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vendredi 22 mars 2019

[Track of The Day] Yann Tiersen - Heol

Souvent oublié lorsque l'on dresse la liste des artistes français ayant une notoriété certaine à l'internationale, Yann Tiersen est pourtant un des exemples les plus frappants, alignant les albums aussi variés que réussis, majoritairement instrumentaux (cela aide), le tout en étant signé chez Mute Records

'All' est son cinquième album studio pour le label anglais, et pas le moins beau. Calme, cinématographique, post-rock dans bien des aspects, ambiant aussi, il rappelle par moments le 'The Blue Notebooks' ou 'Songs From Before' de Max Richter. Plein de riches d'instrumentations (évidemment Tiersen joue de tout sur ce disque), de belles mélodies mélancoliques (à moins que ce ne soit l'inverse), des morceaux qui ne cessent de progresser et de se mouvoir, 'All', malgré sa longueur, est une douce réussite d'où ressort notamment Heol (en écoute aujourd'hui), superbe morceau en trois temps où le talent de mélodiste et de musicien de Yann Tiersen, qui n'est pourtant plus à démontrer, éclate une nouvelle fois au grand jour.

Album : All
Année : 2019
Label : Mute



En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Heol de Yann Tiersen est également en écoute ci-dessous:


Et histoire de bien faire les choses, voilà Gwennilied, la chanson qui suit Heol dans 'All', avec sa voix déclamant du breton (en tout cas, je l'imagine) :




mercredi 21 janvier 2015

Bilan 2014 : « Albums » (50-31)



Si tout avait été normal, ce top albums de l'année 2014 aurait du voir le week-end du 10 janvier. J'avais pris un peu de retard après les top «formats courts » et « chansons ». Et puis il est arrivé ce qui est arrivé et j'avoue que j'ai eu du mal à encaisser le choc, comprendre et parler d'autres choses.

Mais bon, il faut bien repartir de l'avant. Quand bien même Cabu, Wolinski, Charb et les autres. Ainsi donc, passons maintenant à la partie consacrée aux meilleurs albums (selon votre serviteur évidemment) de 2014, le tout en trois parties comme le veut la tradition : du numéro 50 au 31, du numéro 30 au numéro 11. Et enfin les 10 premiers.

Avant cela, quelques liens de sites amis (ou non) sur lesquels je vais souvent poser mes yeux et mes oreilles :

Ainsi donc, après le top « 7", 12", Ep & Compilation » et le top « Chansons » (toujours en écoute), passons au top albums avec ces cinquante disques qui auront rythmés mon année de diverses façons.

Première partie aujourd'hui avec les 20 « derniers » (je n'aime pas ce terme tant ces 50 disques comptent tous pour moi), avec des groupes pop au futur succès public, un barbu en pleine renaissance, des japonais bruyants, un français eighties, des canadiens furieux, des écossais toujours brillant, un gallois excentrique et un lyonnais de Roubaix.

Au bas de chaque disque, vous trouverez un lien vers une chronique de l'album en question (d'ici mais souvent d'ailleurs) ainsi qu'un lien renvoyant vers un magasin en ligne au prix très compétitif pour acheter le disque. Car oui, écouter de la musique, c'est bien, acheter des disques c'est bien aussi.

Également, au bas de ce long papier, un lecteur multimédia présentant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessous. Bonne(s) écoute(s). Et n'hésitez pas à rajouter vos tops en commentaires !

Pour rappel :



50. Black English - No [Arts & Crafts]
Jusqu'à peu, le groupe s'appelait 'No'. L'album 'El Prado'. Et puis une confusion avec un jeune groupe punk de Los Angeles a forcé le groupe à changer et à devenir les Black English. Découvert en première partie de Yann Tiersen il y a quelques mois de cela, Black English est un sextet, sorte de mélange entre The National (pour la voix profonde qui a quelques airs de Matt Berninger) et Coldplay (avant que ceux-ci aillent se prostituer auprès de tout ce qui existe de plus dégueulasse dans l'industrie musicale actuelle). Un premier essai consistant, déroulant régulièrement quelques chansons très efficaces. Le charisme du chanteur Bradley Hanan Carter aidant, on devrait entendre parler de ce groupe assez rapidement.



49. Arthur Beatrice - Working Out [Polydor]
Premier album pour ce groupe découvert il y a 2 ans en première partie de Beach House, Arthur Beatrice n'en finit pas de me séduire. On ne criera pas au génie, mais ce premier album des londoniens est dans la lignée de leur Ep de l'an passé. Pop, belles mélodies, ambiance ouatée, et quelques sonorités électroniques pour donner du corps à l'ensemble. Séduisant disais-je.



48. The War on Drugs - Lost in the Dream [Secretly Canadian]
Dans la foulée de Mark Kozelek, The War on Drugs est devenu le nouveau groupe qu'il est de bon ton de détester en 2014. Affublés de surnoms débiles comme « Dire Straits des années 2010 », les américains auront pourtant sorti un disque sûr de lui cette année. Évidemment les guitares trainent parfois en longueur, évidemment, il y a ici un côté rock héroïque. Mais les compositions et les chansons sont là. Et c'est quelqu'un qui chérit le live de Dire Straits 'On The Night' plus que de raisons qui vous le dit : il n'y a rien de Dire Straits dans cet album.



