jeudi 1 août 2019

[Track of The Day] John Eatherly - Burnout

Pendant un moment vrais chouchous de ces pages, les Public Access T.V. auront finalement fait pschitt avec deux albums loin des standards auxquels nous avaient habitués leurs premiers singles détonants (In The Mirror ou leur 'Rebounder Ep').

John Eatherly, chanteur du groupe, peut-être en voyant l'impasse dans laquelle se trouvait son groupe, a décidé de se lancer en solo. Jusque là, deux titres sont parus, et c'est surtout le second, Burnout, qui retient l'attention. Une chanson qui, selon Eatherly lui-même, a deux sens : celle de l'ennui infini de ne pas se sentir à sa place dans un monde où tout le monde semble sortir du même moule. Et de démonter l'imaginaire qui voudrait que la vie de rockstar soit si formidable.

Musicalement, Burnout est une sorte de mix entre le Public Access T.V. des débuts et le Public Access T.V. de 'Street Safari' (enfin tout ce qui était réussi). Un mélange réussi, au début synthétiquement cheap mais qui fait vite sortir les guitares. Chouette single.

Album : -
Année : 2019
Label : -


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Burnout de John Eatherly est également en écoute ci-dessous :


Pour finir, le clip de Burnout de John Eatherly réalisé par Kaia Gerber, fille de, je l'apprends, Cindy Crawford :



mercredi 31 juillet 2019

[Track of The Day] Froth - Departement Head

Trio de Los Angeles, Froth est une découverte mais pas des nouveaux venus vu que les californiens viennent de publier avec 'Duress' leur quatrième album.
Etant incapable de dire comment sonnent les premiers, concentrons nous sur ce dernier disque, d'une beauté froide de prime abord, mais dont la production et les chansons lui donnent une tonalité plus complexe.

Ensemble moins clinquant que claquant, 'Duress', ses 10 titres et ses 41 minutes, aligne guitares de haute volée, riffs qui ne recherchent jamais la facilité, boucles instrumentales et mélodies implacables. Noisy, shoegaze, post-punk, électronique brinquebalant également, me faisant penser parfois à Wilco, Froth apporte au disque une production des plus soignées, qui laisse avant tout à la musique être maîtresse d’œuvre de l'ensemble.

De toutes les chansons, c'est Departement Head qui ressort du lot à mes oreilles : son côté robotique, ce post-punk épuisé, presque las, comme à bout de souffle, ces guitares qui semblent peiner à sonner juste, comme sur la tangente. Sublime chanson pour un disque qui s'avère à chaque nouvelle écoute de plus en plus intéressant et brillant.

NB : Pour en savoir plus sur 'Duress' de Froth, je vous conseille fortement la chronique de Coralie Gardet pour Section 26.

Album : Duress
Année : 2019
Label : Wichita


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Departement Head de Froth est également en écoute ci-dessous :


Autre extrait de 'Duress' de Froth, voilà donc Dialogue :




Pour finir, voilà Laurel, le premier single extrait de 'Duress' de Froth. Et accessoirement, la chanson qui ouvre l'album :



lundi 29 juillet 2019

[Track of The Day] Molly Burch - Only One

« Toutes les histoires sont des histoires d'amour » disais-je en ouverture de ma chronique de vendredi dernier à propos de 'Chemin Vert' de Joseph Fisher.

La dernière chanson de Molly Burch (face-A d'un 45-tours à paraître en août prochain), Only One, reste dans le thème avec la fin d'une histoire d'amour où l'américaine essaie d'en trouver les raisons, sans, évidemment, avoir de réponse (« I heard you found someone new, is she nice to talk to? I thought she tried to fight you, just like I used to do. Is that why you went away, before I, before I could say... Why'd you stop loving me? »)

Langoureuse, Only One transpire la fatigue et la lassitude. Elle a tous les atours d'un titre estival, mais plutôt dans le sens caniculaire, tant la mélodie pleine de langueur amplifie la tristesse et le désarroi de Molly Burch. Jolie chanson à la belle justesse.

Album : Ballads 7"
Année : 2019
Label : Captured Tracks


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Only One de Molly Burch est également en écoute ci-dessous :



vendredi 26 juillet 2019

Joseph Fisher - Chemin Vert [-]

'Eureka Street', excellent roman de Robert McLiam Wilson, sorte de mix entre le 'Tortilla Flat' de John Steinbeck et 'The Big Lebowski' des Frères Coen (mais à la sauce irlandaise), s'ouvre par ces mots : « Toutes les histoires sont des histoires d'amour ».

Et ce n'est pas 'Chemin Vert' de Joseph Fisher qui viendra contredire cette vérité. Premier album du parisien, ce disque est, comme l'indique son sous-titre, « une collection de chansons à propos des filles, des salauds et de l'amitié.»

Musicalement, évidemment, l'ensemble est très bien ficelé, avec un trio guitare, basse, batterie, plutôt brut, parfois ascète, d'où s'échappent de belles mélodies, montées sur des structures qui de temps à autres s'extirpent judicieusement du carcan traditionnel de la chanson.
Un tout très anglo-saxon (il ne cite pas sur Chemin Vert les Red House Painters pour rien, et ce n'est pas non plus un hasard qu'il ait tenu la guitare lors du concert de Michael Hiscock de The Field Mice au Paris PopFest l'an passé), au plus fort sur Désordre ; mais où l'on retrouve tout de même quelques traces du Miossec des débuts.

