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mercredi 7 février 2024

[Track of The Day] OldBoy Rhymes, Sage Francis, Rituals of Mine, Alxndrbrwn - Master Cleanse

« The Flag Shop is Out of Stock, I hang myself. Don't waive your rights with your flags »
. Voilà comment se terminait Makeshift Patriot, chanson coup de poing de Sage Francis après les attentats du 11 septembre 2001 sur l'attitude de son pays et de ses concitoyens, à contre-courant de l'ambiance de l'époque. Depuis ce titre, sur tous ses albums, Sage Francis s'est imposé comme un des (si ce n'est le) rappeurs les plus engagés de sa génération - et des suivantes d'ailleurs. Et si les années ont passé, l'américain n'a rien perdu de sa verve. Et l'actualité funeste au Proche-Orient ces derniers mois vient nous le rappeler.

Depuis les attentats abjects perpétrés le 7 octobre dernier où plus de 1200 israéliens de tous âges ont péri sous les balles du Hamas, Gaza vit sous un déluge de bombes de représailles et fait face à un massacre sans nom. Quatre mois où la haine du gouvernement Netanyahou semble n'avoir aucune limite et frappe de façon irrésolue et indifférenciée dans une violence tout à fait indicible, où les morts s'accumulent (près de 30 000 officiellement, beaucoup plus pour certains observateurs) et où les mutilés sont encore plus nombreux (peut-être le double ou le triple). Pas un jour sans des images ou des récits tous plus ignobles les uns que les autres, touchant toutes les strates de la population gazaouie, massée et nassée dans le sud de la bande de Gaza et qui doit faire face à l'horreur des bombes, de la famine, des maladies.

Devant ce génocide qui ne veut pas dire son nom, Sage Francis a répondu à l'invitation de OldBoy Rhymes (rappeur américain qu'il allait signer sur son label Strange Famous avec l'intention de sortir son premier album) venu lui présenter une démo d'une de ses compositions intitulée Master Cleanse (« grand nettoyage ») et qui traitait de ces évènements. Sage Francis y a mis sa patte le temps d'un long couplet très engagé, très vite rejoint par la rappeuse Rituals of Mine, OldBoy Rhymes ouvrant et fermant le bal avec deux couplets particulièrement brillants, tandis qu'Alxndrbrwn prenait en charge la production.

Quant au morceau ? Pesé et soupesé (Sage Francis l'avoue lui-même dans un long thread sur Twitter), Master Cleanse reste un morceau qui ne mâche pas ses mots contre la violence aveugle et sans limite du gouvernement israélien mais aussi contre les États-Unis (leur alignement derrière un de leurs alliés historiques sans que jamais soit remis en question une seconde le comportement innommable de celui-ci) et sa sphère médiatique (qu'on peut sans doute étendre à l'Occident) qui garde le doigt sur la couture, ne moufte pas, préférant relayer un seul et unique récit, par peur de représailles ou par simple lâcheté.

Master Cleanse est sans doute le titre le plus féroce (on n'écoutera pas de chanson plus politique cette année) auquel Sage Francis a participé depuis l'incroyable Slow Down Ghandi en 2005 (auquel on peut d'ailleurs le rapprocher). Un morceau puissant, à la production qui monte en intensité au fur et à mesure et peut-être un des premiers depuis quatre mois à voir des artistes se lever et dénoncer l'infamie de la situation actuelle qui se déroule sous nos yeux sans qu'on, et nos gouvernants avec, y fassent grand chose. Alors certes, il y a peu de chance que Master Cleanse fasse bouger les choses. Mais comme le chante Rituals of Mine : « Give me something to believe in ».

NB : Master Cleanse de OldBoy Rhymes, Sage Francis, Rituals of Mine et Alxndrbrwn est en téléchargement en « pay what you want » sur la page Bandcamp de Sage Francis. Page sur laquelle on retrouve l'intégralité des paroles de la chanson.

Album : -
Année : 2024
Label : Strange Famous Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Master Cleanse de Sage Francis OldBoy Rhymes, Rituals of Mine et Alxndrbrwn est en écoute ci-dessous :
 
 
Le clip de Master Cleanse de Sage Francis OldBoy Rhymes, Rituals of Mine et Alxndrbrwn (soumis à une limite d'âge et à avoir un compte en bonne et due forme) :
 

lundi 28 avril 2014

[Track of The Day] Sage Francis - Vonnegut Busy

Quatre années sans nouvelle et le voilà qui débarque à nouveau pour embellir l'été qui s'annonce. "Le", c'est Sage Francis, rappeur barbu au débit dingue, aux paroles prouvant un engagement politique sans faille et aux productions lorgnant allégrement vers le rock et la pop plutôt que vers un hip-hop classique (notre homme ne vient pas de chez Anticon pour rien) : pas pour rien que le meilleur hommage musical rendu à feu Johnny Cash vient de sa plume (en écoute ici).

