Hey vous. Oui, vous là avec vos cernes de dix pieds de long et votre tasse de café à la main encore trop chaude pour être bue d'une traite. Ca ne vous direz pas de mettre un peu de post-punk-jangle-pop dans votre journée ? Du genre des morceaux à guitare aux mélodies chatoyantes ? Hé bien écoutez donc 'Peak Dystopia', deuxième album d'un groupe venu de Melbourne en Australie (encore elle !) nommé Life Strike.
Au programme, onze chansons et deux interludes (comme quoi, ce n'est pas réservé qu'aux albums de hip-hop) pour un disque franchement étonnant (pour ne pas dire rafraîchissant), qui a plus d'un gimmick efficace dans sa besace, aux guitares belles comme tout, et à l'ambiance très eighties (et plus deuxième moitié des années 80 même).
Un album très cohérent, qui fait dans le simple et basique (guitare, basse, batterie, synthé), qui le fait d'ailleurs très bien, qui a quelques effluves légères du Television de Tom Verlaine, et dont on ressortira notamment le punk Giving Up The Ghosts, Phanthom Vibrations et son ambiance "cuivrée", et Whip Around (en écoute aujourd'hui) que les Life Strike mènent à la perfection, et qui est surtout une magnifique porte d'entrée de ce très réussi 'Peak Dystopia'.
Album : Peak Dystopia Année : 2023 Label : Stable Label / Bobo Integral
Ce n'est pas vraiment voulu mais cette semaine continue d'être consacrée à des chansons/albums parus les années précédentes. Après 'Marc Desse'lundi (et son tube Les étoiles, que je vous conjure d'aller écouter si ce n'est pas encore fait), voilà Un Altro Giorno de Trumpets of Consciousness, publié sur 'Failicità' en 2022.
Une chanson que l'on trouve en deuxième position de l'album (le troisième du projet mené par Thibauld Labey, dont j'avais évoqué le précédent 'Appromixate' en 2019) et qui fait mouche quasiment instantanément. En tout cas chez moi.
Il faut dire que les Trumpets of Consciousness ont mis les ingrédients qu'il faut pour : un piano gentiment martelé, une basse qui gère le tempo, une voix qui déclame de
l'italien, quelques guitares qui aiment laisser les doigts trainer sur leurs cordes plus que de raison pour mieux se la jouer guitar-hero. Avec au loin, un vespa qui fait des tours de quartier. Bref, un plaisir gros comme ça. Et une chanson langoureuse à bien des égards.
Album : Failicità Année : 2023 Label : Le Pop Club Records
Des excuses s'imposent : longtemps, sur la boite mail consacrée à ce blog (et qui en reçoit des dizaines par jour que je n'ai pas le temps de lire pour être honnête), j'ai reçu des mails de la part de Marc Desse - ou de son management. Si j'ai retenu le nom, je ne suis jamais allé plus loin que la lecture de ces mails promos. Et je n'ai donc jamais posé la moindre oreille sur la musique de ce monsieur.
Dernièrement, je suis tombé sur la pochette du simplement nommé 'Marc Desse', sorti en 2021. Est-ce la photo de notre homme rasé de frais et regardant fixement l'objectif d'un photomaton ? Est-ce parce que j'ai le temps de quelques secondes cru qu'il s'agissait d'un disque de Mike Brant ? Je ne sais pas et cela n'a pas trop d'importance. Ce qui en a par contre, c'est que cette pochette m'a donné envie d'en savoir plus.
Mais, dans une industrie musicale toujours plus chargée en sorties et où la
moindre news est oubliée et remplacée dans la demi-heure par une
nouvelle, comment ai-pu tomber sur un album auto-produit, à l'aura confidentielle, deux ans après sa publication ? Tout simplement parce que 'Marc Desse' vient de connaître une réédition (une "Deluxe Edition" même), ce qui n'est pas courant vous admettrez pour un album sorti sans label derrière lui.
