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vendredi 29 mai 2009

[Track of The Day] Myron & E with the Soul Investigators - Cold Game

Oh la belle sucrerie soul-pop que voilà! Un vrai bonheur! Elle nous vient de Myron et E (plus célèbre sous le nom de Dj E Da Boss, enfin c'est ce qu'on dit), deux artistes californiens, qui ont un peu vadrouillé dans le sillage de groupe comme Blackalicious, Lyrics Born ou Gift of Gab.
Deux amoureux de soul sixties, d'orchestrations léchées, de claviers vintage, de cuivres énergiques et d'un son qui respire et transpire le vinyle. Histoire de faire les choses bien, les voilà qui s'associent avec The Soul Investigators, groupe finlandais de black music comme son nom l'indique, qui accompagne depuis quelques années certains des très bons disques du genre (et celui de Nicole Willis n'est qu'un exemple parmi d'autres). Histoire de.
Pour l'instant, ils n'ont qu'un 7" à leur actif (dont la face-A est déjà dans vos oreilles), mais espérons que ce Cold Game, véritable hymne plein de soleil, leur donnera l'envie de sortir un album en bonne et due forme très rapidement.
Sorti l'an passé chez Timmion - label finlandais à qui l'on doit le 'Keep Reachin' Up' de Nicole Willis & The Soul Investigators -, ce 7" voit aujourd'hui le jour aux Etats-Unis ni plus ni moins que chez Now Again, le petit frère soul-funk de Stones Throw (et à qui l'on doit ce genre de merveille). Classe. 

Album: Cold Game / I Can't Let You Get Away 7" 
Année: 2008 
Label: Timmion

vendredi 17 octobre 2025

[Track of The Day] Jimi Tenor, Cold Diamond & Mink - Summer Of Synesthesia

La dernière occurrence de Timmion Records dans ces pages remonte à mai 2009. A l'époque, je rendais les armes devant Cold Game, face-A superbe d'un 45-tours de Myron & E with the Soul Investigators. Totale découverte pour moi, The Soul Investigators, groupe instrumental faisant dans la soul, le funk et ses dérivés, avait pourtant une petite notoriété depuis le milieu des années 90s et encore plus au début des années 2000 quand deux membres du collectif,  Jukka Sarapää et Sami Kantelinen, avaient lancé Timmion Records, et avaient installé le groupe comme membre à part entière du label et avec lequel enregistraient la très grande majorité de leurs artistes maison.

Les années ont passé et depuis, c'est Cold Diamond & Mink qui a repris cette place de groupe de studio de la maison de disque finlandaise. Un trio composé de Seppo Salmi à la guitare et des deux fondateurs Jukka Sarapää et Sami Kantelinen. Très actif, Cold Diamond & Mink avait publié en 2024 'Is There Love in Outer Space?', disque enregistré avec leur compatriote Jimi Tenor. Moins d'un an plus tard, le quatuor remet ça avec 'July Blue Skies', sorti au printemps dernier.

Un album qui porte bien son nom (il siérait très bien à de longues et douces soirées estivales), et avant tout superbe, plein qu'il est de soul cosmique et synthétique, de jazz dub, de funk céleste, de flûte légère comme une plume et de groove tout en rondeur. Un disque aux contours seventies, qui atteint son apogée sur Summer Of Synesthesia (en écoute aujourd'hui), magnifique balade stellaire, smooth au possible et absolument envoûtante, qui ne cesse de se déployer tout du long de ses 4'44".

Album : July Blue Skies
Année : 2025
Label : Timmion Records

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Summer Of Synesthesia de Jimi Tenor, Cold Diamond & Mink est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable de 'July Blue Skies' de Jimi Tenor, Cold Diamond & Mink, voilà Sky Train Baby :

mardi 15 septembre 2009

Mayer Hawthorne - A Strange Arrangement [Stones Throw]

N’allez pas croire que je suis fan de revival, mais l’actualité est ainsi faite. Après du eighties «en veux tu en voilà je vous rajoute une guitare fuzz pour le même prix ma bonne dame?», voilà donc de la soul, choyée, cajolée, bichonnée par Stones Throw, un de mes labels préférés s’il en est (mais si vous suivez ces pages, vous avez du vous en rendre compte).

