vendredi 14 septembre 2018

[Track of The Day] Big Red Machine - People Lullaby

Les gens qui ont de la suite dans les idées : au tout début 2009, quand sort 'Dark Was The Night', la compilation la plus impressionnante qui soit compilant des inédits de beaucoup de groupe majeurs de la scène indé (ou non) de l’époque, il y a un titre dont on ne sait pas qu’il nous mènera, neuf ans plus tard, vers le groupe d’aujourd’hui.

La chanson s’appelle alors Big Red Machine, est composée et interprétée par Aaron Dessner (The National) et Justin Vernon (Bon Iver).

Neuf années ont donc passé. Et la suite, que nous attentions pas, vient de voir le jour. Le groupe s’appelle désormais Big Red Machine, et Dessner et Vernon sont toujours à la baguette.

Un disque dont je n’attendais rien (et dont je ne soupçonnais pas un seul instant la sortie) et qui est plutôt une jolie surprise. Du R&B lascif, de la digital soul comme disent certains (et c’est sans doute la meilleure définition), presque froide, dont la voix de Justin Vernon est évidemment un des grands atouts. Le point fort de ce 'Big Red Machine' reste sa force hypnotique et délicate qui rend l’écoute assez addictive et arrive à éluder les quelques défauts du disques (parfois trop longs, pas toujours follement passionnant).

Moins « soul » dans sa dernière partie, le disque se termine par un triptyque de toute beauté, dont People Lullaby est le sommet (en écoute aujourd'hui. Vernon et Dessner y font venir les fantômes de Sigur Ros). Finalement, à l’écoute de 'Big Red Machine', on se demande encore pourquoi Sufjan Stevens n’a pas participé à cette aventure, surtout qu'on sent sa présence sur quelques moments.

Album : Big Red Machine
Année : 2018
Label : PEOPLE / Jagjaguwar

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), People Lullaby de Big Red Machine est également en écoute ci-dessous :


Autre très belle chanson de 'Big Red Machine', voilà la chanson qui suit People Lullaby, bluette pop à la guitare absolument merveilleuse :


mercredi 12 septembre 2018

[Track of The Day] Numb.er - State Lines

Découvert grâce à Mathieu Gandin de Random Songs, qui les a lui même découvert lors de leur prestation en première partie de A Place to Bury Strangers il y a peu (lire ici), Numb.er est sans doute un groupe à écouter et à suivre.

Projet de David Fribourg (si j'en crois ce que j'ai pu rapidement lire sur lui, ancien membre de groupes kraut-rock, mais aussi photographe), mais bien entouré (ils sont cinq musiciens crédités) Numb.er plonge les deux mains, les bras, et finalement le corps tout entier dans un mélange de post-punk, de shoegaze, de cold-wave et de distorsion sombre mais réjouissant.

Aucun des 10 titres de ce 'Goodbye' (le premier album de Numb.er) ne déroge de cette ligne : c'est dark au possible, et la basse est tellement belle, la production et les chansons sont si soignées qu'il serait dommage de passer à côté. En plus, c'est bientôt l'automne. Va falloir penser à se préparer.

Album : Goodbye
Année : 2018
Label : Felte


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), State Lines de Numb.er est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson très réussie de ce 'Goodbye' de Numb.er, Numérical Depression :



lundi 10 septembre 2018

Deafheaven - Ordinary Corrupt Human Love [ANTI-]

Il y a des chansons qui vous font prendre conscience de la force d’un disque. Oh, pas celles qui sont tellement au-dessus qu’elles écrasent le reste des compositions. Non, celles qui subjuguent, celles qui ont ce petit quelque-chose un plus, un rien, ce moment où tout bascule, et qui font passer un album de « réussi » à « mémorable ».

Canary Yellow est de celles-ci. Elle se trouve sur le dernier album de Deafheaven, quatuor de San Francisco, auteur en 2013 de 'Sunbather', disque absolument fascinant, incroyable maelström musical de post-rock, guitares shoegaze, black métal et voix d’outre-tombe.

Canary Yellow est le troisième morceau de 'Ordinary Corrupt Human Love' et le plus long de ce quatrième effort de Deafheaven. C’est surtout une chanson en trois temps. Un début post-rock avec une lente montée progressive qui amène à un déferlement de guitares et de hurlements. Et puis arrive cette huitième minute. La fureur se calme sur quelques accords de guitares ; ce sont ces accords là qui font passer la chanson - et donc l’album - dans une autre dimension. Car si le feu des guitares et le martèlement de la batterie reprennent de plus belle, la mélodie, elle, reste et va mener les 4 dernières minutes à la baguette. Mieux, sur la fin, Deafheaven rajoute encore des couches de guitares, augmente la puissance du son et amène des chœurs inattendus et à faire frissonner d’émoi. Et quand les dernières notes de guitares s’évanouissent, le choc est total. Canary Yellow est sans doute la chanson de l'année. Une sorte de The Pecan Tree mais puissance 10.

