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jeudi 17 novembre 2016

Michael Kiwanuka - Love & Hate [Polydor]

La première chose qui frappe à l'écoute de 'Love & Hate', le deuxième album de Michael Kiwanuka, c'est que cet homme est couillu. Et même doublement couillu. Car sortir un disque en plaçant en chanson d'ouverture un titre de 10 mns est déjà une chose peu commune pour un artiste signé chez une major. Mais si vous ajoutez à cela qu'il faut attendre 5 minutes (tout pile !) pour entendre la belle voix de Michael Kiwanuka chanter ses premiers mots, vous admettrez que l'on est dans l'improbable le plus total.
Pour autant, impossible de lâcher ce Cold Little Heart. Ces chœurs, cette guitare particulièrement Gilmour-ienne, tout est fait pour amener sur un plateau d'argent la voix suave pleine de grâce de  Michael Kiwanuka. Et il faut bien avouer qu'on ne l'a pas vu venir.

Car si ses premières sorties furent saluées avec l'enthousiasme qu'il se doit dans ces pages (voir , ici ou encore ), le premier album de Michael Kiwanuka ne m'avait pas vraiment retourné. Un disque propret, gentillet, faisant la part belle à une certaine idée de la soul des années 70, mais rien de plus. Rien d'infamant, bien au contraire, mais un ensemble sans vrais coups d'éclats.

C'est donc une sacrée surprise de tomber sur une chanson aussi ambitieuse que Cold Little Heart en ouverture de ce 'Love & Hate'. Un disque qui va garder globalement tout du long de ses 10 chansons le niveau de ce premier titre. Car qu'il s'agisse de changer de tempo (le tube potentiel qu'est One More Night, que l'on aurait pu imaginer dans la bouche de Aloe Blacc), d'inviter quelques parties de cordes à venir fricoter avec ses belles mélodies (sublime Love & Hate, en écoute aujourd'hui), ou de s'entourer de musiciens au garde à vous, qu'il soit mélancolique, engagé (Black Man in a White World, Love & Hate) ou qu'il sorte les guitares fuzz, tout lui réussi.

Autre point fort du disque, sa production. Laissée à Danger Mouse, ce dernier donne à 'Love & Hate' un son plein de rondeur tout et qui se rapproche du blues. Mieux, en sachant trouver le juste écart entre la voix de Michael Kiwanuka et celles de ses choristes (ceux-ci ayant une importance fondamentale sur la beauté de cet album), en ne reléguant pas la rythmique au rôle de simple faire valoir et, surtout, en donnant - plus qu'- une teinte très seventies à l'ensemble (et pas que pour la guitare, essentielle dans l'album), Danger Mouse, comme souvent, sublime ce qu'on lui met dans les mains.

Finalement, la seule déception de ce 'Love & Hate' de Michael Kiwanuka, c'est sa pochette, tant elle est passe-partout est bien loin de ses premières sorties, où le vintage se mêlait à une classe naturelle. Dommage oui, car bien que dominé par les deux chansons écrasantes que sont Cold Little Heart et Love & Hate, tout est bon dans cet album. Un disque jamais tape à l’œil mais juste très beau, soul mais pas que, et même rapidement évident. Une consécration pour un artiste dont le potentiel semblait évident. Et Dieu qu'il chante bien ! (sortie : 15 juillet 2016)

NB : En tournée en France actuellement, il faut foncer voir Michael Kiwanuka. Les retours sont excellents. Et bientôt ce grand et talentueux ne jouera pas dans d'aussi petites salles.
Vendredi 18/11 - Rock School Barbey, à Bordeaux
Dimanche 20/11 - L’Épicerie Moderne, à Feyzin (Lyon)
Lundi 21/11 - La Laiterie, à Strasbourg

Son :
'Love & Hate' de Michael Kiwanuka est en écoute aussi bien chez Spotify que chez Deezer.
Vous pouvez vous procurer 'Love & Hate' de Michael Kiwanuka (notamment) ici ou


Trois chansons en écoute donc, comme l'exige la tradition, de ce 'Love & Hate' de Michael Kiwanuka. Mais exceptionnellement, pas des versions tirées de l'album. Les trois sont tirées d'une live-studio-session. Au programme donc, Love & Hate (dont la très belle version album s'écoute dans les lecteurs Spotify et Deezer à gauche). Puis le magnifique Cold Little Heart (le fameux titre d'ouverture). Et enfin Rule The World :








Pour finir, deux clips. Tout d'abord celui de One More Night, possible tube de ce 'Love & Hate' de Michael Kiwanuka :


Et celui de Black Man In A White World, premier single de ce 'Love & Hate' de Michael Kiwanuka


jeudi 11 août 2022

[Track of The Day] Danger Mouse & Black Thought - Aquamarine (feat. Michael Kiwanuka)

A$AP Rocky, MF Doom, Raekwon, Run the Jewels, Michael Kiwanuka, Joey Bada$$ et je passe tous ceux que je ne connais pas : il y a du beau monde au générique de 'Cheat Codes', premier album de Danger Mouse & Black Thought à sortir. D'un côté, Black Thought, l'homme, avec ?uestlove, derrière The Roots, et dont le talent n'est plus à prouver. De l'autre, Danger Mouse, l'artiste et surtout producteur touche à tout, raillé par quelques puristes, admiré par beaucoup d'autres (dont votre serviteur), dont 'Cheat Codes' est le premier disque de hip-hop au fronton duquel il s'affiche depuis un certain 'The Mouse and the Mask' de DangerDoom en 2005. Un type capable d'aller frayer avec Sparklehorse, sortir un des singles des années 2000 avec Cee-Lo (Crazy), publier un disque mythique et interdit d'exister ('The Grey Album' en 2003, ou le mash-up des instrus du 'White Album' des Beatles et la voix du 'Black Album' de Jay-Z), produire U2, The Shins, The Black Keys, Martina Topley Bird, Sage Francis, Gorillaz, entre beaucoup d'autres. Autant dire que sur le papier, l'association fait plutôt rêver. 
 