Ainsi, aux onze chansons initiales, Marc Desse en a rajouté pas moins de quatre nouvelles. Quatre titres qui complètent plutôt bien le tracklisting original (notamment Sous le cuir d'un gars et Tout contre moi), même si aucune n'arrive à la hauteur de Les étoiles (en écoute aujourd'hui), morceau absolument formidable et immense coup de coeur, avec sa basse profonde sur laquelle on ne rêve que de se déhancher, et dont je n'arrive pas à comprendre pourquoi il n'a pas été un tube - des chansons françaises aussi bien foutues, aguicheuses et efficaces, ça ne court tout de même pas les rues.
Espérons donc que d'autres qui, comme moi, sont passés à côté de cet album il y a deux ans sauront rattraper le retard et tomberont sous le charme de ce disque plutôt malin, bien écrit et qui a ce qu'il faut de pop dans les mélodies pour rêver plus grand. Avec toutes mes plus plates excuses monsieur Desse pour ne pas avoir pris
le temps de vous écouter plus tôt. Cela ne se reproduira pas. (Sortie : 18 juin 2021 / 7 septembre 2023)
Trois chansons de 'Marc Desse' en écoute aujourd'hui. L'évident tube Les étoiles pour débuter (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis Je ne pars pas sans amour aux atours très Get Well Soon. Et enfin Sous le cuir d'un gars, un des quatre morceaux bonus ajoutés à cette "Deluxe Edition" de 'Marc Desse' :
Trois clips extraits de cet album de Marc Desse. Les étoiles (évidemment), Je t'adore
et Tout contre moi :
Après trois albums (dont deux, 'Le Tunnel Végétal' et 'Au Paradis', peuvent être qualifiés d'immenses) sous le nom de scène Thousand, Stéphane Milochevitch a décidé d'amorcer un virage dans sa carrière et d'abandonner son pseudo de toujours pour se lancer sous son vrai patronyme. Mais, soyez rassurés, le changement n'est finalement qu'administratif, tant les qualités de compositeur et de parolier de notre homme n'ont pas bougé.
C'est en tout cas ce que laissent à penser les deux premiers extraits de 'La Bonne Aventure' (le 13 octobre prochain, évidemment chez Talitres), dont Mustang du 26 (en écoute aujourd'hui). Sans doute la première chanson française depuis Je T'aime Le Lundi d'Edouardo à énumérer les jours de la semaine, tout en étant dans le genre infiniment plus proche du Friday I'm In Love de The Cure (fort heureusement).
Mais au-delà du clin d’œil, Mustang du 26 est un morceau qui voit Stéphane Milochevitch continuer à creuser son sillon d'une très belle pop à la française, où se côtoient mélodies accrocheuses et arrangements fins et léchés, sur lesquels vient se poser cette voix presque éraillée et éteinte, qui parle plus
qu'elle ne chante, et des textes toujours riches et lettrés, où chaque
mot semble soupesé et où aucune rime n'est laissée au hasard, et d'où
émane une belle poésie.
Album : La Bonne Aventure Année : 2023 Label : Talitres
Nous ne sommes même pas encore en automne, la fin de l'année est toujours un horizon lointain, mais les premiers extraits d'albums à venir en 2024 pointent déjà le bout de leur nez. Je voulais attendre avant d'évoquer les premiers (il y a tellement de belles choses qui sont sorties et qui vont sortie cette année) mais le premier extrait de 'Iechyd Da', le nouvel album de Bill Ryder-Jones prévu pour le 12 janvier prochain, m'a forcé la main.
Il faut dire que le guitariste de The Coral a tout mis dans This Can't Go On pour que mes oreilles et mon cerveau succombent : de la mélancolie de partout, une production ample, aux cordes qui pleurent, aux choeurs qui cajolent et emportent tout sur leur passage, et un ensemble qui rappelle Mercury Rev. Une chanson magnifique pour faire court.
Album : Iechyd Da Année : 2024 Label : Domino Records