vendredi 31 octobre 2008

[Track of The Day] - Gregory and The Hawk - Stone Wall Stone Fence

Produit par Adam Pierce, qui s'amuse à jouer beaucoup d'instruments sur l'album, le premier disque de Gregory and The Hawk est une belle réussite, dans une tradition toute Fat Catienne (comprendre belle et atmosphérique). Pop très mélodique teintée de folk, entre The Weepies, Emiliana Torrini, Mùm et les ambiances de Mice Parade. Charmant. La preuve avec ce titre, Stone Wall Stone Fence.

Album: Moenie and Kitchi
Année: 2008
Label: Fat Cat

jeudi 30 octobre 2008

[Track of The Day] Born Ruffians - I Need a Life (Four Tet Remix)

J'ai souvent dit dans ces pages tout le bien que je pensais de Four Tet. Sans vouloir me répéter, je vais devoir recommencer. Car notre homme a remixé I Need a Life, un des meilleurs titres du premier album des Born Ruffians (dont j'avais déjà parlé ici). Un remix de 8 mns, magistral, qui tranche totalement avec l'original. Bref, un remix au sens strict du terme. Mettons nous à genoux et louons Kieran.

Album: Little Garçon Ep
Année: 2008
Label: Warp

mercredi 29 octobre 2008

[Track of The Day] Earlimart - Town Where You Belong

Ce sixième album d'Earlimart ne bouleversera pas le monde de la musique. Il n'empêche, une nouvelle fois, ces popeux aux contours rock, menés par le duo Aaron Espinoza/Ariana Murray, et qui aiment beaucoup feu Elliott Smith, sortent un disque plein de belles chansons. Ils restent dans leur style, sans trop aller voir ailleurs si on y est. Mais ils le font plutôt bien. Et les mélanges des deux voix est toujours un petit bonheur. Ne boudons pas notre plaisir. Surtout avec un titre aussi superbe et mélancolique que Town Where You Belong.

Album: Hymn & Her
Année: 2008
Label: Majordomo

mardi 28 octobre 2008

[Track of The Day] The Breeders - No Way

Sixième album des Breeders qui sort une fois de plus dans l'indifférence générale. Kim Deal et ses potes ont une nouvelle appelé Steve Albini à la production. Un album qui me laisse circonspect. Très sombre, très soft, assez loin des élans du passé. Un 'Mountain Battles' qui tourne un peu en rond, avec une production pas des plus adaptées, mais qui se tape quand même quelques fulgurances assez inattendues, comme sur ce No Way, en fin d'album.

Album: Mountain Battles
Année: 2008
Label: 4AD

samedi 25 octobre 2008

[Track of The Day] The Notwist - Boneless (Panda Bear Remix)

2008 aura marqué le retour de The Notwist sur le devant de la scène indie. Un album qui se sera fait discret, hésitant à sortir les muscles devant les autres sorties de la même période. Et pourtant, 'Me, The Devil + You' vaut vraiment le coup d'être écouté, car, s'il n'est pas renversant (ce n'est pas 'Neon Golden'), on y retrouve toujours ce souci mélodique propre au groupe.
Boneless est un des singles extraits de l'album. En face b, on retrouve le titre "remixé" (même s'il vaudrait mieux parler de cover) par Panda Bear. C'est tout bonnement incroyable. La relecture est complète, totale. L'originale est loin mais sublimée dans le même temps. Panda Bear est fou. Et un petit génie.

Album: Boneless 7"
Année: 2008
Label: Domino

jeudi 23 octobre 2008

Jeremy Messersmith – The Silver City [Princess]

Des fois, on tombe sur une pochette d'un disque. Et, sans avoir entendu le moindre son, la moindre note, on veut jeter une oreille sur l’album en question. Et dans son entier. Rien de bien rationnel me direz-vous mais c’est comme ça.