Son dernier disque en date 'Li(f)e' voyait Sage Francis s'acoquiner avec bons nombre de belles plumes pop, de Califone à Calexico en passant par Yann Tiersen (sublime The Best of Times) et encore Jason Lytle. Emballant sur le papier, le résultat n'était finalement pas à la hauteur, loin de ses précédents albums, dont son chef d’œuvre 'Healthy Distrust' (dont la classe ne se dément pas, même dix ans plus tard).

C'est donc de pied ferme que j'attendais son retour. Et comment vous dire à quel point celui-ci est percutant et me parle énormément. Déjà parce que Sage Francis ouvre Vonnegut Busy, le premier single de 'Copper Gone' (le nouvel album donc qui comprendra notamment des productions d'Alias, de Buck 65 ou Reanimator)  par les mots suivants : « Of all the words of Mice and Men, the saddest are "It might have been" ». Vu que John Steinbeck est mon écrivain préféré et 'Des Souris et des Hommes' un de mes livres de chevet, je ne peux qu'adhérer.

Ensuite parce qu'une fois de plus, son texte est très engagé et parle beaucoup en ces temps de crises infinies où l'on recommence décennie après décennie les mêmes erreurs du passé.

Enfin parce que comme souvent avec Sage Francis, on n'écoute pas une chanson pour rien. Et j'aurais donc appris des choses après quelques recherches (d'avance mes excuses pour le paragraphe suivant à ceux qui connaissent la référence).
Prenons donc le titre, Vonnegut, Busy. Kurt Vonnegut est un écrivain américain contemporain (1922-2007) et pacifiste convaincu. Dans son roman 'Cat's Cradle' (1963), en plus d'écrire la phrase d’ouverture de ce nouveau single de Sage Francis, Kurt Vonnegut crée une religion fictive, le Bokonisme dont le principal précepte est de (je vous le mets en anglais, je n'arrive pas à traduire ça de façon adéquate) « Live by the foma that make you brave and kind and healthy and happy ».
Et « Busy, busy busy » sont des mots que murmurent les bokonistes quand ceux-ci réfléchissent à la complexité et au côté imprévisible de nos vies.

Tout cela pour dire que d'ici juin, il me reste donc à lire 'Cat's Cradle' de Kurt Vonegut, me replonger une nouvelle fois 'Des Souris et des Hommes' de Steinbeck. Pour finalement écouter ce 'Copper Gone' qui promet, mais alors beaucoup.

Album : Copper Gone
Année : 2014
Label : Strange Famous Records

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Vonnegut Busy de Sage Francis est en écoute également sur le soundcloud de Strange Famous Records :



Ce même Vonnegut Busy, mais cette fois avec les paroles. Et vu que Sage Francis a un débit très difficile à suivre et des références dans tous les sens, c'est plutôt pratique :



Pour finir, un deuxième extrait de 'Copper Gone'. Une version live enregistrée chez Daytrotter. Ce disque est définitivement sur de bons rails :


vendredi 9 avril 2010

[Track of The Day] Sage Francis - Slow Man

Sage Francis, le rappeur le plus engagé qui soit et au flow incroyable est de retour!

Notre gros barbu quitte Epitath pour se retrouver chez ANTI-. Et pour son nouvel album, 'Li(f)e', monte autour de lui un roster qui fait saliver. Jugez plutôt: Califone, Jason Lytle (feu Grandaddy), Chris Walla (Death Cab for Cutie), Tim Fite, des membres de Calexico, de DeVotchKa, ainsi que Buck 65 et même Yann Tiersen (!). Ses productions passées étaient plus hip-pop qu'hip-hop mais là, Sage Francis fait fort!

Cerise sur le gâteau de ce nouvel album produit par Brian Deck (l'homme derrière des albums comme 'The Moon and Antarctica' de Modest Mouse ou de 'Our Endless Numbered Days' d'Iron & Wine) , on pourra y retrouver une (la dernière?) contribution musicale de Mark Linkous. Au chant ou à l'écriture d'une chanson, cela sera à confirmer.

Histoire d'emballer le tout proprement, Sage Francis convie Shepard Fairey, et le graphiste derrière le "HOPE" d'Obama fait du rappeur une icône christique.

Pour l'instant, un seul morceau est en écoute: Slow Man. Ce titre a été composé par Calexico et enregistré par Califone. Et c'est un pur bonheur. Un Sage Francis calme, tout apaisé qu'il est par le rythme langoureux et l'ambiance chaude du sud qui se dégage de Slow Man.

