On ne les arrête plus. Après l'excellent 'Carnage' en début d'année, voilà que les deux compères de 30 ans remettent déjà le couvert avec la bande originale de 'La Panthère des Neiges', documentaire français de Marie Amiguet et Vincent Munier pour lequel les deux réalisateurs sont partis sur les traces de l'animal sur les hauts
plateaux tibétains, emmenant avec eux Sylvain Tesson ; et en
revenant, à en croire la bande-annonce, avec des images à couper le
souffle de beauté.
Les deux australiens se sont donc occupés de la musique. Et à en croire We Are Not Alone, le premier morceau dévoilé, cela promet d'être du même acabit que les images qu'on nous promet. Une mélodie mélancolique et déchirante, comme souvent avec eux deux, et qui n'est pas sans rappeler la chanson Skeleton Tree.
Album : La Panthère Des Neiges (Original Soundtrack) Année : 2021 Label : Lakeshore Records / Invada Records
Cela faisait quatre ans que je n'avais pas croisé la route des Felice Brothers. Et la dernière fois, c'est lorsqu'il avait officié comme backing band de Conor Oberst sur son 'Salutations' de 2017. Et les retrouvailles sont du genre très réussies pour ainsi dire avec 'From Dreams to Dust', le huitième album du groupe mené par les frères Felice.
Un album enregistré dans une vieille chapelle new-yorkaise désaffectée de la fin du XIXè siècle, entre folk-rock de bon aloi, balades sublimes, et soupçons jazzy du meilleur effet. Un disque de près de 55 minutes dont plus de huit sont consacrées à We Shall Live Again (en écoute aujourd'hui), titre qui clôt l'album de façon majuscule. Une longue mélopée dans un style très dylanien, qui voit s'enchaîner les couplets comme s'évadent les idées et les pensées du narrateur, assis dans un train à voir le monde se déchirer, et où à l'écoute de ces « We shall live again... We shall live again... » répétés comme un mantra l'on croit entendre « Wish I live again ». Une chanson en tous points sublime où se côtoient Proust, François d'Assise, Hegel, Graceland, AC/DC, les plaines de l'Ouest et les montagnes de l’Argentine. Epic comme disent les américains.
Album : From Dreams to Dust Année : 2021 Label : Yep Roc Records
Connaissez-vous la ville de Marfa aux États-Unis ? Siège du comté de Presidio, située tout à l’ouest du Texas, Marfa est une petite bourgade de quelques milliers d’âmes (moins de 2000 au dernier recensement) qui fut fondée à la fin du XIXè siècle initialement pour permettre le ravitaillement en eau des différents trains qui passaient dans le secteur ; et qui est devenue une ville où l’art contemporain y a bonne place. Et notamment le minimalisme.
Il n’est donc pas anodin que Miranda Lambert, Jack Ingram et Jon Randall, acteurs phares de la country music américaine (ou en tout cas, ils semblent l’être), connaissances de longue date et qui ont déjà travaillés ensemble, aient choisi ce lieu précis pour enregistrer leur premier album commun dans le désert environnant de Marfa et qu’ils lui aient donné le nom de 'The Marfa Tapes'. Car eux aussi font ici dans le minimalisme et le dénuement le plus total : deux micros, deux guitares acoustiques et les voix des trois pour chanter par dessus des mélodies qui ne s’en laissent pas compter.
Ici, pas de studio d'enregistrement pour Miranda Lambert, Jack Ingram et Jon Randall. Non. Tout au plus un vieux ranch perdu dans le désert ; un feu de camp avec le soleil qui part s’échouer au fond de la plaine, balançant avec lui quelques magnifiques couleurs chaudes ; ou l’arrière d’un pickup, avec quelques coyotes qui gémissent au loin. Et pas question de retoucher les voix, les notes ou de refaire vingt prises. Les trois compères connaissent leurs chansons, leurs guitares n’ont plus de secret pour eux. Alors ils ont fait très peu de prises pour chacune des quinze chansons qui composent 'The Marfa Tapes'. Sans rien couper de leurs petits ratés, de la voix qui s’amuse le temps de trois mots et d’un sourire qu’on imagine franc, des petites réactions qui concluent chaque morceau.
C’est là toute la force de Miranda Lambert, Jack Ingram et Jon Randall : avoir fait de 'The Marfa Tapes' un disque qui n’est pas retouché, qui ne recherche pas la perfection sonore, qui ne recherche pas le tube. Comme si les trois avaient décidé de revenir aux fondamentaux de la country et de la folk music : une guitare, une mélodie, des voix et des textes qui parlent de la terre, des Hommes, du désert, et d’amour (évidemment). Minimaliste oui. Et tellement ample à la fois.
