jeudi 9 décembre 2010

Arandel - In D [InFiné]

Comme je l'expliquais dernièrement, le monde de la musique électronique et moi on s'est un peu perdu de vue, lassé. Ne découvrant plus de disques vraiment bouleversifiant, je l'avais laissée filer comme on laisse filer, non pas une ancienne conquête qu'on aime toujours (l'électro n'a jamais été mon terrain de prédilection) mais plus comme un vieil ami dont les attentes ne sont pas les mêmes que les nôtres.

Et puis est arrivé InFiné et Arandel. Le premier est le label d'Agoria (homme de goût s'il en est) naviguant entre Lyon et Berlin. Le second est, avec son premier album 'In D', la surprise bien plus qu'electro de l'année.

Arandel est quelqu'un de mystérieux qui garde pour l'instant l'anonymat. Tout au plus peut-on s'imaginer à voir la pochette de l'album que c'est une personne qui dort peu et qui porte la raie au milieu - ce qui aujourd'hui reste une hérésie, convenons en. Car à part ça, rien.

Mais au final, à dire vrai, on s'en fiche un peu de connaître son identité: sa musique parle pour lui. Entièrement composée sans sampler et autres outils électroniques classiques mais via des instruments traditionnels, elle semble pourtant on ne peut plus organique. Comme quoi…

Il y a sur 'In D' une vraie recherche sonore et une grande ambition artistique. Le tout aurait pu donner un album de m'as-tu vu? Ce n'est au final rien d'autre qu'un grand album d'électro minimale, au touché pop voire electro-rock par moments, le tout enroulé de cordes qui savent se faire faire attendre pour mieux ensuite sublimer leur propos.

Bien que dégageant une grande mélancolie, 'In D' est bizarrement un album chaleureux dont le son très rond est une invitation à l'écoute. Et telle une drogue insidieuse, il est très difficile après y avoir goûte de se passer de ces neuf compositions à la beauté fulgurante.

J'ai mis du temps à savoir comment parler de ce premier album d'Arandel. Ma culture de la musique électronique est trop mince pour me permettre de l'analyser plus en profondeur. Retenez donc juste que 'In D' est un album renversant, intelligent, cohérent (il s'écoute vraiment d'une traite) et profondément «réel». Et qu'à mon petit niveau, ça faisait un moment que je n'avais pas été à ce point touché par un disque qui se veut électro. (sortie: 28 juin 2010)


Benoit, Berlin2Barcelona, Benjamin ou MilleFeuille ont aimé et parlent très bien (et en profondeur) de cet album d'Arandel. A lire!

Son:
Myspace (Cinq morceaux de 'In D' en écoute)
Page officiel chez InFiné

On peut se procurer le premier album d'Arandel pour 9.99€ directement sur le site d'InFiné, en cliquant ici.

Deux morceaux en écoute. #1 qui ouvre 'In D' et pose le décor et #7, meilleur morceau de l'album, dont la justesse est franchement renversante. (malheureusement plus en écoute).

Et pour finir, la vidéo d'Overture, sorte de bande-annonce dirons-nous de ce 'In D' :



mercredi 8 décembre 2010

[Track of The Day] HAL - Down In The Valley

Alors qu'une rumeur un peu folle sortie tout droit des coursives du festival de l'ATP (où le groupe a officiellement débuté sa tournée de reformation par trois concerts dont les setlists laissent pantois) annonce que Godspeed You ! Black Emperor sortirait un nouvel album en mai prochain, un autre retour discographique est confirmé lui depuis quelques semaines déjà: celui de HAL.

HAL est un groupe irlandais signé à l'époque chez Rough Trade et qui avait sorti en 2005 un très sympathique premier album qui sentait bon les sixties, les mélodies accrocheuses et la pop à l'anglaise, mis en orbite par un Worry About The Wind, genre de single pop imparable.

Six ans et quelques problèmes de nom plus tard (le groupe devrait s'appeler Hal from Ireland dans certains pays), le quatuor de Dublin revient un peu à la surprise générale avec 'The Time, The Hour', qui sortirait en mai prochain.
Le groupe vient de mettre à jour un premier extrait: Down In The Valley, une chanson pleine d'entrain et de chœurs Bee Gees-ien qui prouve que les Hal n'ont pas changé, qu'ils aiment plus que jamais la pop et qu'elle le leur rend bien. 

Album: The Time, The Hour 
Année: 2011 
Label: -

Down In The Valley est à télécharger gratuitement, légalement et dans le format de son choix sur le site officiel de HAL, en cliquant ici. (malheureusement plus en ligne)

mardi 7 décembre 2010

Net Emergence 'Décembre 2010': Death & Vanilla, You Call it a Name, Killtronik


Dernière session pour Net-Émergence avec l'élection du groupe de décembre. Seize groupes sur la ligne de départ (toute la sélection ici), seulement trois à l'arrivée et, forcément, un unique vainqueur. Présentation du trio de tête.