En tout cas, voilà une sacrée entrée en matière pour un album qui s'annonce alléchant. Réponse le 11 mai prochain. 

Album: Li(f)e 
Année: 2010 
Label: ANTI- 

Slow Man, premier extrait de 'Li(f)e' est en téléchargement légal et gratuit sur le site officiel de Sage Francis ici même.

Et comme il sait faire les choses bien le père Francis, il donne même les paroles de ce Slow Man (cliquez ici).

mardi 31 mai 2011

Francis – Lekomberg, We Were Kin [Strangers Candy]

Je n’ai rien contre le prénom Francis. Je connaissais même un Francis quand j’étais en primaire et dans mon souvenir il était très sympa. True story.
Disons que c’est un prénom qui n’a jamais bouleversé les foules. Et au contraire d’autres prénoms anciens qui font aujourd’hui recette (entrez ici Victor, Gabriel, Louis et autres Jules), Francis ne connaît pas cet honneur.

Il faut dire aussi que quand on prononce Francis, les premiers noms célèbres qui viennent en tête sont rarement Francis Ford-Coppola, Sage Francis ou Black Francis. Non, ça tire instantanément plus vers de l’acteur de série Z à la française (Francis Perrin) ou qui en fait des caisses rien que pour demander du sel (Francis Huster), du chanteur à moustache (Francis Cabrel) ou à catogan (Francis Lalane), du bandit de grands chemins (Francis le Belge) ou de l'entrepreneur qui aime la culture, la belle la vraie (Francis Bouygues). Mais à part ça…

Bref, une liste plus ou moins ringarde et un prénom qui ne fait pas trop rêver (alors qu’il suffit d’ajouter un simple –co à la fin pour que l’ensemble prenne un sens plus exotique et sentant bon le sable chaud, oui les clichés c’est mon dada. Parents du baby-boom qu'avez vous fait?).

Vous imaginez donc bien qu’elle n’a pas été ma surprise de voir dimanche soir à L'Épicerie Moderne à Feyzin à côté de Lyon, qu’en première partie de The Tallest Man On Earth déboulait un groupe ou un artiste nommé Francis; et qu’elle ne fut pas ma seconde surprise que ce Francis là n’avait pas les cheveux noirs crépus et ne portait pas la moustache.

Francis est donc un quatuor, suédois, mené par une chanteuse blonde et à la voix tonitruante (d’aucuns trouveront agaçante). Rien de révolutionnaire dans leur pop rockailleuse qui rappelle aussi bien Anna Calvi (passages rock) que Dear Reader (pour les moments les plus calmes). Mais des compositions aguicheuses.
Je fais partie de ceux qui peuvent très rapidement s’ennuyer face à une première partie quelconque et inconnue. Mais j’ai été très vite pris par leurs jolies mélodies et leurs chansons emballantes. A tel point que je me suis procuré ‘Lekomberg, We Were Kin’, leur premier album, à la sortie du concert, et qu’après plusieurs écoutes je ne le regrette pas.

Trente-trois minutes et huit chansons au compteur, avec de grands moments (le mélancolique Here Is The Key, le nerveux et single en puissance Ten Thousand Times) alternant et/ou mélangeant guitares et piano. Bref, une belle découverte qui ne bénéficiera pas du battage médiatique qu’a connu Anna Calvi il y a quelques mois mais qui pourtant le mériterait tout autant.

Après une petite demi-heure, on reverra le groupe réapparaitre pendant l'heure et demie de The Tallest Man on Earth, apportant tantôt un peu d’électricité, tantôt un zeste de féminité dans un set genre « grande classe » du finalement pas si grand que ça Jens Kristian Mattsson, tenant une salle entière – et bien remplie – avec quelques accords de guitare, et finissant son show, moulé dans son slim et son marcel, sur un Kids on the Run au banjo déroutant mais sublime.

Mais si hier soir, The Tallest Man on Earth a confirmé tout le bien que je pouvais penser de lui, la découverte était du côté des Francis, groupe dont on reparlera sûrement. Et qui est une raison nouvelle pour tous les Francis du monde de se lever et de crier haut et fort que oui ils sont fiers de porter ce prénom. (Sortie: printemps 2011)


Son :
Myspace (Deux chansons de ‘Lekomberg, We Were Kin’ en écoute)
Site officiel

Deux chansons en écoute. Eternal Souls vraiment habité et Here is the Key, le climax très sombre de ‘Lekomberg, We Were Kin’ . (malheureusement plus en ligne)

Et pour finir le clip de Here Is The Key :



jeudi 4 septembre 2008

Top 6 "R.I.P"

Y a des fois, vous fêtez votre anniversaire. Vous êtes heureux. Vraiment. Et puis, bam, au moment où vous vous y attendez le moins, la vie, cette vieille salope, vous rappelle à l’ordre et vous fait bien comprendre que «non mon p’tit pote, c’est pas pour tout de suite», en vous envoyant en travers de la gueule une nouvelle qui vous mouille les yeux et vous envahie d’une immense tristesse.