Dans les faits encore plus ; et notamment avec Aquamarine, un des quatre morceaux publiés jusque-là. Un titre qui commence comme un prélude à un concert classique avec ces instruments qu'on accorde, avant que le beat démarre et que la voix de Michael Kiwanuka (dont Danger Mouse a produit le très beau 'Love & Hate') déboule pour laisser la place au flow toujours si sûr et précis de Black Thought. Un titre qui ne manque pas de mélancolie et qui promet beaucoup, à l'instar des trois autres morceaux dévoilés jusque là. Heureusement, l'attente pour découvrir 'Cheat Codes' sera courte : il sort ce vendredi. Autant vous dire que la hâte est immense.

Album : Cheat Codes
Année : 2022
Label : BMG

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En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube, Bandcamp et dans la colonne de gauche du blog

En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Bandcamp, Aquamarine de Danger Mouse & Black Thought, avec la participation de Michael Kiwanuka, est également en écoute ci-dessous :

 
Le clip de Aquamarine de Danger Mouse & Black Thought, avec la participation là aussi de Michael Kiwanuka :
 

mercredi 14 décembre 2011

[Track of The Day] Michael Kiwanuka - I Need Your Company

Déjà il y a la pochette: Michael Kiwanuka pose là, l'air de rien, les mains de les poches, beau comme un dieu, la casquette-béret vissée sur la tête. Nonchalant, classe. Et la bande noire verticale présentant l'artiste et le nom du disque semble provenir d'un autre temps, d'une autre époque.

Et puis il y a la musique. Deux Ep ('Tell Me A Tale EP (Isle Of Wight Sessions)' dont la chanson du jour est extraite, et 'I'm Getting Ready Ep'), un prochain à venir le 1er janvier prochain et dans la foulée un premier album 'Home Again'. Et un ensemble plus que prometteur et qui font dire qu'on est en face d'un artiste qui ne peut que faire parler de lui.

Michael Kiwanuka ou la classe à l'état pur. Une production soulful, un peu de funk, un soupçon de folk, le tout aussi bien porté par un groupe d'une qualité indéniable (du violon à la basse, du saxophone au piano électrique, tout est précis et tape là où il faut) que par la voix de Michael Kiwanuka, d'une justesse folle.

'Tell Me A Tale EP (Isle Of Wight Sessions)' contient trois chansons. Vu qu'il est difficile de trancher entre ces trois morceaux, j'ai plouf-ploufé. Et à Tell Me a Tale et au doucereux Worry Walks Beside Me, j'ai opté pour I Need Your Company.

Ce qui n'est par contre pas trop difficile à déceler, c'est que Michael Kiwanuka (et les gens qui l'entourent) a un grand talent. Qui ne devrait pas tarder à exploser à la face du plus grand nombre.

Album: Tell Me A Tale EP (Isle Of Wight Sessions)
Année: 2011
Label: Communion



Histoire de faire les choses bien, vous trouverez ci-dessous 'Tell Me A Tale EP (Isle Of Wight Sessions)' en écoute complète. C'est bien trop dur de trancher. (malheureusement plus en écoute)

Pour info, les autres Ep sont en écoute directement sur le soundcloud de Michael Kiwanuka, en cliquant ici.

lundi 9 juin 2025

[Track of The Day] Little Simz - Lotus (feat. Michael Kiwanuka & Yussef Dayes)

Après Flood il y a quelques semaines, une fois n'est pas coutume, parlons aujourd'hui d'une autre chanson du nouvel album de Little Simz, paru vendredi dernier. Un disque très attendu après les deux excellents précédents albums et où l'on espérait voir l'anglaise revenir à son meilleur suite à un 'Drop 7 Ep' l'an passé plutôt quelconque et plutôt raté.

Ce nouvel album ('Lotus') a été travaillé sans Inflo, pourtant un des architectes, si ce n'est la matrice, des trois précédents et qui donnait aux chansons de Little Simz sa patine et son éclat (le chef d’œuvre 'I Might Be Introvert' et son incroyable chanson d'ouverture Introvert lui doivent beaucoup). Mais l'anglaise s'est depuis brouillée avec le leader de SAULT pour une sombre histoire financière (pour la faire courte, elle lui réclame le remboursement d'un prêt de 2,2 M$, rien que ça) et est donc partie voir ailleurs (Miles Clinton James en l’occurrence), pour mieux aussi se réinventer. Et à l'écoute, le changement ne l'a pas changée et son talent, la précision de son rap et la finesse de son écriture toujours aussi incandescents.