47. Twin Peaks - Wild Onion [Grand Jury]
Aveu terrible : je n'ai jamais jeté le début d'un œil sur Twin Peaks. Internet étant mon ami, j'aurais sans doute l'occasion prochainement de me rattraper, David Lynch ayant annoncé la reprise de sa série mythique pour 2016.
Le seul Twin Peaks que je connais vient de Chicago et est un quatuor d'indie rock aux allures de groupe punk. 'Wild Onion' est leur deuxième album (en 2 ans) ; avec seize chansons au programme. Rien de bien révolutionnaire mais une belle réjouissance à écouter les chansons courtes et concises (quatre seulement de plus de 3mns) de ce qui ressemble bien à de jeunes branleurs, mais talentueux.



46. Jessica93 - Rise [Teenage Menopause]
Avec son nom qu'on dirait tout droit sorti d'un chat caramail, Jessica93 n'a pourtant rien d'une gamine qui vous aurait accosté par un « ASV ? ». Geoffroy Laporte, l'homme qui se cache derrière Jessica93 (il fait tout), est plutôt du genre à balancer des pralines dans les oreilles de ses auditeurs. Entre shoegaze, cold-wave, boite à rythme et guitares bouclées. Avec le saint patronage des Cure.



45. Allah Las - Worship The Sun [Innovative Leisure]
Quatuor californien, Allah-Las aura confirmé en 2014 les jolis espoirs que l'on plaçait en eux il y a 2 ans à la sortie de leur premier album. Gardant la même ligne de conduite, les Allah-Las continue de plonger leur musique au sein des années 60, mélangeant habilement garage-rock et pop ensoleillée. Rétro sans l'être, les Allah-Las deviennent une valeur sûre.



44. Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra - Fuck Off Get Free We pour Light on Everything [Constellation]
Quatre ans après leur dernier album, deux ans après leur dernier Ep en date, la bande d'Efrim a enfin eu envie de donner de plus amples nouvelles. En résulte un 'Fuck Off Get Free We pour Light on Everything' puissant et porté par une chanson délicieuse et pleine de frissons dans la plus pure tradition Silverienne (What We Loved Was Not Enough). La reformation de Godspeed You Black Emperor semble les avoir remis dans le bon sens après un 'Kollaps Tradixionales' plutôt faiblard. Tant mieux.



43. I Love You But I've Chosen Darkness - Dust [Monopsone]
Deux albums et un Ep en 13 ans d'existence, on ne peut pas dire que les texans de I Love You But I've Chosen Darkness soient prolifiques. Ainsi, 8 ans après premier album 'Fear is On Our Side', voilà le retour du quatuor. Dans la droite lignée de son premier album. Post-punk toujours élégant, aux compositions entre gris clair et sombre obscur. Et avec toujours la même grâce.






42. Current 93 - I Am the Last of All the Field That Fell (A Channel) [The Spheres]
A l'instar de Michael Gira, David Tibet continue sa carrière avec grandeur et sans décadence. Auteur ces dernières années d'albums somptueux l'ayant remis en selle (voir ici ou ), David Tibet, ses Current 93 et sa pelletée d'invités (de Nick Cave à John Zorn en passant par James Blacksaw et Antony Hegarty d'Anthony and The Johnsons), remetten le couvert pour une nouvelle descente poétique dans les noirceurs de l'âme, avec de longues chansons (une moyenne de 6 minutes) avec le piano toujours et évidemment en pièce centrale. Sombrement beau.



41. Arandel - Solarispellis [InFiné]
Petit prodige français de l'électro mais très discret, on ne sait pas qui est Arandel. Mais ceci importe peu. Car 4 ans après un 'In D' envoutant, le voilà de retour, toujours chez InFiné, pour un hommage aux années 70.
Comme pour le précédent album, Arandel se donne une grande ambition : n'utiliser que des instruments classiques et autres synthés analogiques. Contrainte qui n'en est pas une tant ce nouvel album semble habité. Bien que différent, 'Solarispellis' n'est peut-être pas du niveau d''In D' mais on n'en est toutefois pas très loin.



40. Fear of Men - Loom [Kanine]
Indie-pop qui aime les guitares, Fear of Men est un groupe à côté duquel j'étais passé l'an passé. Rattrapage en 2014 avec 'Loom', deuxième album du quatuor de Brighton, très réussi, sorte de synthèse entre The Magnetic Fields et Broadcast sur beaucoup de titres. Décidément, ces jeunes anglais ont tout pour plaire.



39. Ought - More Than Any Other Day [Constellation]
Premier album pour les canadiens de Ought, et sortie directe chez Constellation, excusez du peu. Pétri d'influence (Talking Heads par ci, The Fall par là), 'More Than Any Other Day' est avant toutes choses un premier album décapant de post-punk aux morceaux longs et travaillés. Et quitte à faire une analogie bêtasse, je dirais que Ought est l'alter-ego post-punk de Clap Your Hands Say Yeah (évidemment, la voix y est pour beaucoup, mais quand même).



38. Avi Buffalo - At Best Cuckold [Sub Pop]
En 10 chansons (et 36 mns), Avi Buffalo fait sur son deuxième album 'At Best Cuckold' une belle revue de la pop actuelle ou tout au moins récente : du Death Cab for Cutie par-ci, du Elenaor Friedberger par là, et du Sufjan Stevens au milieu de tout cela (évident Overwhelmed with Pride). Le tout avec quelques élans hero-rock (Oxygen Tank, Memories of You) pas désagréables, mais surtout piano, cordes et cette belle voix, très haute et qui caresse les compositions. Joli classique de 2014.



