mardi 19 octobre 2021

[Track of The Day] Marissa Paternoster - White Dove

Un soir de mars 2019, j'avais trainé mes guêtres au Sonic pour voir sur la petite scène de la péniche les américains de Screaming Females, trio originaire du New Brunswick dont l'écoute du dernier album (alors et toujours) en date 'All At Once' m'avait renversé - avec retard - quelques jours plus tôt. Ce soir là, j'avais pris en pleine face la fougue et la générosité de Marissa Paternoster, chanteuse et guitariste du groupe. Petit bout de femme à l'énergie incroyable qui m'avait tourneboulé, au point de lui dire, en fin de concert dans un anglais baragouiné et un brin pâteux « you are my new heroine » qu'elle n'avait pas semblé comprendre.

Trois ans plus tard, les Screaming Females sont au point mort et avec rien dans le radar. Mais Marissa Paternoster n'est pas en reste elle avec un Ep de son projet parallèle Noun. Et surtout la sortie de son premier album solo 'Peace Meter', toujours chez Don Giovanni Records. Un disque annoncé (et qui s'ouvrira) par White Dove, une belle mélopée électrique, un rien lugubre et qui prend une sacrée ampleur tout du long, où Marissa Paternoster enchante son monde avec une voix calme et posée, comme elle le fait lorsqu'elle est furieuse et en train de maltraiter sa guitare. Prometteur en tout cas. En espérant que, malgré sa date de sortie (3 décembre), ce disque puisse arriver à exister en pleine période de bilans de fin d'année.

Album : Peace Meter
Année : 2021
Label : Don Giovanni Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, White Dove de Marissa Paternoster est également en écoute ci-dessous :

Le clip de White Dove de Marissa Paternoster :

lundi 18 octobre 2021

[Track of The Day] Kate Davis - I’ll Do Anything But Break Dance for Ya, Darling (Daniel Johnston cover)

Reprendre Daniel Johnston en s'éloignant du lo-fi des compositions originales, est-ce une bonne idée ? Kate Davis le pense, elle qui a sorti en tout début d'année 'Strange Boy', un album qui la voit reprendre l'entièreté de 'Retired Boxer', un disque de Johnston sorti en 1984 sur lequel on trouve sa chanson la plus fameuse, True Love Will Find You in the End - dans sa version initiale, bien plus cabossée que celle, plus connue, parue sur '1990'.

Si 'Retired Boxer' comptait neuf chansons, 'Strange Boy' lui en compte le double. Ici, chaque titre est précédé d'un court interlude vocal où des amis de Kate Davis racontent leur Daniel Johnston à eux. Neuf plages pas forcément passionnantes mais qui sont ce qui se rapproche finalement le plus (tout est relatif) de l'album original.

Car musicalement, les neuf reprises de Kate Davis n'ont pas grand chose à voir avec les morceaux de 1984. Ici, tout est plus clair, plus orchestré, plus ample, plus produit. Plus « propre » en somme. Un peu comme si l'américaine avait passé les chansons de Daniel Johnston dans une sorte de lessiveuse Grandaddy.
Toutefois, s'il manque un peu d'âme à l'ensemble, l'exercice n'est pas vain et plutôt réussi ; et les reprises de I’ll Do Anything But Break Dance for Ya, Darling (en écoute aujourd'hui) et évidemment True Love Will Find You in the End, valent largement le détour.

Et on en revient donc à la question initiale : reprendre Daniel Johnston en s'émancipant du lo-fi inhérent à ses premières productions a-t-il du sens ? Oui, cent fois oui. Pour mieux montrer à quel point le résumer à « légende du lo-fi » est réducteur tant il était avant tout un compositeur génial, dont les chansons, qu'elles soient jouées nues ou habillées, étaient avant tout de grandes chansons.

Album : Strange Boy
Année : 2021
Label : Solitaire Recordings Inc.

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, la reprise de I’ll Do Anything But Break Dance for Ya, Darling de Daniel Johnston par Kate Davis est également en écoute ci-dessous :

Difficile de ne pas également proposer la reprise de True Love Will Find You in the End, le « tube » de Daniel Johnston que Kate Davis s'approprie joliment :

vendredi 15 octobre 2021

[Track of The Day] Bestfriend - Hannah in the City

Belle découverte que le duo canadien Bestfriend. Un groupe composé de Stacy Kim et Kaelan Geoffrey qui, après quelques singles enregistrés à distance (chacun sur sa côte, chacun son océan) et disséminés ici et là depuis l'an passé, a décidé d'en compiler une bonne partie sur un premier Ep 'Places I've Lived'.

