jeudi 20 septembre 2012

[Track of The Day] St. Augustine - My Father, My Son

C'était vendredi dernier. Pris d'une frénétique envie de Queen après un débat sans fin et inutile sur l'intérêt discographique de la bande à Freddy, voilà que je vais de 'A Day at The Races' en 'The Works' en passant par 'A Kind of Magic' et autres 'Sheer Heart Attack'. Et je tombe sur 'Innuendo', dernier vrai album du groupe pour lequel j'ai une vraie affection. Bref, retour à l'adolescence.

Et dans un moment de partage, je lance sur twitter quelques paroles de la chanson Innuendo. Et le premier à réagir se trouve être St. Augustine, artiste folk de la fratrie clermontoise Kütü Folk.

Quoi? St Augustine? Fan de Queen? Capable d'écrire le solo de guitare d'Innuendo à coups de «tam tagada tamtam tamtamtamtam tagada tamtam tamtamtamtam tagada tamtam tamtamtamtam»? Oui oui. Lui même. Comme il le dit lui-même: «Je suis un fan assumé de Queen depuis mes dix ans! Tu parles à un connaisseur».

A y regarder de plus près, nous sommes donc St Augustine et moi les mêmes. Bon, comme des millions d'autres, mais on s'en fiche des autres là. Par contre, je ne sais pas où personnellement j'ai merdé. Mais c'est une autre histoire.

Parce que lui a plutôt réussi. Deuxième album chez Kütü Folk et deuxième réussite. Plus diversifié, 'Soldiers' voit un St. Augustine ne pas s’appesantir sur son talent et mélanger allégrement rock, folk moderne et synthés le tout avec une production qui hésite presque à devenir lo-fi par moments.

Histoire de bien faire les choses, il termine 'Soldiers' par une balade sombre, nerveuse et électrique My Father, My Son, bijou brut au fade-out vocal qui lui sied à merveille.

St. Augustine a sorti cette année et sans nul doute un très bel album. Et il est sans nul doute aussi un grand fan de Queen. Comme quoi, tous les chemins mènent à Kütü Folk.

Album: Soldiers
Année: 2012
Label: Kütü Folk



Vous pouvez écouter et vous procurer 'Soldiers' de St. Augustine en cliquant ici-même.

En plus de My Father, My Son en écoute ci-contre dans le lecteur Grooveshark tout rouge et ci-dessous via le soundcloud de St. Augustine, Ten Arms, la chanson qui ouvre ce bien beau disque. (malheureusement plus en écoute)

mardi 18 septembre 2012

Max Richter - Recomposed : Vivaldi - The Four Seasons [Deutsche Grammophon]

Hier, dans le cadre de la Biennale de la Danse 2012, j'ai fait mon dépucelage « spectacle de danse ». Au programme: Yo Gee Ti, la nouvelle création de Mourad Merzouki, a priori fameux chorégraphe.
J'espérais - sans trop y croire - entrer dans le trip, apprécier, peut-être un peu vibrer tout en me disant, qu'au pire je n'en avais que pour une heure).

Et j'en suis ressorti sous le choc, totalement subjugué. Dix danseurs (hip-hop et contemporains) dans une mise en scène formidable et un jeu de lumière vraiment impressionnant. Une heure jamais rébarbative, à naviguer entre ombre et lumière.
Et l'ensemble est rythmé par une musique qui m'a semblé être le beau mélange entre le classicisme moderne de Max Richter et les plus beaux moments de cordes de Godspeed (à quelques exceptions près, cela va de soit).

Autre domaine où mon inculture est crasse: le monde de la musique classique. Si je connais quelques grandes œuvres (mais jouées par qui? Conduites comment? Je n'en ai pas la moindre idée), si j'ai écouté quelques symphonies de Beethoven ou de Mahler, quelques opéras de Mozart, j'avoue me perdre assez facilement devant les auteurs majeurs.

Prenons Vivaldi par exemple. Ah ça, pour répondre que l'italien a composé 'Le Quattro Stagioni' au Trivial Pursuit, je suis le premier. Pour savoir exactement comment sonnent ces fameuses 'Quatre Saisons', par contre, c'est une autre histoire.

