lundi 8 octobre 2007

Track of The Day (2-8 octobre 2007)

95% rock, 5% americana, le Track of The Day délaisse l'électro et le hip-hop le temps de quelques jours. Pour mieux y revenir bientôt. (toujours en écoute dans le lecteur deezer, à droite).

Lundi 8 octobre 2007 :
* Clap Your Hands Say Yeah ! - Satan Said Dance [Wichita]
Histoire de démarrer la semaine du bon pied, Satan Said Dance, tuerie de cette année 2007 riche en singles énormes. Un titre (et plus globalement un album) d'une efficacité folle et d'une écriture dingue. DANCE comme ils disent.
(disponible sur Some Loud Thunder # 2007)


Dimanche 7 octobre 2007 :
* Perry Blake - Something Still Reminds You [Orchard Music]
Le crooner Irlandais revient sur un tout petit label et avec un nouvel album. Banjo et tout le toutim pour un voyage entre americana et country, avec en point d'orgue, ce petit bijou mélancolique à souhait.
(disponible sur Canyon Songs # 2007)


Samedi 6 octobre 2007 :

* Editors - An End Has a Start [Kitchenware]
Deuxième album une nouvelle fois proprement torché par les anglais, adeptes des années 80 et des guitares de ces années là. Et un titre d'une grande efficacité en guise de nom d'album. Rythme, chant, tout y est. Tripping.
(disponible sur An End Has a Start # 2007)


Vendredi 5 octobre 2007 :
* Maxïmo Park - Karaoke Plays [Warp]
Encore du Warp. Deuxième album pour les Maxïmo Park, un peu plus faiblard et moins consistant que son prédécesseur. Mais il y a quelques excellents titres dont Karaoke Plays, un morceau plein d'emphase (peut-être trop pour certain) qui donne envie d'hurler les paroles à la manière de Paul Smith. Savoureux.
(disponible sur Our Earthly Pleasures # 2007)

Jeudi 4 octobre 2007 :
* Battles - Atlas [Warp]
Un des tous meilleurs titres de l'année 2007 sur un des excellents albums de la même période. Batterie frénétique, guitare entêtante, chant barré. Et groupe de folie. Perché en haut de l'Atlas justement.
(disponible sur Mirrored # 2007)


Mercredi 3 octobre 2007 :
* Lou Barlow - You're a Goat [Acuarela]
En pleine reformation de Dinosaur Jr. et Sebadoh, Lou Barlow continue sa partition solo (que j'aime beaucoup, je l'avoue) et donne une suite à son très joli 'Emoh' de 2005 avec cet Ep certes inégal mais sur lequel figure ce morceau, acoustique et nerveux.
(disponible sur Mirror The Eye Ep # 2007)

Mardi 2 octobre octobre 2007 :
* Help She Can't Swim - All The Stars [Fantastic Plastic]
Plus carrés, moins foufou qu'auparavant, les Help She Can't Swim donne une suite euphorisante à leurs précédentes aventures. Punkons ensemble sur ce All The Stars qui, dans un monde parfait, ferait danser toutes les filles de la planète. Et pas que. Riot!
(disponible sur The Death Of Nightlife # 2007)

dimanche 7 octobre 2007

[Oldies] Evie Sands - Any Way That You Want Me (1969)

Même si les deux histoires n’ont rien à voir, même si elles ne sont pas du tout comparables, l’histoire de la vie d’Evie Sands est un peu un copié-collé de celle de Jackson C. Frank.
La demoiselle le rejoint facilement au royaume des artistes maudits, un royaume où il est écrit à l’entrée « ici reposent des artistes pétris de talent poursuivis par une scoumoune inouïe ».

Car, bien que moins morbides que ceux de l’ami Jackson C. Frank, Evie Sands n’aura pas donné sa part au chien en matière de déboires (essentiellement artistiques toutefois).

Quand en 1965, la jeune demoiselle signe chez Blue Cat Records, elle s’apprête à sortir un single Take Me For A Little While qui doit logiquement la propulser en haut des charts. Malheureusement, le test-pressing du single est dérobé par un producteur peu scrupuleux et transmis à Chess Records et à Jackie Ross qui s’empresse (bien qu’elle assurera toujours qu’elle n’était pas au courant du vol) d’enregistrer le morceau, à sa façon. Le titre sort très rapidement, supplante la sortie de la version d’Evie Sands, est un succès et truste les playlists de toutes les radios américaines. Le mal est fait. Et la version originale passe pour une resucée médiocre et sans saveur.

