Trois ans plus tard, les Screaming Females sont au point mort et avec rien dans le radar. Mais Marissa Paternoster n'est pas en reste elle avec un Ep de son projet parallèle Noun. Et surtout la sortie de son premier album solo 'Peace Meter', toujours chez Don Giovanni Records. Un disque annoncé (et qui s'ouvrira) par White Dove, une belle mélopée électrique, un rien lugubre et qui prend une sacrée ampleur tout du long, où Marissa Paternoster enchante son monde avec une voix calme et posée, comme elle le fait lorsqu'elle est furieuse et en train de maltraiter sa guitare. Prometteur en tout cas. En espérant que, malgré sa date de sortie (3 décembre), ce disque puisse arriver à exister en pleine période de bilans de fin d'année.
mardi 19 octobre 2021
[Track of The Day] Marissa Paternoster - White Dove
lundi 18 octobre 2021
[Track of The Day] Kate Davis - I’ll Do Anything But Break Dance for Ya, Darling (Daniel Johnston cover)
Si 'Retired Boxer' comptait neuf chansons, 'Strange Boy' lui en compte le double. Ici, chaque titre est précédé d'un court interlude vocal où des amis de Kate Davis racontent leur Daniel Johnston à eux. Neuf plages pas forcément passionnantes mais qui sont ce qui se rapproche finalement le plus (tout est relatif) de l'album original.
Car musicalement, les neuf reprises de Kate Davis n'ont pas grand chose à voir avec les morceaux de 1984. Ici, tout est plus clair, plus orchestré, plus ample, plus produit. Plus « propre » en somme. Un peu comme si l'américaine avait passé les chansons de Daniel Johnston dans une sorte de lessiveuse Grandaddy.
Toutefois, s'il manque un peu d'âme à l'ensemble, l'exercice n'est pas vain et plutôt réussi ; et les reprises de I’ll Do Anything But Break Dance for Ya, Darling (en écoute aujourd'hui) et évidemment True Love Will Find You in the End, valent largement le détour.
Et on en revient donc à la question initiale : reprendre Daniel Johnston en s'émancipant du lo-fi inhérent à ses premières productions a-t-il du sens ? Oui, cent fois oui. Pour mieux montrer à quel point le résumer à « légende du lo-fi » est réducteur tant il était avant tout un compositeur
génial, dont les chansons, qu'elles soient jouées nues ou habillées, étaient avant tout de grandes chansons.
Difficile de ne pas également proposer la reprise de True Love Will Find You in the End, le « tube » de Daniel Johnston que Kate Davis s'approprie joliment :
vendredi 15 octobre 2021
[Track of The Day] Bestfriend - Hannah in the City
Un disque particulièrement réussi de bedroom pop synthétique, touchante et nostalgique. Du genre qui fait penser à la rencontre entre les méconnus - et pourtant si délicieux - A Weather et The Postal Service (tiens, deux duos là aussi). Si on se félicitera de la grande qualité de l'ensemble et de chansons comme You Want Everyone To Love You ou Does It Matter?, on retiendra avant tout Good To See You, sublime point final qui voit dans sa deuxième partie, et sans crier gare, débarquer des choeurs vibrants de nombre de leurs amis ; et Hannah In The City (en écoute aujourd'hui), chanson joliment énergique autant que désabusée sur un amour voué à ne jamais être vécu.
Un duo à suivre donc. En espérant que leur futur Ep, qui pourrait s'intituler 'Places I've Left' et sortir prochainement, soit du niveau de ce 'Places I've Lived', parfaitement troussé.
Année : 2021
Label : -
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Le clip/paroles de Hannah in the City de Bestfriend :
jeudi 14 octobre 2021
[Track of The Day] JJULIUS - Följ Inte Efter
Voilà un album singulier que ce - sobrement intitulé - 'Vol. 1', premier disque solo d'un certain JJULIUS (ou JJ ULIUS, choisissez votre camp), jusque là connu pour être membre de Monokultur et Skiftande Enheter, deux groupes dont je ne sais pas grand chose si ce n'est qu'ils sont suédois, comme lui.Singulier ce 'Vol. 1' car derrière la froideur de ces dix titres (et 28 minutes au compteur), derrière ces morceaux assez déstructurés qui pourraient être difficile d'accès, il y a quelque-chose de très hypnotique et de vite évident. Sans doute grâce à ces mélodies plutôt immédiates qui se déploient dans une ambiance si ce n'est lugubre au moins dépressive, minimaliste sans l'être réellement, au son d'un post-punk désabusé, heurté et presque langoureux, et des parties plus expérimentales - comme si JJULIUS cherchait un chemin dans des détours sinueux et peuplés de synthés profonds et de guitares agitées et désaccordées - qui se confrontent à quelques éclaircies pop et lumineuses (Andetag).
Un ensemble sacrément lo-fi, d'où émane un chant en suédois qui accentue l'effet d'un disque finalement assez hors du temps, du moins hors de ce temps là. Le petit frère serait sur les rails (« VOL. 2 will hopefully come out late this year or early next » dit il sur sa page bandcamp). Et c'est tant mieux.
NB : Pour en savoir plus et en longueur sur ce 'Vol. 1' de JJULIUS, on lira cette très bonne critique de Musique Journal, l'émanation de la toujours curieuse et indispensable revue Audimat
Autre belle réussite de 'Vol. 1' de JJULIUS, voilà Andra Takter :
mercredi 13 octobre 2021
[Track of The Day] Françoiz Breut - Juste de Passage
Je ne suis sans doute pas très objectif la concernant tant je pourrais m'émouvoir à l'entendre lire le dos d'une plaquette de beurre, mais plus le temps passe et mieux Françoiz Breut vieillit. Comme les années n'avaient aucune prise sur elle et sur sa voix, voire
embellissaient son chant, le rendant plus sûr, moins dur et surtout plus aérien. C'est peut-être cela qui m'a le plus marqué (ou plu) sur 'Flux Flou de la Foule', son septième et nouvel album. Un disque parmi ses tous meilleurs entre finesse d'écriture, mélodies synthétiques, production ciselée, ambiance langoureuse ; et au sein duquel on trouve quelques très
belles réussites comme le duo avec Jawhar (qu'on croirait être Bertrand
Belin au départ) sur La Fissure, le presque enlevé Comme des lapons, le doucereux Mes péchés s'accumulent ; ou Juste de Passage,
chanson d'ouverture qui, comme son nom pourrait le laisser croire, n'est pas la petite sœur de 'Vingt à
trente mille jours' écrite 20 ans plus tôt, mais évoque le sort de ces migrants qui ont tout quitté pour
arriver dans nos cités européennes et qui sont accueillis moins bien que
des chiens, sur fond de rythmique alerte et de belles nappes que Françoiz Breut couvre de sa voix, haute en ton et qui pourtant semble presque susurrée.


