samedi 3 novembre 2007

[Oldies] The Left Banke - Walk Away Renee/Pretty Ballerina (1967)

Tout le monde connaît The Left Banke. Tout le monde a déjà entendu au moins un de leurs morceaux. Sauf que personne ne sait que ce sont eux qui les ont composé. Oubliés qu’ils ont été.

Avant de continuer la lecture de cette chronique, descendez en bas de celle-ci et écoutez Pretty Ballerina. Puis revenez.

(… un ange passe …)

Ayé, vous voyez ? Ce titre magnifique qu’il vous est arrivé de fredonner n’est autre que l’œuvre des Left Banke, inventeur de la pop-baroque, groupe crashé en plein vol et nourri d’histoire à la « je t’aime moi non plus ». Un sacré gâchis une fois de plus (la meilleure preuve ? Leur courte discographie est totalement introuvable – sauf à des prix complètement indécents).

Et pourtant, ils avaient tout pour eux : une tête de proue de talent (Michael Lookofsky rapidement devenu Mike Brown), des morceaux magnifiques et quelques tubes dans la besace. Malheureusement, ils n’ont jamais eu la patience et la persévérance nécessaire pour vraiment accéder à la gloire.

L’histoire des Left Banke et de cet album (leur premier) démarre en 1965. Le groupe se forme, compose de charmants morceaux, fait emballer le tout par le père Lookofsky et démarche les maisons de disque.
Après plusieurs refus, le groupe splitte. Mike Brown jette l’éponge aussi vite qu’il la prise en main. Un génie au moral de dépressif en phase terminale.

Heureusement, ses compagnons d’ (future) infortune, eux, ne lâchent pas l’affaire. Et retravaillent un titre presque laissé à l’abandon, Walk-Away Renée. Et le label Smash les signe. Le morceau fait un carton (#5 dans les charts) … et le groupe se reforme.

Mike Brown a retrouvé la foi, les Left Bank sortent un second titre magistral (Pretty Ballerina donc) qui se classe à la quinzième place des tops de l’époque et leur premier album voit le jour, avec pour nom les titres de ces deux premiers singles à succès.

Le disque est court (même pas trente minutes). Mais est rempli de titres soignés et d’arrangements soyeux. Certes, Pretty Ballerina et Walk-Away Renée sont une évidence et se détachent immédiatement. Mais les neuf autres morceaux ne sont pas en reste. Et respirent à pleins poumons les parangons musicaux de l’époque. Il y a du Beach Boys dans les chœurs, un peu de Zombies par-ci et par là et bien évidemment du Beatles (de toutes façons, à l’époque, comment passer à coté ?) dans les chants et quelques ritournelles.
Mais ne nous méprenons pas: les Left Bank ont une sonorité bien à eux, une griffe, très baroque, aidé en cela par les talents de compositeurs de Mike Brown (qui se rêvait en Brian Wilson) et la voix de Steve Martin, qui aime à monter bien haut.

Ce disque aurait du être leur strapontin pour la gloire. Au lieu de cela, et alors que 'Pet Sounds' fait entrer par la grande porte les Beach Boys dans le Hall of Fame musical du XXè siècle, les Left Bank se déchirent, Mike Brown enregistre (avec des musiciens de sessions) un nouveau single provocant l’ire de ses anciens comparses (qui iront jusqu’à demander au fan-club du groupe de boycotter le titre) avant de se reformer une nouvelle fois pour un second album, même si leur leader se montre très absent sur celui-ci.

Ce nouvel opus sera l’épilogue de ce groupe qui voit son histoire se terminer aussi vite qu’elle a commencé. Au début des années 1990, une compilation réunira tous leurs titres sur un seul et même disque ('There's Gonna Be a Storm: The Complete Recordings 1966-69'). Mieux: à l’écoute de Ben & Jason voire de Badly Drawn Boy, on retrouvera un peu leur influence.

Mais au final, The Left Banke resteront à jamais les inventeurs de la pop baroque . Un groupe qui aurait du devenir énorme mais qui aura réussi à dilapider tout l’or qu’il avait entre les pognes en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. L’histoire de la musique dans sa plus grande vérité en quelque sorte.

Première sortie : Février 1967 (Smash Records)
Réédition : 1992 (Mercury)


Son :
Myspace (4 titres dispo)
Site officiel


Et pour finir, trois titres, dont Pretty Ballerina et Wak-Away Renée bien sûr. Mais jetez-vous sur Shadows Breaking Over My Head, tout aussi superbe, qui rappelle les grandes heures de Ben & Jason :







6 commentaires:

Julien a dit…

Très joli, Pretty Ballerina est à tomber :)

-Twist- a dit…

Essaies de choper la compilation de 1992, y a des pepites dans tous les coins. :)

Philou a dit…

Depuis tout ce temps que j'entendais cette belle chanson qu'est Pretty Ballerina sans savoir de qui c'était, je peux enfin y mettre un nom :)

-Twist- a dit…

C'est dingue comme y a certaines chansons qui rentrent dans la culture populaire... dont on sait jamais qui en est l'auteur. Là, pour le coup, c'est vraiment flagrant. Nostalgie doit diffuser le titre tiens. Suis sur que mes parents connaissent.

Pitseleh a dit…

Une note sur Left Banke le jour de mon anniversaire... Merci du cadeau ! Bien que je ne les nommerais pas comme "inventeurs" de la pop baroque (c'était dans l'air du temps je dirais, beaucoup de groupes s'y sont mis en même temps ; ils étaient simplement beaucoup plus doués que la moyenne), ils font partie de mes chouchous au même titre que The Millennium. J'aime particulièrement l'exubérance des choeurs sur des titres tels que Goodbye Holly et Desiree.

(Sinon l'album de Montage sorti par Michael Browne peu après est excellent)

-Twist- a dit…

Oh, le Montage, tu me coupes l'herbe sous le pied, j'avais prévu de le faire prochainement. :)
Pour The Millenium, j'ai découvert ce groupe la semaine derniere grace à Bopper. Je vais m'y atteler plus que cela également. Miam miam en tout cas.