mardi 8 septembre 2009

Sophia – There Are No Goodbyes [The Flower Shop]

En 1979, dans son sketch sur la publicité, Coluche disait la chose suivante:

«Docteur Gicquel il arrive. Toute la misère du monde! Il a dû être mazouté avec les autres oiseaux là-haut hein? Dans les dégazages. Quand y a un avion qui s'écrase dans le monde, c'est sur les pompes à Roger Gicquel! Toujours que des informations épouvantables».

Je sais la comparaison est osée mais Robin Proper-Sheppard, leader de Sophia, c’est un peu la même chose. On dirait que dès qu’une femme quitte un homme, c’est forcément la sienne, que dès qu’une histoire d’amour se termine, c'est obligatoirement pour sa pomme.

Car oui, les chansons du leader de Sophia ne sont pas des plus joyeuses, et qu’il y a à chaque fois un relent de sinistrose mêlée à un doux sentiment de dépression qui flotte dans l’air. D’ailleurs, la phrase d’accueil de son myspace est assez explicite: «Life. Death. And in between we have the desert».

Le dernier album en date – le bien nommé ‘There Are No Goodbyes’ – ne déroge pas à la tradition. Comme depuis ses débuts sous l’appellation Sophia, Robin Proper-Sheppard propose le même genre de disques: des productions aux balades indie-pop-slow-core et aux mélodies travaillées, où il vient narrer ses histoires mélancoliques et dépressives, de cœurs brisés et de rencontres ratées, toujours avec cette même voix et ce timbre qui respire le désespoir.

Et une fois de plus, ça marche ! Reprenant du poil de la bête après un ‘Technology Won’t Save Us’ décevant (mais qui contenait son lot de jolies chansons), Sophia enchante son monde et pond ici quelques unes de ses plus belles compositions (There Are No Goodbyes, Something, Signs). Et s’il n’entraîne pas dans sa chute tout son auditoire, c’est surtout grâce à ses belles mélodies qui, certes, vous arracheraient presque quelques larmes, mais qui sont au final de belles raisons d’y croire encore.

Pas dit qu’on parle énormément de cet album (PommedePin l’avait fait il y a quelques semaines de cela avec talent), pourtant il mérite d’être écouté. Et pas uniquement parce que la mélancolie est un des sentiments les plus communs à nous tous. (sortie: 27 avril 2009)

Son:
Myspace (Trois titres de ‘There Are No Goodbyes’ en écoute)
Site officiel

Deux titres en écoute pour le retour des chroniques du mardi. Le titre éponyme, There Are No Goodbyes, splendide balade déchirante, et un Signs très slow-core-pop (malheureusement plus en écoute).

lundi 7 septembre 2009

[Track of The Day] Bob Dylan - Bob Dylan's 115th Dream

En ce (presque) jour anniversaire d'un blog sans chapeau, une chanson en écoute. Mais pas n'importe laquelle. Une qui me tient particulièrement à cœur puisque le vers qui a donné le nom de ce blog est tiré de celle-ci: Bob Dylan's 115th Dream, chanson totalement hallucinée parue sur 'Bringing It All Back Home', un des chef d'œuvre du Zim.

'Bringing It All Back Home' est l'album de la rupture pour Bob Dylan. Celui où il change de style et s'éloigne du folk qui a fait son succès pour mieux s'engouffrer dans une veine rock qui va lui apporter quelques ennuis avant de rapidement le sublimer. Bob Dylan's 115th Dream est la chanson qui symbolise le mieux cette fracture: alors qu'il est parti pour chanter une nouvelle balade dont il a le secret, sa guitare folk à la main, Dylan éclate de rire au bout de quelques secondes d'enregistrement. Après avoir pleuré de rire avec une Joan Baez aussi hilare que lui (et que l'on entend au loin), le grand Bob balance un "Ok, take 2!", branche l'électricité et envoie la sauce afin de raconter les aventures épiques, burlesques et totalement surréalistes de Captain Arab.

Cette chanson est une de mes chansons préférées de la discographie de Dylan (il y a tout ce que j'aime ici: ces paroles insensées, cette façon de raconter une histoire, ce son si particulier). Voilà pourquoi je m'en suis légèrement inspiré lors de la création de ce blog. Qui fête donc ses deux ans. Et toujours sans chapeau.

Album: Bringing It All Back Home
Année: 1965
Label: Columbia

mercredi 2 septembre 2009

[Track of The Day] The Black Heart Procession - Rats

Autant vous le dire tout de suite (mais vous le savez sans doute déjà), les deux mois qui viennent vont être absolument dantesque niveau sorties d'albums. Je ne vais pas faire un name dropping aussi vain qu'inutile (et j'en ai évoqué quelques uns dans ces pages ces dernières semaines), mais il va y avoir du lourd, du très lourd, à tous les étages et dans tous les styles. Ça promet beaucoup. Avec, en guise de cerise sur le gâteau, la réédition complète - et très réussie selon les dires des chanceux qui ont eu l'opportunité d'y poser les esgourdes - du catalogue Beatles, aussi bien en mono qu'en stéréo (certes à des prix dépassant presque l'entendement).
Dernière nouvelle en date: un nouvel album (le septième) des Black Heart Procession, groupe de San Diego, à la dark pop irrésistible. Et c'est une bonne nouvelle (on n'oublie pas comme ça une chanson du calibre de Things Go On With Mistakes enregistrée en 2004 avec Solbakken ou un album comme 'Amore Del Tropico'). Pour l'instant, un titre est en écoute (et en téléchargement gratuit sur le myspace du groupe), Rats, chanson extrêmement bien produite et qui sonne vraiment. Ils ont fait mieux certes, mais cela semble annoncer quelque chose de grand, après un 'The Spell' qui m'avait personnellement laissé sur ma faim.
The Black Heart Procession
sont de retour: chouette donc. Des rentrées comme ça, j'en veux tous les ans! 

Album: Six 
Année: 2009 
Label: Temporary Residence

mardi 1 septembre 2009

[Track of The Day] The National - Ashamed of the Story I Told (Polaris cover)

Après quelques jours à crapahuter sur les hauteurs savoyardes et être coupé du monde extérieur et du monde musical (et bizarrement ça fait du bien!), après avoir appris à poser du parquet et réussi à me mettre de la peinture entre deux doigts de pieds, retour aux affaires en ce 1er septembre 2009.
Au programme pour cette rentrée, que je vous souhaite la plus belle soit dit en passant, The National, groupe au combien attachant et séduisant avec la pop (peut-être) la plus classe des dernières années. Et même si leur dernier 'Boxer' m'avait bien laissé sur ma faim, plombé qu'il était par un Fake Empire somptueux et écrasant, je reste quand même à l'affut de la moindre des nouveautés que peuvent nous pondre les américains (la preuve ici ou là).
A l'occasion de la sortie de la compilation hommage à Mark Mulcahy 'Ciao My Shining Star: The Songs of Mark Mulcahy' (au casting affolant: Michael Stipe de REM, Thom Yorke, Vic Chesnutt, Josh Rouse, Hayden, j'en passe et pas des moindres, Dinosaur Jr au hasard), fin septembre prochain, The National a repris Ashamed of the Story I Told de Polaris - un des groupes de notre homme. Une plutôt belle réussite, plus sombre et au rythme plus rapide que l'originale (et pas forcément meilleure d'ailleurs), dont le style s'éloigne de 'Boxer' pour mieux retrouver le côté plus brut de 'Alligator'. Toujours très beau, toujours très léché, toujours bien vu. Ce groupe a une classe assez folle. 

Album: Ciao My Shining Star: The Songs of Mark Mulcahy 
Année: 2009 
Label: Shout! Factory