mardi 27 août 2019

[Track of The Day] Suggested Friends - Cygnets

Auteur en 2017 d'un premier album court qui, à défaut d'être mémorable, contenait un bien joli tube (Grateful), le quatuor Suggested Friends semble avoir décidé de passer la vitesse supérieure à quelques semaines de sortir 'Turtle Taxi', leur seconde production.

Car le premier single Cygnets, sa belle basse en ouverture et son ambiance indie-pop de la fin des années 80, promet sans doute des lendemains plus radieux pour le groupe londonien, au sein duquel on retrouve Emma Kupa, chanteuse de Mammoth Penguins (dont il était question ici il y a quelques jours), qui cette fois n'est « qu'à la basse », laissant le chant à Faith et sa belle voix qu'on dirait toute droit sortie des années 80. Prometteur.

Album : Turtle Taxi
Année : 2019
Label : Fika Recordings


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Cygnets de Suggested Friends est également en écoute ci-dessous :


Autre extrait de 'Turtle Taxi' de Suggested Friends, voilà... Turtle Taxi :



Cygnets de Suggested Friends a également un clip, que voici :



lundi 26 août 2019

[Track of The Day] Fews - More Than Ever

Après avoir délaissé nos rues et laissé aux juillettistes des grandes villes calmes, agréables à vivre, à la circulation un peu plus discrète et à l'ambiance presque feutrée, les aoutiens sont de retour et devraient reprendre (en tout cas, pour ceux qui ont la chance de ne pas être en galère) le chemin du bureau, de l'usine ou de l'open-space de la « Start Up Nation » à courte vue.

Et comme il ne faut pas être tombé de la lune pour savoir que les retours de vacances sont rarement les meilleurs moments de l'année et que la difficulté à remettre le travail sur l'ouvrage n'est pas vraiment une sinécure (j'en veux pour preuve que, rentré il y a de cela un mois tout pile de mes congés estivaux, j'arrive à peine à retrouver une productivité décente), voilà donc More Than Ever, instant hit de Fews, trio suédois auteur en mars dernier de leur deuxième album, 'Into Red'.
Trois minutes et 20 secondes d'immédiateté indéniable et d’efficacité redoutable, qui vous agrippent dès la première seconde au col, qui donne des fourmis dans les jambes et l'envie de chanter à tue-tête « sometimes... more than ever ». Bonne rentrée !

Album : Into Red
Année : 2019
Label : PIAS


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), More Than Ever de Fews est également en écoute ci-dessous via leur clip :



vendredi 23 août 2019

The Gotobeds - Debt Begins at 30 [Sub Pop]

Si 'Debt Begins at 30' était leur premier album, sans nul doute qu'on aurait fait de The Gotobeds (malgré son absence sur la pochette, c'est bien un groupe en « The ») de « next big thing » de la scène rock actuelle. Sauf que ce n'est - donc - pas leur premier disque, mais leur quatrième (et puis on va laisser cette place à The Murder Capital).
Pour autant, le quatuor originaire de Pittsburgh en Pennsylvanie a tout ce qu'il faut pour éclater enfin à la face du monde - ou tout au moins à la face des gens qui aiment l’indie-rock (ce qui réduit le panel et ce chaque année un peu plus). Car 'Debt Begins at 30' a une gueule et de sacrées chansons à revendre.

Sans en être un, ce disque des Gotobeds est presque un concept album. Pas forcément dans les thématiques abordées ou pour la cohérence de l’ensemble, mais plus parce qu’il invite pléthore d’artistes à venir chanter et jouer avec eux, et ce sur chaque chanson - ce qui n'est quand même pas commun dans cette sphère musicale. Et la liste a plutôt un joli relief : il y a bien des membres de groupes inconnus à mon bataillon personnel (Silkworm, Positive No ou Downtown Boys), mais on compte également Joe Casey et Greg Ahee de Protomartyr (et pas sur les mêmes titres), Bob Weston de Shellac et Bob Nastanovich de Pavement (qui, pour toute participation, gueule « Dross » sur la chanson du même nom et a rédigé le texte de promotion de l'album).

