mardi 5 novembre 2024

[Track of The Day] Mount Eerie - I Saw Another Bird

Vendredi 1er novembre, le monde entier n'avait d'yeux et d'oreilles que pour le dernier album de The Cure, 'Song Of A Lost World', leur premier en seize ans. N'étant pas ni un immense fan, ni même un grand connaisseur de The Cure, et mes deux seules écoutes m'ayant laissé sur ma faim, je laisserais les spécialistes évoquer bien mieux que moi ce disque que beaucoup considèrent comme un des meilleurs de la bande à Robert Smith, pour mieux embrayer sur un autre album sorti vendredi dernier : 'Night Palace' de Mount Eerie, le successeur du divin 'Lost Wisdom pt. 2' réalisé en compagnie de Julie Doiron en 2019.

'Night Palace' est un disque fleuve (quatre-vingt une minutes pour vingt-six chansons), dense, à la structure exigeante à passer par tant d'états à la fois (Mount Eerie sait se faire autant discret dans une balade folk que noisy et bruitiste dans l'instant suivant) et dont il est difficile de faire le tour en seulement quelques écoutes (même si les avis à son égard sont plutôt dithyrambiques). Alors plutôt que donner un avis tranché que je n'ai toujours pas, écoutons I Saw Another Bird, la chanson qui ouvre la seconde partie de 'Night Palace'. Un morceau qui dès la première écoute m'a titillé l'oreille, aiguisé ma curiosité et rassasié, malgré sa courte durée, mon désir de guitares lourdes et nerveuses. C'est un - très - bon début.

Album : Night Palace
Année : 2024
Label : P.W. Elverum & Sun

Acheter


En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, I Saw Another Bird de Mount Eerie est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson immédiatement marquante de 'Night Palace' de Mount Eerie, voilà la chanson de clôture I Need New Eyes :

lundi 4 novembre 2024

[Track of The Day] Quivers - Apparition

Derrière le nom curieux de Quivers (enfin curieux, pas tant que ça au final vu qu'il signifie « tremblements » en anglais) se cache un groupe originaire d'Hobart, la capitale de l'état de Tasmanie en Australie, la ville qui se trouve quasiment au confluent des océans Pacifique et Indien. Mais au-delà de toutes ces informations géographiques, Quivers est surtout un quatuor très paritaire vu qu'il est composé de deux femmes (Bella Quinlan à la basse, Holly Thomas à la batterie) et deux hommes (Sam Nicholson à la guitare et aux claviers, Michael Panton, à la guitare également et aux effets).

'Oyster Cuts' est leur quatrième album en six ans et le premier pour Merge Records. Et au contraire d'autres d'Australiens (coucou Girl and Girl), le passage de Quivers sur une si imposante structure est une réussite. Moins jangle ou indie-pop que par le passé (en tout cas comme le laisse croire une écoute très rapide de leurs précédents albums), 'Oyster Cuts' est un disque solide, qui se cherche un peu à partir dans tous les sens et qui, certes, perd de son éclat dans la seconde partie, mais qui a ce que tout amoureux de pop et de guitare peut chercher : des mélodies marquantes, des voix qui participent toutes au chant ou aux chœurs, des gimmicks qui vous rentrent par une oreille pour ne pas en ressortir et quelques chansons qui donnent envie de les fredonner à tue-tête (Pink Smoke, Apparition, en écoute aujourd'hui).

Album : Oyster Cuts
Année : 2024
Label : Merge Records

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Apparition de Quivers est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très recommandable de 'Oyster Cuts' de Quivers, voilà Never Be Lonely :

Le clip d'Apparition, un des singles extraits de 'Oyster Cuts' de Quivers :

vendredi 1 novembre 2024

[Track of The Day] Starcrawler - Learn to Say Goodbye

Pour tout vous dire, je n'avais pas envisagé que Starcrawler soit une telle météorite. Car au sortir de leur (court) premier album, je les voyais exploser. Il faut dire qu'ils avaient beaucoup de choses pour s'envoler, et notamment Arrow de Wilde, jeune chanteuse qui avait le talent, la rage et le look. Pourtant, les californiens sont très vite retombés dans un anonymat quasi total.

Énième preuve de ce silence médiatique autour de Starcrawler, la publication il y a quelques semaines de Learn to Say Goodbye, leur nouveau single qui n'a pas vraiment renversé les foules, si tant est que celles-ci aient eu vent que le groupe venait de sortir une nouvelle chanson. Et c'est dommage car sans être foncièrement renversante, Learn to Say Goodbye est un single efficace, au son plutôt massif, joué à cent à l'heure, toujours avec ce ton énervé autant qu'énergique.

Album : -
Année : 2024
Label : -

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Learn to Say Goodbye de Starcrawler est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Learn to Say Goodbye de Starcrawler :

mercredi 30 octobre 2024

[Track of The Day] Nevala - Honky Tonk

Il se peut que je m'y prenne mal. Que je ne cherche pas au bon endroit. Ou pose les mauvaises questions à Google. Mais c'est un fait assez récurrent : dès qu'il s'agit de groupes scandinaves, il (m') est souvent compliqué de trouver des informations intéressantes les concernant.

Prenez Nevala, quatuor finlandais originaire d'Helsinki. Ses membres ? Oliver Bentley, Emil Inberg, Sakari Soukka et Ossian Stadigh. Sa discographie ? Quelques singles ici et là au début des années 2020. Un album en février 2022, 'Wastelands, Nevala', sorti chez les suédois de Ninetone Records. Et un second le 18 octobre dernier, 'Take Me to the Honky Tonk'.