Dans ce disque dont on n'a pas fini de découvrir les contours tant il regorge de moments forts, on ressortira tout de même très rapidement Lotus (en écoute aujourd'hui), chanson titre aussi majuscule que majestueuse, sur laquelle Little Simz invite le batteur jazz Yussef Dayes et le grand Michael Kiwanuka. Un morceau à l'orchestration divine, au piano comme ivre, à la rythmique presque déroutante, où Little Simz rappe comme si sa vie en dépendait, quand Kiwanuka l'accompagne de sa voix d'or et rassurante (on dirait d'ailleurs que Lotus a été écrit sur mesure pour lui. A moins que ce soit lui qui est capable de faire sienne n'importe quelle chanson). Les anglais ont un mot pour ce genre de chose : masterpiece.

Album : Lotus
Année : 2025
Label : AWAL Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Lotus de Little Simz, Michael Kiwanuka et Yussef Dayes est également en écoute ci-dessous :
 

lundi 5 mars 2012

[Track of The Day] Michael Kiwanuka - Lasan (feat. Dan Auerbach)

Michael Kiwanuka, révélation soul de l'an passé, s'apprête à passer des singles et autres Ep de haute tenue au long format avec 'Home Again', son premier album très attendu (le 12 mars prochain).

Mais avant cela, l'anglais a décidé de s'approcher à pas de loups avec un nouveau single sur lequel figurera en face-A 'I'm Getting Ready' et surtout en face-B ce petit bonheur de Lasan, enregistré avec Dan Auerbach des Black Keys.

Lasan a un côté désuet, charmant et aurait pu être chantée par Bob Dylan il y a bien longtemps de cela. Et c'est un vrai bonheur; le genre de ceux qui vous font tout arrêter pendant 4'38"… 

Album: I'm Getting Ready 7" 
Année: 2012 
Label: Communion 

Lasan est également en écouté sur le soundcloud de Michael Kiwanuka, et ci-dessous.  (malheureusement plus en écoute)

jeudi 29 décembre 2011

Bilan 2011: Top 15 'Mixtape, Ep, 12", (Ré)Édition et 7"'


Histoire de ne pas déroger à la tradition de chaque fin d’année (depuis 2003 en général et 2007 sur ce blog en particulier), il est l’heure de faire un bilan d’une année musicale riche en découverte. En trois temps comme à chaque fois :
- un top « format court » qui présente les Ep, les 12’’, les 7’’ et les rééditions qui m’auront marqué en 2011.
- un top « singles » où 50 chansons ou morceaux qui auront rythmés mon année musicale
- un top « albums », en 50 disques.


Avant de débuter par la partie « format court » ci-dessous, il est bon de lister quelques blogs qui eux non plus n’oublient pas ces fondamentaux qui en exaspèrent plus d’un mais qui me passionnent à chaque fois. Ainsi, je ne saurais trop vous conseiller la lecture des pages suivantes :
La Quenelle Culturelle
Crystal Frontier
Feu à Volonté!

C’est Entendu
Mlle Eddie
Les Chroniques de Blake
De La Lune On Entend Tout
La Musique à Papa
Chroniques Electroniques (Techno/House)
Slash Taste
Sound of Violence

Ceci fait (d’autres à venir dans les jours qui viennent), passons donc aux Eps, aux 7’’, 12’’ et autres Mixtapes qui auront fait de cette année musicale 2011 une vraie bouffée d’oxygène.

Pour rappel:
Top 50 'Albums 2011' - 10-01
Top 50 'Albums 2011' - 30-11
Top 50 'Albums 2011' - 50-31
Top 50 'Chansons 2011'


Mixtape












The Weeknd est le projet d'Abel Tesfaye, canadien de son état. Et est peut-être la révélation de l’année.
The Weeknd, c’est en 2011, trois mixtapes (car ce sont bien des mixtapes si l’on veut être précis) : ‘House of Ballons’, ‘Thursday’ et ‘Echoes of Silence’. Trois disques qu’il est difficile de séparer tant il y a dans cet enchainement une vraie cohérence artistique.

Après avoir eu du mal à cerner le son de ce projet (gourmandise que l'on mange en secret ou vrais bons disques ?), j’ai pris mon parti d’aimer ce weird r'n'b qui flirte régulièrement avec le sirupeux indigeste, sans jamais tomber dedans. Trois disques d’équilibristes de la part d’un artiste qui devrait à n’en pas douter faire – beaucoup –parler de lui en 2012. Car oui, la révélation de 2012, ne cherchez plus: ça y’est, c’est The Weeknd !

The Weeknd – House of Balloons – Thursday – Echoes of Silence – self-released - +
Télécharger gratuitement et légalement ici



Beaucoup moins lo-fi que leur élan précédent, et bien plus réussi que celui-ci, les Dum Dum Girls proposent sur ‘He Gets Me High Ep’ trois nouvelles compositions de haute volée, la guitare au centre de tout. Mieux, trois franches réussites, très rentre dedans avec la guitare comme base de travail. Simple et très efficace. Avec en point d'orgue et pour conclure, une reprise There Is A Light That Never Goes Out, chanson phare des Smiths. Du genre parfaite.


Dum Dum Girls – He Gets Me High Ep – Sub Pop – +
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Voilà peut-être l’Ep de l’année. On savait que Mayer Hawthorne avait du talent. Mais à ce point… ‘Impressions Ep’, disque balancé gratuitement en téléchargement (voir plus bas) propose six reprises de titres connus à plus obscurs. Bien aidé par un groupe du genre « au taquet », Mayer Hawthorne s’en sort à chaque fois à merveille, avec une justesse parfaite. Et même sur l’archi repris Mr Blue Sky. C’est dire !

