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lundi 26 octobre 2020

The Luxembourg Signal - The Long Now [Shelflife Records/Spinout Nuggets]

Immense découverte de 2017 via le single tonitruant Laura Palmer (accessoirement chanson de l'année dans ces pages), les américains de The Luxembourg Signal continuent leurs aventures discographiques avec un troisième album sorti vendredi dernier, 'The Long Now'. Et ne tortillons pas, il est quelques coudées au-dessus de 'Blue Field', pourtant pas le plus mauvais des disques, loin de là.

Ici, pas de single au-dessus de la mêlée et qu'on pourrait extraire pour la bonne bouche. Plutôt un ensemble ultra-cohérent mêlant dream-pop, indie-rock et shoegaze. Les guitares sur 'The Long Now' sont formidables et surtout le fil d'Ariane du disque. Elles apparaissent discrètement sur la fin de la chanson d'ouverture I Never Want To Leave, pour prendre au fur et à mesure une importance toujours plus grande avant de devenir maitresses des horloges sur la fin, soutenant et déchirant les mélodies de riffs puissants, salvateurs et irrésistibles. Des mélodies d'ailleurs toutes plus belles et mémorables que les autres, chaque chanson faisant mouche à chaque fois et sur lesquelles The Luxembourg Signal apportent de temps à autre un je ne sais quoi d'emo, histoire de leur donner une touche mélancolique.

Porté par une production très réussie, ample comme il faut pour permettre aux chansons de prendre la place dont elles ont besoin, 'The Long Now' est un disque où tout est là où il devrait être. Où les voix de Beth Arzy (revenue, un temps, de son escapade avec Jetstream Pony avec qui elle a sorti le premier album en mai dernier) et Betsy Moyer sont d'une beauté planante. Où les guitares de Johnny Joyner et Kelly Davis se superposent pour mieux enflammer les cœurs. Où la batterie de Brian Espinosa gère le tempo avec perfection, tout en sachant se montrer incisive. Où les nappes de claviers de Ginny Pitchford donnent une ambiance encore plus rêveuse. Et où la basse de Daniel Kumiega soutient l'ensemble.

'The Long Now' est un disque lumineux de la part de The Luxembourg Signal, à l'instar de sa pochette et de son halo de néon - dans la continuité de ses devancières. Un album immédiat et qui tient la distance, aux grands espaces, gorgé de mélodies d'où s'échappent souvent une douce mélancolie, pleine de guitare. (Sortie : 23 octobre 2020)

Plus :
'The Long Now' de The Luxembourg Signal est en écoute sur leur page bandcamp
'The Long Now' de The Luxembourg Signal est à l'achat sur leur page bandcamp
'The Long Now' de The Luxembourg Signal est également en écoute sur Deezer et Spotify (notamment)

Trois morceaux de 'The Long Now' de The Luxembourg Signal en écoute aujourd'hui. The Morning After (également en écoute dans les playlists Spotify, Deezer, Youtube et Qobuz), une chanson qui résume assez bien ce qu'est la musique de The Luxembourg Signal. Puis le pétaradant Ramblin' Rodriguez. Et enfin When All That We Hold Decays, nappée et mélancolique à souhait :





Deux clips de 'The Long Now' de The Luxembourg Signal : Mourning Mourn et 2:22 :

  

 

mercredi 28 juin 2017

[Track of The Day] The Luxembourg Signal - Laura Palmer

Loin des jauges géantes de Rock en Seine ou du Pitchfork Music Festival, faites donc place au Paris PopFest, tout nouveau festival parisien qui se tiendra en septembre prochain, le 22 à L’Espace B et le 23 au Hasard Ludique.

Pensé et conçu par les Another Sunny Night (Emilie, Joanny, Clémence, Emmanuel), responsable d’une bonne vingtaine de concerts et dj-sets pop sur Paris, le festival PopFest accueillera donc pas moins de 9 groupes sur deux jours.

Au programme des festivités, les formidables Spearmint, mais aussi White Town (dont ASN a sorti un 45-tours en 2013) ou le bassiste de The Field Mice (la participation de quelques membres de Sarah Records n'est peut-être pas à exclure, qui sait ?) ; mais aussi des dj sets (pop, évidemment) et pas mal de groupes inconnus à mon bataillon (le programme complet est au bas de ce post).
Parmi eux The Luxembourg Signal, septet de Portland aux États-Unis, dont je n’ai fait la connaissance qu’il y a quelques jours. Auteur d’un premier album a priori remarqué en 2014, The Luxembourg Signal sortira son deuxième disque en octobre prochain, toujours chez Shelflife Records.

