lundi 9 juin 2025

[Track of The Day] Little Simz - Lotus (feat. Michael Kiwanuka & Yussef Dayes)

Après Flood il y a quelques semaines, une fois n'est pas coutume, parlons aujourd'hui d'une autre chanson du nouvel album de Little Simz, paru vendredi dernier. Un disque très attendu après les deux excellents précédents albums et où l'on espérait voir l'anglaise revenir à son meilleur suite à un 'Drop 7 Ep' l'an passé plutôt quelconque et plutôt raté.

Ce nouvel album ('Lotus') a été travaillé sans Inflo, pourtant un des architectes, si ce n'est la matrice, des trois précédents et qui donnait aux chansons de Little Simz sa patine et son éclat (le chef d’œuvre 'I Might Be Introvert' et son incroyable chanson d'ouverture Introvert lui doivent beaucoup). Mais l'anglaise s'est depuis brouillée avec le leader de SAULT pour une sombre histoire financière (pour la faire courte, elle lui réclame le remboursement d'un prêt de 2,2 M$, rien que ça) et est donc partie voir ailleurs (Miles Clinton James en l’occurrence), pour mieux aussi se réinventer. Et à l'écoute, le changement ne l'a pas changée et son talent, la précision de son rap et la finesse de son écriture toujours aussi incandescents.

Dans ce disque dont on n'a pas fini de découvrir les contours tant il regorge de moments forts, on ressortira tout de même très rapidement Lotus (en écoute aujourd'hui), chanson titre aussi majuscule que majestueuse, sur laquelle Little Simz invite le batteur jazz Yussef Dayes et le grand Michael Kiwanuka. Un morceau à l'orchestration divine, au piano comme ivre, à la rythmique presque déroutante, où Little Simz rappe comme si sa vie en dépendait, quand Kiwanuka l'accompagne de sa voix d'or et rassurante (on dirait d'ailleurs que Lotus a été écrit sur mesure pour lui. A moins que ce soit lui qui est capable de faire sienne n'importe quelle chanson). Les anglais ont un mot pour ce genre de chose : masterpiece.

Album : Lotus
Année : 2025
Label : AWAL Recordings

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Lotus de Little Simz, Michael Kiwanuka et Yussef Dayes est également en écoute ci-dessous :
 

jeudi 5 juin 2025

[Track of The Day] Clipse - Ace Trumpets

Il ne va pas y avoir besoin de faire long pour vous vendre Ace Trumpets, le morceau du jour. Premièrement, il est l’œuvre de Clipse, le duo formé par les deux frangins Malice et Pusha T. Deuxièmement, ce titre est celui de leur retour après seize ans d'absence (même si les deux s'étaient retrouvés en 2022 pour un morceau sur 'It's Almost Dry' de Pusha T) et le prélude à un nouvel album, 'Let God Sort Em Out', annoncé pour le 11 juillet prochain. Enfin, si le rap et le flow des deux compères est toujours aussi précis qu'efficace, si leurs paroles moquent de façon maligne un peu tout et notamment le monde du rap, Ace Trumpets est surtout porté par la production fantastique, aussi austère que ample et aux beats précieux, de Pharrell Williams, l'ami de toujours, une nouvelle fois derrière la console (il a produit, seul ou avec The Neptunes, les quatre albums de Clipse, et notamment l'excellent 'Hell Hath No Fury' en 2006). Bref, je serais vous, je prendrais 2'34" de mon temps et je poserais mes oreilles sur ce Ace Trumpets des Clipse, morceau pas loin d'être formidable..

Album : Let God Sort Em Out
Année : 2025
Label : Roc Nation

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Ace Trumpets de Clipse est également en écoute ci-dessous :
 

mardi 3 juin 2025

[Track of The Day] Mess Esque - Crow's Ash Tree

A ma gauche, Helen Franzmann, chanteuse australienne plus connue sous le nom de McKisko. A ma droite, Mick Turner, un des trois larrons de Dirty Three, groupe qu'on ne présente plus. A eux, ils forment Mess Esque, duo au nom bizarre (on dirait un jeu de mots) qui vient de publier 'Jay Marie, Comfort Me', son troisième album.

Un disque de de pop-folk rêveuse et évanescente, faussement inégal et qui se révèle vite être plutôt un disque de trainard où le jeu de Mick Turner fait merveille, où la voix d'Helen Franzmann est d'une beauté renversante, aussi délicate, touchante, timide, éthérée que pleine de mélancolie, où la présence de nombreux invités (dont Jim White, évidemment à la batterie) et les orchestrations chiadées qui en découlent apportent le cachet et la touche en plus pour sublimer leurs compositions, et où leurs mélodies, d'apparence monotones, recèlent de véritables petit bijoux. Au premier rang desquels That Chair et Crow's Ash Tree (en écoute aujourd'hui), les deux chansons pivot du disque (l'une ferme la face-A, l'autre ouvre la face-B), dilettantes autant que superbes à leur façon et dont l'esprit de liberté semble infini.