37. Champs - Down Like Gold [PIAS]
Originaire de l'île de Wight où Dylan is Dylan et che Viva Donovan, les frères Champion (d'où le Champs) font dans la pop joliment ouvragée sans pour autant négliger quelques passages plus fok. Leur premier album 'Down Like Gold' est un beau premier jet qui devrait plaire à tous les amoureux de belle pop. Mieux, les deux frangins semblent être des rapides : leur prochain album est prévu pour dans quelques semaines.



36. Shellac - Dude Incredible [Touch & Go]
Sixième album pour le groupe de Steve Albini, Bob Weston et Todd Trainer. Et il aura fallu attendre 7 ans. Il faut dire que les Shellac prennent leur temps et surtout n'ont pas vraiment de plan de carrière arrêté et décident d'enregistrer quand l'envie est là. Tant mieux, car à chaque fois, le choc est aussi frontal que délicieux. Shellac ne change pas son fusil d'épaule. Et pond là un disque plus math rock que jamais, évidemment produit au cordeau.



35. MONO - The Last Dawn / Rays Of Darkness [Pelagic]
Difficile de dissocier ces deux albums - parus simultanément - de MONO, les 8è et 9è des japonais. Difficile car ils ne font véritablement qu'un. Que ce soit sur 'The Last Dawn' ou 'Rays of Darkness', pourtant présentés comme le yin et le yang, tout n'est que noirceur et mélancolie, comme toujours avec MONO, avec guitares aux riffs rageurs, fûts martelés avec précision et force, et même voix caverneuse. Mais les japonais savent s'adonner aussi au calme, certes sans volupté, avec des passages très Godspeed You ! Black Emperor (magnifique Surrender). Grands crus.



34. Amen Dunes - Love [Sacred Bones]
Damon McMahon (aka Amen Dunes) aura été une de mes découvertes de 2014. Sur son quatrième album 'Love', aidé de quelques Ice Age, Colin Stetson et d'Efrim de Thee Silver Mt. Zion, l'américain égrène ses chansons longues, folk et psychédéliques, lorgnant parfois même sur des titres plus rock. Ajoutez à cela une production pleine d'écho, et vous obtenez un disque obsédant.



33. Gruff Rhys - American Interior [Turnstile]
Existe t-il aujourd'hui un artiste comme Gruff Rhys ? Que ce soit sur cet album (ou l'histoire fantasmée de John Evans parti à la recherche du Prince Madoc, gallois qui aurait découvert l'Amérique 300 ans avant Christophe Collomb) ou sur scène (dans un show drôle, parfois même hilarant, où le gallois est capable de tenir un auditoire avec une simple gratte acoustique et quelques 45-tours), la question se pose clairement. Chapeau Mister Rhys.



32. The Twilight Sad - Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave [Fat Cat]
Le meilleur groupe écossais depuis quelques années confirme qu'il est bien le meilleur groupe écossais depuis quelques années (je ne peux faire plus clair).  Sombre et nerveuse, leur musique l'est toujours autant, se déclinant en guitares rugueuses, batterie martelée avec un rythme implacable et basse métronome. Et non content d'avoir signé un des disques de l'année, ils peuvent se targuer d'avoir le plus bel artwork de 2014. Easy, comme souvent avec eux.



31. Eels - The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett [E Works]
En 1996, comme tout mon lycée, j'étais tombé en pâmoison devant le premier album de Eels, 'Beautiful Freaks', l'album au bébé avec des yeux énormes. J'avais suivi la suite de ses aventures d'un peu plus loin, avant de lâcher progressivement, lassé. Et puis est arrivé cet album, 'The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett'. Un disque d'une douceur et d'une noirceur à ne pas écouter quand le moral est dans les chaussettes. Mais un disque beau. Mais triste, on n'a pas idée.

Comme promis, un lecteur multimédia présentant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. Bonne(s) écoute(s) !


lundi 28 avril 2014

[Track of The Day] Sage Francis - Vonnegut Busy

Quatre années sans nouvelle et le voilà qui débarque à nouveau pour embellir l'été qui s'annonce. "Le", c'est Sage Francis, rappeur barbu au débit dingue, aux paroles prouvant un engagement politique sans faille et aux productions lorgnant allégrement vers le rock et la pop plutôt que vers un hip-hop classique (notre homme ne vient pas de chez Anticon pour rien) : pas pour rien que le meilleur hommage musical rendu à feu Johnny Cash vient de sa plume (en écoute ici).

Son dernier disque en date 'Li(f)e' voyait Sage Francis s'acoquiner avec bons nombre de belles plumes pop, de Califone à Calexico en passant par Yann Tiersen (sublime The Best of Times) et encore Jason Lytle. Emballant sur le papier, le résultat n'était finalement pas à la hauteur, loin de ses précédents albums, dont son chef d’œuvre 'Healthy Distrust' (dont la classe ne se dément pas, même dix ans plus tard).