'The Marfa Tapes' est un album qui est un peu dans l’esprit de 'The Wide, Wide River' de James Yorkston and The Second Hand Orchestra, autre grand disque de 2021 enregistré au débotté, sans savoir vraiment où il va et où l’alchimie est comme innée. A la différence près qu’avec Miranda Lambert, Jack Ingram et Jon Randall, tout est beaucoup moins habillé et bien plus rustique. Mais n’en est pas moins touchant et incroyablement sincère. Le genre d’albums one-shot tombés du ciel, au temps suspendu et touchés par la grâce.Un disque pas corseté pour un sou, qui respire et vit. Comme le dit Miranda Lambert à la toute fin de I Don't Like It : « Beautiful... »(Sortie : 7 mai 2021)
Plus : 'The Marfa Tapes' de Jack Ingram, Miranda Lambert et Jon Randall est à l'achat (en vinyle) ici 'The Marfa Tapes' de Jack Ingram, Miranda Lambert et Jon Randall est, notamment, en écoute chez Spotify et Deezer Le documentaire 'The Marfa Tapes', consacré à cet album de Jack Ingram, Miranda Lambert et Jon Randall, est à voir ici
Trois chansons de 'The Marfa Tapes' de Jack Ingram, Miranda Lambert et Jon Randall en écoute. I Don't Like It pour débuter (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Puis le sublime The Wind's Just Gonna Blow. Et enfin le fun Homegrown Tomatoes :
Trois clips extraits de 'The Marfa Tapes' de Jack Ingram, Miranda Lambert & Jon Randall : Anchor, Tin Man et Am I Right or Amarillo :
'The Marfa Tapes' de Jack Ingram, Miranda Lambert & Jon Randall a également fait l'objet d'un documentaire, dont voici le trailer :
Se donner comme nom de scène Giant Cats dans une époque où les chats sont - encore - un des sujets favoris des internautes relève, si ce n'est de la folie, au moins de la gageure. Mais cela ne semble pas effrayer Matt Williams, américain originaire d'Orange County en Californie et dont 'Giant Cats! Ep' est la première sortie.
Enregistré dans sa chambre et publié chez les écossais d'In Black Records, ce disque compte six morceaux, dont le premier est un remix d'Admlithi de Knock On Koffins, ... la seconde chanson de l'Ep (ce qui n'est pas commun, nous en conviendrons).
Avec une voix sur la tangente, Giant Cats déroule ensuite une indie-pop lo-fi et jangle plutôt séduisante, notamment sur So Far Away (en écoute aujourd'hui), climax de cet Ep, à l'enregistrement frustre, à l'écho dans la voix et au gimmick de guitare pas loin d'être irrésistible.
Album : Giant Cats! Ep Année : 2021 Label : In Black Records
Forcément, Sub Pop allait s'intéresser à eux. C'était presque écrit. Il faut dire que le duo Sweeping Promises avait fort pour un premier album'Hunger for a Way Out'. Composé de Lira Mondal (chant, basse) et Caufield Schnug (guitare, synthé et tout le reste), le duo avait publié un disque de post-punk-art-rock-lo-fi d'une incroyable qualité, catchy à souhait et qui avait été largement salué dans ces pages. Un album dont émergeait notamment Cross Me Out, chanson qui ne demandait rien de moins que de finir dans les oreilles de tout amateur d'indie-rock qui se respecte.
Mais surtout, avec pas moins de neuf (oui 9 !) pressages de 'Hunger for a Way Out', les Sweeping Promises ont fait fort. Rendez-vous compte, plus de 8000 disques vinyles vendus ! Un chiffre colossal pour un label indépendant - fut-il américain.
Les voir sortir un nouveau single chez Sub Pop n'est donc pas une surprise. Et il est tout autant réjouissant de constater que les Sweeping Promises ont la reconnaissance du ventre vu que le morceau est édité en coproduction avec Feel It Records (à eux les États-Unis et le Canada, à Sub Pop le
reste du monde).
Quant à la chanson en elle même, elle s'intitule Pain Without a Touch et reprend peu ou prou là où nous avait laissés 'Hunger For A Way Out'. Orné d'une pochette à la belle iconographie là encore, Pain Without a Touch est un excellent morceau, à la production étouffée, au post-punk sur la jante mais à l'énergie très efficace. Plus que jamais, ces Sweeping Promises iront loin.
Album : - Année : 2021 Label : Feel It Records / Sub Pop