lundi 28 février 2011

[Track of The Day] Dum Dum Girls - There Is A Light That Never Goes Out (The Smiths cover)

Le premier album des Dum Dum Girls, bien qu'orné d'une belle pochette, avait été une grande déception. Un groupe qui s'auto-parodiait et qui reprenait les recettes de son 'Yours Alone Ep', pourtant prometteur, dans un ensemble très poussif et vraiment peu inspiré.

Un an plus tard, les Dum Dum Girls remettent le couvert, discrètement mais sûrement, avec une nouvelle sortie, 'He Gets Me High Ep'. Beaucoup moins lo-fi que leurs élans précédents, cet Ep voit les Dum Dum Girls composer trois franches réussites, très rentre dedans avec la guitare comme base de travail. Simple et très efficace.

Mieux, le quatuor féminin s'autorise à une relecture de There is a light that never goes out des Smiths. Sortie sur 'The Queen is Dead', l'album qui m'a presque fait aimer Alain Delon, cette chanson est peut-être la plus belle de l'album mythique de Morrissey et de ses copains.

Mais pas effrayées pour un sou, les Dum Dum Girls osent et donnent leur vision de l'affaire avec une version très nerveuse et noisy où Dee Dee chante avec un détachement délicieux. Une des meilleures reprises des Smiths que j'ai eu l'occasion d'entendre; et un régal sans fin. Comme ce 'He Gets Me High Ep' qu'il faut définitivement mettre entre toutes les oreilles.

Album: He Gets Me High Ep 
Année: 2011 
Label: Sub Pop

jeudi 24 février 2011

[Track of The Day] J Mascis - Is It Done

Mon cher J Mascis

J'ai quelque chose à te demander. Oui à toi, tête de lard incroyable et leader (ou plutôt co-leader mais je n'ai pas envie que tu t'énerves) de Dinosaur Jr, capable de sortir des albums mémorables aussi bien à la jonction 80s/90s qu'au milieu des années 2000, toi l'homme à qui aucun riff ne fait peur.

Oui, mon cher J Mascis, j'ai quelque-chose à te demander. Non pas à propos de ton nouvel album solo, 'Several Shades of Why', acoustique et enregistré sans batterie. J'en ai assez écouté (deux chansons dont Is It Done en écoute aujourd'hui) pour savoir qu'il me tarde de l'avoir entre les oreilles.
Tes invités ont plutôt de la gueule (Kurt Vile, Sophie d'A Silver Mount Zion, Kevin Drew de Broken Social Scene, Ben Bridwell de Band of Horses ou Paulo Zappoli des Black Heart Procession, pour ne citer qu'eux), tes mélodies sont remarquables, ta voix ne bouge pas et puis l'arrivée presque impromptue de riffs discrets comme si cette guitare acoustique te démangeait trop me va très bien. Bref, tout baigne.

Non c'est autre chose qui me turlupine. Plus anodine. Plus superficielle: c'est quoi ce nouveau look à la con? Un bouc? Et pourquoi pas une barbichette ou des rouflaquettes pendant qu'on y est? Non parce que vieillir, prendre du poids, voir sa vue baisser, d'accord, on n'y peut rien, c'est la vie. Mais tenter de ressembler à Sean Connery aux cheveux longs quand on a été une icône du rock indé US, ce n'est pas très sérieux non?
Pour un mec né avec une guitare électrique entre les pognes, qui a composé avec Dinosaur Jr des albums magistraux et qui a réussi peut-être LA reformation la plus passionnante des années 2000, ça fait tâche de ressembler à un indie-papy à 45 ans à peine!

Tu me diras, faut bien changer, on n'est plus en 1991. Mais même, tu ne m'empêcheras pas de penser que de te voir là sur les photos presse avec ce bouc, et ayant plutôt la classe il faut bien l'avouer, ben ça me choque. C'est bête mais c'est comme ça.
Allez, Jay, reviens à la raison, rase moi cette barbe, remets un t-shirt dégueulasse et continue de ne ressembler à rien. Sinon Lou Barlow va encore se foutre de ta gueule.

xxx

Ton fan, -Twist-

Album: Several Shades of Why
Année: 2011
Label: Sub Pop


Not Enough, autre extrait de 'Several Shades of Why' est à télécharger gratuitement et légalement sur le site officiel de J Mascis en cliquant ici.

mardi 22 février 2011

Stranded Horse - Humbling Tides [Talitres]

Sortie de la profondeur de la rivière Niger, revoilà la kora de Yann Tambour, l'homme derrière Encre mais surtout de Thee Stranded Horse. Enfin, Stranded Horse tout court, notre homme ayant préféré abandonné en cours de route le Thee que ne lui sied peut-être pas si bien.

'Humbling Tides' est le second album de Stranded Horse et la suite d'un premier 'Churning Strides' (chronique de l'époque ici) délicieux à plus d'un titre. Et une fois de plus, il est basé sur la kora, cet instrument malien qui n'est pas sans rappeler notre harpe occidentale, même si les sonorités qui s'échappent de l'instrument africain sont plus tendues, plus sèches.