C’est donc cette deuxième partie qui envoie 'Ordinary Corrupt Human Love' parmi le sommet des disques écoutés ces derniers temps - et par « derniers temps » je ne parle pas de quelques semaines ou de quelques mois. Car le reste est au même niveau que Canary Yellow. Sans doute plus facile d’accès que ses prédécesseurs, il tranche avec le reste de la discographie de Deafheaven. Post-rock, black-metal, hard-rock, presque prog par moments, limite pop (You Without End qui ouvre notre affaire ou Night People pour un duo avec Chelsea Wolfe tout en retenue) et toujours avec ce « chant » guttural et hurlé, 'Ordinary Corrupt Human Love' est surtout un album clair-obscur incroyablement mélodieux, à la puissance époustouflante. Jamais guitares et hurlements n’auront été aussi lumineux et mélancoliques. (Sortie : 13 juillet 2018)

Plus :
'Ordinary Corrupt Human Love' de Deafheaven est en écoute sur leur bandcamp
'Ordinary Corrupt Human Love' de Deafheaven est à l’achat sur leur bandcamp
'Ordinary Corrupt Human Love' de Deafheaven est en écoute (notamment) chez Deezer et Spotify
Si vous ne deviez lire qu'une seule chronique de 'Ordinary Corrupt Human Love' de Deafheaven, celle de pitchfork est particulièrement conseillée

Trois titres en écoute de 'Ordinary Corrupt Human Love' de Deafheaven, et pas les plus courts évidemment. Forcément, à tout seigneur tout honneur, Canary Yellow et ses 12'17" est essentielle. You Without End, presque pop, est une très belle porte d'entrée pour un album comme celui-ci. Et tant qu'à faire, finissons par Worthless Animal, la chanson qui clôt le disque :




Et pour finir, voilà le clip de Night People, sans doute la chanson la plus calme jamais enregistrée par Deafheaven, et, ce qui ne gâche rien, avec la participation de Chelsea Wolfe. Et premier single de 'Ordinary Corrupt Human Love' :



jeudi 6 septembre 2018

[Track of The Day] Liars - Murdrum

Et Liars devint un projet solo. C’était l'an passé quand Angus Andrew, tête pensante du groupe, continuait sans ses derniers acolytes pour lancer 'TFCF', très beau disque, totalement à l'opposé de sa pochette grotesque, qui semble parodier un groupe nu-métal qui se serait mis au gangsta-rap.

Quatorze mois plus tard, il revient avec un nouvel album, toujours seul, et prêt à poursuivre la jusque-là très réussie discographie de Liars. Car oui, sorti de la quadrette d’albums merveilleuse ('They Threw Us All in a Trench and Stuck a Monument on Top', 'They Were Wrong, So We Drowned', 'Drum’s Not Dead' et 'Liars') sortie pendant les années 2000 et faisant du groupe une référence incontournable de la première décennie du siècle, Liars a continué à sortir des albums, toujours différents, souvent culottés, continuellement ambitieux et jamais ennuyeux.

Le premier extrait de 'Titles With The World Fountain' prouve en tout cas que Liars en a encore sous le pied, mais s’il est seul. Très entêtant, avec ce jeu de batterie hypnotique, Murdrum est une chanson en tous points remarquables. Ce groupe n'est décidément pas fait pour la médiocrité.

Album : Titles With The World Fountain
Année : 2018
Label : Mute

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Murdrum de Liars est également en écoute ci-dessous :




mercredi 5 septembre 2018

[Track of The Day] Smokescreens - The Lost Song

Slumberland a une ligne de conduite musicale et s’y tient. Prenez Smokescreens, quatuor de Los Angeles, composé notamment de Corey Cunningham de Terry Malts, groupe dont il avait été question il y a quelques mois ici. Il est exactement un groupe que sans le savoir on peut estampillé Slumberland.

Est-ce une critique ? Bien au contraire, qui plus est quand on est capable de sortir un second album aussi solide que ce 'Used to Yesterday'. Un disque de pop à guitares qui s'échappe de la masse du genre par la qualité de son écriture, de ses guitares, sa basse et de ses mélodies sur lesquelles il serait insultant de ne pas se déhancher.

Court (27 mns), ne cédant jamais à la facilité, merveilleusement produit (laissée aux bons soins de Kyle Mullarky des Allah-lahs), la production est franchement remarquable), 'Used to Yesterday' (orné d'une pochette en forme de négatif du 'The Queen is Dead' des Smiths) est de très haute tenue et fera sans nul doute parti du haut de mon panier de cette cuvée 2018. Le genre de disque, en cette époque où les albums disparaissent des mémoires aussi vite qu'ils y sont arrivés avec une production toujours plus grande (et j'ai bien conscience de participer à cela dans ces pages en multipliant les posts), qu'on ressortira de notre discothèque tout en se demandant à chaque fois pourquoi on ne l'écoute pas plus souvent.

Album : Used To Yesterday
Année : 2018
Label : Slumberland

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Lost Song de Smokescreens est également en écoute ci-dessous :



La preuve que les Smokescreens savent aussi composer des balades, avec Falling Down, chanson qui conclut ce 'Used to Yesterday' :



Pour finir, voilà le clip de Waiting For The Summer de Smokescreens :