Et pourtant, je ne peux pas dire que le Djezon je le connaissais plus que cela. Un mec rencontré sur un forum (de football en plus!) et que je croisais plus souvent qu’à mon tour à la sortie d’une page html ou, plus épisodiquement, à la terrasse d’un café ou sur le ghorre pourri d’un terrain de foot de banlieue.
Et alors que je devrais m’en foutre limite si l’on en croit tous ces spécialistes qui nous expliquent qu’aujourd’hui, la société est devenue totalement individualiste (égoïste même qu’ils disent) et que l’on vit trop dans l’irréalité (Internet, forums, msn) pour créer du lien du social, ben je suis triste. Triste de voir partir un mec aussi doué avec les mots (voir ici) que maladroit avec les pieds, chambreur comme pas deux et à l’humour corrosif (bien trop pour beaucoup). Triste de perdre un compagnon de route, un camarade de vannes. Triste. Tout bêtement.

Donc nous y voilà. Un Top 6 'RIP'. Et dans tous les styles, avec Miss Kittin & The Hacker et leur Frank Sinatra, The Roots et leur hommage vibrant et terrible à J. Dilla (Can’t Stop This) et The Herbaliser, avec Katerine à la voix, qui y vont de leur obole pour Gainsbourg avec un Serge aux faux airs de Melody Nelson.

Vu qu’il fallait bien un peu de mauvais goût dans tout ça (et histoire de lui donner l’occasion de me traiter une fois de plus, de là-haut, d’ «imbécile heureux, mais imbécile quand même»), enchaînons avec No One But You de Brian May, Roger Taylor et John Deacon pour (officiellement en tout cas) réveiller la mémoire de Freddie Mercury (mais plus objectivement pour remplir les caisses).

Pour finir sur une note plus artistique, deux bijoux. Deux merveilles. La première, déjà diffusée dans ces pages à l’occasion d’une chronique de son ‘On Leaving’, Bird of Cuzco de Nina Nastasia en mémoire de John Peel, décédé brutalement il y a bientôt 4 ans, dans la ville de (justement) Cuzco, au Pérou. La seconde est, quant à elle, à pleurer. Ou comment le hip-hop se met à nu pour allumer une lumière acoustique au génie de ce géant que fut Johnny Cash, via la voix de Sage Francis et de ses acolytes, avec un Jah Didn’t Kill Johnny déchirant.

Bref, six titres pour rendre hommage à un pote. Lui dire qu’on pense à lui, à sa famille. Lui dire aussi que sa prose précise, ses vannes pourries, ses posts délicieux sur le forum des cahiers du foots et ses dribbles ratés vont nous manquer. Même qu'ils nous manquent déjà tiens. Et comme dit Sage Francis : «but before I die, please don’t take anymore of my friends». Rest In Peace mecton. Et so long. Bises.
 





Tracklisting:
Miss Kittin and The HackerFrank Sinatra (First Album, 2001) 
The Roots - Can't Stop This (Game Theory, 2006) 
The Herbaliser - Serge (feat. Katerine) (Take London, 2005) 
Queen - No One But You (Queen Rocks, 1997) 
Nina Nastasia - Bird of Cuzco (On Leaving, 2006) 
Sage Francis - Jah Didn't Kill Johnny (A Healthy Distrust, 2005)


 






lundi 11 février 2008

Track of The Day (5-11 février 2008)

Une semaine chargée, personnellement parlant. Peu de temps pour passer de deezer à un autre lecteur. Ce qui explique peu de titres très récents. Il n'empêche, ces morceaux là ont de la gueule. En tout cas pour moi. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite).

