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vendredi 7 janvier 2011

Top 50 'Albums 2010': 10-01


Ultime étape de mon bilan de l'année 2010, mais retour avant cela sur les dernières publications parues ces derniers jours. Kris présente son top 50 singles de l'année (plein de bon goût et en ajoutant un petit texte à chaque chanson sélectionnée), Louie donne un top 10 albums très éclectique, Derrière La Fenêtre offre le top des blogueurs... bretons!, Erwan propose son top 30, Daniel de Next-Music termine son année dans la joie, la division et avec un seul très vieux groupe, la rédaction de Benzine qui présente les siens, tout comme celle de Rock it to the Moon. Quant à Random Songs, il fait le bilan en s'remémorant chaque instant

Mickael Choisi, lui, a concocté une sélection de 30 titres qui l'auront botté en 2010, La Musique à Papa comporte 20 chansons, De La Lune pond son top 14 albums. Et pendant ce temps là, No Music aura fait son calendrier de l'avent. Enfin, il y a Dragibus qui se projette déjà à plein dans 2011.

Pour ceux dont je n'ai pas croisé les bilans de fin d'année, n'hésitez pas à mettre un lien en commentaires, venir carrément les poster ici ou balancer vos liens par Twitter.

Quant à moi, top 10 pour finir une belle année. Dix albums qu'il aura été dur de départager tant ils sont formidables à pleins de niveaux différents. Bref, une belle année, surtout niveau album, moins en ce qui concerne les singles. Gageons que comme le veut la tradition, l'année prochaine sera totalement différente.

Et en fin de classement, un petit lecteur pour écouter une chanson de chacun des albums présentés:

Pour rappel:
Top 'Albums 2010': 30-11
Top 50 'Albums 2010': 50-31
Top 50 'Chansons/Singles 2010'
Top 20 'Ep, 7", 12", Compilations et Rééditions' 2010