C'est donc de pied ferme que j'attendais son retour. Et comment vous dire à quel point celui-ci est percutant et me parle énormément. Déjà parce que Sage Francis ouvre Vonnegut Busy, le premier single de 'Copper Gone' (le nouvel album donc qui comprendra notamment des productions d'Alias, de Buck 65 ou Reanimator)  par les mots suivants : « Of all the words of Mice and Men, the saddest are "It might have been" ». Vu que John Steinbeck est mon écrivain préféré et 'Des Souris et des Hommes' un de mes livres de chevet, je ne peux qu'adhérer.

Ensuite parce qu'une fois de plus, son texte est très engagé et parle beaucoup en ces temps de crises infinies où l'on recommence décennie après décennie les mêmes erreurs du passé.

Enfin parce que comme souvent avec Sage Francis, on n'écoute pas une chanson pour rien. Et j'aurais donc appris des choses après quelques recherches (d'avance mes excuses pour le paragraphe suivant à ceux qui connaissent la référence).
Prenons donc le titre, Vonnegut, Busy. Kurt Vonnegut est un écrivain américain contemporain (1922-2007) et pacifiste convaincu. Dans son roman 'Cat's Cradle' (1963), en plus d'écrire la phrase d’ouverture de ce nouveau single de Sage Francis, Kurt Vonnegut crée une religion fictive, le Bokonisme dont le principal précepte est de (je vous le mets en anglais, je n'arrive pas à traduire ça de façon adéquate) « Live by the foma that make you brave and kind and healthy and happy ».
Et « Busy, busy busy » sont des mots que murmurent les bokonistes quand ceux-ci réfléchissent à la complexité et au côté imprévisible de nos vies.

Tout cela pour dire que d'ici juin, il me reste donc à lire 'Cat's Cradle' de Kurt Vonegut, me replonger une nouvelle fois 'Des Souris et des Hommes' de Steinbeck. Pour finalement écouter ce 'Copper Gone' qui promet, mais alors beaucoup.

Album : Copper Gone
Année : 2014
Label : Strange Famous Records

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Vonnegut Busy de Sage Francis est en écoute également sur le soundcloud de Strange Famous Records :



Ce même Vonnegut Busy, mais cette fois avec les paroles. Et vu que Sage Francis a un débit très difficile à suivre et des références dans tous les sens, c'est plutôt pratique :



Pour finir, un deuxième extrait de 'Copper Gone'. Une version live enregistrée chez Daytrotter. Ce disque est définitivement sur de bons rails :


mercredi 25 septembre 2013

[Track of The Day] Agnes Obel - Fuel to Fire

Des fois, on passe à côté d'artistes dont on nous dit le plus grand bien. On se promet de les écouter, on a l'album dans un coin de son ordinateur, dans un coin de spotify. Parfois même, on a acheté l'album, les yeux fermés.
Et puis non. Malgré les relances incessantes d'amis pourtant bien informés, pour une inexplicable raison, on laisse courir, on écoute autre chose, on (se) trouve des excuses. La peur d'être déçu peut-être.

En écoutant ce soir, par le plus grand des hasards, Fuel to Fire d'Agnes Obel, deuxième extrait de son nouvel album à venir, j'ai enfin sauté le pas, sans le savoir ni le vouloir.
Et j'ai compris mon erreur d'avoir tant attendu, tant repoussé l'écoute des chansons de cette danoise qui semble avoir un talent fou. C'est tellement tout ce que j'aime : une belle voix, des arrangements soyeux, une prédominance du piano, des mélodies travaillées et qui font mouche. Une sorte de mélange entre Dear Reader et Yann Tiersen, auxquels on aurait ajouté quelques orchestrations du premier Tom McRae.

Son nouvel album s'appelle 'Aventine', il sort lundi prochain. Je ne sais pas ce que vaut son premier album 'Philharmonics'. Peut-être qu'il ne me plaira pas. Peut-être qu''Aventine' me laissera froid comme la glace. Ou peut-être le contraire. Peut-être.

Mais ce Fuel to Fire est tellement beau, délicat autant que voluptueux qu'il est sûr que dans les heures qui viennent, je vais me jeter dans sa courte discographie ; et à corps perdu. Des fois, c'est bien d'être en retard.

Album : Aventine
Année : 2013
Label : PIAS

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Fuel to Fire, nouvel extrait d''Aventine', est en écoute sur le soundcloud d'Agnes Obel, et ci-dessous :



The Curse, le premier single d''Aventine', est sorti à la fin du mois d'août. Et il est en écoute, toujours sur le soundcloud d'Agnes Obel.  (malheureusement plus en écoute)

The Curse a même un clip. Que voici :


vendredi 20 septembre 2013

[Track of The Day] Mondrian - Let it Schlingo

Après avoir sorti 'Isn't It Fun' l'an passé (toujours à l'écoute et à l'achat ici même !), Mondrian est retourné en studio. Et a livré pendant l'été non pas un mais deux nouveaux Ep. Vu que ceux-ci sont très réussis, il faut en parler. Mais séparément, pour mieux les apprécier.

Commençons donc par 'My Record Collection is Better Than Yours Ep'. Une collection de sept chansons où si l'on reconnaît très bien la patte de Mondrian (Static au hasard), celle-ci évolue. Ainsi, un piano bien mis en avant sur les trois morceaux (sublime Normandy aux airs de Yann Tiersen, magnifique Far Cry et Efforts to Fall), un banjo maître d’œuvre sur Nice as Pie, un mélange des deux sur Let it Schlingo (en écoute aujourd'hui).