Lundi 11 février 2008:
* Mates of State - Think Long [Moshi Moshi]
Un album complètement (ou presque) passé en 2006 alors que pourtant. Duo à la scène comme à la ville, les Mates of State propose une pop assez cheap, pleins de claviers sortis de nulle part, avec deux voix qui s'entremêlent parfaitement pour donner un résultat bien saisissant comme il faut. De la pop comme on l'aime. Et qui mériterait une bien meilleure exposition médiatique.
(disponible sur Bring It Back, 2006)

Dimanche 10 février 2008:
* Matt Elliott - Broken Bones [Ici D'ailleurs]
Et si c'était lui l'artiste qui conjuguerait l'incroyable talent d'être un des plus doués du moment mais également le fait d'être le moins connu? Peut-être. En tout cas, l'ancien de The Third Eye Fondation, confirmait en 2006 sur son 'Failing Songs', sa propension à émouvoir avec un rien. Ses ritournelles qui sentent bon l'Est de l'Europe (voire même plus loin) font mouche à chaque fois.
(disponible sur Failing Songs, 2006)

Samedi 9 février 2008:
* The Black Angels - The First Vietnamese War [Light In The Attic]
Alors que leur nouvel album devrait sortir dans les semaines qui viennent, retour sur le surprenant et bien bon 'Passover', premier album des Black Angels, de 2006, rock psyché aux gros riffs qui sent bon les seventies.
(disponible sur Passover, 2006)


Vendredi 8 février 2008:
* Kubb - Wicked Soul [Mercury]
Quand je travaillais en Belgique, cette chanson passait - au bas mot - sept fois par jour à la radio (oui, je devais écouter la FM Belge, qui, si elle reste plus supportable que la FM française, est épuisante au bout d'une heure). Et près de deux ans plus tard, ce Wicked Soul de Kubb est toujours d'une bien grande efficacité, perdue dans un album somme toute moyen.
(disponible sur Mother, 2005)

Jeudi 7 février 2008:
* Miossec - Salut Les Amoureux [Pias]
En 1997, sur son second album, le grand (que dis-je) l'immense Christophe Miossec reprenait Joe Dassin, un des artistes les plus sous-estimés de l'histoire de la chanson française sur son premier album. Sa version de Salut Les Amoureux est un délice, porté par cette voix rocailleuse que l'on aime tant.
(disponible sur Baiser, 1997)

Mercredi 6 février 2008:
* Sage Francis - Slow Down Gandhi [Epitath]
Mon titre de l'année 2005. Sage Francis n'a jamais aussi bon, aussi fort, aussi percutant. Politiquement engagé jusqu'au bout des harpions, Slow Down Gandhi a en plus un rythme et une prod des plus efficaces. Un chef d'œuvre, ni plus ni moins.
(disponible sur A Healthy Distrust, 2005)

Mardi 5 février 2008:
* The New Pornographers - Adventures in Solitude [Matador]
Tous les discours du monde seront vains à l'écoute de ce titre des New Pornographers, un des groupes parallèle de Destroyer, mené par Dan Bejar. On pourrait déblatérer des mois sur la qualité (relative) de leur 'Challengers' de l'an passé. Et puis on pourrait écouter ce Adventures in Solitude, délicieux du début à la fin et juste profiter. Uhm... Ouais, on va faire ça en fait.
(disponible sur Challengers, 2006)

mercredi 30 juillet 2008

Dan Le Sac Vs Scroobius Pip – Angles [Sunday Best]

L’un ressemble à un geek à rouflaquettes. L’autre a de faux-airs de Will Oldham et de Sage Francis avec sa longue barbe. Ils viennent tous deux d’Angleterre et forment Dan Le Sac Vs Scroobius Pip (à savoir Dan Stephens et David Meads), duo un peu taré, très ironique, aux idées barjots et aux textes saisissants.

Leur histoire démarre l’an dernier chez Lex Records, pourvoyeur de talents s’il en est (Danger Mouse, Subtle, c’est eux), avec un Ep et un premier tube, Thou Shalt Always Kill. Un titre aux paroles bien senties, à en faire souffrir vos zygomatiques. Du genre :

«Thou shalt not think that any male over 30 that plays with a child that is not their own is a paedophile, some people are just nice»
«Thou shalt not stop liking a band just because they have become popular»
«Thou shalt not use poetry, art or music to get into girls pants……use it to get into their heads»
«When I say “hip” thou shalt not say “hop”»
«Thou shalt not put musicians and recording artists on ridiculous pedestals no matter how great they are or were: The Beatles. Were just a band (...) The Clash. Just a band. (...) Nirvana. Just a band. (...) The next big thing. Just a band.»

Du grand art en cinq minutes. Un flow qui rappelle Sage Francis et le phrasé de Mike Skinner de The Streets et un son aux beats cheap au possible

Près d’un an plus tard, le duo revient avec un premier album, ‘Angles’, dans la même veine, aux idées par dizaine et aux influences multiples. Dans ce disque là, il y a forcément du hip-hop (essentiellement par le flow de Scroobius Pip), mais surtout beaucoup d’électro (Dan Le Sac est dj à la base), de pop (on n’est pas anglais pour rien. La preuve avec un Look For The Woman étonnant) et de rock (Fixed).
En apogée de tout cela, un Letter From God to Man, l’histoire d’une missive envoyée par Dieu aux hommes, qui fait un peu le bilan de l’être humain et de la planète terre, des milliers d’années après sa création. Un titre fort et drôle, porté par le sample de Planet Telex de Radiohead, et qui au final, sonne presque comme un remix de la bande à Thom Yorke.