10. Current 93 – Baalstorm, Sing Omega [Coptic Cat]
David Tibet semble plus que jamais en forme. Non content d’avoir sorti un des albums les plus terrifiants qui soit avec ‘Aleph at Hallucinatory Mountain’ l’an passé, voilà qu’il nous revient avec un nouveau disque magistral : ‘Baalstorm, Sing Omega’ ou l’exact opposé de son prédécesseur.
Un disque lumineux, résolument optimiste (bien qu’en équilibre instable) naviguant dans un monde de psyché-folk et de psyché-pop, monde au centre duquel on retrouve un piano (même pas désaccordé !) et la voix inimitable et toujours hallucinée de David Tibet.
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09. Sufjan Stevens – The Age of Adz [Asthmatic Kitty]
Revenu d’entre les morts avec un Ep, un nouvel album et une compilation de noël furtivement aperçue courant novembre, Sufjan Stevens aura fait l’actualité de la rentrée 2010. ‘The Age of Adz’ marque la rupture avec ses précédentes œuvres en mettant en avant une électro lourde, d’aucuns trouveront cheap. On retrouve malgré tout son talent de mélodiste avec ces ritournelles pleines de cordes et de cuivres, cachées au départ mais que des écoutes successives font apparaître chaque fois un peu plus.
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08. Swans – My Father Will Guide Me Up a Rope to the Sky [Young God]
Noise Rock, Post-Punk, Experimental Rock, No Wave, Post-Rock, Industrial, Industrial Rock, Gothic Rock, Folk Rock, Experimental. Voilà en gros à quels genres musicaux on peut rattacher Swans, de retour après 12 années d’absence. Un retour en grande pompe de la part de Michael Gira (épatant en 2007 avec l’album d’Angels of Light) et de ses hommes, avec cet album sombre et ténébreux, à la pochette sublime. Reformation de l’année, évidemment.
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07. Arandel – In D [Infiné]
Un de mes chocs électro de l’année, c’est sans nul doute le premier album d’Arandel ‘In D’. Un artiste français qui sonne électro mais qui ne fabrique sa musique qu’à partir d’instruments classiques. Contrainte exigeante certes mais le résultat est au-delà des attentes tant l’électro d’Arandel est aussi minimale, organique que vibrante. Et bien plus électro que certains albums du genre.
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06. Nina Nastasia – Outlaster [Fat Cat]
Peu le savent mais Nina Nastasia, en plus d’être une des plus grandes songwriters de son temps, a peut-être sorti son plus bel album en 2010. Un disque aussi folk que théâtral, baroque que délicat où s’alignent textes superbes, mélodies accrocheuses et arrangements fins. Tout le monde s’en fout. Et pourtant, il y a plus ici que dans bons nombres de disques encensés chaque semaine ici et là (et moi le premier). Il fallait que ce fut dit.
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05. Fursaxa – Mycorrhizae Realm [ATP]
Nouvel album pour Fursaxa. Et comme à chaque fois avec elle, c'est réussi. Sauf que cette fois, c’est encore mieux que les fois précédentes. ‘Mycorrhizae Realm’ est un disque aérien, vaporeux, harpien, léger, sombre et évocateur. Un véritable bijou dans lequel il est très facile de se perdre.
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04. Aidan Baker – Liminoid ⁄ Lifeforms [Alien8]
123è sortie pour Aidan Baker. Une partie post-rock, une autre plus évanescente, plus ambiante, plus drone comme sait le faire l'ami Aidan. 'Liminoid/Lifeforms' est un album superbe, d'une beauté et d'une délicatesse terrifiante. Un 'The Sea Swells a Bit' de 2006, mais avec le violon en guise de maitre d'œuvre. Un chef d’œuvre.
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03. The Magic Theatre – London Town [Rotodisc]
Sorti en 2010, ‘London Town’ aura pu naître en 1965 qu’il n’aurait pas choqué. Très inspiré par les albums pop de l’époque, cet album de The Magic Theatre est un formidable hommage à cette époque bénie de la musique. Contant l’histoire d’amour impossible à un siècle d’intervalle entre deux jeunes londoniens, ‘London Town’ vit au rythme des pérégrinations de ses personnages, sait évoquer leurs sentiments par des montées de cordes ou des chœurs bien sentis. Et au final, plus qu’un bel album, ‘London Town’ est un véritable chef d’œuvre.
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02. Four Tet – There is Love In You [Domino]
Cet album là fut un des tous premiers que j’ai écouté en 2010. Douze mois plus tard, le plaisir reste intact et la sensation d’écouter un artiste exceptionnel également. Sorte de mix entre ses diverses influences mais revenant à une folktronica dont il est le pape incontestable depuis ‘Rounds’, ‘There is Love In You’ est un album gigantesque, d’une grande intelligence, à la saveur délicieusement organique. Et comme à chaque fois avec Four Tet, un disque rempli de mélodies tuantes.
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01. The Tallest Man on Earth – The Wild Hunt [Dead Oceans]
LE bijou de l'année. Encore supérieur à la merveille qu'était 'Shallow Grave', 'The Wild Hunt' est un disque qui confirme l'immense talent de ce plus grand homme de la terre. Une guitare, des textes, une voix puissante et un souffle incroyable à l'écoute de chacune des 11 compositions qui font cet album merveilleux. Et si son premier effort, on entendait une copie (marquante) de Dylan, à l’écoute de ‘The Wild Hunt’, on entend plus que The Tallest Man On Earth, petit bonhomme au talent incroyable.
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Comme convenu, un lecteur pour écouter une chanson de chacun des dix albums présentés ci-dessus:


mardi 13 novembre 2007

C-Rayz Walz and Parallel Thought – Chorus Rhyme [Urchin Studios]

Ami poppy/poppeux, ne quitte pas cette chronique qui débute à peine, effrayé que tu es par cette pochette qui appelle tout sauf des balades au piano aux contours de guitares acoustiques. Toi qui n’aimes pas ce qui ressemble de près ou de loin à du hip-hop et à un flow soutenu, ne pars pas. Reste même. Car ce disque est fait pour toi. Et parce que ce disque est grand. Le meilleur en tout cas dans le genre en cette année 2007. De loin. Et qu’il t’ouvrira sûrement les yeux sur le monde merveilleux du hip-hop.