Et ce qui ne gâche rien chez les Mondrian, toujours ce goût prononcé pour les beaux artworks. Car celui de 'My Record Collection is Better Than Yours Ep' est une belle réussite dans son genre également.

L'ensemble donne un Ep très lumineux, parcouru tout du long de bien belles mélodies. A vous de succomber (à nouveau ?) aux Mondrian.

Album : My Record Collection is Better Than Yours Ep
Année : 2013
Label : -

Acheter (3€ seulement)



En plus de Let it Schlingo, je vous conseille fortement l'écoute (entre autres) de Normandy (qui ouvre ce 'My Record Collection is Better Than Yours Ep'), son vinyle qui craque et sa mélodie à tomber :




Quant à leur album précédent (le premier) 'Isn't It Fun', il est toujours à l'écoute et à l'achat (33 tours ou digital) ici même.




mercredi 3 octobre 2012

[Track of The Day] Françoiz Breut - Marie-Lise

La vie est parfois injuste, Françoiz Breut en sait quelque-chose. Talent pur français, elle est avant tout connue pour avoir été la compagne de Dominique A.

Et pourtant, elle est plus que cela, évidemment. Certes, c'est Dominique A qui lui mettra le pied à l'étrier, qui l'invitera à poser sa voix sur le célèbre Twenty-Two Bar, qui lui écrira ses deux premiers disques, dont son chef d'oeuvre à elle, 'De 20 à 30 000 jours' (album qui verra se côtoyer, excusez du peu: Dominique A, Jérôme Minière, Katerine, Yann Tiersen, Pierre Bondu, Joey Burns de Calexico ainsi que des membres de Kat Onoma, The Little Rabbits ou Autour de Lucie!). Certes. Mais une voix comme celle-ci n'a besoin de personne d'autre que d'elle-même.

Redécouverte grâce à Pumuckl, grand fan de l'artiste, je viens d'apprendre que Françoiz Breut sort ces jours-ci un nouvel album ('La Chirurgie des Sentiments') et qu'elle en profite pour faire une petite tournée qui a le bon goût de passer par Lyon et L’Épicerie Moderne (le jeudi 4 octobre).

Et 'La Chirurgie des Sentiments' dans tout cela me direz-vous? Un bel album, une nouvelle fois. Parce qu'il y a sa voix un peu trainante, ses textes, des pistes pleines de mélodies, quelques passages lumineux et rêveurs (Cabinet de curiosités) et toujours, il faut bien le dire, ce côté Dominique A dont elle n'arrive pas à se défaire mais qui lui va si bien...

Album: La Chirurgie des Sentiments
Année: 2012
Label: Caramel Beurre Salé


'La Chirurgie des Sentiments' est à l'achat (CD ou LP) sur le site de leur label, Caramel Beurre Salé. Et sans frais de port si vous commandez de France ou de Belgique.

Françoiz Breut, son nouvel album sous le bras, fait une petite tournée en France. Elle sera donc à Lyon le 4 octobre (Épicerie Moderne, 14.7€ en plein tarif (!) réservation ici), le 5 octobre à Nimes (La Paloma), le 23 octobre à Bruxelles (La Rotonde) et le 26 à Paris (Mama Festival).

BXL Bleuette, autre très belle chanson de 'La Chirurgie des Sentiments', est en écoute ci-dessous. (malheureusement plus en écoute)

D'ailleurs, 'La Chirurgie des Sentiments' est en écoute complète sur le soundcloud de Françoiz Breut.

jeudi 29 septembre 2011

Miossec - Chansons Ordinaires [PIAS]

La première fois que j'ai rencontré Miossec (physiquement parlant), je venais de démarrer - le jour même - un stage de plus d'un an chez PIAS. Et le label fêtait dans un bar du IXè arrondissement de Paris la sortie de son nouvel album de l'époque, '1964', mon préféré du brestois.

Je me souviens d'un homme qui, quand je fumais une clope, en fumait deux. Et qui, quand je descendais une bière, avait déjà deux dans le gosier.
Mais ce soir là, j'avais découvert, principalement du coin de l’œil, un Miossec bien loin de l'image que certains aimaient à dépeindre à l'époque de la tournée de 'Brûle' où il avait fait beaucoup parler de lui: un mec sympathique, timide, incroyablement gentil et aussi intéressé qu'intéressant. Et presque gêné de voir tout ce monde présent pour lui.

Deux ans plus tard, je l'avais recroisé à l'After des PIAS Nites, à Bruxelles où Vitalic venait de donner un set d'anthologie (et qui donnera lieu à la première chronique écrite pour ce blog, toujours à lire ici). Moins stressé, moins timide, mais toujours charmant.
Alors qu'un ordinateur de bar passait de la musique inutile, j'avais voulu, un brin aviné que j'étais, discrètement changer la playlist, histoire de mettre plus d'ambiance dans une soirée qui ne demandait que ça. Miossec avait semble t-il eu la même idée. En m'approchant de l'ordinateur il était déjà là.
Il m'a demandé ce que je foutais là, je lui ai expliqué ce que je voulais faire, m'a gentiment repoussé en se marrant et en me disant que non c'était lui qui allait s'en charger en mettant truc et machin. Et devant mon insistance m'avait foutu une claque, avant de s'excuser hilare.