L’artwork de ‘The Silver City’, le second album de Jeremy Messersmith, n’a rien d’extraordinaire. Un dessin, avec quelques personnages qui gambadent le long d’une rivière et d’arbres ronds, en direction d’un château-fort lointain et imposant. Les couleurs sont très sobres, limite effacées. Et pourtant, cette pochette a attiré mon œil et mon attention. Et je me suis dit, bêtement, que ce disque devait être beau. Je ne sais pas d’où j’ai pu sortir ça. Mais c’est ce qui s’est passé.

Et mon intuition première était la bonne. Car ce ‘The Silver City’ est un bien joli disque. Même plus que ça. Jeremy Messersmith, qui a pris des cours de songwriting (!) à la North Central University de Minnesota, y convoque les fantômes de Brian Wilson et des Beach Boys (superbes chœurs de Welcome to Suburbia, voir plus bas), des Beatles, de Jude, d’Elliott Smith (incroyable ressemblance sur Franklin Avenue, tant au niveau des mélodies que de la voix !) ou même de The Postal Service (Miracles) et sort un album court (à peine 35 mns) où il raconte et évoque, à la manière d’un Sufjan Stevens, sa ville, celle de Minnesota et de Saint-Paul, The Twin Cities.

Un disque qui n’a aucune prétention. Juste celle d’être cohérent, d’égrener des histoires touchantes sur fond de guitare et de pop mélancolique que Jeremy Messersmith habille de cordes et de quelques cuivres pour l'hiver. ‘The Silver City’ est un album beau, bien enregistré et joliment produit, dans lequel il est facile de rentrer, dont on tombe rapidement amoureux et que, contrairement aux apparences, on n'oubliera pas rapidement.

Il n'est pas dit que Jeremy Messersmith connaisse un succès énorme dans son pays d'origine. Les faiseurs de pop délicate comme celle-ci n’ont que peu droit de cité. Mais dans tous les cas, il sait qu'en France, la patrie d'accueil d'artistes anglo-saxons honnis (ou ignorés), de Jeff Buckley à Jude, il sera toujours bien accueilli. Ou alors, c'est à n'y rien comprendre. (sortie : 9 septembre 2008)


Son :
Myspace (Trois titres de ‘The Silver City’ en écoute)
Site officiel

Ci-dessous, deux titres en écoute. Welcome to Suburbia, le premier vrai titre de ‘The Silver City’, avec ses chœurs magnifiques, et Breaking Down où l’on sent clairement planer l’influence de Sufjan Stevens, malheureusement plus en écoute.

mercredi 22 octobre 2008

[Track of The Day] I'm From Barcelona - Music Killed Me

Qu'est-il donc arrivé à I'm From Barcelona, groupe suédois dont le premier album était un disque de pop festive aux mille voix? Sûrement un évènement tragique. Ou une dépression carabinée de tout la fratrie. Car ce 'Who killed Harry Houdini?' ne respire pas la joie et l'insouciance de leur premier opus éponyme (il suffit de voir la pochette). Music Killed Me en est l'exemple parfait. Mais n'en demeure pas moins une excellente chanson. Et 'Who killed Harry Houdini?' un excellent album, bien plus abouti que son prédécesseur et où l'ombre de Loney, Dear plane tout au long du disque (je le soupçonne d'avoir beaucoup participé à l'élaboration de cet album).

Album: Who killed Harry Houdini?
Année: 2008
Label: Mut

dimanche 19 octobre 2008

[Track of The Day] Tv On The Radio - Lover's Day

C'est LE buzz de la rentrée: le troisième album des Tv On The Radio. Un album, comme le précédent, que j'ai beaucoup de mal à analyser: génie? Fumisterie? Padkoienfèrtoutunpla? Je ne sais pas encore trop. Ce qui est sûr c'est que sur ce 'Dear Science', il y a quand même de sacrés titres. De ceux dont on reste coi dès la première écoute. Un songwriting détonnant, une rythmique militaire qui rend fou de bonheur, deux voix qui s'entremêlent. Voilà donc Lover's Day, titre magistral qui clôt le disque d'une bien intelligente façon.

