Après près d'un mois de vacances à couper d'un job bien trop épuisant ces dernières semaines, à ne rien faire d'autre que de ne rien faire, il est temps de renfiler un jean et de reprendre le trajet du travail pour mieux passer la main à ses collègues qui vont à leur tour partir vers des contrées plus réjouissantes, loin de l'impitoyable chaleur lyonnaise, toujours plus insupportable.
Alors histoire de mettre un peu de cœur à l'ouvrage, profitons en pour reprendre également nos activités bloguesques, délaissées depuis quelques semaines, et écoutons Any Day de Healees, groupe établi à Paris mais aussi français qu'américain, belge que suédois. Une chanson qui ouvre leur premier Ep 'Healees' - aux faux-airs de premier album - et qui donne ici un aperçu de ce qui nous attend : du shoegaze mélodique aux contours noisy-pop de fort bon aloi. Et le disque est d'ailleurs prometteur, car très inspiré et parce qu'il échappe à la monotonie du genre en relevant chacune de ses compositions. Évidemment sorti chez les toujours impeccables Hidden Bay Records.
Il y a deux ans quasiment jour pour jour, je publiais un "Track of The Day" sur Bags For Life, une des meilleures chansons du deuxième album du quatuor américain Ganser, alors inconnu à mes oreilles.
Vingt-quatre mois plus tard, revoilà les chicagoans, avec une nouvelle chanson People Watching, qui vient annoncer un court Ep à venir début octobre (!), 'Nothing You Do Matters Ep'.
Un titre très nerveux, post-punk dans l'idée mais couvert de noise-rock, qui fait sonner les Ganser comme jamais, et derrière lequel on retrouve Angus Andrew (le dernier Liars encore aux commandes de... Liars), qui est à la production de cet Ep. Cela s'entend, cela est franchement épatant et cela pourrait faire passer les Ganser dans une autre dimension.
Album : Nothing You Do Matters Ep Année : 2022 Label : Felte Records
Oceanator avait bien disséminé quelques promesses. Mais de là à publier un disque comme 'Nothing's Ever Fine' ? Ce n'était tout de même pas écrit. Car si le premier album de l'Américaine, 'Things I Never Said', était plutôt convaincant dans l'ensemble, il ne manquait pas de défauts : des mélodies redondantes, une empathie un peu trop prononcée pour des guitares lourdes, manquant de finesse, et des chansons fortes réduites à la portion congrue (pour ainsi dire deux : The Sky Is Falling et I Would Find You).
'Nothing's Ever Fine' est, donc, d'un tout autre calibre. Et confirme que 'Things I Never Said' n'était qu'une gentille mise en bouche.Elise Okusami a monté son exigence de plusieurs crans, et à tous les niveaux.
Après un instrumental qui donne le ton du disque (Morning) et une première chanson Nightmare Machine, toute de REM vêtue, Oceanator va en effet dérouler un disque aux compositions bien plus solides que par le passé. Bien aidé par un tracklisting cohérent et qui n'aurait pas pu être mieux agencé, 'Nothing's Ever Fine' va ancrer son inspiration et son environnement dans un rock qu'on daterait du début des années 90, mais qui n'hésite pas à faire quelques incursions dans un punk à roulettes des plus efficaces, et qui n'oublie de
saupoudrer l'ensemble de pop, comme pour mieux éviter la redite et
effacer les défauts de son précédent album.
Mais surtout, il y a cette production, assurée par le frère d'Elise Okusami, d'une justesse incroyable, que d'aucuns trouveront typée, mais qui a le mérite de faire ressortir à chaque fois le meilleur des compositions de sa sœur, qui ne sont jamais dénuées d'ambition.
Plein de petits hook pour relancer ses chansons (à tout seigneur tout honneur, nommons ici le pont formidable de Beach Days (Alive Again) qu'on aimerait entendre durer des heures, voir plus bas), malin et jamais passéiste, 'Nothing's Ever Fine' est un disque qui fuzz, qui pop, aux guitares belles comme tout. Finalement, son seul vrai défaut sa
pochette, lambda au possible et qui ne rend pas justice à cet excellent album qui dévoile une
sacrée artiste dont on n'avait pas soupçonné jusque là tout le talent. (Sortie : 8 avril 2022)
'Nothing's Ever Fine' d'Oceanator est également à l'achat ici
'Nothing's Ever Fine' d'Oceanator est en écoute, notamment, sur Spotify et Deezer
Trois chansons de 'Nothing's Ever Fine' d'Oceanator en écoute. A tout seigneur tout honneur, ouvrons le bal avec Beach Days (Alive Again)(en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Enchaînons avec The Last Summer, l'autre grande chanson de l'album. Et finissons par Summer Rain, belle balade électrique pleine d'écho :
Les clip de The Last Summer et Bad Brain Daze, premiers singles extraits de 'Nothing's Ever Fine' d'Oceanator :
Glenn Donaldson sait-il faire autre chose que composer des chansons ? A rebours de beaucoup de ses contemporains, il semble qu'il n'en ait jamais assez. Un disque avec Jeremy Earl de Woods sous le nom de Painted Shrines, son projet Vacant Garden toujours sur les rails et déjà quatre albums avec The Reds, Pinks & Purples en trois ans. Et croyez vous que cela lui suffise ?
Que nenni. Alors que le dernier album en date, l'exquis 'Summer at Land's End', est sorti en février dernier, Glenn Donaldson a depuis publié ce que l'on peut considérer comme trois Ep (uniquement digitaux) : 'Slow Torture of an Hourly Wage Ep' (dont la chanson du même nom est délicieuse, voir plus bas), 'Everything Holy Ep' (ou quatre de ses chansons enregistrées pour BBC Ulster Radio) et 'Life In The Void Ep', à la chanson titre qui est sans doute le titre le plus électrique et nerveux jamais enregistré par The Reds, Pinks & Purples à ce jour.
Album : Life In The Void Ep Année : 2022 Label : Burundi Cloud
Vous souvenez-vous de Jude Christodal ? Connu sous le nom de Jude, il avait sorti quelques albums très réussis au tournant des années 2000, et notamment un 'No One Is Really Beautiful' en 1998, que votre serviteur considère comme un des tous meilleurs des années 90.
Mais de bisbilles avec son label de l'époque (Maverick) en disques sortis dans un anonymat de plus en plus prégnant (même si 'Sarah' puis 'Redemption' avaient été édités par Naïve), le bostonien est passé à autre chose, abandonnant les albums, ne sortant que de rares chansons ici et là, et composent depuis principalement pour des films et des séries.
Si je parle de Jude aujourd'hui, c'est qu'elle est la première personne qui m'est venue à l'esprit à l'écoute de l'album de 'Episodes', le huitième de Bart Davenport, américain de son état et signé chez les délicieux allemands de Tapete. Un disque un rien nonchalant, qui sent bon l'été, les fins d'après-midi à se lover dans l'herbe en sifflotant quelques mélodies. Et donc Jude, dont il a autant la voix que quelques tics de compositions (et notamment de sa fin de carrière). Un disque sans doute un peu long et redondant à la longue mais dans lequel on trouve de jolies choses, comme Billionaires, Alice Arrives ou encore It's You (en écoute aujourd'hui).
Album : Episodes Année : 2022 Label : Tapete Records