Histoire de faire les choses bien, le groupe vient de faire paraitre un premier 45-tours avec deux titres : une reprise de Close Lobsters en face-B (Let’s Make Some Plans) mais surtout Laura Palmer en face-A. Et autant vous dire tout de suite que l’on tient là une chanson absolument renversante. De la très haute tenue, avec six minutes totalement délicieuses, entre dream-pop, indie-pop et shoegaze, avec une production parfaite de bout en bout qui voit s’empiler les guitares pour un final merveilleux.

Moi qui n’ai jamais vu un épisode de Twin Peaks, je ne sais pas si cette chanson parle de l’héroïne de David Lynch ou s’il y a le moindre rapport avec la série mythique. Ce que je sais par contre, c’est que ce Laura Palmer de The Luxembourg Signal est sans doute le meilleur single de l’année 2017 jusque là. Oui, carrément.

Album : Laura Palmer / Let’s Make Some Plans (Close Lobsters cover)
Année : 2017
Label : Shelflife Records


Malheureusement indisponible sur Spotify et Deezer, Laura Palmer de The Luxembourg Signal est en écoute ci-dessous :






Face-B de ce 45-Tours de The Luxembourg Signal, voilà la reprise de Let’s Make Some Plans des Close Lobsters :



Pour finir donc, le line-up complet de cette première édition du Paris PopFest !

https://www.facebook.com/parispopfest/
Vendredi 22 sept. 2017 -  Espace B (Paris)
The Luxembourg Signal (US)
Parenthesis... (UK)
White Town (UK)

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Réserver (8.5€)








Samedi 23 septe. 2017 - Hasard Ludique (Paris)
Spearmint (UK)
Papa Topo (ES)
Mehdi Zannad feat. Dorian Pimpernel (FR)
Michael Hiscock & friends play The Field Mice (UK/FR)
The Catenary Wires (UK)
DJs : Hidrogenesse (ES)

Facebook
Réserver (15€)



samedi 30 décembre 2017

Bilan 2017 : Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition »


Après deux ans sans bilan (il faudra que je les finisse un jour d’ailleurs), retour aux bonnes vieilles habitudes avec les traditionnels top de fin d’année, qui fleurissent un peu partout depuis plus d’un mois. Comme le veut la tradition, cela se passera en trois temps : aujourd’hui le top des « Ep & Co ». Puis le top « Morceaux » et enfin le top 50 des albums qui auront marqué mon année musicale.

Mais avant cela, quelques liens vers d’autres tops de sites ou de blogs voisins (ou non) :
Hop-Blog
Pinkushion (Rédaction)
La Musique à Papa
Last Stop ? This Blog !
New Noise

Voilà donc la première partie, qui présente donc mes 15 EP, 45-tours, compilations et autres rééditions favoris de l’année. De belles découvertes, des confirmations toujours plus nombreuses et deux disques qui auraient mérités de figurer tout en haut d’un classement de tous formats confondus. C’est ci-dessous.
 
Pour info, au bas de l’article se trouve un lecteur spotify et un lecteur deezer contenant une chanson de chacun des disques présentés.
Bonne(s) écoute(s) !

Extended Play (Ep)


Animal Collective - Meeting of The Waters Ep
La preuve qu’il faut toujours attendre un peu avant de faire le bilan d’une année. Mis au courant fin novembre par Ariane qu’Animal Collective avait sorti dans l’année deux nouveaux Ep, j’ai eu la chance de me rattraper. Deux beaux disques dont ma préférence va fortement vers 'Meeting of The Waters Ep'. Un disque contemplatif à souhait, aussi bricolé qu’aérien, avec seulement Avey Tare et Geologist aux manettes. Et même sans Panda Bear et Deakin, le duo en profite pour publier une des plus belles chansons de l’histoire du groupe, Man of Oil. Rien que ça oui.
Label : Domino