Ce ‘Angles’ est un peu long, le flow peut vraiment fatiguer au bout d’un moment et le disque ne prend vraiment de l’intérêt que lorsqu’on s’intéresse aux paroles. N’empêche, ce premier album du duo Dan Le Sac VS Scroobius Pip n’en reste pas moins un bon à très bon disque de hip-pop-electro. Melting-pot musical de bonne facture, ‘Angles’ a du chien. Et cet accent british y fait beaucoup. (sortie : 12 mai 2008)

Son:
Myspace
Site Officiel

Deux titres comme le veut la tradition, le très pop
Look For The Woman et le Radiohead-ien Letter From God To Man. Sont forts ces anglais (malheureusement, plus en écoute).

Deux clips pour finir cette chronique. Le premier, celui de
Thou Shalt Always Kill puis le tout dernier, Letter From God To Man, titre qui vient tout juste de sortir en single:
Dan Le Sac VS Scroobius Pip - Thou Shalt Always Kill




Dan Le Sac VS Scroobius Pip - Letter From God To Man


vendredi 23 janvier 2015

Bilan 2014 : « Albums » (30-11)



Deuxième partie de ce bilan 2014, partie Albums s'entend. Après les disques classés de la 50è à la 31è place, voilà donc les 20 disques suivant, avant que dimanche, je ne vienne mettre un terme définitif à mon année 2014 avec le top dix.

Mais avant ça, comme toujours, voici quelques liens pour aller découvrir la sélection d'autres blogs ou site :


Quant à moi, ces 20 nouveaux disques présentés ci-dessous présentent des artistes perdus de vue depuis longtemps, des américains qui ne sont jamais aussi bons que quand ils ne sont pas sérieux, l'incarnation de la beauté musicale, des vieux toujours bruyants, des rescapés, des australiens sans raisin ni colère et deux bandes originales épatantes. Notamment.
Bref, c'est à découvrir et surtout à écouter (une chanson de chaque album présenté est en écoute en bas de l'article) ici.

Pour rappel :



30. God Help The Girl - Original Motion Picture Soundtrack [Milan]
Bande originale d'un film à la diffusion quasi-inexistante en France (9 salles à sa sortie, dont l'immense majorité à Paris), 'God Help The Girl' est le reboot de l'album de Stuart Murdoch de 2009, avec des passages du film entre chaque titre. Bien que l'original est très réussi, celui-ci, plus punchy et simplement plus pop, l'est tout autant. Et Emily Browning est impeccable dans un rôle de chanteuse.



29. James Yorkston - The Cellardyke Recording and Wassailing Society [Domino]
Dans un silence assourdissant, James Yorkston aura sorti un nouvel album. Et il est une nouvelle fois très beau. Folk délicat produit par Alexis Taylor d'Hot Chip, il se dégage de cet album une ambiance que James Yorkston sait rendre lumineuse que ce soit en quelques notes ou avec sa douce voix. Tout le monde ou presque s'en fout, comme à chaque fois, mais il faudra quand même un jour qu'on prenne le temps de s'arrêter sur les nouvelles sorties de James Yorkston, artiste dont le temps n'a - et n'aura sans doute jamais - de prise.



28. Alvvays - st [Polyvinl]
Alvvays ou sûrement ma révélation de l'année. Si comparaison n'est pas raison, celui qui m'a présenté le groupe comme la rencontre entre The Pains of Being Pure at Heart et Camera Obscura avait vu juste. Shoegaze et pop (presque twee) à la fois, ce premier album des canadiens (sorti l'an passé sur cassette, réédité à plus grande échelle cette année) a tout ce qu'il faut de mélodies, de guitares coquines et de mélodies impeccables.



27. Cheveu - Bum [Born Bad Records]
Découvert via '1000', il aura fallu 3 ans pour voir les français de Cheveu rajouter un troisième album à leur discographie. Et si l'ensemble est toujours aussi noisy, rock, il y a ce côté branleur (et qui leur va bien) qui a un peu disparu. Ici, on sent un 'Bum' carré, percutant, composé et produit à la perfection. Une histoire de maturité ? A dire vrai, on s'en fout un peu. Les chansons (et même les tubes !) sont là. Le reste...