J'aurais peut-être du répondre, lui rendre la monnaie de sa pièce. Je suis même sur que ça l'aurait fait marrer encore plus. Mais j'avoue que j'étais aussi estomaqué (une baffe par Miossec!) qu'hilare.

Et puis Miossec quoi! Je le suivais à sur ses premiers albums, je le suivais encore en 2006, je le suis toujours en 2011. Je ne suis pas objectif sur ce mec. J'ai aimé ses chansons d'écorchés vifs, le calme apparent de 'L’Étreinte' (disque éreinté ici et là), la beauté et la douleur qui se dégageaient de '1964' et de la production des Valentins et de Joseph Racaille, ou le très beau 'Finistériens' avec Yann Tiersen.

Christophe Miossec sort ce mois-ci son nouvel album, 'Chansons Ordinaires'. Son huitième. Un disque qui retrouve la fougue et le rock d'antan et oublie majoritairement ses bluettes pop et très arrangées de ses derniers albums qui me touchaient beaucoup mais qui semblent en avoir lassés certains.

'Chansons Ordinaires' est une sorte de mélange entre 'Boire'/'Baiser' et 'Brûle'. On trouvera à redire sur quelques mélodies qu'il nous semble - mais où c'est la question - avoir entendu ici ou là (Chanson Pour un Homme Couvert) ou presque carrément pompée (Chanson Pour Les Amis c'est Wake Up d'Arcade Fire, même si Miossec arrive à faire sienne la mélodie). On pourra revenir sur quelques rimes faciles, mais ça serait oublier que Miossec s'est souvent amusé à ça. On pourra même dire que 'Chansons Ordinaires' n'est pas un album irrésistible.

Mais on dira surtout que ce disque a du coffre, des mélodies nerveuses, de bien belles chansons. Des à déguster sans détour (Chanson du Bon Vieux Temps), d'autres à pleurer (Chanson Qui Laisse Des Traces). Avec toujours cette voix même pas fatiguée par trop d'excès. Et c'est déjà beaucoup. Des artistes comme ça, après 16 ans de carrière, on les compte sur les doigts d'une main. Profitons en. (Sortie: 19 septembre 2011)

(A lire, d'autres chroniques notamment chez Benoit, Blake et Papa)


Site officiel

Deux chansons en écoute. Chanson du Bon Vieux Temps, un des tubes évidents de 'Chansons Ordinaires' et le douloureux Chanson qui laisse des Traces. (malheureusement plus en écoute)
 
A voir aussi, le clip de Chansons Pour Les Amis, à la mélodie qui fait plus que rappeler Arcade Fire, avec Gustave Kervern à la réalisation et, si la génétique ne ment pas, papa Miossec en guest-star:




Pour finir, l'EPK d'avant-album qui présente Chanson d'un Fait Divers :



vendredi 9 avril 2010

[Track of The Day] Sage Francis - Slow Man

Sage Francis, le rappeur le plus engagé qui soit et au flow incroyable est de retour!

Notre gros barbu quitte Epitath pour se retrouver chez ANTI-. Et pour son nouvel album, 'Li(f)e', monte autour de lui un roster qui fait saliver. Jugez plutôt: Califone, Jason Lytle (feu Grandaddy), Chris Walla (Death Cab for Cutie), Tim Fite, des membres de Calexico, de DeVotchKa, ainsi que Buck 65 et même Yann Tiersen (!). Ses productions passées étaient plus hip-pop qu'hip-hop mais là, Sage Francis fait fort!

Cerise sur le gâteau de ce nouvel album produit par Brian Deck (l'homme derrière des albums comme 'The Moon and Antarctica' de Modest Mouse ou de 'Our Endless Numbered Days' d'Iron & Wine) , on pourra y retrouver une (la dernière?) contribution musicale de Mark Linkous. Au chant ou à l'écriture d'une chanson, cela sera à confirmer.

Histoire d'emballer le tout proprement, Sage Francis convie Shepard Fairey, et le graphiste derrière le "HOPE" d'Obama fait du rappeur une icône christique.

Pour l'instant, un seul morceau est en écoute: Slow Man. Ce titre a été composé par Calexico et enregistré par Califone. Et c'est un pur bonheur. Un Sage Francis calme, tout apaisé qu'il est par le rythme langoureux et l'ambiance chaude du sud qui se dégage de Slow Man.

En tout cas, voilà une sacrée entrée en matière pour un album qui s'annonce alléchant. Réponse le 11 mai prochain. 

Album: Li(f)e 
Année: 2010 
Label: ANTI- 

Slow Man, premier extrait de 'Li(f)e' est en téléchargement légal et gratuit sur le site officiel de Sage Francis ici même.

Et comme il sait faire les choses bien le père Francis, il donne même les paroles de ce Slow Man (cliquez ici).

mercredi 19 novembre 2008

[Track of The Day] Yann Tiersen - Tabarly

Il faut bien avouer que Yann Tiersen, dans le petit monde torturé du fan de musique indé, ne fait pas toujours l'unanimité. Surtout depuis le succès de sa BO d''Amélie Poulain'. Posture plus qu'avis objectif certes, mais en tout les cas bien imbécile.
Car ce type là, qui a peut-être pris à droite, sûrement à gauche aussi, possède tout de même un talent de compositeur assez exceptionnel. Sa dernière œuvre en date parle de la mer et d'un homme, Eric Tabarly. Écrits pour un documentaire consacré au marin disparu, ces 15 titres, en grande partie basés sur le piano, sont un ensemble délicieux et extrêmement délicat. Morceaux sur le fil, touchants à chaque effleurement de note, à faire chavirer les âmes. Exemple avec Tabarly, le titre qui ouvre l'album.

