Longtemps considéré comme un artiste n'hésitant pas à dépasser les frontières de son hip-hop natal, ne rechignant pas à aller voir du côté du blues, du rock ou de la pop ce qu'il s'y passait, Buck 65 est en train de doucement mais sûrement tourner en rond.Bien que responsable d'albums cross-over mémorable ('Talkin' Honky Blues' et 'Secret House against the World'), Buck 65 est effectivement depuis quelques disques rentré dans le rang en proposant à nos oreilles, pourtant amies, des albums aussi poussifs qu'inutiles. Et cette fois-ci, le canadien a fait fort.
Car avec '20 Odd Years', Buck 65 finit de se fourvoyer complètement. Le crossover, c'est bien et intéressant; mais il faut savoir à un moment donné se mettre des barrières et arrêter de s'acoquiner avec n'importe qui (quelle idée d'aller chercher l'affreuse Olivia Ruiz?) pour chanter n'importe quoi sur des productions sans nom (quelle vulgarité!).
Alors c'est bien de bosser le contenant (l'album existe en édition limitée avec pleins de goodies aussi débiles qu'indispensables genre casquette, balle de baseball ou mug) mais il aurait fallu aussi tenter de travailler un brin le contenu.
Parce qu'au final, une seule chanson sauve '20 Odd Years' d'un naufrage total et complet. Non, ce n'est pas Gee Whiz chantée avec Nicholas Thorburn (ex-Unicorns, ex-Islands, ex-Human Highway), composition à peine potable à la durée bien trop courte pour être honnête, mais She Said Yes dont il est question ici, très belle balade mélancolique comme sortie de nulle part, dans le grand style de Buck 65.
Car le reste est un puit sans fond pour Buck 65 et un album qui se positionne très clairement comme un des plus mauvais sortis en 2011. Et il va falloir faire fort pour l'en déloger.
Album: 20 Odd Years
Année: 2011
Label: WEA