Depuis quelques années, l’industrie de la musique a su s’engouffrer dans un revival black des plus enthousiasmants. Mené par l’incroyable ‘Back to Black’ d’Amy Winehouse, aidés aux ailes par les finlandais des The Soul Investigators, empli de légèreté par le surprenant ‘Rockferry’ de Duffy, le courant a pris forme, et surtout soin de laisser sur le côté de la route les moins vrais du lot – tout du moins en grande partie. Surtout, il a confirmé que, selon moi, la soul est un courant phénoménal, peut-être le seul auquel le grand public n’adhère réellement que si la sincérité est présente.

De sincérité, Mayer Hawthorne n’en manque pas. Dernier petit prodige sorti de l’écurie de Madlib et de ses copains, ce blanc bec de 29 ans, et aux lunettes toutes carrées, est originaire d’Ann Arbor dans le Michigan. Un garçon initié très jeune à la black music par son père, féru du genre, et qui ne destinait aucunement à être chanteur mais plutôt musicien.

C’est d’ailleurs là que certains pourront trouver la petite faiblesse de ce ‘A Strange Arrangement’ , premier album du jeune homme: la voix. Une voix légère, au grain assez peu orthodoxe, loin des canons du genre. Précisons toutefois, qu'à mes yeux, elle devient rapidement un atout indéniable, une marque de fabrique, aux accents qui parfois rappellent le grand Marvin Gaye.

Musicalement par contre, notre homme est renversant dès les premières notes. En faisant montre d’une loyauté sans borne envers cette soul qui l’a fait vibrer toute sa vie, Mayer Hawthorne rappelle à lui tout l’imaginaire Motown, notamment celui des Supremes (dur de ne pas penser à You Can’t Hurry Love à l’écoute de Your Easy Lovin' Ain't Pleasin' Nothin' et à Baby Love sur One Track Mind) mais aussi le fantôme de Burt Bacharach (I Wish It Would Rain notamment). Mieux il refait vivre cette période avec talent, sans vantardise aucune, avec une production soignée (une foultitude de détails, comme ces notes de guitare discrètes mais bien présentes à la fin de The Ills par exemple), clappings, cuivres chaleureux et chœurs du meilleur effet.

Bref, il a tout d’un grand. Et si ‘A Strange Arrangement’ n’est pas le chef d’œuvre de l’année, il n’en reste pas moins un solide album de revival, par un jeune homme inspiré, dont les futures aventures discographiques seront très attendues sous mon couvre-chef.
Histoire de planter un point final à cette chronique et de vous prouver qu’il n’y a pas tromperie sur la marchandise, voilà ce que déclare Peanut Butter Wolf, fondateur de Stones Throw, dj et producteur à ses heures, à propos de Hawthorne: «I think Mayer is the only artist in the history of the label that I’ve signed after hearing only two songs». Le genre de compliment qu’il est difficile d’occulter et qui vous pose un artiste. (sortie: 9 septembre 2009)


Son :
Myspace (Deux chansons de ce ‘A Strange Arrangement’ en écoute)

Et en écoute, deux chansons, deux des plus belles. Le Burt Bacharach-ien I Wish It Would Rain et l’énergique The Ills (malheureusement plus en écoute).
Pour finir, deux clips. Le premier, celui de Just Ain't Gonna Work Out, titre sorti en single et gravé sur un vinyle rouge en forme de cœur (et qui est le point central de la vidéo). Et le second, celui de Maybe So Maybe No, qui surprend par son environnement actuel:

Mayer HawthorneJust Ain't Gonna Work



Mayer HawthorneMaybe So Maybe No