C-Rayz Walz. Le genre d’artiste à côté duquel on passe sans vraiment savoir pourquoi. J’ai dans un coin de ma cédéthèque un album de lui, son deuxième, 'Year of the Beast', récupéré à je-ne-sais-plus-quel destockage. Et bien qu’il soit sorti chez Definitive Jux, label référent dans le genre (certes, avec d’autres, mais quand même), je n’y ai encore jamais posé une oreille. Pas une. Pas l’once d’un lobe. Rien. Je trouvais la pochette hideuse et cela a suffi à briser le peu de curiosité qui m'habitait. Quant à Parallel Thought, je n’en avais pour ainsi dire jamais entendu parler.

Pourtant, quand ce 'Chorus Rhyme' m’a été conseillé par Knight of Ni, j’y suis allé les yeux fermés. Va comprendre Charles. Et je n’ai pas été déçu. Quelles productions ! Quel flow ! Quelles lyrics ! Et quelle intelligence dans la conception du disque!

Reprenons : déjà, au niveau de la production, tout est tellement juste et dans le ton que ça en est stupéfiant. L’album s’ouvre sur une ambiance très soul avec en guise de métronome une trompette répétitive. Le second morceau, Chorus I, s’annonce par quelques notes de guitare acoustique. Et tout au long du disque, c’est la même chose : du hip-hop oui mais qui vit avec son temps, qui se marie avec d’autres rythmes et d’autres influences, comme savent le faire les artistes du genre les plus intéressants depuis quelques années (on pense souvent ici à 'Ghetto Pop Life' de Danger Mouse & Jemini, un des mètres étalon des années 2000).

Mais en dehors de cette ouverture, on retrouve dans ce 'Chorus Rhyme' tout ce qu’on aime dans le hip-hop : ces flows qui se croisent sans jamais se marcher dessus dans une sorte de ballet auditif, ces scratches dans tous les sens (et pour être honnête, cela faisait un moment que je n’avais pas écouté un titre aussi bien scratché que DJ Chorus, voir par ailleurs), ces mouvements musicaux répétitifs (ces passage de violons en boucle) et ces punch-line, ces paroles, ces rimes percutantes. Bref, du grand art.

L’album me plairait déjà assez s’il était dans ce genre là. Sauf qu’histoire d’enfoncer le clou, le duo propose un Chorus Collection dément. Oui oui, d-é-m-e-n-t. Quinze minutes barjots avec plus de trente emcee (et pas les plus mauvais !) qui se succèdent au micro pour, à chaque fois, le même nombre de rimes. Et ce qui aurait pu être LE projet casse-gueule par excellence se révèle être un moment purement génial où chaque featuring est au diapason de son prédécesseur. Un titre grand comme ça, vraiment affolant qu’on se surprend à écouter et réécouter plus souvent que de raison.

Ajoutez à cela que MF Doom est présent sur Vomit Chorus, posant comme à chaque fois avec une classe folle (on n’est pas le meilleur rappeur du monde pour rien) et vous obtenez sans conteste le disque hip-hop de l’année. Et l'un des tous meilleurs disques de 2007. C-Rayz Walz and Parallel Thought ou comment rendre mon mois de novembre plus beau! « I Love My Life I Live My Soul » comme ils disent. (Sortie : 31 juillet 2007)

Nb: pour information, ce disque là n’est que le deuxième opus d’un triptyque, commencé fin 2006 avec 'The Dropping' et qui s’achèvera dans quelques semaines avec la sortie de ‘Angel & Preacher’. Trois sorties, toutes en éditions très limitées (3000 copies monde). Donc pour ceux qui veulent leur copie, jetez-vous là. Histoire de.

Son :
Myspace de C-Rayz Walz (un titre en écoute).

Vu qu'il faut au moins avoir écouté ce titre une fois en 2007, voilà donc ce Chorus Collection (dont voici la liste complète des featurings: Levi, Hykoo, Messiah-J, Icon The Mic King, Kwote Scriptures, MC Caness, Wordworth, Karniege, Double AB, Dusted Dons, Tame One, Glock Rockwell, R.A. The Rugged Man, Stahhr the Femcee, L.I.F.E. Long, Sha-Dula, Marq Spekt, C-Rayz Walz, Thirstin Howl III, KLU Sheisty, Sean Price, Swave Sevah, Poison Pen, Chan, MC Unknown, Kosha Dillz, Block McCloud, Many Styles, Omega Moon, Immortal Technique). Ainsi que Dj Chorus, qui clôt le disque, histoire de. Prenez-en plein la tronche. Ouch (malheureusement plus en écoute).