Groupe au succès certain au tournant des années 2000, avec A-Punk, tube qui aura fait date et qui continue de cartonner en synchro, Vampire Weekend est un groupe qui m'a toujours ennuyé. Je ne nie pas quelques qualités de compositions certes, mais rien n'y fait, je suis toujours passé à côté de leurs albums et n'ai jamais compris l'engouement dont il faisait l'objet.
Pourtant, les new-yorkais viennent d'annoncer la sortie d'un nouvel album pour le 5 avril prochain (leur cinquième et le premier depuis 2019). Il s'intitulera 'Only God Was Above Us'. Et si la référence à Dieu me fait d'avance freiner des quatre fers (le « was » laissant planer le doute, on n'est quand même pas chez The Welcome Wagon), je dois avouer que les deux premiers singles publiés en amont m'ont plus que tapé dans l'oreille. Deux chansons très riches, qui ont tout deux l’écho et la distorsion ancrées au coeur, et qui sont dans un style Vampire Weekend pur jus selon les fans (avis que je suis évidemment incapable de donner, n'ayant pas écouté le groupe depuis des années). A tel point qu'il est difficile de trancher entre la très belle balade Capricorn (en écoute aujourd'hui) et ses roulements de batterie, et l'énergique et pop Gen-X Cops.
Mais l'important est ailleurs. Pour la première fois, je suis hypé par un disque de Vampire Weekend. Seize ans après leur premier album. Il faut un début à tout. Il parait bien qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.
Album : Only God Was Above Us Année : 2024 Label : Columbia Records
Est-ce pour pouvoir rejouer ensemble sur scène ? Est-ce pour écrire le vrai point final de leur courte discographie ? Ou est-ce plutôt une sorte de galop d'essai pour voir si le public répond présent et si cela peut leur donner des idées pour un vrai troisième album ?
C'est sans doute avec toutes ces hypothèses en tête qu'Aline a décidé de remettre le travail sur l'ouvrage et de revenir du cimetière des groupes disparus bien trop tôt et bien trop vite après deux albums de haute volée ('Regarde Le Ciel' et 'La Vie Électrique') dont le premier reste un classique absolu de la pop à guitare française (que de tubes !).
Pour leur retour, les Aline ont décidé de publier 'La Lune Sera Bleue', compilation de sept inédits et de deux reprises (Tombé pour la France d’Étienne Daho et Moi je joue de Brigitte Bardot) enregistrés entre New-York et Marseille de 2009 à 2015. Un disque financé par crowdfunding, dont la campagne a été un grand succès, prouvant par la même que malgré neuf années d'absence, le quintet n'a jamais été oublié.
Sur les sept inédits, on retrouve La Rivière Est Profonde, chanson déjà chroniquée dans ces pages il y de cela dix ans, à l'occasion d'un Ep 'France 2014', et plus... publié par Hands and Arms et Eyes Minded. Un titre totalement instrumental, à la rythmique tendue et aux guitares eighties, sur lequel une fillette vient réciter un extrait d'un texte de Guy Debord. Sans doute la meilleure des chansons non publiées par Aline à ce jour, à laquelle on adjoindra notamment La lune sera bleue, envoyée en éclaireur au moment du lancement du crowdfunding, l'autre instrumental Acier Géant et le très réussi Marc, qui ouvre le disque.
Une bonne partie de ces inédits, Aline sont venus les défendre sur scène le temps d'une mini-tournée de quelques dates, toutes sold-out. La première avait lieu il y a tout juste deux semaines au Sonic de Lyon, dans une péniche blindée pour l'occasion et prête à danser. Et danser, autant le dire tout de suite, elle le fit. Avec un groupe souriant, content d'être là et un Romain Guerret en forme, venus avec quelques blagues (et pas toutes préparées en amont), le concert a été un moment généreux à souhait, plein de plaisir et de mélodies parfaites. Devant un public totalement acquis, il s'est ouvert par l'évident Avenue des Armées (meilleure chanson de 'La Vie Électrique') avant de prendre une dimension supplémentaire dès Je bois et puis je danse, tube parmi les tubes, pour se finir en rappel sur un décapant et toujours aussi parfait Teen Whistle.
Il fallait voir les visages de la centaine de personnes venue se masser dans la chaleur du Sonic au sortir de ces 1h20 de concert. Des sourires, rien que des sourires. Un feel-good concert comme on en fait finalement assez peu. Je ne sais pas ce qu'Aline recherchaient exactement avec cette tournée
et la sortie de ce disque de face-b. Mais s'ils cherchaient à savoir s'ils
avaient manqué au public et si celui-ci les aimait toujours autant, la
réponse a été claire et limpide. Ne reste plus qu'à espérer que cette collection de face-b ne soit pas le chant du cygne définitif d'Aline : ces (plus si jeunes) gens ont sans doute encore des choses à dire. Et des chansons à composer. (Sortie : 16 février 2024)
Plus : 'La lune sera bleue (2009-2015)' d'Aline est à l'achat sur Caramba Records 'La lune sera bleue (2009-2015)' d'Aline est en écoute, notamment, sur Deezer et Spotify
Trois chansons de 'La lune sera bleue (2009-2015)' d'Aline en écoute aujourd'hui. Le superbe instrumental La rivière est profonde pour ouvrir le bal (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis La lune sera bleue. Et enfin Marc :
A quoi voit-on qu'on vieillit inexorablement, quand
bien même on essaie de faire comme si de rien n'était ? Quand on se
lève la nuit pour pisser. Quand il nous faut non pas une journée entière
(ça c'est quand on a 35 ans) mais au moins
deux pour se remettre d'une cuite. Et quand les disques qui ont fait
notre adolescence fêtent leurs 30 ans.