Barbarie Boxon - Ciel Bleu Ep 
Ma découverte avec Freaksville Records aura été une grande source de réjouissance. Car en plus de Benjamin Schoos (voir plus bas), ce label belge m’aura permis de tomber amoureux du duo Barbarie Boxon, auteur de son deuxième disque en sept années d’activité. Pop pas toujours linéaire, aux influences aussi Gainsbourgienne que Tricatel-ienne, elle est excessivement ensorcelante.
Label : Freaksville Records

Man At War - I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep
Véritable coup de cœur foudroyant, Man at War est un artiste dont on fait encore très peu de cas, que ce soit chez nous ou chez lui, à Portland. Pourtant, Ryan Rebo a des mélodies à faire pâlir plus d’un artiste aujourd’hui. Son ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep’, plein de pop, de folk et de mélodies simples et justes, est une des plus belles choses entendues cette année. S'il ne fallait retenir que deux disques de ce papier, ce serait le premier.

The Music Tapes - The Orbiting Human Circus Ep
Julian Koster, ex-membre de feu Neutral Milk Hotel et de Elephant 6, est derrière ce projet anachronique, né d’un podcast à succès aux États-Unis. Enregistré avec des outils d'époque (un enregistreur à fil des 30s, une presse des 40s, un magnétophone des 60s), très lo-fi que ce soit dans le chant ou dans les arrangements, agrémentés de cuivres et d’accordéon, reprenant également le fameux J’attendrai, 'The Orbiting Human Circus Ep' sonne comme s’il venait tout droit de 1935. Et c’est aussi beau que passionnant.
Label : Merge

Kamasi Washington - Harmony of Difference Ep
Saxophoniste californien de 34 ans, Kamasi Washington m’était jusqu’alors inconnu. Acheté sur les éloges d’amis, son ‘Harmony of Difference Ep’ n’aura eu besoin que de quelques minutes pour s’imprimer dans mon pavillon. Jazz soulful au possible, ce disque respire la classe et les influences aussi bien étalées qu’assimilées. Mieux, il garde le meilleur pour la fin en composant Truth, chanson de 14 mns, qui fait déjà figure de classique. 'Harmony of Difference Ep' aurait été un LP, il aurait sans doute fini sur le podium de mon top album. S'il ne fallait retenir que deux disques de ce papier, ce serait le second.
Label : Young Turks


7" - 45-tours

Jetstream Pony - Like You Less 7"
Projet parallèle de Beth Arzy, chanteuse de The Luxembourg Signal, Jetstream Pony est une formation qui devrait faire parler d’elle en 2018. Car mis sur orbite par ce 'Like You Less 7"', il serait vraiment dommage de passer à côté de ces deux chansons, tantôt noise-pop (comme si Broadcast avait enregistré ses albums en 1986), tantôt mené par une guitare lourde rappelant furieusement les Wedding Present.
Label : Kleine Untergrund Schallplatten

The Luxembourg Signal - Laura Palmer 7"
Découvert grâce à leur venue au Paris Pop Fest, The Luxembourg Signal est un septet américain originaire de Portland (décidément, quelle année !) qui aura illuminé mes oreilles notamment grâce à ce 45-tours et surtout grâce à Laura Palmer, sa face-A, sublime titre de six minutes entre dream-pop, indie-pop et shoegaze, au final merveilleux qui voit s’empiler les guitares. Nul doute qu’on retrouvera sa trace dans quelques jours, pas loin de la tête de mon « top singles ».
Label : Shelflife Records

Jason Molina - The Black Sabbath Covers 7"
Secretly Canadian, en plus de bichonner les rééditions de ses albums avec Songs: Ohia, propose depuis deux ans des 45-tours inédit de Jason Molina, décédé depuis 5 ans bientôt. L’an passé, ils avaient mis en lumière l’américain reprenant Townes Van Zandt. Cette année, c’est au tour de Black Sabbath. Deux chansons très courtes, simples et intimistes mais dont quelques secondes suffisent à comprendre pourquoi Jason Molina manque plus que jamais.
Label : Secretly Canadian

