mercredi 8 novembre 2017

[Track of The Day] METZ - Drained Lake

‘Strange Peace’. Oui, une paix étrange. Car il n’y a toujours rien de paisible dans la musique de METZ ; ce n’est pas ce troisième album qui changera la donne.

Pour autant, si METZ reste METZ, reste dans un noise-rock qu’il ne laisse jamais reposer, si les guitares sont toujours aussi aiguisées et martyrisées, si le chant est toujours aussi punk, et si la virulence du trio de Toronto est toujours aussi forte, il semble y avoir quelque-chose qui a changé. Un je ne sais quoi dans la production peut-être, cette fois confiée à Steve Albini.

Comme si METZ changeait de braquet. Pour autant, la mise en lumière plus forte de leurs mélodies et un ensemble sans doute plus accessible que les deux premiers disques, sans pour autant que le groupe se fourvoie d’une quelconque manière, rend l’ensemble euphorisant.

De toutes les chansons de ‘Strange Peace’, Drained Lake (en écoute aujourd'hui) est sans doute la plus percutante. Rappelant mélodiquement Wasted (sortie sur leur premier album), elle débaroule en force portée par une basse étouffante et une batterie millimétrée, rendant l’ensemble quasi-martial. METZ que de roca !

Album : Strange Peace
Année : 2017
Label : Sub Pop

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En plus des playlists Spotify et Deezer, Drained Lake de METZ est également en écoute ci-dessous :



Autre chanson tirée de ce ‘Strange Peace’ de METZ, voilà Raw Materials, qui clôt l'album par ailleurs :



lundi 6 novembre 2017

Satellite Jockey - Modern Life vol.1 [Another Record / AB Records / Montagne Sacrée Records / Pop Club]

Dans la série « nos lyonnais ont du talent », laissez-moi présenter pour ceux qui ne les connaîtraient pas Satellite Jockey, sextet pop originaire d'Annecy mais depuis installé à Lyon.

Moins influencé par Blur que ce que pourrait faire croire son titre, 'Modern Life vol. 1' joue plutôt dans la cour d'une pop ouvragée des années 60. Mais pas que. Car les Satellite Jockey ne se limitent pas à une relecture de quelques inspirations classiques de cette époque là. Il y a de tout dans ce ‘Modern Life vol.1’ : du Beatles évidemment, du Love d'Arthur Lee assurément, du Elliott Smith forcément, mais aussi The Thrills et pas mal de Sleepy Jackson (Copernicus la chanson qui ouvre l’album aurait très bien pu trouver sa place sur 'Lovers', le premier des deux albums des australiens).

Composé de 11 titres, 'Modern Life vol.' est construit en deux parties. Une première très enlevée, qui s'achève sur un Long is the Road aux guitares volontiers solistes, avant un Opacity à tiroir, s'ouvrant sur un folk racé et lumineux, avant qu'une fin en forme de reggae futuriste prenne le relai ; pour mieux le passer à des chansons plus calmes et pas moins belles, où le mélange des voix qui se répondent fait merveille.

Très joliment produit, 'Modern Life vol.' des Satellite Jockey se distingue surtout par sa capacité à faire intervenir beaucoup d'instruments, avec une si grande justesse. Au-delà des classiques guitare/basse/batterie, le groupe amène avec lui trombone, contrebasse, sitar, clavecin et autre erhu (instrument traditionnel chinois), pour ne citer qu'eux. Et le résultat sonne merveilleusement bien : il suffit d'écouter l'arrivée de la trompette sur Long is the Road ou le clavecin en maître d’œuvre sur Modern Life (qui n'est pas sans rappeler le 'First' des Bee Gees) pour s'en convaincre.

Disséminant clin d’œils sixties ici et là (on ne me fera pas croire que l’aboiement du chien sur You Hide From Love, que faire sonner la sitar comme sur The Ones You Dares ou balancer un « hare krishna » sur Inside est totalement fortuit), chantant dans un anglais ne sonnant pas français pour un sou, intégrant un peu de bossa sur ~~~~~ (oui, elle s'appelle comme cela) et s'entêtant à faire progresser leurs chansons sans jamais s’appesantir sur une simple mélodie, aussi efficace soit-elle, les Satellite Jockey sortent là un disque pop classieuse, de grande qualité, qui aurait sans doute fait plus de bruit s'il avait eu l'étiquette « Canada » ou « Brooklyn » accolée sur sa bio.