D’où un 'Debt Begins at 30' particulièrement divers, qui garde une ligne directrice entre punk, post-punk, lo-fi et indie-rock très marqué US - évidemment - où les guitares sont à la fête, mais qui s’échappe un peu de partout, allant piocher l’inspiration chez les Pixies (2:15), Parquet Courts (Poor People Are Revolting), Pavement et avec tout du long un côté Sonic Youth et Wire du meilleur effet. 

Pour autant, cet album de The Gotobeds n'a rien d'une « compilation ». Très bien produit, sans titre faible (même la version alternative, en espagnol, de la chanson Debt Begins at 30 n'est en rien une redite), n'oubliant jamais les mélodies, doublant souvent les voix pour donner encore plus de corps aux chansons, 'Debt Begins at 30' est avant tout un putain de disque rock, dans toutes ses acceptions, plein de guitares acérées et de morceaux qui ne demandent qu'à être des tubes. Il ne reste plus qu'à souhaiter à ces presque trentenaires d'avoir, plutôt que des dettes, la reconnaissance qu'ils méritent. (Sortie : 31 mai 2019)

Plus : 
'Debt Begins at 30' de The Gotobeds est à l'écoute sur leur page bandcamp
'Debt Begins at 30' de The Gotobeds est également à l'achat sur leur page bandcamp
'Debt Begins at 30' de The Gotobeds est à l'écoute, notamment, sur Spotify et Deezer
A noter que The Gotobeds viendront présenter 'Debt Begins at 30' en novembre prochain en France, à La Boule Noire le 18 et au Sonic de Lyon le 19.

Trois chansons de 'Debt Begins at 30' de The Gotobeds en écoute aujourd'hui. Calquer The Hound (qui ouvre l'album) pour commencer (en écoute également dans les playlists Spotify et Deezer, ainsi que dans la colonne de gauche de ce blog). Puis On Loan. Et enfin Bleached Midnight :






Pour finir, voilà deux clips des deux singles extraits de 'Debt Begins at 30' de The Gotobeds : Twin Cities et le très Pixies 2:15




jeudi 22 août 2019

[Track of The Day] Titus Andronicus - Just Like Ringing a Bell

Considérant 'The Most Lamentable Tragedy' de Titus Andronicus comme un des plus grands disques de la décennie en cours, 'A Productive Cough' avait refroidi mes ardeurs concernant le groupe de Brooklyn, tant il était flemmard.

Une seule écoute de 'An Obelisk' il y a quelques semaines m'avait poussé à ne pas aller plus loin non plus, comme si la magie avait disparu.

Mais comme je suis un garçon raisonnable, j'ai voulu lui donner une nouvelle chance. Et il s'avère, au-delà du fait que j'ai bien fait, que ce sixième album studio de Titus Andronicus vaut plus d'une écoute.

Car si la flamboyance d'il y a quelques années a disparu, si tout n'est pas passionnant, le groupe quand il retrouve son envie et ce qu'il sait faire de mieux (un mix entre rock et punk joué à toute vitesse, presque du blues-rock endiablé parfois) reste diablement enthousiasmant et d'une sincérité à toute épreuve.
 
'An Obelisk' n'est sans doute pas exceptionnel, mais Titus Andronics retrouve ses marques, ce qu'il sait faire de mieux, compose quelques chansons très efficaces (Just Like Ringing a Bell, en écoute aujourd'hui, (I Blame) Society), le pied toujours à fond sur l'accélérateur. Et Patrick Stickles chante toujours comme si sa vie en dépendait, sa voix au bord de la rupture, non pas de ses cordes vocales, mais de son souffle qu'on le croit toujours incapable de reprendre mais qu'il dompte comme personne.