Sufjan Stevens - Tonya Harding 7"
En 2017, on aura donc appris que Sufjan Stevens est fan (et on est encore loin de la vérité) de Tonya Harding, patineuse américaine pas comme les autres dont le principal fait de gloire fut de tenter de faire casser les jambes de sa compatriote et équipière de l’époque, Nancy Kerrigan. Il lui a ainsi composé une chanson, qu’on retrouve dans deux versions différentes sur ce 45-tours (à sortir physiquement dans quelques semaines). Dans la veine de son magnifique 'Carrie & Lowell', ce 'Tonya Harding 7"' est d’une douce et aérienne beauté qui transpire la sincérité.
Label : Asthmatic Kitty


COMPILATION

Matinée Recordings - Matinée Idols
Afin de fêter ses 20 ans, le label de Santa-Barbara Matinée Recordings n’aura pas eu l’idée du siècle : sortir une compilation de titres des artistes issus de son roster. Mais qui en a cure ? Le résultat est passionnant. Tous les groupes présents ont participé avec soit un nouveau morceau, un inédit perdu dans des sessions d’enregistrements oubliées ou via un ré-enregistrement d’un de leurs anciens titres. Et le résultat est de qualité, rempli de chansons classes au romantisme plein de guitares. De l'indie-pop de grande qualité en somme.
Label : Matinée Recordings

Olive Grove Records - From Olive Us To Olive You
Compilation de Noël sortie juste avant les fêtes, 'From Olive Us To Olive You' est un disque caritatif composé par des artistes essentiellement venus du roster d’Olive Grove Records, le label derrière tout cela. Pop, twee et tout le toutim, cet album est tellement réussi qu’il se pourrait qu’on le ressorte bien plus souvent que deux semaines par an.
Label : Olive Grove Records

Benjamin Schoos - Profession Chanteur
Comment ai-je fait pour passer à côté de ce Benjamin Schoos depuis 5 ans ? Comment ai-je pu ne pas voir son nom mentionné ici et là par d’autres, bien plus au courant que moi ? Car Benjamin Schoos tient depuis sa découverte le haut du pavé dans la chanson francophone (notre homme est belge) dans mon panthéon personnel actuel. Rappelant à la fois Bertrand Burgalat pour les idées pop, Charlélie Couture ou encore Alain Chamfort, s'entourant de featuring de grande classe (Je ne vois que vous avec Laetitia Sadier est un miracle à elle toute seule), Benjamin Schoos, via ce 'Profession Chanteur', best-of de ses trois précédents albums, est une découverte essentielle.
Label : Freaksville

Sufjan Stevens - The Greatest Gift
Oui, encore Sufjan Stevens. Je ne cite jamais deux fois le même groupe/artiste dans ces tops de fin d’année, mais là, je n’ai pas eu le choix. La faute à une année remplie pour un des artistes préférés de ces pages. 'The Greatest Gift' est un disque compilant des remixes, des démos, des versions alternatives mais aussi 4 chansons inédites tirées de 'Carrie & Lowell'. Et quand des chutes de studios sont de cette qualité et de cette beauté là, on sait deux choses : que l’artiste en question ne nous prend pas pour des pigeons. Et qu’on a affaire à un des plus grands.
Label : Asthmatic Kitty
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RÉÉDITION 
 
Jambinai - Differance
Jambinai est un trio sud-coréen dont le premier album sorti en 2012 aura été réédité cette année par Bella Union. Dans une ambiance post-rock, parfois quasi-folk ou métal, composé à partir d’instruments traditionnels, Jambinai rappelle aussi bien Deafheaven que Mono. Mieux, le groupe n’oublie jamais de distiller des mélodies. Grande découverte.
Label : Bella Union


Radiohead - OKNOTOK 1997-2017
Devenu chiant comme la pluie depuis 15 ans à quelques rares fulgurances près, il ne faudrait pas oublier qu’à une époque, Radiohead était intouchable. Et la réédition de leur chef d’œuvre et album majeur 'Ok Computer' est venue nous le rappeler. Si tout a déjà été dit sur l’album en question, attardons nous quelques lignes sur la partie 'NOTOK' de cette réédition, qui contient les faces-b de l’époque mais surtout trois inédits enfin dévoilés, et dont le très attendu Lift se fait voler la vedette par un I Promise et un Man of War merveilleux. Oui, à l’époque, Thom Yorke et sa bande marchaient sur l’eau.
Label : XL Recordings


Chose promise, chose due, voilà donc les playlists Spotify et Deezer présentant une chanson de chacun des disques présentés ci-dessus.


mercredi 6 septembre 2017

[Track of The Day] Jetstream Pony - Like You Less

Fin juillet, j’étais tombé sous le choc de Laura Palmer, premier single du prochain album de The Luxembourg Signal. Une chanson qui reste à ce jour la meilleure écoutée en 2017.