Mayer Hawthorne – Impressions Ep – Stones Throw – +
Télécharger gratuitement et légalement ici



Quoiqu’en dise la pochette (négatif de celle de ‘Ravedeath, 1972’), ‘Dropped Pianos Ep’ est le côté clair de l’album sorti cette année par Tim Hecker. Plus de trente minutes de piano évasif, de 9 sketches (le titre de chaque chanson) aux ambiances aussi lumineuses que sombres.
Un régal d’ambiant, de sobriété classique et de drone. Un bijou, un !

Tim Hecker – Dropped Pianos Ep – Kranky – +
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A l’instar de The Weeknd, il est là aussi très difficile de séparer ces deux premiers Eps. Autant sur la qualité que sur les promesses qu’ils contiennent.

Comme The Weeknd, on tient là assurément une des grandes voix et un des grands personnages de l’année 2012 qui s’ouvre sous peu.
Soul, funk, folk, Michael Kiwanuka (et le groupe qui l’accompagne. Il ne faut jamais oublier ces groupes qui magnifient des artistes déjà bien talentueux) semble maitriser ces styles qu’il mélange à merveille.


Et, ce qui ne gâche rien, c’est que notre homme a une voix à la justesse indéniable. Évidemment un des très grands espoirs de 2011.

Michael Kiwanuka - Tell Me A Tale Ep (Isle Of Wight Sessions)- I’m Getting Ready Ep – Communion – +
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Grand groupe français méconnu, aux sorties toujours de haute tenue, Kwoon aura confirmé en 2011 tout le bien que je pense de lui. Mené par Sandy, le groupe s’éloigne un peu de ce son post-rock qui lui va à ravir pour mieux alterner avec des chansons plus tendues. Et pour bien finir l’affaire, Kwoon propose même en cloture une relecture acoustique de son tube à lui, I Lived on The Moon. On dit comment ravissement en post-rock ?

Kwoon – The Guillotine Show Ep – self-released/Fin de Siècle – +
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Alliage de bon gout, ‘Fair Enough Ep’ aura été un régal pour mes oreilles et m’aura permis de finir – notamment – un été pourtant bien pourri en beauté. Entre vagues de synthés et électro tuantes, cet Ep de Para One & Tacteel est une méchante surprise, très groovy. Rien de moins qu’un Must-Have majuscule !

Para One & Tacteel – Fair Enough Ep – Fool’s Gold – +
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Ben Cooper, avant de sortir avec un nouvel album (on y reviendra bien assez tôt) est revenu en août dernier avec ‘The Bastards Volume 1 Ep’, une trilogie d’Ep, dont le premier est à télécharger gratuitement et légalement (voir plus bas).
On retrouve via ces trois chansons tout le sel qui faisait de ‘Ghost’ un immense album : des mélodies enchanteresses, des clappings en veux-tu en voilà et une émotion qui traverse chacune de ses compositions. Vite la suite!


Radical Face – The Bastards Volume 1 Ep – self-released – +
Télécharger gratuitement et légalement ici (à la date du 16 septembre 2011)



Les très pop Revolver, groupe français rappelons le, auront donné suite à leur déjà réussi premier effort de 2009 ‘Music for a While’ via ‘Parallel Lives Ep’. Quatre chansons, deux nouvelles compositions, deux reprises, le tout enregistré live et acoustique. Cet Ep, sans aucune prétention, est une franche réussite, très fraiche et aux mélodies qui n’arrêtent pas de sautiller un peu partout.

Revolver – Parallel Lives Ep – Delabel – +
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Buzz de l’année en Angleterre, The Vaccines n’est pas l’arnaque que certains voudraient nous faire croire qu’ils sont. En tout cas, pas avec ce sobrement intitulé ‘Ep’, qui contient ni plus ni moins que deux des meilleures chansons de leur album ‘What Did You Except From The Vaccines ?’. Et puis rien que pour Post-Break Up Sex...

The Vaccines – The Vaccines Ep – Columbia
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12"

Si la collaboration entre Burial et Four Tet coulait de source tant ce dernier est un crossover maker de tous les diables, adjoindre Thom Yorke, beugleur en chef d’un groupe qui sombre d’albums en albums depuis maintenant dix ans, relevait du pari ; et ce malgré la belle surprise qu’avait constitué ‘The Eraser’ en 2006.
Pari gagné. La voix de Thom Yorke se marrie parfaitement aux univers musicaux des deux compères qui composent ici une ambiance musicale insidieuse et perverse rapidement envoûtante.

Burial, Four Tet & Thom Yorke – Ego-Mirror 12" – Text – +
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Sortie surprise et inattendue, ‘Locked/Pyramid 12"’ est un disque immense. Four Tet prouve ici (s’il en était encore besoin car très franchement) quel sens de la mélodie il possède et quel talent vit en lui. Difficile de trancher et de déterminer quel morceau est supérieur à l’autre ; Locked plein de légèreté ou Pyramid, lancinant, intriguant et dansant ? Va savoir Édouard. Mais quel disque!