Si l'on s'attache au titre 'Modern Life vol.1', ce nouvel album des Satellite Jockey est donc appelé à avoir une suite. Et vu comme ce disque m'obsède depuis 6 mois, c'est plutôt une excellente nouvelle. (Sortie : 21 avril 2017)

Plus :
‘Modern Life vol.1’ de Satellite Jockey est en écoute intégrale sur leur bandcamp
‘Modern Life vol.1’ de Satellite Jockey est à l’achat sur leur bandcamp
‘Modern Life vol.1’ de Satellite Jockey est également en écoute sur Deezer et sur Spotify (notamment)
‘Modern Life vol.1’ de Satellite Jockey est enfin à l'achat sur chacun des quatre labels impliqués dans cet album : Another Record, ABRecords, Montagne Sacrée Records et Le Pop Club Records.

Trois titres de ce 'Modern Life vol.1' de Satellite Jockey. Commençons par Long is the Road (également en écoute dans les playlists Spotify et Deezer dans la colonne de gauche de ce blog). Enchaînons par Modern Life, magnifique conclusion de l'album. Et finissons avec United Nations et son côté Love :





Pour conclure, soyons fous, voilà les trois clips de 'Modern Life vol.1' de Satellite Jockey : celui de Copernicus (qui ouvre le disque), Opacity (la chanson pivot) et le tout dernier en date, Misery :





vendredi 3 novembre 2017

Man at War - I'm A Rainbow, A Promise of God's Care [-]

Comme quoi les belles découvertes ne tiennent pas à grand-chose. Alors que j’étais il y a quelques mois à la recherche d’informations sur Gregory and The Hawk, beau projet de Meredith Godreau dont j’avais apprécié les quelques albums qui étaient arrivés jusqu’à mes oreilles, j’étais tombé sur Fabric of Time, une chanson qu’elle partageait avec un certain Man at War. D’ailleurs, la chanson était de lui.

Le temps de remonter rapidement le fil, je découvre l’Ep dont est tiré cette chanson : ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’. Un disque de six titres, dont la beauté m'aura, en moins d'une écoute, donné envie d'en savoir plus.

Man at War n’est pas un groupe mais un projet solo, celui de Ryan Rebo, un jeune homme né à Seattle, qui a vécu une partie de sa vie dans le Montana et qui est désormais installé à Portland. Après avoir passé quelques années à sortir quelques disques sous son vrai nom, (un Ep par ci, un album par là, quelques singles au milieu), Ryan Rebo a décidé il y a deux ans de se lancer dans un nouveau projet : Man at War donc.

Et si au départ, son premier Ep 'Número Uno' (2015) est enregistré à plusieurs (et notamment avec l’aide de Meredith Godreau de Gregory and The Hawk), Man at War devient vite un vrai projet solo, où Ryan Rebo joue de tout et se produit tout seul. Et donne naissance à ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep', un vrai disque Do It Yourself, mais qui n’en connaît pas les écueils, et donc auto-produit.

N'y allons pas par quatre chemins : ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ est un disque beau, tout simplement. La musique de Man at War navigue entre pop et folk (avec prédominance de la guitare et du piano), fourmille d’idées et de détails, de mélodies simples mais justes, de jolies productions (celle de Fabric of Time notamment, avec ce piano aussi aérien que plein de reverb) et d'instruments qui se répondent sans cesse. Mieux, Ryan Rebo rend l’ensemble si cohérent qu’on croirait entendre un groupe aguerri et plein d’envie au-dessus duquel planerait sa voix et ses compositions.

Quant aux paroles ? Bien que contenant le mot « God » dans son titre, et bien que porté par une pochette le représentant enfant lors d’un évènement religieux intitulé « Rainbows », les textes de de cet Ep de Man at War n’ont rien de sacré. Ou en tout cas, rien d’explicite.
Ryan Rebo dépeint tout au long des 6 chansons de ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep’ un personnage plein de question, à la recherche de l’amour, un peu désabusé (« Sometimes it gets so hard to believe in anything »I Guess I Showed You), qui s’interroge sur son pays (« “Proud to be an American” No not really, I’m just a citizen », Digital Mind), sur la société actuelle (« I can't say why we run around in little machines surrounded by material things that we don't need », Low Times), qui est avant tout perdu (« All alone and I don’t need to be but now I kinda wanna be alone » sur  On An Empty Street At Night, qui n’est pas sans rappeler le « I was afraid to be alone Now I'm scared that's how id like to be » d’Azure Ray) mais qui n'en oublie pas de distiller quelques références indie du meilleur effet (‘Crooked Rain, Crooked Rain’ de Pavement, ‘Goats Head Soup’ des Stones), le rendant encore plus attachant.

Tirant son nom, non pas de la très belle chanson longtemps restée inédite de Radiohead mais de celle de Daniel Johnston (« Daniel is a major hero of mine » dit-il), publiée sur ‘More Songs of Pain’ en 1983, Man at War est une véritable révélation. Une superbe découverte. Et 'I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep' un disque d'une douceur, d'une subtilité et d'une mélodicité à tomber par terre. Sans conteste une des plus belles choses entendues cette année.