Album: Dear Science
Année: 2008
Label: 4AD

vendredi 17 octobre 2008

[Track of The Day] Dungen - Satt Att Se

Seventies à mort, psychédélique avec un fond de prog-rock, les Dungen y vont toujours à fond les ballons, toujours en suédois. Cette fois-ci, ils rajoutent cependant un brin de jazz par ci, des moments beaucoup plus calmes et un piano qui règle le tempo de l'affaire. Un bien beau voyage une fois de plus, limite cinématographique par moments. Extrait pour tout comprendre à l'affaire avec ce Satt Att Se, qui ouvre le disque d'une très belle manière.

Album: 4
Année: 2008
Label: Subliminal Sounds

jeudi 16 octobre 2008

Arnaud Cathrine et Florent Marchet – Frère Animal [Editions Verticales]

‘Frère Animal’, c’est l’histoire d’une ville imaginaire inventée par Arnaud Cathrine et Florent Marchet. Un endroit où la SINOC (Société Industrielle Nautique d’Objets Culbuto) règne en maître, pourvoyant emplois, salaires et cadre de vie à ses habitants, telle une Mère Nourricière comme l’appellent ses employés.

‘Frère Animal’, c’est surtout l’histoire de Thibaut, jeune garçon un brin déprimé, qui se laisse vivre, et dont l’envie de travailler chez SINOC est aussi forte que de rencontrer le Père Recruteur, le très arrogant DRH.
Thibaut, c’est un peu tout l’opposé de Benjamin, son ami d’enfance, un gros con démago qui voit son poste chez SINOC comme l’aboutissement d’une vie, se voilant la face sur le pouvoir et l’omnipotence que peut avoir cette entreprise sur ses employés, semblable à celle que peut avoir une secte sur ses fidèles. Un gentil soldat au service d’une logique économique implacable qu’il n’imagine pas en somme.
Il y a aussi Renaud, le frère de Thibaut. Un homme qu’il déteste pour tout ce qu’il représente. Cette ville. Ses échecs. Ce chemin de vie tout tracé qui lui intime de mettre ses pas de ceux de son père. Et il y a Julie, la petite amie de Thibaut (chantée par Valérie Leulliot d’Autour de Lucie), seule lumière dans sa nuit, amoureuse comme jamais et qui ne rêve que de Bruxelles, d’arts et de culture.

‘Frère Animal’, c’est un peu tout cela à la fois. Un second album-concept de suite pour Florent Marchet et Arnaud Cathrine après le somptueux ‘Rio Baril’ de l’an passé, qui dépeignait, avec talent, la vie, les tourments, les doutes, les peines et les joies d’un jeune homme dans une ville (déjà) imaginaire.
Mais c’est surtout un roman-musical (publiée aux Éditions Verticales, cette œuvre est disponible dans la bibliothèque d’un libraire et non pas dans les bacs d’un disquaire) d’une noirceur incroyable. Une critique virulente et imagée d’un projet industriel où la valeur travail est le socle de tout. Où l’individu n’est rien. Où l’on porte au pinacle des objets à fond ronds en leur faisant croire qu’ils vont sauver l’humanité. Un disque où le cynisme tient le premier rôle. Un livre où les textes, étalés sur 90 pages, prennent encore plus de poids imprimés.

‘Frère Animal’ est un concept-album gigantesque, terrifiant dans sa façon de raconter et de se retrouver confronté à une vie que l’on connaît (ou qu’on a le sentiment de connaître). D’entendre les phrases de ce DRH chargé du recrutement, raciste et odieux. De sentir la détresse de cet employé modèle viré pour cause d’âge avancé. De côtoyer au plus près une machine industrielle qui détruit chaque jour un peu plus des employés en faisant mine de les cajoler. De comprendre la manipulation médiatique.