Quelques semaines plus tard, je découvre Jetstream Pony, un groupe dans lequel est impliqué Beth Arzy, la chanteuse de The Luxembourg Signal. Autour d’elle, trois autres compères : Sara Boyle (batterie), Kerry Boettcher et Shaun Charman, ex batteur originel de The Wedding Present mais aussi de The Popguns et The Fireworks, des groupes chers à Matinée Recordings.

Pour première sortie, les Jetstream Pony balancent un premier 45-tours aux atours très prometteurs. Car que ce soit sur Like You Less, courte chanson de noise-pop (qui permet d’imaginer par moment un Broadcast qui aurait enregistré ses albums en 1986) ou sur Had Enough, mené par la guitare lourde mais très Wedding Present de Shaun Charman, tout est très réussi. A suivre de très près.

Album : Like You Less 7"
Année : 2017
Label : Kleine Untergrund Schallplatten

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Désormais disponible sur Spotify et Deezer, Like You Less de Jetstream Pony est également en écoute ci-dessous :



Tout aussi parfait, voilà la face-b de ce premier 7" des Jetstream Pony, Had Enough :


mercredi 10 janvier 2018

Bilan 2017 : « Albums » (20-01)



Avant de mettre un point final à mon année musicale 2017, finissons notre petit tour d'horizon (partiel, j'en ai bien conscience) des « bilans de l'année » des blogs amis et voisins :

Voilà donc les 20 albums qui m'auront le plus marqué en 2017. De superbes révélations françaises (et lyonnaises), des disques beaux, souvent à en pleurer, une découverte essentielle pour mes oreilles, du melting-pot absolument brillant et un album aussi court que fabuleux, produit par un duo d'américains que rien ne semble arrêter. 
Et comme d'habitude, une chanson de chaque disque présenté ci-dessous est en écoute dans un lecteur Spotify et un lecteur Deezer plus bas. Bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2017 :
Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition »
Top 50 « Morceaux »
Top 40 Albums : 40-21



20. H-Burns - Kid We Own The Summer [Vietnam]
Rock lumineux et ambiances mélancoliques (la chanson titre qui ouvre l’album en est la meilleure preuve) au programme de ce nouvel album du romanais. Montant encore d’un cran dans la qualité, H-Burns s’impose (s’il était besoin) comme un des mètres étalon du genre américain, en vo certes, mais à la française.


19. Julien Baker - Turn Out The Lighs [Matador]
Acheté sans écoute préalable sur les bons conseils de Walleum, ce premier album de Julien Baker (rien à voir avec « Les Frères Scott ») est en tout cas d’une beauté sidérante, où l’urgence perce derrière son chant et ses mélodies. Une douceur punk très personnelle et aux accents émo.


18. Raoul Vignal - The Silver Veil [Talitres]
Premier album folk élégant et lumineux de la part du lyonnais Raoul Vignal, et c'est Talitres, toujours à l'affût, qui sort le tout. Entre Kings of Convenience, Stranded Horse, sous le haut patronage de Nick Drake, voilà un bien beau disque, à l'ambiance impeccable.


17. Beach Fossils - Somersault [Bayonet]
Rarement emballé par le trio de Brooklyn, 'Somersault' est une révélation. Leur ambition, leur son plus pop, plus rond et leurs belles orchestrations m’auront beaucoup séduit. Dépourvu de fautes de goûts, ce quatrième album des Beach Fossils a même de faux-airs de réponse new-yorkaise au 'Hang' des californiens de Foxygen.
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16. ENTRANCE - Book of Changes [Thrill Jockey]
Hors du temps, anachronique, 'Book of Changes' est le premier album en 13 ans de Guy Blakeskee qui officie sous le nom d’ENTRANCE. Folk, pop, subtilement arrangé, avec de beaux chœurs, des violons aussi efficaces que discrets, portés par une belle guitare, voilà un des disques les plus beaux écoutés cette année.