Les américains ne semble pas s’intéresser (encore ?) à son cas (seriously America ?). Et alors qu'il prévoit de sortir son prochain disque au printemps prochain (« I am almost always working on something new », précise-t-il), puisse la France, terre d’asile des artistes américains talentueux et ignorés (entrez ici Jeff Buckley et autres Jude), lui ouvrir ses oreilles et ses bras : Man at War le mérite 1000 fois. (Sortie : 18 avril 2017)

Plus :
‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ de Man at War est en écoute sur sa page bandcamp
‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ de Man at War est à l’achat (en name your price) sur sa même page bandcamp
‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ de Man at War est également en écoute sur Spotify mais malheureusement pas encore sur Deezer

Trois chansons de ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep’ de Man at War en écoute. Le sublime Fabric of Time, en duo avec Gregory and the Hawk (en écoute également dans les playlists Spotify et Deezer dans la colonne de gauche de ce blog). Puis Digital Mind, chanson qui ouvre l'Ep. Et le très beau Low Times pour finir : 





Non présente sur 'I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep', voilà pour finir la reprise de Man at War de Daniel Johnston par Ryan Rebo, enregistrée en 2013. Évidemment, bien moins bancale et plus pop que l'originale, mais très réussie :


jeudi 2 novembre 2017

[Track of The Day] Iron & Wine - Call It Dreaming

Qu’il semble loin le temps où Iron & Wine me faisait vibrer. D'ailleurs, il est loin. La dernière fois, c'était il y a 10 ans pour la sortie de 'The Shepherd's Dog', le troisième de l'aventure de Sam Beam.

Depuis, on sent qu'il a perdu soit le mojo, soit sa besace à mélodies. Il est rentré dans le rang et 'Beast Epic' ne change pas grand chose à la donne.

Un joli disque, mais sans réel coup d'éclats, un peu trop chargé, qui s'étire en longueur (un comble pour un album de 35 mns). Parfois, une fulgurance voit revenir Sam Beam au meilleur de sa forme (Call It Dreaming, en écoute ce jour ou Bitter Truth) avant de retomber dans une sorte de routine ronronnante. Lui qui avait cette vraie marque, ces mélodies qui n'appartenaient qu'à lui, il est devenu avec le temps un chanteur folk sans grande personnalité. Dommage, quand on se souvient des débuts d'Iron & Wine. Ceci dit, le deuil est fait depuis des années déjà, donc...

Album : Beast Epic
Année : 2017
Label : Sub Pop

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En plus des playlists Spotify et Deezer (voir la colonne de gauche de ce blog), Call It Dreaming d’Iron & Wine est également en écoute ci-dessous :


Ne soyons pas chien : autre réussite de ce 'Beast Epic' d'Iron & Wine, voilà Bitter Truth :



Le clip de Call It Dreaming d'Iron & Wine :


mercredi 1 novembre 2017

[Track of The Day] Barbarie Boxon - Ciel Bleu

Découvert il y a quelques semaines de cela via ‘Profession Chanteur’, best-of de Benjamin Schoos, Freaksville est décidément un label épatant. Dernière découverte en date, Barbarie Boxon, un duo à l’activité discographique très réduite.

Créé en 2011 par Barbara Malter-Terrada et Thierry Bodson, désormais groupe (Didier Van Uytvanck et Guillaume Magne ont rejoint le duo), Barbarie Boxon vient de sortir ‘Ciel Bleu Ep’, son deuxième disque… en près de 7 ans d’activité.

Ces jeunes gens prennent leur temps. Leur pop en prend moins pour accrocher l’oreille, dodeliner de la tête et ensorceler l’auditeur de ses rythmes lascifs, pas toujours réguliers, de ses guitares grincantes ((Baiser) la mort) ou de cette basse vraiment belle tout du long.
Piochant ses influences aussi près de Gainsbourg que de Tricatel et Burgalat, Barbarie Boxon est un groupe qui n'aurait pas dépareillé sur le 'Broken Homeland' de Valparaiso ((Baiser) la mort y avait sa place). Et dont Ciel Bleu, en écoute ce jour, a un sacré potentiel.

Album : Ciel Bleu Ep
Année : 2017
Label : Freaksville Records

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En plus des playlists Spotify et Deezer dans la colonne de gauche, Ciel Bleu de Barbarie Boxon est également en écoute ci-dessous.



Autre réussite du ‘Ciel Bleu Ep’ de Barbarie Boxon, voilà (Baiser) la mort :


Pour finir, le clip de Ciel Bleu de Barbarie Boxon :