‘Frère Animal’, c’est tout ça : l’histoire d’un jeune homme qui tente de sortir des griffes d’une broyeuse économique et d’un chemin tout tracé. Le tout posé sur une musique pop, fidèle aux deux premiers albums de Florent Marchet, les orchestrations de cuivres et cordes en moins. ‘Frère Animal’ est un très grand album. Et un livre inspirant. Qui donne à réfléchir. Autant qu’il terrifie, tant la vision est juste et pourrait être transposée au monde réel dans lequel nous nous débattons chaque jour un peu plus. (parution : 6 mars 2008)


Son :
Myspace (Trois titres de ‘Frère Animal’ en écoute)
Site Officiel


Trois titres exceptionnellement. Un titre avec Florent Marchet au micro, pop énervée, pour La Traduction. Un second, Entre Les Mailles du Filet, avec la belle Valérie Leulliot au chant. Et enfin, un morceau plus «parlé» d'Arnaud Cathrine, Le Martinet où le discours du DRH, le Père Recruteur, digne de celui d’un gourou d’une secte.
Ces titres là ont-ils une raison d’exister sans 16 autres ? Peut-être pas. Mais espérons qu’ils vous donneront l’envie de vous jeter chez votre libraire le plus proche.



Et pour finir, le clip de La chanson du DRH :


[Track of The Day] Fhenomina - Shinjuku

Fhenomina sont des japonais qui font de la lap-pop, ambiante et shoegazienne à mort, et qui vole au-dessus des geishas. Plutôt délicieux, même si la voix (un poil maniérée) justement, peut agacer sur certains passages. Ce Shinjuku est le titre qui ouvre l'album. Le plus "japonais" de tous. Mais pas le moins envoutant.


Album: Found a New Store Just Around The Corner
Année: 2008
Label: Novel Sounds

mercredi 15 octobre 2008

[Track of The Day] Unkle Bob - Swans

Perdu à la fin d'une série à succès, ce Swans d'Unkle Bob est une friandise à consommer sans modération. De la belle pop, d'aucuns traiteront de facile. Sauf que, même en savant ça, je trouve ça beau. Donc je fais partager à ceux qui ne connaitraient pas. Et vous savez quoi? L'album sur lequel elle se trouve est une franche réussite.


Album: Sugar & Spite
Année: 2006
Label: Mother City

mardi 14 octobre 2008

[Track of The Day] My Brightest Diamond - Adieu Mon Coeur (Edith Piaf cover)

Shara Worden, ex-cheftaine des cheerleaders des Illinoisemaker de Sufjan Stevens et tête de proue de My Brightest Diamond, s'adonne à l'art difficile de la reprise le temps d'une relecture d'Adieu Mon Coeur d'Edith Piaf (click droit et enregistres-sous l'ami, tout en disant merci à Stereogum). Le tout, en français. Un bien joli moment touchant après deux accords.


Album: From The Top of The World Ep
Année: 2008
Label: Asthmatic Kitty

lundi 13 octobre 2008

Puisqu'il faut bien évoluer...

... j'ai décidé de donner un petit coup de fouet à ce blog, en modifiant une rubrique qui me tient beaucoup à cœur et qui n'a pas bougée depuis la création de ce blog il y a plus d'un an: Track of The Day. Un blog se doit de vivre. Et celui-ci a la fâcheuse tendance, depuis quelques mois déjà, à ne pas vivre assez selon moi. Redonnons lui un peu de vigueur donc!

But du jeu: mettre plus en avant le titre du jour, et pas simplement le lundi, perdu qu'il est avec six autres titres.
Ainsi, désormais, chaque morceau mis en ligne via le lecteur deezer immuablement à droite (le système reste le même: le titre le plus récent est le premier dans la playlist) trouvera à sa gauche sa chronique que j'aurai bafouillé en quelques lignes. Plus de clarté, plus de visibilité pour des titres qui me tiennent à cœur.

Bref, un peu de changement (ce n'est pas grand chose mais c'est déjà cela) qui, je l'espère, vous satisfera comme il me satisfait (en tout cas pour le moment).