Four Tet – Locked/Pyramid 12" – Text – +
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(Ré)Édition


Quarante-quatre. Quarante-quatre années d’attente pour enfin écouter le chef d’œuvre perdu de l’histoire de la pop music. Alors oui, il y avait bien eu le ‘SMiLE’ de Brian Wilson en 2004, somptueux. Mais malgré la classe de l’ensemble, on ne pouvait s’empêcher de trouver que les voix n’étaient pas les mêmes et que la folie qui l’habitait alors ne transparaissait pas sur sillon.

Sept années plus tard, et de façon presque inattendue, Brian Wilson a ressorti les bandes du placard, a enlevé la poussière dessus et s’est remis au travail, comme en 1967, quand les Beach Boys devait devenir le grand groupe du monde.
Cette fois, il l’a fait sans drogue. Et a réussi ce qu’il n’avait pas réussi à faire l’époque: finir son disque.

S’il y a bien un mot qui convient parfaitement à ‘The SMiLE Sessions’, c’est bien le mot chef d’œuvre utilisé plus haut. L’ensemble est dingue. Il fallait être fou pour penser, imaginer, produire un tel album, qui plus est en 1967.
Il y a tout dans cet album des Beach Boys : de la pop grandiloquente, des chœurs magnifiques, des chansons à tiroirs, des tubes en or massif. Et un génie en train de se brûler les ailes qui vole au-dessus de tout cela.

The Beach Boys – The SMiLE Sessions – Capitol – +
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7"

Amoureux du format court, The Pains of Being Pure at Heart aura continué a disséminer ici et là ses face-A et B tout au long de l’année. Des deux singles sortis en 2011, c’est indéniablement ‘The Body 7''’ qui remporte la palme. Pas forcément pour The Body, mais pour Tomorrow Dies Today, véritable tube pop que beaucoup voudraient avoir écrit. Et qui n’est qu’une « simple » face-B pour ces américains au talent fou.

The Pains of Being Pure at Heart – The Body 7'' – Slumberland
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Je ne suis évidemment pas objectif, mais ce premier 45 tours de Without My Hat Records ne pouvait pas ne pas figurer dans cette liste. Car j’en suis avant tout très fier. Car j’aime Pumuckl comme ce n’est pas permis. Et que c’est aussi une façon de remercier tout ceux qui ont soutenu le projet. Des plus anonymes aux « célébrités du web », de Kill Me Sarah à Erwan en passant par The Muffin Man, Rock 0la, Micka, Gérald ou Pepito (sans compter ceux que je n’aurais pas reconnu).
Merci donc. J’en profite également pour signaler qu’il reste des copies pour ceux qui le souhaitent!
Quant aux prochaines aventures de Without My Hat Records, elles devraient voir le jour courant premier trimestre 2012.

Pumuckl - Simple 7" - Without My Hat Records - +
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Pour finir, et comme à chaque fois, vous trouverez ci-dessous un player Grooveshark présentant une chanson de chacun des disques présentés ci-dessus.
Bonne(s) écoute(s) ! Et à très vite pour la suite!


mardi 13 juin 2023

[Track of The Day] Legss - Fester

Bien sûr, il y a a scène australienne mainte fois évoquée dans ces pages (et encore jeudi dernier). Mais elle n'est pas la seule vivace actuellement (au demeurant, beaucoup le sont, l'explosion d'Internet ayant permis, pour le meilleur comme pour le pire d'ailleurs, à beaucoup de groupes, ignorés par les médias importants, d'exister et de trouver leur public ailleurs que dans un bas de page d'un fanzine confidentiel). Regardez l'Angleterre : la scène anglaise ne cesse elle aussi de se renouveler et de dévoiler de nouveaux groupes, plus intéressants les uns que les autres. 

Les Legss (avec un « g » et deux « s ») dont il est question aujourd'hui ne sont pourtant pas des nouveaux-venus. Quatuor londonien, ils ont derrière eux cinq années d'activité, une poignée de singles et trois Ep au compteur, dont le dernier 'Fester' qui vient tout juste de paraître (le premier sur un label).

Un disque intriguant qui passe par beaucoup d'états, d'une très belle ouverture instrumentale et délicate (Motto, qui rappellerait presque le Michael Kiwanuka de 'Love & Hate') à une sorte de jumeau vaporeux en fermeture. Entre les deux, du post-punk qui ne veut pas rester dans sa case et surtout la chanson titre, Fester, sorte de balade mélancolique qui explose dans quelques rages noise-rock, quand elles ne sont pas grunge. Magnifique apogée de près de six minutes de ce très recommandable nouvel Ep de Legss.

NB : Pour en savoir plus sur 'Fester Ep' et plus globalement sur Legss, ce papier de The Quietus est à lire

Album : Fester Ep
Année : 2023
Label :
The state51 Conspiracy

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Fester de Legss est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Fester de Legss : 

mardi 13 décembre 2016

The Wedding Present - Going, Going... [Scopitones]

Je parlais il y a quelques semaines de l'ouverture assez « couillu » du deuxième album de Mickael Kiwanuka avec un Cold Little Heart de 10mns, dont 5 premières minutes totalement instrumentales.

