a de bons titres, même de sacrés, comme ce Indian Lover enregistré live et brillant.
(disponible sur King of Yesterday, 2001)