Album: Tabarly
Année: 2008
Label: EMI

vendredi 28 décembre 2007

Top 50 'Albums 2007': 31-50

Et pour finir, le traditionnel top album. Un top 50 totalement subjectif. Une bien belle année que 2007 avec de grandes découvertes, des confirmations mais aussi de bonnes déceptions avec pas mal de disque écrasé par des titres immenses (Tunng, The National, Modest Mouse, ce genre de trucs). Peut-être pas du niveau de 2003 (référence pour moi, des chef d'oeuvre dans tous les coins) voire 2004. Et encore, à bien y regarder... Histoire de faire les choses bien et vu qu'un top album sans son n'a pas grand intérêt, vous trouverez au-bas de ce post un lecteur deezer compilant 20 titres des disques concernés (un par groupe).

Nb: Vu que Blogger me fait des misères et qu'il accepte pas un post long de cinquante disques, je vais couper ça en trois. Déjà 1) ça sera plus lisible, 2) moins lourd et 3) ça m'évitera de m'arracher les cheveux comme ce midi.

Bref, Top 50 donc. Et on commence par les albums 50 à 31.



50. Souvaris – A Hat [Gringo Records]
Un premier opus déjà post-rock mais tourné vers Boards of Canada ou Yo La Tengo, un deuxième qui prend de la testostérone, appelle Sonic Youth, Battles ou Shellac comme âmes d’inspirations et sort la grosse artillerie. Gros boulot et une nouvelle fois, grosse réussite et un des grands albums du genre de 2007. Bisous Simmo.



49. Von Südenfed – Tromatic Reflexxions [Domino]
Une (que dis-je, L’) icône punk et deux souris dj-ettes font dans la rencontre imprévue mais bien venue. Un disque electro-kepon sautillant et bandant, gorgé de tubes jusqu’à la glotte, seule et unique trace physique de la rencontre de Mouse on Mars et de Mark E. Smith, ce dernier, comme à son habitude a, semble t-il déjà mis fin à l’affaire. Pas une vraie surprise. On mettra Fledermaus Can't Get Enough, un des tubes de l’année, faut pas se mentir, à fond en guise de musique funéraire.

48. Over The Rhine – The Trumpet Child [Great Speckled]
Leur précédent album était un disque pop, beau comme tout, éclipsé par la tornade Sufjan Stevens. Leur nouvel opus (celui là donc) lorgne plus vers un côté jazzy et classy, à faire frissonner plus d’un bel homme, aux moustaches savamment taillées et à la descente de Scotch, assez vieux pour commander son propre Scotch, raffinée. Vous sentez cette odeur de cigarette ? Vous entendez ces applaudissements feutrés ? Ben, vous êtes dans un club de jazz des années 30, sous des voûtes. Et vous êtes bien.

47. Dakota Suite – Waiting For The Dawn To Crawl Through And Take Away Your Life [Glitterhouse]
Nouvel album de l'Anglais Dakota Suite, entre folk, cuivres et riffs tendus. Langoureux, mélancolique, triste, froid comme l'hiver et beau comme le printemps. Un disque à faire écouter à un déprimé : c’est souvent dans le tristement beau qu’on trouve une porte de secours.



46. Dntel – Dumb Luck [Sub Pop]
Une casting magique (Conor Oberst, Lali Puna, Jenny Lewis, Fog ou encore Grizzli Bear) et une alchimie non feinte entre sa musique et le chant de ses invités, vraiment à la disposition du maître des lieux : bref, un grand disque d’electro-pop. Reste plus qu’à donner naissance au petit frêre de ‘Give Up’, le premier album des Postal Service.



45. Editors – An End Has a Start [Kitchenware]
Un deuxième album avec du tubes «t’en veux ? t’en as !», des guitares circa-1981 dans tous les sens. Plus inspirés que leurs copains d’Interpol, pas révolutionnaires pour un sou, les Editors sont quand même d’une efficacité fofolle. Tripping.




44. Digitalism - st [Kitsuné]
Les Allemands de Digitalism, à l'instar de leurs compères Parisiens de Justice, rendent hommage (ou pompent sans vergogne, c'est selon) Daft Punk (jamais autant mis à l'honneur depuis la sortie d''Homework') et sortent un disque bandant et qui ferait même danser mamy. Imparable.



43. Laura Veirs – Saltbreakers [Nonesuch]
La mignonnette avec ses chtites lunettes toutes rondes de Seattle revient, avec un bien beau disque de songwriting pop/folk, très inspiré une nouvelle fois, qui mélange plutôt finement pistes langoureuses et intimistes et moments beaucoup plus enlevés, un genre qui lui sied bien . Comme dit Sami, Laura Veirs, elle fait tout le temps le même disque. Mais elle le fait bien.