15. Percolator - Sestra [Penske]
Kraut-rock, shoegaze, noise-pop, noise-rock, drones, guitares fuzz, reverb', rythmiques martiales, mélodies lumineuses : voilà tout ce qui est au programme de ce premier album de Percolator, trio irlandais auteur d’un disque tonitruant.

14. State Broadcasters - A Different Past [Olive Grove Records]
Sur leur troisième album en 8 ans, les State Broadcasters alternent entre chansons lentes et mélancoliques, pop-songs à la I'm From Barcelona, rappellent tantôt leurs cousins de Dancing Mice, le Spinto Band ou le grand ordonnateur qu'est Sufjan Stevens. Mieux, ils convient à leur festin pop, en plus des traditionnels piano, guitares et basses, de la harpe, de l'accordéon, du trombone et du violoncelle. Parfait.


13. Valparaiso - Broken Homeland [Zamora Label] 
Mené par d’anciens Jack The Ripper, ce premier album de Valparaiso aura invité sur son album sans doute le plus beau casting de 2017 : Howe Gelb, Shannon Wright, Marc Huyghens (Venus), Josh Haden (Spain), Dominique A et autres John Parish (par ailleurs producteur du disque). Très beau voyage musical qui dévoile peu à peu son americana tantôt langoureuse, tantôt électrique.


12. Aidan Baker / Simon Goff / Thor Harris - Noplace [Gizeh Records] 
Composé avec Thor Harris (batteur de Swans) et Simon Goff (violoniste anglais), ce nouvel album d’Aidan Baker (le cinquième de l’année !) est un disque langoureux, uniquement instrumental, rempli de longues mélopées lancinantes, extatiques. Un ticket pour un voyage ambient en apesanteur, avec pour seules armes guitare, violon et batterie.

 

11. St. Vincent - MASSEDUCTION [Loma Vista]
L'ex de Polyphonic Spree et du groupe de Sufjan Stevens ne m'a jamais vraiment touché avec ses albums solo. Pourtant, son dernier en date 'MASSEDUCTION' m'aura happé avec sa pop-électronique aux accents mainstream, où les tubes sont nombreux (Los Ageless, New York) et derrière lesquels se cachent des textes personnels et sombres.


10. The Luxembourg Signal - Blue Field [Shelflife]
J'ai beau tourner ça dans tous les sens, The Luxembourg Signal est sans conteste MA révélation de 2017. Renversé par leur superbe 'Laura Palmer' (un de mes 7" de l'année, mais surtout mon single 2017), 'Blue Field', leur second album, ne saurait pas être résumé à cette chanson imparable. Septet, le groupe sait produire une pop aussi rêveuse que nerveuse et endiablée, pleine de guitares. Brillant.
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09. AVIONS - Loner [Bad Health Records / Les Briques du Néant / Ligature / Napalm Trees / Teenage Hate Records]
Dans une année lyonnaise plus que réjouissante, AVIONS est sans doute le disque le plus rentre dedans de l’année (avec celui des Decibelles évidemment). Punk à roulettes mâtiné de grunge et lorgnant vers une power-pop racée (à moins que ce ne soit l’inverse), chanté dans un anglais très convaincant, et puisant leur inspirations dans les années 90, ce 'Loner' a un sacré chien (oui, elle est facile).


08. The Magnetic Fields - 50 Song Memoir [Nonesuch]
Pour ses 50 ans, Stephin Merritt, pas avare de compositions, s'est dit qu'il allait sortir un album retraçant les 50 années de sa vie. Ce qui nous donne donc un coffret de 5 disques de 10 chansons et 2h30 de musique. On passe ici par tous les états. Et le résultat est magnifique, comme souvent. Textes profonds ou anecdotiques, sérieux ou plein de dérisions, chansons travaillées ou presque ivres, le meneur des Magnetic Fields accompagne l'ensemble de belles mélodies et de sa voix reconnaissable entre mille. Un disque qui, à l'instar de '69 Love Songs' devrait être une source de découverte intarissable. Happy Birthday Stephin.


07. Phoebe Bridgers - Stranger in the Alps [Dead Oceans]
S'il fallait élire le disque le plus touchant de l'année, sans nul doute que ce serait le 1er album de Phoebe Bridgers. Un disque mélancolique à souhait, où elle dévoile des compositions simples mais toujours belles, sur fond de guitares et piano grave. Et quand elle prend ses aises, elle n'en est que plus convaincante.