En souhaitant relancer sa carrière, elle sort ensuite un second single, I Can’t Let Go : nouvel échec cuisant pour elle mais qui deviendra un an plus tard un tube or massif des anglais de The Hollies. Allez comprendre.

Histoire de lui enfoncer une bonne fois pour toute la tête sous l’eau, tout se répète à l’envie. Partant de Blue Cat Records, la belle Evie Sands signe sur Cameo-Parkway et sort Angel of The Morning. Las, triple las : le label met la clé sous la porte, laissant donc les droits sur le morceau libres. Merilee Rush & The Turnabouts sautent sur l'occasion, enregistrent leur version de la chanson et font un carton.

Dépitée mais pas abattue, Evie Sands continue son bonhomme de chemin, croyant que cela tournera bien un jour. Elle signe sur A&M Records et sort donc en 1969 l’album dont il est question aujourd’hui, 'Any Way That You Want Me'.

Un disque… fabuleux. Trente-cinq minutes de soul blanche, très poppy, avec du Dusty Springfield dans tous les sens, un peu de Burt Bacharach (producteur de génie de l’époque, Aretha Franklin, Dionne Warwick et beaucoup d’autres confirmeront), des chœurs à tomber, de la délicatesse dans les arrangements (le mariage piano/violon/cuivre est merveilleux à chaque fois),… Le tout produit tout en rondeur par un Chip Taylor. Et puis surtout ce sentiment bizarre de retrouver quelques mélodies qui trusteront le haut des charts quelques années plus tard (Any Way That You Want Me et son coté Grease, entre autres).
Ce disque sera un échec. Comme le seront ses (rares) sorties discographiques ultérieures. Quand on vous parle de lose…

La grande Dusty Springfield était une fan absolue d’Evie Sands, allant même jusqu’à enregistrer un morceau avec elle au milieu des seventies. Mais rien n’y fera jamais rien. Sans savoir vraiment pourquoi et malgré la qualité des compositions, leur côté plus qu’accessible et leur grand potentiel tubesque (I'll Hold Out My Hand ou But You Know I Love You, pour ne citer que ces deux là), elle ne sortira jamais vraiment de l’anonymat, malgré un retour (rapide) sur le devant de la scène à la fin des années 90.

C'est à n’y rien comprendre à l’écoute de cet album doux, délicat, emballant, bien écrit, porté par cette voix « soul-mais-pas-trop », entre Dusty et Nancy Sinatra. Foutus poissards va.

Première sortie: 1969 (A&M)
Dernière réédition: 2005 (Rev-Ola)

Son :
Myspace Non-Officiel (Avec notamment deux titres de cet album ainsi que sa version d’I Can’t Let Go).

Trois morceaux: But You Know I Love You, It's This I Am et Any Way That You Want Me. A vous de tomber sous le charme :





 


vendredi 5 octobre 2007

Dntel – Dumb Luck [Sub Pop]

On ne va pas se voiler la face : avant un second album solo de Dntel, j’espérais vraiment la sortie du deuxième opus de The Postal Service, dont il est une des deux têtes de proue et qui m’avait retourné le cerveau en 2003 (grande année musicale s’il en est par ailleurs).

Et puis j’ai écouté ce disque. Et puis je me suis rappelé que 'Life Is Full of Possibilities', son premier album, m’avait vraiment emballé à l’époque. Et puis j’ai appris au détour d’une interview sur l’industrie musicale et via la voix d’un des dirigeants de Sub Pop que The Postal Service allait sortir son nouvel opus la veille de noël.

Donc finalement, tout ne va pas si mal. Surtout que ce 'Dumb Luck' est bon. Certes pas d’une cohérence folle. Mais bon (voire très par moment) L’ami Jimmy Tamborello (aka Dntel) a rameuté une bande de joyeux drilles pour chanter sur ses productions lap-topiennes qui sont toujours très mélodiques, mais plus torturées que dans The Postal Service et moins éthérées que sur 'Life Is Full of Possibilites'.
Jugez plutôt : Jenny Lewis, sorte d’égérie du monde de l’indie-rock (dont l’album de 2006 comprenait de très bons moments), les Grizzly Bear de chez Warp, le meilleur ami de Why? Fog, Conor Oberst (ou Bright Eyes, on y reviendra), les allemands de Lali Puna (dont le monde musical n’est définitivement pas si éloigné de celui de Dntel) ou les très sous-estimés Mystic Chords of Memory. Entre autres.