42. Islaja – Ulual yyy [Fonal]
Troisième album pour la finlandaise, le plus abouti. Un disque tout en finnois, aux ambiances psychédéliques et planantes, au dessus desquelles vole une grande voix. Le genre d’albums dont il est assez difficile de se défaire. Le genre d’artiste à vous donner envie d’apprendre le finlandais, comme ça, entre deux bouchées de saumon.



41. Rand and Holland – Caravans [Spunk]
Un peu de Nick Drake, des touches de Jim O'Rourke, pas mal de Kings of Convenience et de toute la clique nordique qui embellie nos oreilles depuis quelques années déjà. Voyage en caravane en plein cœur d'une americana et d'un folk lumineux. Et sans Hugues Aufray.





40. Hauschka – Room to Expand [Fat Cat]
Si le fils de Max Richter devait faire du piano, il s'appellerait Hauschka. Des pièces entièrement sur cet instrument, tantôt déstructurées, tantôt titillés par quelques mouvements électronique. Histoire d'enfoncer le clou, tout se passe sur 130701, le sous-label de Fat Cat, spécialisé, dira t-on, dans les musiques de chambre et au catalogue parfait. Encore plus avec ce disque. Bondieu c'est beau.


39. Arctic Monkeys – Favourite Worst Nightmare [Domino]
Loin de l’hystérie collective de leur premier album, leur 'Favourite Worst Nightmare' est une bien belle surprise, homogène et moins blindé de tubes comme pouvait l’être 'Whatever People Say I Am, That's What I'm Not'. Moi qui pensais qu’il ramerait avant de trouver une vraie maturité artistique, j’en suis pour mes frais. Excellente surprise.



38. Ez3kiel – Naphtaline [Jarring-Effects]
Le seul groupe intéressant et pas chiant de chez Jarring Effects, et ça même quand ils font du dub et surtout quand ils sont avec DAAU, sort un nouvel album. Sans dub. Avec plein d'ambiances de musique de film et de Yann Tiersen. Un virage très intéressant et passionnant. Quant à l'objet physique, c'est indispensable, comme à chaque fois avec le groupe.



37. Eluvium – Copia [Temporary Residence]
L’an passé, c’est le ‘Harmony In Ultraviolet’ de Tim Hecker qui venait rythmer mes fins de soirées et mes débuts de nuits. Cette année, c’est le beau 'Copia' d’Eluvium qui lui succède. Planant, ambiant, atmosphérique, et minimal, un disque d'une beauté céleste.




36. Robert Wyatt – Comicopera [Domino]
Le grand Robert Wyatt revient un siècle après son dernier album. Il ramène dans sa besace son ambition artistique (toujours rock progressif, un peu de jazz, de la pop plus «basique» aussi), son monde à lui, quelques copains (Brian Eno, Paul Weller, notamment) et sort une bombe magistrale et vibrante. Touchant comme personne le Robert. Et puis avec sa grosse barbe et sa tête de nounours, on lui ferait bien un câlin tiens.

35. !!! – Myth Takes [Warp]
Première rencontre scénique avec votre serviteur en 2007. Résultat ? Une baffe. Nouvel opus dans les oreilles ? La même. Un disque plus concis, mieux maîtrisé que le premier, avec des titres à faire danser le monde entier jusqu’au bout de la nuit, dans tous les coins. Un album d’une efficacité rare. “4 your heart of hearts... yeah... talking bout real love baby...”.


34. Mira Calix – Eyes Against The Sun [Warp]
Entre électronique, minimalisme et expérimental feutré, Mira Calix pond un nouvel album beau… mais beau ! C’est assez incroyable. On y rentre doucement, comme dans une eau bien chaude et on en ressort tout tourneboulé. Mélodiquement, c’est très fort. Classe.




33. Marissa Nadler – Song III: Bird on the Water [Peacefrog]
Nouvel album en forme d'apothéose pour la grande Marissa et émotion à fleur de peau tout au long de cet album. Un disque de folk splendide, mené par une bien belle voix, qui pose quand même la question : comment est-ce possible qu’une voix et une guitare acoustique, à peine embellies par quelques cordes, arrivent à toucher autant et à vous foutre des frissons tout le long de l’échine ?


32. Le Loup - The Throne of the Third Heaven of the Nations' Millennium General Assembly [Hardly' Art]
Rencontre entre Sufjan Stevens, Radical Face et Grizzly Bear. Pop intimiste, folk délicat qui ne veut pas trop en faire de peur, justement, d'en faire trop, banjo, chœurs et canons au programme. Une des très belles découvertes de 2007. Un disque dont on ne se détache pas facilement.


31. Bishop Allen – The Broken String [Dead Oceans]
Voilà un groupe un peu foufou qui, un soir d’hiver 2005, decide qu’en 2006, il sortira un disque par mois. Comme ça. Parce qu’il est d’humeur. De ce pari un peu débile à la base naitront 12 Ep, tous intitulés du nom du mois de leur sortie. Certains des titres presents se retrouvent aujourd’hui sur ce second album, condensé d’indie-pop, variée, à la belle écriture. Il y a quelques hymnes qu’on se surprend à fredonner plus souvent qu’à son tour. Un vrai grand groupe est né. Et avec lui, un vrai bon label. Chouette.


Avant de passer à la suite, un extrait pour chaque album concerné. Dix-neuf dans le lecteur deezer et un seul (car trop lourd pour le logiciel) à part, celui de Souvaris:

free music


Souvaris - The Young Ted Danson