'Going, Going...', neuvième album de The Wedding Present, fait encore mieux. Pour un groupe qui a souvent démarré ses albums pied au plancher, la bande de David Gedge ouvre les 20 chansons du disque par quatre morceaux uniquement instrumentaux, alternant guitares très lourdes (Kittery) et atmosphères plus intimistes, minimales et lumineuses (point d'orgue avec Sprague, voir plus bas). Quatre premier titres donc qui peuvent induire en erreur l'auditeur qui pourra (comme l'auteur de ses lignes) se croire perdu dans une bande-originale de film, bien loin des standards habituels de The Wedding Present.

Ce n'est que sur la cinquième chanson Two Bridges que l'on retrouve le groupe tel qu'on le connaît. Et ce n'est qu'à partir de là que le groupe retrouve ses guitares, ses mélodies et la voix de David Gedge. Et pour quel résultat ? De haute tenue. Force est de constater que 'Going, Going...' aurait mieux fait de s'appeler « Boing, Boing » tant The Wedding Present rebondit d'influences musicales en étalage de leurs sonorités.

Sans doute trop long certes (63 minutes pour les 15 derniers titres), 'Going, Going...' voit les Wedding Present passer par tous les états, d'un son lourd - presque stoner - à un plus proche de leurs élans originaux, de chansons mélancoliques (presque Arab Strapienne par moment, voir Little Silvertout) en passant par des mélodies et des sonorités qui rappellent leur fameux 'Take Fountain' et plus globalement leurs productions depuis leur reformation en 2004 (Rachel, en écoute dans les lecteurs Spotify et Deezer à gauche) et même des ambiances presque post-rock (fameuses 10 mns de Santa Monica qui closent l'album). Et malgré ce mélange, 'Going, Going...' s'avère très appréciable et suffisamment divers pour que la durée ne soit pas un obstacle. David Gedge chante toujours aussi bien et les idées mélodiques sont trop réussies pour ne pas emporter une adhésion franche.

Avec un disque comme 'Going, Going...', avec un début aussi instrumental, avec un album aussi long (80 mns au total !), pas dit que The Wedding Present (re)trouve le chemin du succès. Mais David Gedge semble s'être fait une raison. Comme il le dit lui même ironiquement sur Broken Bow, «The pain of failure is so much greater than the pleasure of success ». Dont acte. (sortie : 2 septembre 2016)

Son :
'Going, Going...' de The Wedding Present est à l'achat ici
Le site officiel de The Wedding Present, au couleurs de 'Going, Going...'
'Going, Going...' de The Wedding Present est à l'écoute chez Spotify ou Deezer (entre autres)



Trois chansons pour découvrir ce 'Going, Going...' de The Wedding Present. Rachel (en écoute dans les lecteurs Spotify et Deezer), ses paroles presque niaises (David Gedge est amoureux sur cette chanson, forcément) et qui n'aurait pas dépareillé sur 'Take Fountain', pour ouvrir le bal. Puis Birdsnest. Et enfin le très lourd Bear :





Enfin, pour finir, deux clips tiré de ce 'Going, Going...' de The Wedding Present : celui de Sprague, la chanson qui clôture la partie instrumentale du début, entre cordes et piano. Et enfin le clip de Rachel. Deux clips très contemplatif :



lundi 12 mars 2018

[Track of The Day] Shannon & The Clams - The Boy

Avec sa pochette divinement désuette (d'aucuns qualifieront de dégueulasse, et on ne pourra pas dire grand chose), Shannon & The Clams (groupe dont je découvre l'existence) n'est pas là pour changer la face de la musique.

Tout au plus elle veut renverser son cours, et la faire revenir à une époque depuis longtemps révolue. Car le quatuor d'Okland en Californie, sur 'Onion' (son cinquième album) retourne au début des années 60, entre rock'n'roll, doo-wop, surf pop voire soul.

Marqué par la tragédie du Ghost Ship Warehouse en décembre 2016 à Okland (qui fit 36 victimes), 'Onion' est un disque qui retourne aux sources de la pop musique actuelle, qui sonne très juste, bien aidé en cela par Dan Auerbach, un des deux Black Keys - dont le travail sur le Lasan de Michael Kiwanuka avait été remarqué dans ces pages.

Rappelant aussi bien les Beatles (évident sur The Boy) et assimilés que les girls group de l'époque, ce nouvel album de Shannon & The Clams, s'il se perd en route, n'en est pas moins une franche réussite, nostalgique mais pas rétrograde tant les titres qui s'y trouvent sont de qualité. Et nul doute que si elles avaient vu le jour il y a 55 ans, certaines des chansons présentes ici auraient terminé, en français, dans la bouche d'un Richard Anthony ou d'un Johnny Hallyday.

Album : Onion
Année : 2018
Label : Easy Eye 

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Boy de Shannon & The Clams est également en écoute via leur clip ci-dessous :



Autre chanson tirée de 'Onion' de Shannon & The Clams, voilà Backstreets, la chanson qui ouvre 'Onion' :

 

Enfin, voilà Did You Love Me, chanson presque soul de Shannon & The Clams :



mercredi 28 décembre 2022

Bilan 2022 : « Albums » (40-21)


Après les Ep, 45-tours et autres rééditions, continuons à dérouler les disques qui auront fait mon année 2022 en passant par la case albums. Comme chaque année, ils sont quarante au programme publiés en deux temps : ceux classés de la place 40 à 21 et vendredi, les vingt premiers.

