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lundi 10 décembre 2007

Track of The Day (4-10 décembre 2007)

A 20 jours de la fin de l'année, une semaine entièrement placée sous le signe de 2007. (et toujours sur la droite, dans le lecteur deezer).

Lundi 10 décembre 2007:
* Great Lake Swimmers - Your Rocky Spine [Nettwerk]
Folkeux canadien à la gratte en bandoulière, Great Lake Swimmers pond un troisième album plutôt charmant, combinant jolies (mais discrètes) cordes, grands élans (comme ce joli Your Rocky Spine) et passages un peu plus chiant.
(disponible sur Ongiara, 2007)


Dimanche 9 décembre 2007:
* 1990s - You Made Me Like It [Rough Trade]
Ce You Made Me Like It, percutant et dansant, est assez jouissif. Assez loin du reste de l'album qui, s'il n'est en rien mauvais, ne casse pas trois pattes à un Franz Ferdinand.
(disponible sur Cookies, 2007)



Samedi 8 décembre 2007:
* Arca - Sunday Negative [Ici d'Ailleurs]
Mélancolique, torturée à souhait, troisième livraison d'Arca. Sylvain Chauveau (qui délaisse à nouveau son piano) prend de l'assurance au chant, balance avec son copain Joan Cambon une pop atmosphérique et planante. Résultat? Des titres beau comme une pleine lune un soir d'été, avec en point d'orgue ce Sunday Negative à tomber. Attention, vous volez.
(disponible sur On ne Distinguait Plus les Têtes, 2007)

Vendredi 7 décembre 2007:
* Sondre Lerche - The Tape [Astralwerks]
Bizarrement., j'ai toujours eu du mal avec l'ami Sondre Lerche. Et pourtant, certains de ses titres arrivent à me plaire, comme ce The Tape, rock, nerveux et tout, surprenant chez lui qui est plutôt adepte d'une pop sans saveur. Basique de chez basique. Mais bien efficace comme il faut.
(disponible sur Phantom Punch, 2007)

Jeudi 6 décembre 2007:
* Beirut - Nantes [Ba Da Bing!]
Le névrosé qui aime les Balkans, après un premier album mi-figue mi-raisin, revient avec un 'The Flying Club Cup', beau comme c'est pas permis. Et rend hommage à la Bretagne (ou la pré-Bretagne, je ne veux pas me fâcher avec les Bretons) avec ce Nantes magique.
(disponible sur The Flying Club Cup, 2007)

Mercredi 5 décembre 2007:
* Maria Taylor - No Stars [Saddle-Creek]
Tiré d'un des beaux disques de l'année, ce No Stars de la voix d'Azure Ray est un enchantement continu. Elle me plaisait déjà quand elle me faisait pleurer avec son amie Orenda Fink chez Azure Ray. Et à ça continue encore ici.
(disponible sur Lynn Teeter Flower, 2007)


Mardi 4 décembre 2007:
* Christmas Decorations - Mice Over Feathers [Community Library]
Un peu d'electronica, un brin d'acoustique, du folk et de l'avant-rock; tout ça sur fond d'expérimental. Bref, des Christmas Decorations qui ne feraient pas forcément rire mamy. Mais qui ont du chien.
(disponible sur Communal Rust, 2007)

lundi 10 août 2026

[Track of The Day] Lucy Dacus - Clay Pigeons (Blaze Foley cover)

Si, comme moi, le nom de Blaze Foley ne vous dit rien, alors la chanson du jour est faite pour vous. Et le disque dont elle est tirée également. Car Blaze Foley fait partie de ces légendes américaines méconnues de la country et folk music, qui n'a pas eu une vie facile et dont la notoriété fut essentiellement postérieure à son décès. Une sorte de Jackson C. Frank américain, avec qui il partage une trajectoire anonyme et tragique.

Sans faire sa biographie tant il y a des choses à dire, sachez que Blaze Foley est né sous le nom de Michael David Fuller un jour de décembre 1949 en Arkansas mais qu'il a passé la majeure partie de sa vie au Texas, qu'il est le fils d'un père alcoolique, que dès l'âge de sept mois, il est atteint de la polio et que la maladie lui laissera une jambe plus courte que l'autre, qu'il tire son nom de scène du musicien de country Red Foley et de la stripteaseuse (mais pas que) Blaze Starr, qu'il a vécu un temps dans une maison dans les arbres avec l'amour de sa vie, Sybil Rosen, que la boisson a sans doute causé son insuccès et sa perte, qu'il était l'ami de Townes Van Zandt (ces deux dernières informations ont sans doute un lien d'ailleurs), qu'il n'a connu la notoriété que sur le tard grâce à la reprise à succès de son If I Could Only Fly par le duo Merle Haggard / Willie Nelson, qu'il n'a quasiment rien publié de son vivant, et qu'il est mort assassiné par le fils d'un ami au petit matin du 31 janvier 1989.

Mais depuis son décès, les choses ont changé. Reconnu, révéré (Lucinda Williams lui écrira une chanson dix ans après sa mort et dira de lui qu'il était « un génie et un perdant magnifique »), repris sur album (Kings of Leons, Whitney, Michael Cera) comme sur scène (The Tallest Man on Earth, Band of Horses, Great Lake Swimmers, Steve Gunn et j'en passe), Blaze Foley a même fait l'objet d'un biopic en 2018, "Blaze", encensé par la critique et réalisé par Ethan Hawke.

Quarante ans après son décès, il a donc droit à une nouvelle compilation hommage, 'Sittin’ with Blaze : A Tribute to Blaze Foley'. Treize compositions du texan reprises par, dans l’ordre d’apparition au tracklisting, Phosphorescent, Willie Watson, Cactus Lee et David Amram, Dylan Earl, Uncle Lucius, Riley Downing, Joshua Ray Walker, Twain, Angela Autumn, John R. Miller, John Moreland et Lydia Loveless, Lucinda Williams et, Lucy Dacus, qui reprend ici une des, semble-t-il, plus célèbres chansons de Blaze Foley, Clay Pigeons (en écoute aujourd'hui). L’histoire d’un homme qui prend un bus pour fuir ses problèmes et démarrer une nouvelle vie. Lucy Dacus en donne une version presque aussi dénudée que l'originale, mais que sa voix embellie encore plus de mélancolie. Une très jolie reprise, sans doute la meilleure du disque d'ailleurs, et une très belle porte d'entrée vers un artiste maudit que seule la mort aura su faire émerger de l'anonymat et des ténèbres.

Album : Sittin’ with Blaze : A Tribute to Blaze Foley
Année : 2026
Label : Lost Art Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, la reprise de Clay Pigeons de Blaze Foley par Lucy Dacus est également en écoute ci-dessous :
 

Pour ceux qui, comme moi, ne connaitraient pas Blaze Foley, voilà sa version de Clay Pigeons :

Autre reprise notable, celle de Phosphorescent qui s'approprie un des titres les plus célèbres de Blaze Foley, If I Could Only Fly :

La bande-annonce de "Blaze", le biopic que Ethan Hawke a consacré à Blaze Foley en 2018 :