Et autant vous dire que 1994 n'est pas exempte de
grands disques. Il y a quelques jours, c'était 'Crooked Rain, Crooked Rain' de
Pavement. Dans les prochains mis, on aura droit aux 30 ans
'Definitely Maybe' d'Oasis, 'Grace' de Jeff Buckley,
'Smash' de The Offspring, 'Dummy' de Portishead, j'en passe et certains
meilleurs (mais découverts plus tard à l'âge adulte, du genre Low,
Johnny Cash et consorts).
Le premier février dernier, nous fêtions
l’anniversaire de 'Dookie', l'album iconique de Green Day, avec son nom
débile (littéralement « caca ») et son hit ultime Basket Case, une des
chansons majeures des années 90. Sans
doute le disque de punk-à-roulettes le plus vendu de tous les temps
(plus de 20 millions d'exemplaires), genre musical qui leur colle à la peau et
dont ils sont à jamais les icônes absolues.
Trente ans ont passé, et Green Day existe toujours, avec toujours le même line-up, avec toujours
le même Billy Joe Armstrong au chant. Le trio qui vient même de publier un nouvel album, 'Saviors', quelque part entre 'Nimrod' et 'American Idiot', leur dernier disque marquant à ce jour.
Et la formule n'a pas changé. Du punk-à-roulettes très efficace, que d'aucuns diront pompier, et plutôt engagé (The American Dream Is Killing Me, Coma City entre autres) où ça crie, ça hurle, ça riff, ça tape. Alors certes, c'est sans doute un peu ridicule de
voir Billie Joe Armstrong hurler « do you wanna be my girlfriend » à 50
ans bien tapés (sur Bobby Sox, excellent single, Green Day jusqu'au bout des ongles, en écoute aujourd'hui). Mais c'est tout aussi mignon de le voir chanter Father To A Son, preuve que lui et ses deux compères ne jouent pas qu'aux éternels adolescents qui veulent en découdre.
Et puis au final, qui s'en soucie ? Les Green Day ne se sont jamais pris
pour d'autres, ont toujours suivi la même formule,
faite de chansons rapides, de guitares énervées et de wouhou faciles. Et trente ans
après 'Dookie', ils le font toujours aussi bien, avec un son bien à eux, reconnaissable entre mille et une voix qui ne semble pas avoir bougé en presque trente-cinq de carrière. Ils auraient d'ailleurs tort de vouloir faire autrement : c'est sans doute à cause de ça que je (et beaucoup d'autres avec moi) garde pour eux une tendre affection.
Album : Saviors Année : 2024 Label : Reprise Records
Avec l'aventure solo impeccable d'Alex Edkins sous le moniker de Weird Nightmare, on en avait presque oublié que METZ était toujours actif. A notre décharge, il faut dire que le trio de Toronto, dont Edkins est le chanteur autant que le guitariste, s'est fait plutôt discret depuis 2020 et 'Atlas Vending' (à un split Ep avec Adulkt Life et un single avec Joe Talbot d'Idles en 2022 près).
Mais la suite arrive enfin. Le cinquième album de METZ est prévu pour le 12 avril prochain, s'intitulera 'Up on Gravity Hill', comptera quelques invités de marque (Owen Pallett, étonnamment, et Amber Webber, (ex?) chanteuse Black Mountain) et sortira à nouveau chez Sub Pop (et Dine Alone au Canada). Pour l'instant, deux chansons ont été dévoilées, 99 et surtout Entwined (Street Light Buzz) (en écoute aujourd'hui), pleine de rage, d'une basse presque métal, d'une guitare qui hésite entre rock et post-punk, d'un pont irrésistible où le feu gronde sous la glace, mais aussi de contours pop où l'influence de Weird Nightmare est certaine.
Album : Up on Gravity Hill Année : 2024 Label : Sub Pop / Dine Alone
Parce qu'une basse qui démarre les hostilités, c'est toujours bon à prendre. Parce qu'une guitare qui mène la danse tout du long de sa mélodie plutôt lumineuse, ça marche encore et ça marchera encore longtemps. Parce que cette jangle-pop qu'on dirait avoir 35 ans d'âge ne vieillira jamais. Parce que cette belle voix un peu effacée et à l'écho léger apporte un supplément de charme à l'ensemble. Parce que tout ceci mis bout à bout fait dodeliner de la tête et donne envie de se lancer dans un pas de deux. Voilà pourquoi I Can't Stand The Rain, un des extraits de 'Taking Pictures of Taking Pictures', troisième et nouvel album des anglo-allemands de The BV's qui sort ce vendredi, est une chanson tout à fait attachante et immédiate. Un morceau qu'on a l'impression d'avoir entendu mille fois mais qui fait mouche quasiment instantanément. Une madeleine en somme.
Album : Taking Pictures of Taking Pictures Année : 2024 Label : Kleine Untergrund Schallplatten / Shelflife Records