26. Barzin - To Live Alone In That Long Summer [Monotreme]
Discrètement mais sûrement, le canadien Barzin continue son petit bonhomme de chemin dans l'indifférence la plus complète. Cinq ans après 'Notes to an Absent Lover' et toujours chez Monotreme, Barzin revient distiller son folk lumineux rempli de pop en composant des chansons belles à pleurer, le tout avec une production toujours très délicate.



25. Linda Perhacs - The Soul of All Natural Things [Asthmatic Kitty]
Il aura fallu donc 44 ans pour que Linda Perhacs sorte son 2è album, après son fabuleux 'Parallelograms', dont l'arrivée d'Internet lui aura permis de sauter aux oreilles du plus grand nombre, dont votre serviteur. 'The Soul of All Natural Things' reprend globalement les choses là où elle les avait laissées, continuant à chanter de cette si belle voix des chansons folk totalement habitées de fantômes du passé. Retour magnifique autant qu'inattendu.



24. Sun Kil Moon - Benji [Caldo Verde Records]
Dernièrement, je parlais avec un fan de Mark Kozelek et donc de Sun Kil Moon. Et il me disait que « Pour moi ce n'est pas le meilleur Sun Kil Moon et encore moins le meilleur Kozelek. Mais le gars est très inspiré en ce moment ». Pas assez fan de l'américain pour débattre à ce sujet, mais plutôt confiant quant à l'avis de mon ami, il n'en reste pas moins que 'Benji' est un album qui m'aura fait frissonner cette année. Longues mélopées folk, très introspectives, le disque est un bijou sombre. A écouter d'urgence.



23. Hauschka - Abandoned City [City Slang]
'Abandoned City' a des airs de disque d'un autre temps. Composé autour - évidemment - d'un piano que l'allemand Hauschka maitrise par dessus tout, ce disque fait l'étalage de sonorités répétitives, aux cordes de piano souvent heurtées mais jamais salies. Mélancolique autant que mélodieux, ce disque raconte musicalement les histoires de ces villes abandonnées. Quelle beauté.



22. Allo Darlin' - We Come From The Same Place [Fortuna Pop]
Le groupe d'Elizabeth Morris change de braquet. Et passe du twee-pop de ses débuts à une tonalité plus indie-pop. Alternant les chansons « à la Belle and Sebastian » et les titres plus enlevés (l'évident Bright Eyes), 'We Come From The Same Place' est une nouvelle belle réussite de la part des anglais d'Allo Darlin'. A priori, c'est sympa d'être amoureux.



21. The Notwist - Close to the Glass [City Slang]
Disons le tout de go : 'Close to the Glass' est peut-être le meilleur album à ce jour de The Notwist. Oui, même devant 'Neon Golden'. Rien de bien neuf sous le soleil, The Notwist continue à faire du Notwist. Mais le fait très bien : mélodies synthétiques, electro-pop joliment emballée, portée par la voix toujours éthérée de Markus Acher. Cerise sur le gâteau, ils en profitent pour composer un tube indie en puissance, le formidable Kong. Du tout bon.



20. Ty Segall - Manipulator [Drag City]
Si l'on ne prend en compte que sa discographie personnelle, Ty Segall a sorti (à l'âge de 27 ans) sept albums « officiels », auxquels il faut ajouter une pelletée de cassettes et d'autres projets parallèles. 2014 aura pourtant été assez calme vu que 'Manipulator' est le seul album de Ty Segall de l'année. Plus concis que ses prédécesseurs, ne laissant rien au hasard sur chacune des 17 plages, mélangeant aussi bien moments nerveux que plus pop, avec toujours comme comme métronome un psychédélisme que Ty Segall maitrise à merveille, 'Manipulator' est sans doute le meilleur album de l'américain. 



19. The Steinbecks - Kick to Kick [Matinée Recordings]
Grand fan de John Steinbeck devant l'éternel, je ne pouvais qu'aimer un groupe qui s'appelle The Steinbecks. Originaire d'Australie, le groupe sort avec 'Kick to Kick' son 4è album... en 20 ans, le premier qui atteint mes oreilles. Rock brinquebalant et pleins de ruptures, pop aux accents anglais, 'Kick to Kick' est le genre d'album qui semble avoir été écrit en 1992. Délicieux en tous points.



18. Will Stratton - Gray Lodge Wisdom [Talitres]
Découvert via le beau 'Post-Empire', Will Stratton confirme sur 'Gray Lodge Wisdom' tout le bien que je pouvais penser de lui. Cet album de folk travaillé, qui rappelle aussi bien The Tallest Man on Earth que David Ackles, s'ouvre d'ailleurs par une de mes chansons de l'année, sublime mise en bouche avant que notre homme déroule ses chansons avec doigté et d'une voix touchante. Peut-être le fait que Will Stratton a vaincu l'an passé un cancer confère encore plus de beauté à cet album. Et encore, ces 8 chansons n'ont pas besoin de cela pour toucher au plus profond.