Mais avant de plonger la tête la première dans ces albums là, comme le veut la coutume, voilà quelques liens à cliquer pour aller voir ce que d'autres ont tirés de 2022 :
- Le top 100 des albums de 2022 selon les précieux The Quietus
- Les choix de la rédaction et des lecteurs de Benzine
- Les 10 albums de Mind Riot Music
- Les 24 albums de l’année selon Bandcamp Daily
- Le top albums de la rédaction d'Addict Culture

Vingt albums disais-je donc. Vingt disques brillants, avec de vraies découvertes, des coups de coeur gros comme ça, du revenant, des chansons cachées depuis 11 ans, des réponses australienne au buzz du moment, des collaborations de légende, entre autres. Des disques de qualité qu'il a été difficile de ne pas classer plus haut (pour autant que ceci ait une quelconque importance) et qui m'auront accompagnés de longs moments en 2022 - et même quotidiennement pour certains. Et comme lire c’est bien mais écouter c’est mieux, en bas de ce papier se trouvent deux lecteurs Deezer et Spotify dans lesquels vous trouverez une chanson de chacun des albums cités ci-dessous. Bonne lecture, bonne(s) écoute(s) !



 
40. Swami John Reis - Ride The Wild Night [Swami Records]

Swami John Reis, sa carrière longue comme le bras comme leader d'une pelleté de groupes post-hardcore et rock, a décidé de se lancer en solo. En résulte un disque de trente minutes qui ne s'embarrasse pas de détails entre garage et power-rock, plein d’énergie, de fougue et de tubes à la pelle (la chanson titre pour ne citer qu’elle). Un album « continue à fond, on freinera quand on pourra toucher le virage du doigt », aussi immédiat qu'addictif.
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39. Peel Dream Magazine - Pad [Slumberland Records / Tough Love Records]Il y a dans les quinze chansons de 'Pad' un peu de Kings of Convenience pour la délicatesse de la voix, pas mal de pop des 60/70s (la pochette étant là pour le confirmer) et beaucoup de Beach Boys. Un très bel album aux airs d'un Burt Bacharach minimaliste, et qui évoque une sorte de sunshine pop rêveuse de fin d'été, quand le soleil tape moins fort, que les jours commencent à raccourcir et les soirées à rafraîchir


38. A Place to Bury Strangers - See Through You [DedStrange]

'See Through You' est le sixième album d’A Place to Bury Strangers et voit le trio de Brooklyn redevenir on ne peut plus intransigeant et bruyant au possible, avec une production au couteau, mais sans délaisser totalement ses élans « pop » récents. Un grand cru, noisy à souhait, évidemment.


37. Animal Collective - Time Skiffs [Domino Records]

Loin de la hype de leurs débuts, Animal Collective prouve avec 'Time Skiffs' à quel point le groupe a toujours ce petit truc en plus de composition, cette folie qui n'appartient qu'à eux - quand bien même beaucoup se sont inspirés de leurs travaux. Un album qui est une sorte de retour aux sources, un melting pot de 'Spirit They're Gone Spirit They've Vanished', 'Sung Tongs', 'Feels' et 'Strawberry Jam'. De la folk-pop sous acide, que l'on imagine dirigée par un Panda Bear, réel patron de l'organisation animale, d'où s'échappent encore des petits bijoux, si ce n'est bricolés, au moins tordus dans tous les sens.

36. Nyx Nótt - Themes From [Melodic Records]

Voilà un énième disque brillant par une des deux têtes pensantes d’Arab Strap. Un concept album totalement instrumental, centré autour de la télévision, où les huits morceaux retranscrivent l'idée qu'Aidan Moffat se fait des génériques d'émissions ou de films de télévision. Un ensemble de qualité, presque d'une autre époque, dont le meilleur résumé vient d’Aidan Moffat lui-même : « a walk through a neon Soho after a few cocktails ».


35. Field Medic - Grow your hair long if you’re wanting to see something that you can change [Run For Cover Records]

Sans conteste la plus belle « touche » (comme on disait quand j’étais ado) de l’année. Un très joli disque de folk, de pop et de folk-pop, bien achalandé (c’est la première fois qu’il a un groupe avec lui), triste mais beau, beau mais triste.
34. Jockstrap - I Love You Jennifer B [Rough Trade]

Premier album pour le duo Ellery/Skye et première réussite. Un disque d'avant-garde, d'art-pop, de glitch-pop (si tant est que ce terme existe), de balades sublimées, de r&b et d'électronica, plutôt fourre-tout mais à la cohérence remarquable.
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33. Marie-Flore - Je sais pas si ça va [6&7]

Totalement inconnue à mes oreilles jusque là, beau coup de coeur que la découverte de la parisienne Marie-Flore et de son troisième album. Difficile de résister à cette voix qui semble autant désabusée, trainante que sûre de ce qu’elle exprime, de ces mélodies mélancoliques et aux atours déprimés, et de ces textes souvent amers sur l’amour, les relations, la vie.


32. Steph Green - Thanks for That [Mashed Potato Records]

Une des très belles pochettes de 2022 pour ce disque qui a tout du mini-album (9 chansons, quelques 20 minutes) de la part de l’américaine Steph Green. Un 'Thanks for That' entre folk et rock à l'aura lo-fi délicieuse et qui rejoint le haut de la scène de songwriteuse qui ne cesse d’exploser depuis quelques années.
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31. The Mountain Goats - Bleed Out [Merge Records]

Avec pour pierre angulaire les films d’actions en tout genre et de toute époque qu’il a consommé en grande quantité au moment des confinements, John Darnielle a écrit un nouveau disque brillant pour ses Mountain Goats. Un concept-album sur les anti-héros, qui voyage entre pop joliment troussée, balades belles à pleurer et élans rock sacrément efficaces.