Bonnes écoutes!

jeudi 9 octobre 2008

Air France – No Way Down Ep [Sincerely Yours]

S'énerver. Bloquer. Buter sur un problème. Sur des sujets qui n'avancent pas. Qui s'amoncellent. Se plaindre des solutions qui s'éclipsent. Des journées qui n'en finissent pas de s'allonger. De ses matins trop matinaux. Râler contre ce temps qui change. Ces saisons qui se décalent. Cette rentrée qui n'en finit plus de durer. Devenir irascible. Susceptible. Con.

Et puis souffler. Prendre son temps. Se remémorer les doux souvenirs de l'été. Du soleil. Des vagues. De la farniente. S'évader. Changer d'atmosphère. D'horizon. Pour mieux rebondir. Pour mieux redémarrer. Avec un regard neuf. Avec une envie retrouvée.

Fermer les yeux. Embarquer sur un vol Air France à destination de Göteborg, qui promet, sur la brochure, 'No Way Down'. Se mettre en condition avec l'ambiant Maundy Thursday, commencer à lâcher prise sur June Evenings , décoller sur Collapsing at Your Doorstep et son électro-pop sautillante, sourire béatement à l'écoute de sa guillerette petite sœur No Excuses, amorcer une descente en douceur avec le très lounge No Way Done pour finalement atterrir sur Windmill Wedding, annonciateur de la fin du voyage.

Rouvrir les yeux. Sourire. S'allumer une cigarette. Garder en tête ces mélodies qui respirent le bonheur et la simplicité. Se dire qu'Air France est un sacré nom pour un groupe Suédois. S'amuser à imaginer la rencontre entre ces jeunes gens heureux et les trop rares Australiens de The Avalanches, dont ils partagent certaines idées. Regretter la durée limitée de ce 'No Way Down'. Se rappeler que c'est un Ep et que 23 minutes pour un tel format, c'est très honnête.

Se remettre au travail, du soleil plein la tête, du vent plein les cheveux. Se promettre de partir plus souvent en voyage dans le ciel Suédois. Se dire de faire ça vite. Et repartir pour un tour, là, maintenant, tout de suite. Avec Air France pour seule compagnie. (sortie : 17 juin 2008)

Son :
Myspace (deux titres de ce
'No Way Down Ep' en écoute).


Deux morceaux pour s'envoler. L'electro-poppy Collapsing at Your Doorstep et le discret, ambient et atmosphérique Windmill Wedding (malheureusement plus en écoute).

mardi 7 octobre 2008

Cornflakes Heroes – Dear Mr Painkillers [Greed Recordings]

Dans l’absolu, à quoi ressemble un bon groupe – et un bon album – de rock made in France? À des textes forcément en français ? A une bande d’ado qui se veut Libertines mais sonne plus comme les Forbans, sauce années 2000 ? A une suite de paroles débiles posées sur quelques accords on ne peut plus mineurs? A un combat à mort de fourchettes en plastique ?

Malgré ce que peuvent asséner à longueur de unes quelques magazines spécialisés et dits de référence, rien de tout cela finalement. Un peu tout l’opposé même.

Prenons les Cornflakes Heroes, groupe caennais, signé sur le label parisien Greed Recordings (voir ici ou là), petit par la taille mais grand par la qualité de ses sorties, qui sort ces jours-ci son deuxième album, ‘Dear Mr Painkillers’. Malgré leur nom un peu idiot et qui résonne comme celui d’un groupe faiseur de pop échevelée et débridée, les Cornflakes Heroes incarnent totalement la vision que je peux avoir du rock made in France

‘Dear Mr Painkillers’ continue de tracer la voie ouverte avec ‘Off With Your Heads!’. Celle d’un rock chanté en anglais et qui prend ses influences aussi bien outre-manche qu’outre-atlantique. Sur le premier album, on retrouvait facilement celles de Sebadoh, Pavement, Dinosaur Jr, voire même du Velvet Underground ou Nick Drake sur certains passages. Sur ce disque, ces influences sont toujours là, mais encore mieux assimilées et plus discrètes.