Max Richter, compositeur et artiste aimé particulièrement dans ces pages, vient de s'offrir une relecture de l’œuvre la plus célèbre de Vivaldi. Livré par la collection Recomposed de Deutsche Grammophon, cet album voit l'allemand reprendre à son compte une partie de l’œuvre, en picorant ici et là mais en gardant la trame principale.

Pour avoir écouté (vous imaginez bien) la partition originale de Vivaldi, celle-ci est très ample, pleine d'emphase, de lyrisme et de rondeur.
'Recomposed By Max Richter: Vivaldi - The Four Seasons' est au contraire, très incisive, dure sur l'homme, plus prégnante. Elle emporte l'auditeur dans un déluge de sentiment plus fort les uns que les autres. Les cordes sont ici saillantes, très expressives et complètement délirantes.

Mieux, Max Richter apporte ici et là quelques touches de minimalisme qu'il maîtrise à merveille pour passer de saisons en saisons et donner une touche très personnelle à l'ensemble.

'Recomposed By Max Richter: Vivaldi - The Four Seasons' court dans mes oreilles depuis une quinzaine de jours. J'ai du écouter cet album, dix, quinze, vingt fois peut-être.
Il irritera sans doute les puristes, mais il est sans nul doute une des plus belles choses que j'ai entendu, sur l'année 2012 cela va de soit, mais sûrement d'encore plus loin.

Entre cet album de Max Richter et le Yo Gee Ti de Mourad Merkouzi, ce mois de septembre est décidément époustouflant. (sortie: 31 août 2012)

Son :
'Recomposed By Max Richter: Vivaldi - The Four Seasons' est en écoute partielle (en gros une cinquantaine de secondes à chaque titre uniquement) sur le site de Deutsche Grammophon.
Site officiel de Max Richter


Le mieux pour apprécier ce 'Recomposed By Max Richter: Vivaldi - The Four Seasons' est quand même d'écouter l'album d'une traite. Mais à défaut de mieux, un titre de chacune des saisons pourraient vous donner envie d'en écouter plus: Spring 2, Summer 1, Autumn 1 et le divin Winter 3 qui termine cet album fabuleux. (malheureusement plus en écoute)

lundi 17 septembre 2012

[Track of The Day] King Creosote - Ankle Shackles

J'ai toujours aimé les longues chansons. Parce que leur équilibre est instable. Parce qu'arriver à tenir l'auditeur pendant 8, 10, 15, 20 mns (voire plus), le tout sur un fil, relève souvent du génie. Et parce qu'une telle chanson a le temps d'avoir une vie propre et de raconter une histoire.

Autant vous dire tout de suite qu'à l'écoute d'Ankle Shackles, le morceau qui ouvre (il fallait oser!) le nouvel Ep de King Creosote, j'ai été servi: 11 minutes et 42 au compteur. Et un petit bonheur qui passe tout seul.

Quelques notes de guitare pour lancer l'affaire, un piano qui vient ensuite mener le tempo, une tension qui monte, bien accompagnée parce quelques cordes déchirantes ; avant que la batterie ne prenne les choses en main. Et, au-dessus de tout cela et surfant sur la mélodie, la voix si reconnaissable de Kenny Anderson aka King Creosote.

Certains se diront que 12mns, c'est long; et qu'on peut en faire des choses en 12mns. Mais il faut prendre le temps et se plonger dedans.
Car Ankle Shackles est une chanson magistrale, dont le seul défaut est d'écraser le reste de l'Ep. Une suite plus traditionnelle, moins passionnante, sans mélodie vraiment accrocheuse. Comme si King Creosote avait tout mis dans cette dernière chanson. Et y était arrivé.

Album: To Deal With Things
Année: 2012
Label: Domino



Ankle Shackles est également en écoute sur le soundcloud de Domino et de King Creosote, et ci-dessous. (malheureusement plus en écoute)


vendredi 14 septembre 2012

[Track of The Day] Ultraísta - Smalltalk (Four Tet Remix)

'Ok Computer'. Il aura suffit d'un album pour que Nigel Godrich devienne un producteur émérite et reconnu comme tel. En produisant le disque le plus célèbre de Radiohead, Godrich s'ouvrait les portes de la gloire.