Album : An Obelisk
Année : 2019
Label : Merge Records


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Just Like Ringing a Bell de Titus Andronicus est également en écoute ci-dessous :



Autre chanson de 'An Obelisk' de Titus Andronicus, voilà Troubleman Unlimited :


Pour promouvoir 'An Obeliks', Titus Andronicus (ou leurs conseillers) a une eu idée pour le coup originale : une sorte de série en deux (jusque là) épisodes centrée sur Patrick Stickles qui doit affronter la fin de l'enregistrement d'un album, les journalistes ou des idées pour le « vendre ». Voilà le pilote :



Et pour finir, un clip (et ils sont nombreux pour 'An Obelisk') : celui de (I Blame) Society où le groupe fait montre d'un moins grand talent que Bob Dylan pour faire tomber les pancartes des paroles de la chanson :



mardi 20 août 2019

The Murder Capital - When I Have Fears [Human Season Records]

Les premiers extraits annonçant 'When I Have Fears' étaient plutôt prometteurs. Mais ils ne présageaient pas d'un tel premier album pour les dubliners de The Murder Capital.

De prime abord, on pourrait comparer ce disque du quintet irlandais à ceux d'Idles ('Joy as an Act of Resistance.') ou de Fontaines D.C. ('Dogrel'), avec qui ils partagent ce post-punk furieux (évidents More is Less ou Don't Cling to Life, les deux titres les plus courts de l'album et sans doute les plus énervés). Mais cela serait bien réducteur et aller un peu trop vite en besogne.

Car The Murder Capital sont bien plus que cela. Et plus les écoutes de 'When I Have Fears' passent, plus l'évidence se fait prégnante. Il y a quelque-chose de « profond », de plus « grand » qui émerge de ce disque. Peut-être est-ce la mort flirtant autour de certaines de leurs compositions (le suicide d'un de leurs amis ayant nourri l'inspiration du disque); peut-être sont-ce ces paroles travaillées et pleines de mélancolies.

Et peut-être - et sûrement même - aussi cela vient de sa musicalité. Produit à la perfection avec une justesse incroyable (le tout est un beau mélange d'agressivité et de rondeur), fourmillant de petits détails et de guitares ne cessant de se renvoyer la balle, 'When I Have Fears' se révèle être un disque extrêmement puissant, qui recèle de beaucoup de choses diverses mais à l'unité sidérante : un je-ne-sais-quoi du Joy Division de 'Unknown Pleasures', des chansons furieuses et d'autres au calme apparent mais à la violence sous-jacente (et qui n'explose pas toujours), des tenues de notes toutes post-rockiennes, des morceaux au carcan brut mais que The Murder Capital arrivent à faire voler en éclat pour y faire rentrer de la lumière (superbe mise à nue de For Everything qui ouvre le disque), des balades crépusculaires (How the Streets Adore Me Now, tant Nick Cave) et même quelques emprunts riffesques au Shine On You Crazy Diamond de Pink Floyd (Slowdance II).

C'est un peu tout cela qui fait de 'When I Have Fears' un album terrifiant de classe. Appelés à faire parler d'eux, The Murder Capital, sans nullement décevoir, sortent un disque assez loin de ce que l'on pouvait attendre, loin de la case dans laquelle on voulait les ranger, mais d'une très grande qualité. Impressionnants débuts discographiques. (Sortie : 16 août 2019)

Plus :
'When I Have Fears' de The Murder Capital est à l'écoute ici
'When I Have Fears' de The Murder Capital est à l'achat ici
'When I Have Fears' de The Murder Capital est, notamment, en écoute sur Spotify et Deezer

Trois chansons de 'When I Have Fears' de The Murder Capital en écoute aujourd'hui. For Everything, la chanson qui ouvre l'album, formidable morceau en deux temps qui se découvre une richesse mélodique dans sa seconde partie (en écoute également dans les playlists Spotify et Deezer dans la colonne de gauche de ce blog). Puis More Is Less, le morceau le plus « Idles » de l'album. Et enfin la superbe balade noire How the Streets Adore Me Now :






Pour finir, les deux clips tirés de ce 'When I Have Fears' de The Murder Capital : Green & Blue et Don't Cling to Life :