Le groupe se les approprie réellement pour en sortir un son qui lui appartient. En y apportant souvent des touches aux couleurs punk, blues ou pop et en agrémentant beaucoup de titres d’un moog, d’une trompette, d’un ukulele, ainsi que d’une bonne dose d’humour (écouter Let Me Be Your Tamagochi) et de saturations, ‘Dear Mr Painkillers’ s’impose rapidement comme une franche réussite, qui n’hésite pas à reprendre l’ouvrage là où il l’avait laissé pour mieux continuer à avancer.

Les Cornflakes Heroes prouvent surtout (et une seconde fois) qu’il est possible de sortir un disque rock en France, sans être petit bras et/ou ridicule, avec de vrais textes, des riffs tendus, une basse qui sonne et des mélodies torturées, chaloupées qui ne cherchent jamais la facilité mais qui tapent juste. Car ‘Dear Mr Painkillers’ est tout cela à la fois. Un très bon disque rock, qui a du coffre et du chien. (sortie: septembre 2008)

Son :
Myspace (2 titres de ce 'Dear Mr Painkillers')
Site officiel

Deux titres en écoute. Le nerveusement pop Bloody Valentine et le splendide Is Mother Right?, peut-être le plus grand titre composé par les Cornflakes Heroes, jusque là (malheureusement plus en écoute).
Rajout d'un titre, disponible gratuitement sur le site de Greed Recordings:

Cornflakes Heroes - Let Me Be Your Tamagochi

lundi 6 octobre 2008

Track of The Day (30 septembre-6 octobre 2008)

Éclectique la semaine, éclectique. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite).


Lundi 6 octobre 2008:
* The Twilight Sad - Cold Days From The Birdhouse [Fat Cat]
Écossais de leur état et signé chez Fat Cat depuis quelques disques déjà, voilà les Twilight Sad, un groupe qui aime le shoegaze, le post-rock mais surtout les mélodies. Grand groupe, totalement méconnu. Quand on écoute un titre comme Cold Days From The BirdHouse (en téléchargement ici, click droit et enregistres-sous ami lecteur), avec son côté drone prononcé, sa montée, ses cordes et cette voix, on se demande encore comment une telle chose est possible.
(disponible sur Here It Never Snowed Afterwards It Did Ep, 2008)

Dimanche 5 otobre 2008:
* Shearwater - On The Death Of The Waters [Matador]
"Libéré" de la contrainte Okkervil River, Jonathan Meiburg continue de tracer sa route avec ce cinquième album de SON groupe. Shearwater ou l'émotion à fleur de peau. Un piano et des mélodies célestes pour Un bien bel album donc, même si quelques élans un peu trop grandiloquents et des mélodies qui tombent à plat viennent gâcher le tout. Extrait avec ce On The Death Of The Waters, qui ouvre 'Rook'.
(disponible sur Rook, 2008)

Samedi 4 octobre 2008:
* Human Highway - Moody Motorcycle [Secret City]
Enième projet parallèle de Nick Thorburn, déjà à la base des Unicorns puis d'Islands. Un album qui tranche avec le trop plein de chantilly du dernier opus de ces derniers et qui revient à l'essentiel: de petites balades, la plupart du temps folk et acoustiques. Jim Guthrie (de la première fournée d'Islands) est aussi de la partie. Et les deux composent même un morceau, Moody Motorcycle, qui pourrait devenir un tube.
(disponible sur Moody Motorcycle, 2008)