30. Hudson Mohawke - Cry Sugar [Warp]

De l'électro-trash à des sonorités qu'on dirait composées par Vangelis tout en faisant plus que flirter avec le rap, 'Cry Sugar' vous trimballe dans tous les sens, passe du tout au tout constamment, et n'en reste pas moins passionnant à bien des égards tout au long de ses 73 minutes et 16 morceaux.  Un disque qui ne vous met jamais dans le confort et vous prend à défaut à chaque titre.
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29. Pusha T - It’s Almost Dry [Def Jam Recordings / Getting Out Our Dreams]

Hip-hop, soul, funk sont au programme de cet album de Pusha T, disque incongru par sa durée (35 minutes, aucun remplissage) mais tellement délicieux de bout en bout. Un 'It's Almost Dry' venant avec son lot de featuring cinq étoiles (Kid Cudi, Jay-Z, Clipse) et une chanson majuscule, Dreaming of The Past, qui utilise un sample de la reprise de Jealous Guy de John Lennon par Donny Hathaway en 1972 et sur lequel Pusha T et Kanye West (compositeur du morceau) viennent rapper.


28. Bill Callahan - YTI⅃AƎЯ [Drag City]

Si les disques de Bill Callahan sont souvent de bonne facture, cela faisait presque dix ans que l’ancien Smog ne m’avait pas retourné à ce point. Un disque sublime, sans doute un de ses meilleurs, parcouru de titres majuscules (Naked Souls !), aux orchestrations léchées et à la poésie vibrante.
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27. Body Type - Everything Is Dangerous But Nothing's Surprising [Poison City Records]

Power-indie-pop aux accents punk, 'Everything Is Dangerous But Nothing's Surprising' est une sorte de réponse australienne à Wet Leg, de la part d’un quatuor féminin actif depuis six ans et qui ne s’en laisse pas compter. Gros coup de coeur.


26. Oceanator - Nothing's Ever Fine [Big Scary Monsters / Polyvinyl Record / Plastic Miracles]

Plein de petits hook pour relancer ses chansons, malin et jamais passéiste, 'Nothing's Ever Fine' est un disque qui fuzz, qui pop, aux guitares belles comme tout. Finalement, son seul vrai défaut sa pochette, lambda au possible et qui ne rend pas justice à cet excellent album qui dévoile une sacrée artiste dont on n'avait pas soupçonné jusque là tout le talent.
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25. Nas - King's Disease III [Mass Appeal]
Troisième volet de la série 'King’s Disease', cet album de Nas est en quelque sorte mes retrouvailles avec celui qui aura ambiancé ma fin d’adolescence. Un disque où tout est net et précis, où le flow est percutant et les productions classieuses, engageantes et même jubilatoires.


24. Rosalía - Motomami [Columbia Records]

Pas vraiment la cible première de ce genre d’albums, j’ai été totalement happé par la folie Rosalía. Il faut dire qu’il y a de quoi dans ce 'Motomami' où se mêlent autant de r&b que de hip-hop, de trap, de reggaeton que de flamenco revisité et servi à la sauce 2022. Un album pas loin d’être gigantesque et qui est brillant de bout en bout.
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23. Sea Power - Everything Was Forever [Golden Chariot Records]

Sans doute un peu zappé par tout le monde en cette période de bilan car sorti très tôt en 2022, ce retour des désormais Sea Power (ils ont abandonné le « British ») est pourtant grandiose. Nerveux à souhait, mélancolique comme jamais, aux deux voix toujours aussi complémentaires, 'Everything Was Forever' est un des meilleurs album du groupe jusque là. Quel retour !
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22. Danger Mouse & Black Thought - Cheat Codes [BMG]
Une association qui sur le papier faisait rêver : d’un côté Danger Mouse, producteur touche à tout. De l’autre Black Thought, patron avec ?uestlove de The Roots. Le résultat est sans appel : c’est évidemment brillant, produit à la perfection, au flow précis de Black Thought et aux invités de prestige (A$AP Rocky, Raekwon, Run the Jewels, Michael Kiwanuka, Joey Bada$$) dont MF Doom pour un featuring venu de l’au-delà.
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21. MGMT - 11•11•11 [MGMT Records]

Les disques « live » font rarement recettes chez moi. Et quand ils le font, ils n’atterrissent pas dans cette partie là du bilan. Sauf que ce live de MGMT y a toute sa place - et c’est dire sa qualité tant la réputation des new-yorkais est plutôt piteuse en matière de concert. Enregistré il y a onze ans, il ne contient QUE des inédits du groupe, jamais rejoués depuis, et composés spécialement pour une rétrospective consacrée au plasticien italien Maurizio Cattelan. Psyché, souvent hallucinatoire, '11•11•11' est un voyage aérien - parfois sous psychotropes que l'on prendrait par plaques de douze - que l'on ferait affalés dans des nuages douillets.
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Comme promis, vous trouverez une chanson de chacun des disques présentés dans les lecteurs Spotify et Deezer et ci-dessous (de la place 21 à 40) :