Certes, cette liste longue comme le bras a un côté « m’as-tu vu » et qui rappelle certains albums très moyens qui compilaient les featurings pour mieux tenter de cacher la médiocrité du projet. Sauf que là ce n’est pas le cas.

Premièrement, parce que les choix sont judicieux et uniquement dus à des affinités musicales (ou affectives) et non pas dictés ou guidés par je ne sais quel coup marketing. Deuxièmement parce qu’on est chez Sub Pop qui a depuis longtemps prouvé son intégrité artistique. Et troisièmement parce que Jimmy Tamborello est un producteur, un faiseur de lap-pop assez génial mais pas un chanteur (même s’il ouvre superbement ce Dumb Luck en chantant le titre éponyme d’une voix diaphane et touchante). Et parce qu’il préfère laisser ce talent aux autres.

Et puis aussi parce qu’il sait ce qu’il fait. Parce que son mélange d’électronica et de folk, de pop et de boucles est une réussite une nouvelle fois. Parce que les contributions de ses invités sont splendides (le titre de Conor Oberst, Breakfast in Bed, est un bonheur sans fin et d’une finesse dans l’écriture assez incroyable : l’histoire d’un dérapage alcoolisé entre deux amis, du moins suppose t-on, le lendemain au réveil, plein de fatalisme en guise de gueule de bois). Parce qu’il est du niveau (ou presque) de 'Life Is Full of Possibilities'. Parce que.

Comme le chante Bright Eyes, « You said you loved me after fourty five minutes ». Parions qu’il faudra encore moins de temps que cela à n’importe quel lecteur sensé pour (re)tomber dans le piège de la douceur ouatée des productions de Dntel et du mariage avec les voix de ses amis. (Sortie : 24 avril 2007)

Son :
Myspace (4 titres en écoute dont ceux avec
Lali Puna, Jenny Lewis et Grizzly Bear)
Site Officiel (dont quelques titres en téléchargement gratuit. Dont un bien joli D
on't Get Your Hopes Up)

Et deux titres. Donc celui avec
Conor Oberst donc, forcément, et Dumb Luck avec Dntel au chant (malheureusement plus en ligne).


Et pour finir, le clip de Breakfast in Bed (je sais, je bloque vraiment sur ce morceau) (malheureusement plus en écoute).

jeudi 4 octobre 2007

Amandine - Solace in Sore Hands [Fat Cat]

Quand on pense à la Suède, bizarrement, avant d’évoquer la Laponie, le coup d’état de 1772 ou Jean-Baptiste Bernadotte (maréchal français, élu héritier du trône puis roi de Suède sous le nom de Charles XIV Jean de Suède. C'est fou ce qu'on peut apprendre comme truc en flânant sur le web), on pense d’abord (cliché quand tu nous tiens) aux plantureuses blondes qui peuplent ce royaume nordique.

Amandine aurait pu être une de celles-ci. Une jeune fille aux formes parfaites, aux jambes interminables, au regard fragile mais perçant, dont on tombe amoureux au premier coup d’œil. Sauf que voilà, Amandine n’a rien d’une gravure de mode. Derrière ce nom féminin et aguicheur se trouve, à la base, un groupe suédois de quatre jeunes gens, banals et physiquement ordinaires, dernièrement - et officiellement - rejoint par Kristina Lundin au violon.

Leur folk-pop teinté d’americana a, au contraire, énormément de charme. Et c’est bien cela qui importe. Leur premier album était un petit bijou passé assez inaperçu. Leur Ep de l’an passé annonçait de bien belles choses. Mais de là à en espérer autant…
'Solace in Sore Hands' est en effet une des très belles réussites du premier semestre 2007, un de ces disques anodins par essence mais qui se révèlent au fil des écoutes délicieusement indispensable.