Vendredi 3 octobre 2008:
* Ra Ra Riot - Dying Is Fine [Barsuk]
Quelques premières écoutes positives, réminiscences de la pop d'Anathallo en 2006, et des suivantes très décevantes: ce 'The Rhumb Lime' ne tient pas la route finalement. Des idées de mélodies mais rien qui ne survit pas à plus d'une minute. Une production étouffante, un manque d'inspiration assez criant quand même. Rien de bien bandant en somme sous le cellophane. Rien, hormis ce Dying If Fine qui trotte longtemps dans la tête.
(disponible sur The Rhumb Line, 2008)

Jeudi 2 octobre 2008:
* B.o.B - Lonely People [Grand Hustle]
Nouvelle tête - il n'a que 19 ans - (et futur héraut?) de la scène hip-hop mondiale, B.o.B commence à faire parler de lui via une mixtape qui a du coffre. Écoutez ce Lonely People ou la réécriture façon 2008 d'Eleanor Ribgy des Beatles pour vous en convaincre. Un futur grand.
(disponible sur Hi! My Name Is BoB Mixtape , 2008)

Mercredi 1er octobre 2008:
* DatA - Rapture [Ekleroshock]
Annonciateur d'un album à venir, ce nouvel Ep de trois titres (dont deux remixes) de DatA fracasse. Enfin, surtout Rapture, son titre. Un morceau, entre eighties et années 2000. Efficace, à fond les manettes et qui devrait cartonner sur les dance-floor.
(disponible sur Rapture Ep, 2008)

Mardi 30 septembre 2008:
* Jim O'Rourke - Despite The Water Supply part. 2 [Touch]
Première sortie de Jim O'Rourke depuis 2006 avec ce "7" limited edition" 'Despite The Water Supply', dans la série pour Touch. Deux titres de drone, de musique expérimentale, presque atmosphérique, qui vole au-dessus de cordes qui font furieusement penser au début de Moya de Godspeed You ! Black Emperor. Huit minutes dans les hauteurs, divisées en deux parties. Voilà la seconde. Vivement la suite.
(disponible sur Despite The Water Supply 7", 2008)

jeudi 2 octobre 2008

Max Richter – 24 Postcards In Full Colour [Fat Cat]

Vingt-quatre titres. A peine plus de trente-trois minutes. Qu’est-il donc arrivé à Max Richter, guide de mes nuits de décembre 2004, quand j’avais découvert le bougre, un peu par hasard, via son ‘The Blue Notebooks’, album parfait de post-classicisme à la beauté fracassante. Lui qui aimait prendre son temps pour mieux développer ses mélodies encordées et pleines d’un piano délicat ?

Rien. Ou presque. Il a juste voulu écrire une sorte de concept album sur, tenez-vous bien, les sonneries de téléphones. Partant du postulat suivant «Pourquoi une sonnerie de téléphone devrait-elle être nulle?», il a donc composé 24 morceaux, tous de très courtes durées (de 50’’ à 2’51’’), qui pourraient, pour la plupart, faire office de ringtones (écoutez In Louisville At 7, c’est flagrant): ‘24 Postcards In Full Colour’.

Comme d’habitude, violons, violoncelles et piano sont au rendez-vous, avec en guest une guitare. Les ambiances propres à Max Richter, ces atmosphères planantes, vaporeuses et oniriques, elles aussi. Ce sont d’ailleurs elles qui servent de fil conducteur à cet album, dont chaque titre est différent de son prédécesseur et explore des univers parallèles.

Et si le procédé peut paraître assez frustrant parfois, tant on aimerait que l’Écossais développe ses titres et fasse muer quelques secondes de musique en un ensemble plus consistant, on ne peut quand même que s’incliner devant le talent de Max Richter, compositeur post-classique émérite, qui compose des albums comme d’autres font des rêves, et qui, avec ce ‘24 Postcards In Full Colour’ nous invite à un voyage dans le beau, le doux, le planant et l’éphémère. (sortie : 25 août 2008)

Son :
Site Officiel
Myspace

Vu la longueur des morceaux, trois titres en écoute : The Picture of Us, A Song For H/Far Away et Cradle Song For A [Interstate B3] (malheureusement plus en écoute):