06. Max Richter - Three Worlds: Music From Woolf Works [Deutsche Grammophon] 
Disque construit autour de trois livres de l’écrivaine Virginia Woolf, il est à la base la bande-originale d'une création théâtrale. Album magnifique qui voit Max Richter revenir à ses premières amours et mélanger musique néo-classique et littérature ('The Blue Notebooks' et  Franz Kafka, 'Songs from Before' et Haruki Murakami), 'Three Worlds: Music From Woolf Works' se termine par une chanson de plus de 20 mns absolument superbe et qui sait prendre son temps.


05. Richard Dawson - Peasant [Domino]
Se posant en véritable conteur, l'anglais Richard Dawson plonge sa folk (avant, progressive ou orchestrale, c'est selon) dans le moyen-âge et une contrée du nord de l'Angleterre actuelle, désormais disparue. Chaotique, pleine de clappings, de chœurs, de guitares sur le fil de la justesse, parfois effleurées, souvent maltraitées, la musique de Richard Dawson et de ses compagnons est ensorcelante à souhait. Sans aucun doute, le plus beau disque de l'écurie Domino sorti en 2017


04. Wolf Parade - Cry Cry Cry [Sub Pop]
Là où le côté calculé du retour des LCD Soundsystem m'a empêché d'apprécier le 'American Dream' de la bande à Murphy, le retour des Wolf Parade respire la sincérité ; et est particulièrement imparable. S'ouvrant sur une chanson divine et synthétisant à merveille les appétences musicales de Spencer Krug et de Dan Boeckner, 'Cry Cry Cry' réussit à marier avec une grande subtilité des textes désabusés à des mélodies dansantes et enivrantes.


03. Satellite Jockey - Modern Life vol.1 [Another Record / AB Records / Montagne Sacrée Records / Pop Club]
Joliment produit, très bien mis en musique, ce nouvel album des Satellite Jockey est l'album pop de mon année 2017. Disséminant clin d’œils sixties ici et là, chantant dans un anglais ne sonnant pas français pour un sou et s'entêtant à faire progresser leurs chansons sans jamais s’appesantir sur une simple mélodie, aussi efficace soit-elle, les Satellite Jockey auront sorti un disque de pop classieuse, de grande qualité, et qui aurait sans doute fait plus de bruit s'il avait eu l'étiquette « Canada » ou « Brooklyn » accolée à sa bio.


02. James Holden & The Animal Spirits - st [Border Community]
Véritable découverte, cet album de James Holden & The Animal Spirits est un disque totalement instrumental mais flamboyant en de nombreux points. Melting-pot de sonorités et d'influences (musique orientale, (free) jazz, expérimental, électro, folk sous-acide, des saxophones ivres, etc), enregistré en une prise live pour chaque morceau, il est surtout d'une consistance et à la fois d'une facilité d'écoute autant sidérante que déconcertante.


01. Foxygen - Hang [Jagjaguwar]


Sans hésitation, le disque le plus brillant de 2017 est le nouvel album des Foxygen, duo américain habitué de ces pages. 'Hang' est un album prodigieux, qui contraste totalement avec leur gargantuesque '... And Star Power', leur précédent disque. Ici, 8 chansons en 32 mns. Mais quelles chansons !
Parlant aussi bien de cinéma, de lieux mythiques que d'accomplissement personnel, les Foxygen auront su soigner l'habillage de leurs chansons : un orchestre complet les entoure, auquel viennent se joindre les Lemon Twigs, Matthew E. White et autres Steven Gregory Drozd des Flaming Lips.
Surtout, en plongeant la tête la première dans une pop racée, qui tient autant de l'americana, du glam que des comédies musicales à l'ancienne, le duo aura sorti en 2017 un disque aussi ambitieux que réussi, aux mélodies impeccables et à la mise en musique parfaite.


Comme de coutume, une chanson de chaque disque présenté ci-dessus est en écoute dans un lecteur Spotify et un lecteur Deezer. Sauf pour AVIONS, indisponible sur ces deux plateformes. Bonne(s) écoute(s) ! 






Bilan 2017 :
Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition »
Top 50 « Morceaux »
Top 40 Albums : 40-21