Médaille de bronze : Killtronik


Electro-rock française originaire de Cannes, la musique des Killtronik s'inscrit dans une veine à la Phoenix. Produite pour faire bouger les têtes et quelques parties du corps, leur musique sans être fondamentalement dingue, reste toutefois plutôt efficace. Seul hic à mes yeux: une seule chanson en écoute sur le myspace, et tout le reste en extraits de moins d'une minute. Dommage dommage.
Myspace


Médaille d'argent : You Call it a Name
Les You Call it a Name sont parisiens. Et la chose que l'on peut dire, c'est que leur chanteur a été influencé par Paul Banks le chanteur d'Interpol (soit il a le même grain de voix, soit il fait tout pour faire coller la sienne à celle de Banks).
En tout cas, leurs chansons, orientées post-punk-nowave, même s'il n'y a rien de nouveau sous le soleil (Bloc Party et autres Franz Ferdinand, ça remonte presque), tiennent franchement la route.
Myspace



Médaille d'or : Death & Vanilla
Les grands vainqueurs de l'édition de Décembre 2010, ce sont eux, les suédois de Malmö, Death & Vanilla. Pop sombre et synthétique sur laquelle Lee Hazlewood semble avoir une vraie influence.
J'avoue que sur les premières écoutes (et même pour le vote), je n'ai pas accroché. Bien fait, mais pas franchement passionnant pour un sou. A la réécoute, bizarrement cela passe tout seul: la nuit, le froid, la fatigue, tout cela aide peut-être. Bref, sensation bizarre. Mais un groupe à écouter certainement.
Myspace



L'année 2010 se termine donc sur la victoire pas imméritée d'un groupe suédois pour Net Emergence. Rendez-vous désormais en janvier prochain pour la suite de « l'utopie musicale » imaginée par Valery.

lundi 6 décembre 2010

[Track of The Day] Jim O'Rourke - Always Something There to Remind Me (feat. Thurston Moore) (Sandie Shaw cover)

Américain vivant au Japon depuis quelques années, Jim O'Rourke a du sa notoriété à sa participation à Sonic Youth le temps de quelques albums au début de ce siècle.
Pourtant, il reste avant tout un esthète pop. Car on ne sort pas une trilogie 'Bad Timing', 'Eureka', 'Insignifiance' par hasard, sur un coup de chance.

Dernière lubie de l'américain aux yeux bleus profonds: rendre hommage à un maître de la pop music, Burt Bacharach. 'All Kinds of People Love Burt Bacharach' est une compilation de reprises de l'auteur de Say a Little Prayer for Me et autres Raindrops Keep Fallin' on My Head.

A la production et à la musique, Jim O'Rourke. A la voix, Jim O'Rourke également, mais uniquement sur Planes, Boats and Trains, originellement chanté par Dionne Warwick. Car sur les 10 autres titres, il fait appel à des amis, pour la plupart japonais (il y a ici de vraies découvertes) ainsi que Thurston Moore qui revisite Always Something There to Remind Me, en y ajoutant se légère touche noisy qui lui et prore..

Au final, 'All Kinds of People Love Burt Bacharach', qui rend hommage plus qu'il ne revisite, est un vrai bonheur d'album. Un parce que le tout est bien fait avec ses touchés délicats de piano sur lit de cordes. Deux parce qu'on sent que Jim O'Rourke est fan de l'œuvre de Burt Bacharach et qu'il de lui rendre hommage sans la défigurer. Et trois car on a l'occasion de découvrir ici quelques voix japonaises qu'il faudrait assurément plus écouter tant elles titillent très agréablement l'oreille. 

Album: All Kinds of People Love Burt Bacharach 
Année: 2010 
Label: AWDR

jeudi 2 décembre 2010

[Track of The Day] 1973 - Queens

Cette semaine est définitivement ancrée dans le monde de la pop et du folk (comme souvent me direz vous). Après Iron & Wine et les Radar Brothers, faites place à Queens, nouvelle chanson des 1973, trio parisien qui a confirmé cette année tout le bien qu'on pensait d'eux avec leur premier disque 'Bye Bye Cellphone'.

Queens est à l'image de leur album: une belle composition avec une chouette mélodie pour jolis chœurs. Plus qu'une face-b, cette chanson est aussi une bonne occasion de reparler des 1973, groupe charmant, aussi bien sur disque que sur scène. 

Album: - 
Année: 2010 
Label: Blonde Music

Vous pouvez télécharger Queens gratuitement et légalement en devenant fan de la page officielle des 1973. Cliquez ici!