Le reste ? Pas grand chose, si ce n'est rien. Qui fait quoi dans le groupe ? Impossible de le savoir. Sur quel label est publié ce nouvel album ? Plusieurs sites indiquent Cheeky Moon mais Internet ne semble ne pas avoir connaissance de cette structure. 'Take Me to the Honky Tonk' existe-t-il autrement qu'en version digitale ? Sans doute pas mais il est impossible de le confirmer. D'ailleurs, vu sa durée (huit titres pour 27 minutes), doit-on vraiment le considérer comme un album ou plutôt partir sur un Ep ?

Vous me direz, tout cela n'est pas très important au final, seule la musique compte, mais c'est dommage de ne pas arriver à en savoir plus sur un groupe qu'on découvre, d'autant plus quand son dernier disque est de qualité. Car, sans rien révolutionner, sans retourner la table de la pop music, 'Take Me to the Honky Tonk' a ce qu'il faut de chansons marquantes (Summer Rain, le mélancolique Letters to Laura, le langoureux Stranger In My Heart), une production qui ne lisse pas les mélodies et une vibe autant Sleepy Jackson que Team Me (ce côté très orchestral) pour charmer son monde. Avec en tête de proue, Honky Tonk (en écoute aujourd'hui), morceau d'ouverture aussi efficace que superbe, qui a tout d'un tube. Espérons le pour Nevala, cela nous permettrait d'en savoir un peu plus sur eux.

Album : Take Me to the Honky Tonk
Année : 2024
Label : Cheeky Moon

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Honky Tonk des finlandais de Nevala est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très réussie de 'Take Me to the Honky Tonk' de Nevala, voilà Summer Rain :

lundi 28 octobre 2024

The Blue Herons - Go On [Subjangle]

Avant-propos : la chronique qui suit est consacrée à 'Go On' le premier album de The Blue Herons. Et non Blue Heron, groupe presque homonyme venu d’Albuquerque au Nouveau-Mexique qui fait lui dans le stoner. La précision peut sembler futile mais elle est d’importance tant The Blue Herons n’a, mais alors, rien à voir.

The Blue Herons est à la base le side-project de Andy Jossi, suisse de son état, qui faisait jusque-là dans le shoegaze avec son groupe The Churchhill Garden et qui voulait s’offrir une petite respiration indie-pop. Lancé en 2017, le projet va vivoter pendant trois ans au gré de quelques singles publiés de temps à autres, avec l’aide d’autres musiciens et de chanteurs et chanteuses, avant qu’Andy Jossi ne tombe enfin sur la perle rare, Gretchen DeVault, californienne et vétérane de la scène indépendante américaine (The Icicles, Voluptuous Panic).

Ce qui n’était jusque là qu’un projet qui se cherchait (six singles en trois ans) va alors suivre une toute autre trajectoire. Certes, le duo va prendre son temps (deux à trois singles par an seulement) mais l’alchimie entre Jossi et DeVault se fait de plus en plus évidente à chaque nouvelle chanson, qui semblent d'ailleurs gagner à chaque fois en qualité.

Après près de quatre ans de travail, c’est donc tout naturellement que The Blue Herons a publié son premier album, 'Go On'. Un disque qui compile tous les singles déjà sortis (des onze publiés par le duo Jossi/DeVault, seule la reprise de Christmas (Baby Please Don't Go) de Phil Spector a été laissée de côté) et ne compte « que » deux inédits : la merveilleuse Clouds et une version ample et très belle du plutôt déjà charmant Echos in the Dust. Pour l’occasion, et sans doute aussi pour rendre le tout plus harmonieux, The Blue Herons a réenregistré la plupart des morceaux et en a modifié le mix.

Et le résultat est tout à fait épatant. Extrêmement cohérent, superbement composé, aux guitares belles à en frissonner, porté par la voix superbe de Gretchen DeVault (qui a un je ne sais quoi de Beth Arzy), 'Go On' est un disque remarquable d'indie et de jangle-pop circa 80s, qui rappelle les univers C86 et de Sarah Records autant qu'il évoque (et plus souvent qu'à son tour) les merveilleux The Luxembourg Signal.

De la superbe balade Endless Rain au presque poppy Electric, en passant par le mini-tube Go On, la très belle ouverture In The Skies qui pose les bases de l'album, ou la reprise du Disorder de Joy Division lumineuse comme jamais, tout est ici éblouissant, racé et élégant et enthousiasmant, mélancolique et enivrant, avec un duo qui n'hésite pas à faire durer le plaisir (pas une chanson en dessous de 3'30 et seulement quatre de moins de quatre minutes) et marie avec délices des couches de guitares qui se complètent à merveille et la voix de Gretchen DeVault, toujours d'une grande justesse.

De prime abord disque de genre mais qui très vite le transcende, 'Go On' de The Blue Herons est un album impeccable de bout en bout. Un disque solaire, romantique, aux mélodies superbes, inspiré qui, je ne saurais trop l'expliquer, fait du bien. Et un des tous meilleurs, si ce n'est le meilleur, album de l'année. (Sortie : 4 juin 2024)

Plus :
La chronique de 'Go On' de The Blue Herons chez Dans Le Mur du Son (à qui je dois la découverte de ce superbe album. Une de plus)
'Go On' de The Blue Herons est à l'écoute sur leur page bandcamp
'Go On' de The Blue Herons est à l'achat sur leur page bandcamp
'Go On' de The Blue Herons est également en écoute sur Spotify et Deezer

Trois chansons de 'Go On' de The Blue Herons en écoute aujourd'hui. La superbe reprise de Disorder de Joy Division, qui n'a jamais été aussi lumineuse (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis la magnifique balade lancinante Endless Rain. Et enfin Clouds, le très bel inédit de ce 'Go On' de The Blue Herons :