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lundi 12 février 2024

[Track of The Day] Ryan Adams - I Can See The Light

Il y a des artistes qui, avec leur label, planifient la sortie de leur nouvel album avec minutie, en faisant monter la sauce semaine après semaine, mois après mois, en dévoilant une à une les chansons les plus marquantes ou remarquables au fur et à mesure. Et puis il y a Ryan Adams.

Auteur de quelques albums remarqués au début des années 2000 ('Heartbreaker' et surtout 'Gold', publié deux semaines après les attentats du World Trade Center), l'américain a publié le 1er janvier dernier pas moins de cinq nouveaux albums : quatre studio et un live. Soixante-dix-sept chansons (dont soixante-cinq nouvelles). D'un coup, sans crier gare - ou presque, alors que tout artiste normalement constitué aurait étalé les sorties tout au long de 2024. Allez comprendre.

Je vais essayer de parler de chacun de ces disques dans les semaines et les mois à venir car s'il y a plus à boire qu'à manger, ceux-ci ne sont pas exempts de jolies chansons (notre homme sait composer, ce n'est pas nouveau) et bons moments. Et ce n'est pas parce que Ryan Adams a décidé d'envoyer paître la promotion en bazardant tout ça d'un coup qu'il ne faut pas s'y attarder, ne serait-ce que quelques minutes.

Ouvrons le bal avec 'Sword & Stone'. Sans doute le plus « facile » des quatre albums. Un disque pas renversant pour un sou, fait de chansons pop-rock lorgnant régulièrement vers des sonorités presque FM, mais dans lequel on trouve quelques pépites cachées comme la très belle balade Manhattan in the Rain et surtout, I Can See The Light, rock nerveux qui n'est pas sans rappeler les 22-20s, où Ryan Adams semble jouer sa vie et où son chant transpire de sincérité.

Album : Sword & Stone
Année : 2024
Label : Pax Am Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, I Can See The Light de Ryan Adams est également en écoute ci-dessous :

Autre belle chanson de 'Sword & Stone' de Ryan Adams, voilà Manhattan in the Rain :

mardi 19 mars 2024

[Track of The Day] Bill Baird - Invisible

Prolifique compositeur (deux albums en moyenne par an depuis des années) Bill Baird n'a semble-t-il pas décider de changer son fusil d'épaule en 2024. Mais cette fois, il fait mieux : ses deux prochains disques sortiront le même 8 avril prochain - à croire que Ryan Adams fait des émules. Une double sortie qui explique peut-être pourquoi il est difficile d'en savoir beaucoup sur 'Soundtrack' tant son label Perpetual Doom a préféré axer la promotion sur le second album 'Astral Suitcase', chanté celui-là, 

Car 'Soundtrack' sera instrumental. Et comme les informations sont parcellaires à son sujet, une fois n'est pas coutume référons nous aux quelques mots que Bill Baird a bien voulu lâcher pour présenter cet album et répétons-les. Il s'agira ainsi d'un disque enregistré dans différents endroits (dans un studio, une salle de concert ou en pleine nature), qui sera un mix de compositions et d'improvisation, et qui est conçu comme une suite de morceaux de films qui n'existent pas. Voilà, vous savez tout.

Invisible (en écoute aujourd'hui) est un des extraits de 'Soundtrack' déjà publiés. Et il laisse assez peu de place au doute quant au fait qu'il s'agit d'une véritable composition. Et de quelle qualité ! Un morceau entre obscurité et clarté, sur fond de mélodie pop mélancolique et de discrets « wouhou », où des guitares et des cordes ténébreuses tentent d'emporter la mise sur un piano lumineux. On laissera à chacun le soin d'imaginer le long-métrage qu'Invisible pourrait habiller, mais difficile de ne pas se dire que ce morceau de Bill Baird touche du doigt le merveilleux.

Album : Soundtrack
Année : 2024
Label : Perpetual Doom

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Invisible de Bill Baird est également en écoute ci-dessous :
 

jeudi 23 avril 2009

Various Artists - Score! 20 Years of Merge Records: The Covers! [Merge]

Il y a plusieurs façons d’aborder une compilation de reprises: soit on se focalise sur les reprises en elle-même et on compare le tout aux versions originales (voir ici). Soit on prend ça comme un album lambda, rempli de nouvelles compositions, en ne s’attardant que sur les versions qui frappe nos tympans, sans jamais se préoccuper du passé.