Sauf que depuis, je trouve qu'il n'y pas de producteurs plus surestimés. Toujours les mêmes tics, toujours les mêmes recettes, les mêmes ambiances (le plus célèbre étant le 'Regeneration' de The Divine Comedy) et rapidement un - fade - ennui.

Perdu de vue depuis longtemps (j'essaie autant que faire se peut d'éviter ses productions), Godrich a monté un groupe avec Joey Waronker (batteur et/ou producteur de, au choix, Beck, R.E.M, Eels, Lisa Germano et quelques autres) et Laura Bettison, du nom d'Ultraísta ; et sortira début octobre son premier album - du même nom.

Avant même la sortie du disque, Four Tet s'occupe déjà de son cas en remixant Smalltalk, premier single de Ultraísta. Smalltalk, dans sa version première, est une chanson honnête mais qui manque un peu de coffre. Four Tet embellit la chose en se concentrant sur la voix de Laura Bettison.

En la plaçant au-dessus de tout, il la met bien plus en avant (quand il ne la duplique pas) que sur l'originale, augmente la reverb. De là, il garde la ligne mélodique générale mais lui donne un côté plus lumineux, y ajoute du mordant et un beat rapide et plus marqué.

En 6 minutes, l'affaire est conclue de façon lumineuse. Et Four Tet prouve que lorsqu'il s'agit de remixer des titres portés par des voix féminines, il n'a pas son pareil (le remix de Breathe Me de Sia, pour ne pas le nommer). Godrich peut se remettre au travail.

Album: Ultraísta
Année: 2012
Label: Temporary Residence



Ce Smalltalk (Four Tet Remix) est également en écoute sur le soundcloud de Ultraísta. Et ci-dessous. (malheureusement plus en écoute)

Et Smalltalk, dans sa version originale, est à écouter ou découvrir ici, toujours chez Ultraísta. (malheureusement plus en écoute)

jeudi 13 septembre 2012

[Track of The Day] The Album Leaf - Under The Night

C'était en 2004. The Album Leaf venaient de sortir 'In a Safe Place'. Je ne connaissais pas du tout le groupe. Quelqu'un l'avait mis dans la chaîne du bureau, comme ça, pour voir, et j'étais tombé sous le charme. C'était en fin d'après-midi.

Quelques heures plus tard, je me souviens qu'en sortant, j'avais décliné le traditionnel combo « chips-caouettes-bière-et-la-3è-est-offerte» pour passer vite fait acheter l'album au premier supermarché culturel venu. Je l'avais écouté, j'avais encore plus aimé. Puis, j'avais délaissé ce 'In a Safe Place' pour passer à d'autres disques, toujours plus (beaucoup trop?) nombreux.

A la sortie d'un énième déménagement quelques années plus tard, j'avais ressorti cet album de The Album Leaf des cartons. Prêt à vibrer comme en 2004. Et puis... non. ... pschitt... rien. Beaucoup de vide, des mélodies inexistantes et - cerise sur le gâteau - un système anti-copie rebutant autant que ridicule. Bref, beaucoup d’esbroufe pour pas grand chose.

Vous comprendrez ainsi que la sortie d'un nouvel effort (un Ep pour le coup) de la bande de San Diego ne me met pas vraiment les sens en émoi. Mais celui-ci m'est tombé dans les mains. Et vu sa durée (35 mns. Et qu'est ce que 35 mns dans la vie ma bonne dame?), j'ai pris le temps de l'écouter.

Comme prévu, rien d'affolant dans 'Forward/Return'. Une musique d'ambiance plus que des chansons, un ensemble ronronnant; rien de scandaleux pour ainsi dire, rien de fondamentalement mauvais même mais pas grand chose de réellement passionnant.

Mais (car il y a toujours un mais), il faut écouter 'Forward/Return' au moins pour une chose: Under The Night. Seul morceau chanté du disque, cette chanson et sa lente mais inévitable montée est simplement et joliment construite, mélancolique à souhait et aux arrivées de cordes et de cuivres (certes discrets) qui me mettraient presque des frissons.
Under The Night vient en tout cas de me faire la journée d'hier. Et sûrement celle qui vient.

Album: Forward/Return
Année: 2012
Label: self-released