Album : Jay Marie, Comfort Me
Année : 2025
Label : Forgotten Song Records / Drag City

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Crow's Ash Tree de Mess Esque est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson tout à fait remarquable de 'Jay Marie, Comfort Me' de Mess Esque, voilà That Chair :

Le clip de Crow's Ash Tree, un des singles extraits de 'Jay Marie, Comfort Me', nouvel album de Mess Esque :

lundi 2 juin 2025

[Track of The Day] Edwyn Collins - Knowledge

Il y a des noms comme ça, croisés tout au long de notre vie de passionné de musique, sur lesquels on ne s'est jamais trop appesanti, et le plus souvent à cause d'une image négative construite sur du vent. Chez moi, Edwyn Collins fait partie de ces artistes là. J'ai beau connaitre le CV indie du monsieur, pour moi l'écossais ne se résume qu'à son tube phénoménal A Girl Like You (qui a bercé toute une génération et surtout saoulé toute mon adolescence), un look que je trouvais aussi m'as-tu-vu que ringard et une antipathie qui me semblait émerger de tout son être. En somme, tout un ramassis de ressentis idiots d'adolescents qui m'ont empêché de m'intéresser à son cas, même à ses Orange Juice des débuts dont on m'a souvent loué les qualités.

Alors la sortie d'un nouvel album du même Edwyn Collins en 2025 ne devrait pas m'émouvoir une seconde. Je ne vais quand même pas m'intéresser à un artiste de 65 ans sur le retour, qui ne m'a jamais plu quand il était à son top ? Hé bien figurez-vous que si. Tout cela à cause de Johan, ex chanteur et compositeur du Gulcher 2.0 (dont Without My Hat Records avait publié le 45-tours 'Johnny's Square' et l'unique album 'Cocktails'), critique régulier pour  Rock & Folk et qui a publié il y a quelques semaines une chronique très enthousiaste de 'Nation Shall Speak Unto Nation', le dixième album solo de l'écossais. 

Et il a bien raison. Car ce disque est de qualité, à la production tantôt ronde, tantôt plus sèche, aux effluves soul (superbe chanson d'ouverture Knowledge) où alternent chansons enlevées et balades plus intimistes superbes (The Bridge Hotel) qu'Edwyn Collins chante d'une voix plutôt fatiguée (mais laquelle ne le serait pas après deux AVC ?) aux intonations et au phrasé qui rappellent parfois le Johnny Cash période Rick Rubin (The Mountains Are My Home notamment). Une belle surprise en sommequi renvoie à la face de l'adolescent que je fus toutes ses certitudes idiotes et totalement fausses sur un artiste qu'il va me falloir commencer à découvrir. 

Album : Nation Shall Speak Unto Nation
Année : 2025
Label : Analogue Enhanced Digital

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Knowledge d'Edwyn Collins est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable de 'Nation Shall Speak Unto Nation' d'Edwyn Collins, voilà A Little Sign :

Le clip de Knowledge d'Edwyn Collins, chanson d'ouverture de 'Nation Shall Speak Unto Nation' :

jeudi 29 mai 2025

[Track of The Day] Will Johnson - Cairo

Dans un long papier de Paste consacré à 'Diamond City' où s'entremêlent critique et interview, Will Johnson le dit clairement : « There’s no diamonds. There’s not even a city! » dans cet album, l'énième d'une très longue liste, le texan étant du genre sur-actif entre ses propres sorties et celles de tous les groupes avec qui il tourne et/ou enregistre.

Découvert il y a une quinzaine d'années lors de la publication de 'Molina & Johnson', disque méconnu, si ce n'est mésestimé, qu'il avait enregistré au débotté avec Jason Molina, Will Johnson fait avec 'Diamond City' un retour fracassant dans mes oreilles. Un album pas loin d'être merveilleux, de country/folk parfois contemplative, de blues électrique ténébreux, et de mélodies enchantantes, fussent-elles déprimées, qui ne cessent se développer et de prendre de l'ampleur. Habité en partie par l'aura de l'homme derrière Songs:Ohia/Magnolia Electric Co., 'Diamond City' est un très beau disque, souvent touchant et dont on ressortira avant toutes autres Rabbit Run, Unfamiliar Ghost et surtout Cairo (en écoute aujourd'hui), balade simple et superbe que vient relever un petit gimmick mélodique à souhait sur le refrain.

NB : L'article de Paste consacré à 'Diamond City' de Will Johnson est à lire ici : "Will Johnson: Through the Clutter and the Chaos"

Album : Diamond City
Année : 2025
Label : Keeled Scales

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Cairo de Will Johnson est également en écoute ci-dessous :

Autre très belle chanson de 'Diamond City' de Will Johnson, voilà le très électrique Rabbit Run :