Pour parler de ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers!’, j’ai choisi la seconde solution. Pour deux raisons: la première est que je ne connais pas tous les morceaux repris ici et issus du catalogue de Merge.
La seconde est que certaines versions sont tellement belles qu’il serait de mauvais goût de vouloir les comparer aux versions originales.

Merge a donc vingt ans. Et pour célébrer ça, le label de Caroline du Nord – créé en 1989 par Laura Ballance et Mac McCaughan pour sortir les albums de leur groupe, Superchunk – met les petits plats dans les grands en conviant vingt-deux artistes (tous non-signés chez Merge) à reprendre vingt compositions plus ou moins mythiques du label.

Au programme des réjouissances donc, Bright Eyes qui chante un sublime Papa Was a Rodeo (écrit à la base par The Magnetic Fields) dans un mélange de folk, de country et d'airs hawaïens, The Apples In Stereo se permet le luxe de chiper le temps d’à peine 2 mns un titre des Neutral Milk Hotel, Bill Callahan (Smog) - dont on évoquera plus que très prochainement le nouvel album dans ces pages - se prend pour Vic Chesnutt sur Santa Maria, The New Pornographers évoquent presque les Jam sur Don’t Destroy This Night tandis qu’Okkervil River surprend son monde avec All Your Little Suckers et sa boite à rythme. Ajoutez à cela les présences de Death Cab For Cutie, The Mountain Goats ou encore de Broken Social Scene et vous pouvez vous faire une idée du plateau très intéressant réuni autour de ce ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers!’.

Cependant, un titre attire en particulier l’attention. Une chanson que Cécile avait déjà évoquée ici. Sauf que contrairement à elle, je trouve ce morceau renversant : The National est encore dans le bon wagon : tout y est, des arrangements à la voix, tout transpire la classe. Mieux, St Vincent, artiste qui ne m’a jamais franchement transcendé, y livre une prestation splendide de tenue, de délicatesse et de discrétion.

Tirée à 7500 exemplaires et aux fonds récoltés reversés à une association caritative, aussi bien rock que pop, folk que country, ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers!’ est un projet qui tient la route, peut-être pas du niveau de ‘Dark of The Night’ certes, mais qui a quand même sacrément de la gueule sur certains passages. Moi qui avouais ne pas aimer les compilations il y a peu, j’en suis pour mon argent. (sortie: 7 avril 2009)


Tracklisting:
01. Quasi - Beautiful Things [3Ds cover]
02. Les Savy Fav - Precision Auto [Superchunk cover]
03. The Shins - Plenty Is Never Enough [Tenement Halls cover]
04. St. Vincent and the National - Sleep All Summer [Crooked Fingers cover]
05. Broken Social Scene - Complications [The Clean cover]
06. Ryan Adams - Like a Fool [Superchunk cover]
07. Bright Eyes - Papa Was a Rodeo [The Magnetic Fields cover]
08. Lavender Diamond - New Ways of Living [Destroyer cover]
09. The Apples in Stereo - King of Carrot Flowers Pt. 3 [Neutral Milk Hotel cover]
10. Laura Cantrell - Cowboy on the Moon [Lambchop cover]
11. Bill Callahan - Santa Maria [Versus cover]
12. Barbara Manning - Through With People [Portastatic cover]
13. The Mountain Goats - Drug Life [East River Pipe cover]
14. The New Pornographers - Don’t Destroy This Night [The Rock*A*Teens cover]
15. Tracey Thorn and Jens Lekman - Yeah! Oh, Yeah! [The Magnetic Fields cover]
16. The Hive Dwellers - My Noise [Superchunk cover]
17. Ted Leo & the Pharmacists - The Numbered Head [Robert Pollard cover]
18. Okkervil River - All You Little Suckers [East River Pipe cover]
19. Death Cab for Cutie - Kicked In [Superchunk cover]
20. Times New Viking - Neighborhood #1 [Arcade Fire cover]

Nb: Pour commander le disque, c’est ici (site officiel de Merge) ou (entre autres).

Son:
Page officielle (ce ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers’ y est en écoute intégrale)


Vingt titres au total. Et quatre titres en écoute : le sublime titre de St. Vincent & The National, Sleep All Summer, enchainé avec celui de Broken Social Scene Complications. Puis retour à Conor Oberst et ses Bright Eyes pour Papa Was a Rodéo avant de conclure par la voix majestueuse de Bill Calllahan sur Santa Maria. Enjoy. (malheureusement plus en écoute).