Toutefois, l'atout principal de 'Chemin Vert', ce sont les textes de Joseph Fisher. Car ils touchent au plus profond. Rarement il m'a été donné l'opportunité d'écouter un disque parlant aussi bien des affres de l'amour, des ruptures, des déceptions, parfois des joies, de la mise à mort d'un sentiment et de tous les questionnements inhérents à ce genre de relations humaines.

En trouvant souvent le mot juste, en ne sacrifiant jamais ses rimes à une facilité d'écriture, Joseph Fisher est brillant, qu'il évoque les sentiments non-réciproques (« Toi tu voudrais bien vieillir avec moi mais dans 20 ans, moi je voudrais que ça commence maintenant » sur Je Ne Suis Pas Gentil), les plans culs qui n’en sont jamais vraiment (« Pour un garçon si détaché tu as souvent les larmes aux yeux », « Mais je vois que ton cœur se serre quand je me vais au bras d’un autre », « Tu ne trompes personne - je suis partageur et partagé - tu sais que c’est faux - je suis partageur et partagé - ce ne sont que des mots », « Combien de temps encore faudra t-il faire comme si nous faisions fi des conventions? » sur Partageur et Partagé) ou les douleurs d’une séparation (« J’ai toute ma tête mais mon cœur saigne et vient mourir aux portes de ton corps » sur Désordre).

Mieux encore : de toutes les chansons parlant de la douleur de la séparation et de la douleur qui ne veut pas diminuer, c'est sans nul doute le Cup of Coffee de Garbage qui a toujours eu ma préférence, tant le titre écrit par Shirley Manson est d'une justesse folle. La chanson titre Chemin Vert est du même acabit. Sans doute apogée de l'album, Joseph Fisher y questionne au plus près le sentiment amoureux et surtout sa perte. L'histoire d'un homme qui revient sur les pas d'une ancienne relation, dont il se rappelle les débuts (« Tu me recevais nue et fumant dans ton lit. J’y restais le dimanche, parfois jusqu’au jeudi »), la passion qui s'emparait d'eux (« comme nos deux peaux faisaient des étincelles »), le bonheur qui irradiait (« même si cet été là il ne plut pas beaucoup, le ciel ne pleurait plus, il se calquait sur nous »), les projets qui s'amoncellent (« on rêvait aux enfants que l’on aurait plus tard, en voyant ceux des autres gambader dans les squares. Le bonheur pour une fois ne tombait pas des mains, on s’y croyait, on s’y voyait enfin »). Avant que l'on comprenne que c'est l'amour qu'il a perdu et non la compagne, qui elle, a changé (et Joseph Fisher l'explique bien dans l'interview donnée à Sun Burns Out, voir plus bas).

Trente-cinq minutes, neuf chansons : Joseph Fisher livre avec 'Chemin Vert' un panorama intense, plein de doutes, d'espoir, de renonciation, de souvenirs, de manque de courage aussi, le tout porté par de très belles mélodies qui n'arrivent pas à ne pas être mélancoliques. Et au-dessus de tout cela plane l'amour. Oui, décidément, toutes les histoires sont des histoires d'amour. (Sortie : 30 avril 2019)

Plus :
'Chemin Vert' est en écoute sur le bandcamp de Joseph Fisher
'Chemin Vert' est à l'achat sur le bandcamp de Joseph Fisher
'Chemin Vert' de Joseph Fisher est également en écoute sur Spotify et Deezer
La chronique de 'Chemin Vert' de Joseph Fisher par Mathieu Gandin pour Pop News

Trois chansons de Joseph Fisher en écoute. A tout seigneur tout honneur, voilà donc la chanson Chemin Vert, dont j'ai évoqué la beauté juste au-dessus. Puis Partageur et Partagé, seule chanson en duo (avec Albane Honoré) où un couple qui se veut libre ne l'est finalement pas tant que cela. Et enfin le très beau Ville Nouvelle, plein de rêves évanouis :







jeudi 25 juillet 2019

[Track of The Day] Olivier Rocabois - Ship Of Women

Qui n'a pas besoin d'un peu de romantisme ? Qui n'a pas besoin de chansons bien habillées pour passer l'été ? Qui n'a pas besoin de mélodies touchantes au plus profond ? Personne. Car tout le monde le mérite.

Merci donc à Olivier Rocabois, parisien et leader d'All If (groupe dont je ne sais rien) qui se lance en solo sous son propre nom. Merci pour ces deux premières chansons, Ship Of Women et Somewhere In A Nightmare. Merci pour ces cordes. Merci pour ces belles mélodies pop ouvragées. Merci pour ces envolées vocales. Merci pour ce côté David Bowie. Merci pour cette production ouatée. Bref, merci pour la beauté. On en a tous plus que jamais besoin.

Album : Ship Of Women / Somewhere In A Nightmare
Année : 2019
Label : -


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Ship of Women d'Olivier Rocabois est également en écoute ci-dessous :


Seconde chanson de ce petit EP d'Olivier Rocabois, voilà Somewhere In A Nightmare :


Pour finir, voilà le clip de Ship Of Women d'Olivier Rocabois :