17. Swans - To Be Kind [Young Gods]
Passé à côté de 'The Seer', album monstrueux que je n'ai jamais réellement su apprivoiser, 'To Be Kind' est une belle occasion de renouer avec les Swans de ce furieux de Michael Gira. Un album une nouvelle fois très long (plus de 2h) et qui lorgne plus du côté d'Angels of Light (un des projets parallèles de Michael Gira, qui n'a pas été réanimé depuis le superbe 'We Are Him') que précédemment. Plus « pop » (on est chez Swans), mais pas forcément moins sombre ou bruyant, l'ensemble est totalement enivrant.



16. Sage Francis - Copper Gone [Stange Famous]
Après quelques albums moyens portés par des singles ravageurs, Sage Francis retrouve de la consistance avec 'Copper Gone', cinquième album du barbu américain. Un disque percutant et lettré, porté par le flow le plus incisif du rap actuel, des mélodies piochant beaucoup dans la pop - tout en rendant tout de même hommage au hip-hop des années 90 (Thank You) - et un discours politique fort, comme souvent (le formidable Vonnegut Busy). 'Copper Gone' retourne aux bases de ce que Sage Francis a fait de mieux jusque là ('A Healthy Distrust'). Tant mieux.



15. Marissa Nadler - July [Sacred Bones]
Sorti chez Sacred Bones, orné d'une pochette magnifique, 'July' est un album qui voit l'américaine Marissa Nadler continuer à chanter et déployer ses chansons tristes. Folk aux contours psychédéliques, intelligemment produit (pas mal de reverb) qui confère à l'ensemble une atmosphère cotonneuse, 'July' est peut-être son meilleur album. Qui confirme une chose : Marissa Nadler est l'incarnation musicale de la beauté.



14. Jóhann Jóhannsson - McCanick OST [Milan Records]
Grosse année pour l'islandais avec la sortie de trois bandes originales : 'I Am Here', 'The Theory of Everything' (encensée aux derniers Golden Globes, ) et 'McCanick'. C'est cette dernière qui m'aura le plus séduit, même si les autres sont réussies également. Entre musique de chambre, partie plus ambiante, et montées échevelées, ce disque a même des airs d'album à part entière, tant il est cohérent. Mieux, Jóhann Jóhannsson rappelle sur cette BO de 'McCanick' qu'il est un compositeur formidable, le pendant islandais de Max Richter. On ne l'avait pas oublié certes mais une piqûre de rappel ne fait jamais de mal.



13. Parkay Quarts - Content Nausea [What’s Your Rupture?]
Non content de s'être révélé il y a un an avec 'Light Up Gold', les new-yorkais et leur rock lo-fi ont sorti un nouvel album, 'Sunbathing Animal' à la toute fin du printemps. Un disque de qualité, dans la lignée de 'Light Up Gold', mais presque trop sérieux pour eux. Mieux, sous le nom de Parkay Quarts, le groupe (réduit à 2 membres pour l'occasion) a sorti début décembre 'Content Nausea', un disque beaucoup plus barré que son prédécesseur, punk animé d'une douce folie. Et plus séduisant à mes oreilles. Ces gens là semblent insatiables. Profitons en, la jeunesse n'est pas éternelle.



12. Jeremy Messersmith - Heart Murmurs [Glassnote]
Entre tubes pop évident (It's Only Dancing, Tourniquet), chansons qui parlent d'amour, de déceptions et de ruptures (You'll Only Break His Heart), avec les fantômes des Beatles, d'Elliott Smith et d'Adam Green qui volent autour, Jeremy Messersmith aura composé 2014 son meilleur album. Sorti enfin sur une structure digne de ce nom, le meilleur semble à venir pour l'américain. Ce n'est que justice.



11. Damien Rice - My Favourite Faded Fantasy [Wea]
Damien Rice ou le retour que l'on n'espérait plus. Malgré un succès qui ne se démentait pas vraiment, il aura fallu huit ans à l'irlandais pour sortir son troisième album. Et l'attente valait le coup. Sublime de bout en bout, paré de soyeux arrangements, 'My Favourite Faded Fantasy' est une réussite totale. Beau à en pleurer, très touchant (It Takes a Lot to Know a Man), cet album est aussi et surtout rassurant : non, Damien Rice n'a pas perdu son mojo.


Pour rappel :
Bilan 2014 : « Albums » (10-01)


Comme promis, un lecteur streaming avec une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. Bonne(s) écoute(s) !