Un disque particulièrement réussi de bedroom pop synthétique, touchante et nostalgique. Du genre qui fait penser à la rencontre entre les méconnus - et pourtant si délicieux - A Weather et The Postal Service (tiens, deux duos là aussi). Si on se félicitera de la grande qualité de l'ensemble et de chansons comme You Want Everyone To Love You ou Does It Matter?, on retiendra avant tout Good To See You, sublime point final qui voit dans sa deuxième partie, et sans crier gare, débarquer des choeurs vibrants de nombre de leurs amis ; et Hannah In The City (en écoute aujourd'hui), chanson joliment énergique autant que désabusée sur un amour voué à ne jamais être vécu.

Un duo à suivre donc. En espérant que leur futur Ep, qui pourrait s'intituler 'Places I've Left' et sortir prochainement, soit du niveau de ce 'Places I've Lived', parfaitement troussé.

Album : Places I've Lived Ep
Année : 2021
Label : -

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Hannah in the City de Bestfriend est également en écoute ci-dessous :
 
 
Autre chanson très réussie de Bestfriend, voilà Good To See You, chanson qui clôt magnifiquement 'Places I've Lived Ep' :

 

Le clip/paroles de Hannah in the City de Bestfriend :

jeudi 14 octobre 2021

[Track of The Day] JJULIUS - Följ Inte Efter

Voilà un album singulier que ce - sobrement intitulé - 'Vol. 1', premier disque solo d'un certain JJULIUS (ou JJ ULIUS, choisissez votre camp), jusque là connu pour être membre de Monokultur et Skiftande Enheter, deux groupes dont je ne sais pas grand chose si ce n'est qu'ils sont suédois, comme lui.

Singulier ce 'Vol. 1' car derrière la froideur de ces dix titres (et 28 minutes au compteur), derrière ces morceaux assez déstructurés qui pourraient être difficile d'accès, il y a quelque-chose de très hypnotique et de vite évident. Sans doute grâce à ces mélodies plutôt immédiates qui se déploient dans une ambiance si ce n'est lugubre au moins dépressive, minimaliste sans l'être réellement, au son d'un post-punk désabusé, heurté et presque langoureux, et des parties plus expérimentales - comme si JJULIUS cherchait un chemin dans des détours sinueux et peuplés de synthés profonds et de guitares agitées et désaccordées - qui se confrontent à quelques éclaircies pop et lumineuses (Andetag).

Un ensemble sacrément lo-fi, d'où émane un chant en suédois qui accentue l'effet d'un disque finalement assez hors du temps, du moins hors de ce temps là. Le petit frère serait sur les rails (« VOL. 2 will hopefully come out late this year or early next » dit il sur sa page bandcamp). Et c'est tant mieux.

NB : Pour en savoir plus et en longueur sur ce 'Vol. 1' de JJULIUS, on lira cette très bonne critique de Musique Journal, l'émanation de la toujours curieuse et indispensable revue Audimat

Album : Vol. 1
Année : 2021
Label : Mammas Mysteriska Jukebox

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Följ Inte Efter de JJULIUS est également en écoute ci-dessous :

Autre belle réussite de 'Vol. 1' de JJULIUS, voilà Andra Takter

mercredi 13 octobre 2021

[Track of The Day] Françoiz Breut - Juste de Passage

Je ne suis sans doute pas très objectif la concernant tant je pourrais m'émouvoir à l'entendre lire le dos d'une plaquette de beurre, mais plus le temps passe et mieux Françoiz Breut vieillit. Comme les années n'avaient aucune prise sur elle et sur sa voix, voire embellissaient son chant, le rendant plus sûr, moins dur et surtout plus aérien.

C'est peut-être cela qui m'a le plus marqué (ou plu) sur 'Flux Flou de la Foule', son septième et nouvel album. Un disque parmi ses tous meilleurs entre finesse d'écriture, mélodies synthétiques, production ciselée, ambiance langoureuse ; et au sein duquel on trouve quelques très belles réussites comme le duo avec Jawhar (qu'on croirait être Bertrand Belin au départ) sur La Fissure, le presque enlevé Comme des lapons, le doucereux Mes péchés s'accumulent ; ou Juste de Passage, chanson d'ouverture qui, comme son nom pourrait le laisser croire, n'est pas la petite sœur de 'Vingt à trente mille jours' écrite 20 ans plus tôt, mais évoque le sort de ces migrants qui ont tout quitté pour arriver dans nos cités européennes et qui sont accueillis moins bien que des chiens, sur fond de rythmique alerte et de belles nappes que Françoiz Breut couvre de sa voix, haute en ton et qui pourtant semble presque susurrée.

Album : Flux Flou de la Foule
Année : 2021
Label : 30 Février

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Juste de Passage de Françoiz Breut est en écoute ci-dessous :

Autre belle chanson tirée de 'Flux Flou de la Foule' de Françoiz Breut, voilà Comme Des Lapons :