Loin de ressortir un copié-collé de son premier album, Stranded Horse modifie sur 'Humbling Tides' quelque peu son propos en intégrant subtilement violons (celui de la violoniste de Mansfield Tya) et violoncelle sur quelques unes de ses compositions et en mettant un peu de pop dans le moteur. Et le résultat n'en est que plus beau.

D'ailleurs, la force de 'Humbling Tides' tient dans ce fait: cette capacité qu'a Stranded Horse à faire évoluer sa musique, de lui faire prendre corps. Et si 'Churning Strides' était l'album de la découverte et de l'exploration sonore - basé sur de très solides compositions, 'Humbling Tides' me fait plus l'effet de l'album de la maturité, malgré tout le cliché que cette expression peut comporter.

Qu'il chante en anglais (de façon claire, presque sautillante) ou en français (un chant plus étouffé qui cache volontairement la diction de certains mots au creux de ses joues, comme pour mieux les garder mystérieux), Stranded Horse réussit en tout cas son pari.
'Humbling Tides' est un très bel album - le plus beau écouté en 2011 pour le moment, supérieur à son prédécesseur, ce qui n'est déjà pas rien. Plus encore, ses paroles sont ici véritablement portées une musique belle, langoureuse, légère autant que pesante et qu'il sait rendre ample malgré son côté très intimiste. Bref, du ravissement à tous les étages. (sortie: 24 janvier 2011)

Nb: Stranded Horse est en concert à Lyon mercredi soir à Grnd Zero Gerland pour présenter, entre autres, ce 'Humbling Tides'. Et sûrement pour pas cher mon fils. Plus d'infos ici.

Envie d'en savoir plus? Allez donc lire les très bonnes chroniques de Benjamin, de Thom, de Benoit ou encore de Mmarsu.


Son:
Myspace (Trois chansons de 'Humbling Tides' en écoute)
Page officiel de Stranded Horse chez Talitres


Deux chansons en écoute. Shields pour vous mettre par terre, They've unleashed the hounds for the wedding pour vous faire frissonner. (malheureusement plus en écoute)

lundi 21 février 2011

[Track of The Day] Adele - Turning Tables

Elle m'avait retourné le bide avec son Hometown Glory - une des plus belles chansons que j'ai pu écouter ces dernières années - dernier morceau d'un album pas formidable mais contenant tout de même quelques belles balades à croquer.

'21' n'était pas un album attendu par chez moi. Mais titillé par les éloges lus ici et là, j'ai posé mes oreilles dessus. Et il faut avouer que tout commence très bien avec un triptyque Rolling In The Deep, Rumor Has It, Turning Tables qui tient vraiment la route, bien produit, sans fausses notes et que la voix d'Adele tient bien. Et puis… plus rien. Ou presque.

Comme si on lui avait dit qu'il fallait qu'elle tombe dans le cliché, qu'elle n'évite pas les écueils classiques, Adele salope ce premier quart d'heure et plombe l'album de guimauve et de choix de productions et artistiques hasardeux (la boite à rythme affreuse de He Won't Go, le solo dégueulasse de Set Fire To The Rain).

On sauvera Someone Like You voire le très soul One and Only. Mais à part ça, rien. Alors oui certains trouveront ce Turning Tables très sirupeux (et ils auront sans doute raison, c'est mon côté fleur-bleue, mais j'aime vraiment ses mélodies toutes simples et amples à la fois qu'elle martèle sur son piano) mais il est à mes oreilles la preuve du talent qui vit dans les mains et les cordes vocales d'Adele. Pour cela que je trouve '21' frustrant: il y avait vraiment moyen de faire bien mieux. Cette jeune femme a vraiment du talent , en plus d'un sacré coffre.

Album: 21
Année: 2011 
Label: XL

Et pour finir, le clip de son premier single, Rolling in the deep :



vendredi 18 février 2011

[Track of The Day] Charles Bradley - The World (Is Going Up in Flames)

L'an dernier, c'est Aloe Blacc, 31 ans au compteur, qui avait fait l'actualité soul par sa voix, ses compositions et le groupe qui l'accompagnait.
Cette année, il y a des chances que cela soit Charles Bradley et 'No Time For Dreaming' son premier album à… 62 ans!

Cuisinier pendant toute sa vie mais fan de musique depuis encore plus longtemps, Charles Bradley ne doit son changement de carrière qu'aux oreilles sûres de Gabriel Roth, patron de Daptone Records, le label de Sharon Jones and The Dap Kings.

On parle souvent des p'tits jeunots qui remettent au gout du jour une musique qui a connu son heure de gloire dans les années 70. Sauf que lui, Charles Bradley sort un disque des années 70, tout bêtement. Il a la voix, rocailleuse et puissante, un groupe qui assure sacrément (ces cuivres!) et quelques chœurs pas piqués des hannetons.

'No Time For Dreaming', qui porte pour le coup bien mal son nom, est un très bel album de soul/funk à l'ancienne, réalisé par un ancien qui n'aurait vraiment pas fait tâche aux côtés de certains monstres de l'époque. James Brown pour ne citer que lui.

Nb: pour en savoir plus sur ce disque, jetez-vous sur la chronique de PandaPanda, en cliquant ici.

Album: No Time For Dreaming
Année:
2011
Label:
Daptone


Et pour finir, le premier clip de Charles Bradley. Celui de The World (Is Going Up in Flames), forcément: