jeudi 8 octobre 2009

Action Dead Mouse - Revenge of Doormats and Coasters [Greed Recordings]

Il est de ces labels pour lesquels je nourris une grande affection. Du genre Rough Trade pour son histoire, Stones Throw pour son intransigeance (et Egon aussi) ou Domino pour sa capacité à se construire années après années un catalogue habile et exemplaire.

Et puis il y a Greed Recordings, label rencontré à l'époque de l'album 'Necessary Alibis' de Moonman. Un disque envoyé. Une écoute. Emballé. Deux écoutes. Subjugué. Trois écoutes. L'impression d'être face à un de ces disques importants qui marquent tous ceux qui ont la chance de l'écouter.

Depuis cet album, je crois que j'ai aimé (euphémisme) tous les albums que le label a sorti. Un seul m'avait peu enthousiasmé: 'Pets and Nerds attack Planet Earth'. Le premier album des Action Dead Mouse.

Or, le second album de ces derniers, c'est la dernière livraison en date de Greed Recordings. J'étais craintif, méfiant. J'ai même remis mes écoutes à plus tard. Histoire de. Comme si je savais par avance que ce disque n'allait pas me plaire.

Il y a une dizaine de jours, j'ai franchi le pas et j'ai écouté l'album. Et depuis, il ne quitte que très rarement mes oreilles. Que ce soit au réveil, au coucher, avant de déjeuner, rien n'y fait: ce 'Revenge of Doormats and Coasters' ne cesse de revenir sur le devant de ma chaîne. Une vraie bonne surprise.

Il faut dire que les Action Dead Mouse, groupe italien originaire de Bologne, n'ont pas fait les choses à moitié, en mêlant plus qu'habilement post-rock et math-rock, en ajoutant des cordes qui donnent un sens subtil à l'ensemble et des cuivres qui rendent le tout encore plus fou (incroyables dernières minutes de Doormats and Coasters). A tel point que l'on croirait entendre Shellac enregistrer avec Thee Silver Mount Zion et tout le tralala.
'Revenge of Doormats and Coasters' est un disque quasiment instrumental (seuls quelques éclats de voix à la ¡Forward Russia! viennent troubler ce déluge sonore), fiévreux, emballant, jamais grandiloquent et toujours acéré, sur le qui-vive, qui ne laisse pas de répit ni à l'auditeur ni aux mélodies pour se reposer sur ses lauriers de riffs, avec changement de rythmes et ruptures inattendues.

Sûrement cérébral - on ne rentre pas dans leur univers comme on rentre dans une chanson pop - mais jamais prétentieux (il faut lire les titres des morceaux pour se rendre compte que le groupe ne se prend pas au sérieux: Tom Cruise Told Me Dan Savio Is Not Dead ou encore Timbaland Vattkoppor (Fuck Oranges, Choose Apples)), les Action Dead Mouse viennent de frapper un grand coup. Un post-math-rock incroyablement addictif dont on reparlera assurément dans quelques semaines. (sortie: 14 septembre 2009)

Son:
Myspace (Deux morceaux de 'Revenge of Doormats and Coasters' en écoute)
Site officiel

Action Dead Mouse ne fait pas les choses à moitié puisqu'ils proposent leur 'Revenge of Doormats and Coasters' en vente pour 10€ tout pile sur leur site officiel ou pour le même prix sur le site de Greed Recordings.

Notons enfin que le toujours indispensable webzine A Découvrir Absolument propose un focus complet sur Greed Recording, avec notamment une excellente interview de Michel Malegeant, le boss du label (à lire ici) ainsi qu'une interview des Action Dead Mouse (c'est là que ça se passe).

Doormats and Coasters, dont la deuxième partie est belle à en pleurer, et un 25 Hours in a Day plein de contrepieds. Voilà les deux titres du jour. A écouter. Fort. (malheureusement plus en écoute)

mercredi 7 octobre 2009

[Track of The Day] Editors - Papillon

Dans la grande bataille du groupe représentant le mieux le revival post-punk/new-wave de cette première décennie de millénaire, et opposant les new-yorkais d'Interpol aux anglais d'Editors, j'ai toujours eu une grande préférence pour les p'tits gars de Birmingham.
La voix de Tom Smith, d'une puissance et d'une noirceur incroyable, qui ne semble jamais vouloir défaillir. Ces compositions moins post-punk qu'indie-rock certes au final, mais tellement addictives. Ces mélodies irrésistibles (écouter Smokers Outside the Hospital Doors et mourir). Et puis ce plaisir incroyable qui ne se dément jamais à l'écoute d'un des deux premiers albums du groupe. Voilà pourquoi j'ai toujours préféré Editors à Interpol, groupe un peu trop prétentieux à mon goût et dont les compositions ne m'ont jamais vraiment touché.
Vous êtes surement déjà au courant mais Editors est de retour. Dans quelques jours même, le 12 octobre prochain. 'In This Light And On This Evening' sera le nom de ce troisième album, qui relève le côté new-wave de ses influences pour mieux minimiser la face post-punk. Un album surprenant (le synthé est omniprésent) mais qui promet beaucoup pour le peu que j'ai pu écouter.
Un premier extrait, Papillon, est déjà de sortie. Et attention: c'est un tube. Et la preuve que ces gens là connaissent l'écriture d'une pop-songs sur le bout des ongles. 

Album: In This Light And On This Evening 
Année: 2009 
Label: Kitchenware

lundi 5 octobre 2009

[Track of The Day] Tunng - Robin (Soy Un Caballo cover)

Hier après-midi, j'étais attablé à la terrasse d'une célèbre péniche lyonnaise, à déguster mon verre, à contempler ce ciel au bleu incroyable, à regarder ces apprentis marcheurs d'un an à peine tomber et repartir comme si de rien n'était. Hier était une belle journée.
De retour chez moi par une nuit bien froide et qui a déjà un côté hivernal, je retombe sur cette reprise de Robin du groupe Soy Un Caballo (qui, jusqu'à il il y a quelques mois, m'était totalement inconnu) par Tunng. Et je me retrouve au bord de l'eau.
Je ne sais pas pourquoi je n'ai pas parlé plus tôt de cette chanson. Peut-être qu'à l'époque, je n'avais besoin de légèreté, de chaude douceur comme celle-ci, ma vie et le temps d'alors me suffisant amplement. Sûrement.
Aujourd'hui, le besoin d'avoir ce Robin dans les oreilles est plus grand. Finalement plus proche de The Accidentals (un side-project de quelques membres) que de Tunng, cette reprise des belges de Soy Un Caballo est un petit délice ensoleillé, plein d'optimisme et enthousiasme. Parfait pour un lundi. 

Album: Robin 7" 
Année: 2009 
Label: Need No Water

On peut acheter ce 7" pour £4 en cliquant ici.

vendredi 2 octobre 2009

[Track of The Day] Boys Noize - Jeffer

Passé totalement inaperçu par chez moi, j'ai appris il y a quelques jours de cela que Boys Noize, dj allemand aux lives héroïques et surpuissants, avait fait son retour à la fin du printemps dernier, avec un nouvel Ep, 'Starter Ep'. Malheureusement, c'est presque une déception. Si si. Et la face-a en est la raison.
Un premier titre, Starter, où Boys Noize tente de changer de style. Et à la manière de SebastiAn qui enregistre son 'Motor Ep', lui semble avoir enregistré ce Starter… au fond de sa baignoire, avec bulles de savons et clapotements. Bizarre, trop facile et finalement pas si efficace, ce morceau déçoit.
Heureusement, il y a une face-b. Et celle-ci est vraiment une belle réussite, où Boys Noize retrouve son touché avec un morceau enlevé et efficace. Jeffer est une lente progression, à la manière de son Don't Believe The Hype de 2007.
On verra ce que donnera son prochain album, à sortir ce mois-ci, 'Power'. Mais on retiendra surtout qu'il ne faut jamais négliger les face-b. Jamais. 

Album: Starter Ep 
Année: 2009 
Label: Boysnoize

jeudi 1 octobre 2009

[Track of The Day] Bombay Bicycle Club - Autumn

Ce 'I Had The Blues But I Shook Them Loose' des Bombay Bicycle Club est un album énervant. Car je ne sais pas vraiment quoi en penser.
D'un côté, il y a cette power-pop eighties, sans véritable temps mort et qui me fait taper du pied; il y a des mélodies bien tournées (Autumn, en écoute aujourd'hui, aurait pu être produit par Hood), des constructions bien pensées et de jolies surprises (l'acoustique The Giantess, qui clôt l'album); il y a le timbre de la voix de Jack Steadman, très marqué années 80 également, un des atouts majeurs de ce disque et/ou groupe.
De l'autre, il y a un côté fadasse général qui ressort de chaque écoute, quelques chansons dispensables, d'autres trop faciles (Magnet, pour ne citer qu'elle) et un ensemble un peu répétitif.
Bref, perdu le -Twist-. Mais j'avoue, qu'au final, malgré les critiques que je peux formuler à l'égard de ce 'I Had The Blues But I Shook Them Loose' (titre tiré d'After Hours, une chanson des A Tribe Called Quest), je replonge régulièrement dans ce premier album des Bombay Bicycle Club, en zappant au final assez peu de chansons. Je dois être totalement schizo. Ou alors ce disque et ce groupe ont quelque chose. 

Album: I Had The Blues But I Shook Them Loose 
Année: 2009 
Label: Island