Essentiellement basé sur le mélange piano-guitare-cordes sur leur premier 'This Is Where Our Hearts Collide', 'Solace in Sore Hands', s’il garde peu ou prou la même structure, s’appuie principalement sur un banjo qui donne une sincérité plus grande au disque, palpable dès les premières notes de Faintest of Sparks (voir plus bas), petite bluette où chaque instrument semble parti de nulle part pour arriver, comme par miracle au même endroit le moment venu.

Entre riffs americana (marque de fabrique du premier album, moins présents ici), accordéon plaintif, violons et cuivres pleureurs (qui font merveille sur New Morning, voir plus bas), Amandine comble une nouvelle fois son auditoire. Et même si elle n’est sans doute pas la plus belle fille de Suède, elle n’en reste pas moins la plus charmante. (Sortie : 7 mai 2007)

Son :
Myspace
Site Officiel

Au hasard Balthazar, deux titres de cet album. Parce qu'on peut piocher n'importe où, il n'y a que des réussites
(malheureusement plus en écoute).

mercredi 3 octobre 2007

Dinosaur Jr. – Beyond [Fat Possum]

Résumé des épisodes précédents :
1994 : après une mainmise sur les quatre dernières décennies, le rock cède de la place, se fait bouffer sa marge, perd ses dividendes. Tenu à bout de bras par Kurt Cobain, l’industrie du rock s’écroule comme un château de cartes dès le suicide du leader de Nirvana. 2Pac, Notorious B.I.G, Dr. Dre, à l’affût depuis quelques années, s'engouffrent dans la brèche, prennent la place et trustent les playlist radio.

2001 : quatre branleurs BCBG New-Yorkais et un duo de Détroit aux États-Unis, un combo de lads géniaux en Angleterre, ravivent la flamme et ramènent le rock en haut des hit-parades.

Depuis ce retour en flamme, les reformations se multiplient, vieux groupes tentant de manger un peu sur le dos de ce renouveau rock. The Who, The New York Dolls, les Smashing Pumpkins, les Stooges, Queen (sans Freddie Mercury !). Même Europe (Europe quoi !) y est allé de son nouvel album ! Mais à quelques exceptions près (Gang of Four notamment, voire les Pixies), les résultats finaux ont été aussi désastreux qu’inutiles, tout au moins d’un point de vue artistique.

Alors, quand on a vu Jay Mascis et Lou Barlow se rabibocher et Dinosaur Jr. se reformer, on a pris peur. Qu’est ce qu’un des groupes les plus cultes des années 80 pouvait bien encore avoir à dire ? Qu’est ce qu’ils pouvaient ajouter à 'You're Living All Over Me' ou 'Green Mind' dont on a tous épuisé les sillons au maximum ? Et bien tout mon général !

Car, si l’on fait un rapide tour de toutes les reformations depuis le début des années 2000 et les disques qui en ont découlés, 'Beyond' des Dinosaur Jr est tout simplement le meilleur. De tous. Un très grand album de cette année 2007, et dans le top 3 de leur discographie, ni plus ni moins.

On les retrouve comme si on ne les avait jamais vraiment perdus de vue. Comme si on était encore en 1990. Mascis est dans une forme olympique, Barlow assure comme un diable, notamment sur les deux morceaux où il prend le micro et plante des parties de basses absolument énormes (oh mon dieu, ce Lightning Bulb). Et Murph fait le boulot derrière ses fûts.

'Beyond' est un grand album, un euphorisant de première classe. Vraiment. Un délice constant. Ça riffouille a mort (le solo de trois minutes absolument jouissif de Pick Me Up, voir plus bas), les trois compères envoient du lourd dans tous les sens. Par pur plaisir, ils font durer leurs morceaux plus que de raison (trois seulement de moins de 4 minutes) et ce qui aurait pu être une grande faiblesse s’avère être au final un atout majeur.

Bref, Dinosaur Jr. est de retour. Comme à l’époque. Avec la même envie. Le même besoin de faire du rock. Du vrai. Un come-back plus que réussi. Qui redonne foi dans les solos de guitare qui ont de la gueule. Et qui mettent tout le monde d’accord. (Sortie : 30 avril 2007)

Son :
Myspace
Site Officiel

Et en écoute, deux titres, parmi les meilleurs de l'album qui contient donc, vous l'aurez compris, bon nombre de pépites (malheureusement plus en écoute).