jeudi 17 novembre 2011

[Track of The Day] 13 & God - Armored Scarves


A la sortie de '13 & God', le premier album du groupe du même nom, je n'avais pas adhéré. Pourtant il avait un peu tout ce qui me plait en musique: des sonorités melting-pop-esque rassemblant deux groupes que j'apprécie, The Notwist et Themselves. La rencontre de deux univers: celui de electro-pop et celui de l'indie hip-hop.
Mais rien à faire, leur album ne m'avait pas touché.

A l'écoute de 'Own Your Ghost', deuxième effort des 13 & God, je me suis demandé ce qui m'était passé par la tête à ce moment là. Peut-être qu'à l'époque j'étais dans une phase Hood et je comparais inconsciemment leur premier album à celui des anglais, 'Cold House', qui marriait à merveille leurs chansons indie(post)rock aux voix et à l'univers de Doseone and Why?. Et que je trouvais 13 & God tombant à plat en comparaison. Peut-être. Va comprendre Charles.

Ce qui est certain, c'est que j'aime leur nouveau disque. Car 'Own Your Ghost' est un sacré album. Le mélange des univers de The Notwist et Themselves marche à merveille. Il y a ici un équilibre où aucun des deux ne cherchent à tirer la couverture à lui. La chanson du jour est révélatrice d'ailleurs: sur Armored Scarves, si l'ambiance de départ rappelle The Notwist, la fin et l'arrivée de la rythmique et de la voix de Doseone est beaucoup plus Themselves-ienne.

Depuis j'ai réécouté le premier 13 & God. Et rien n'y fait: si le tout est ressemblant, si le groupe n'a pas changé son fusil d'épaule, cet album m'ennuie encore sur la longueur. Alors que 'Own Your Ghost' m'emballe totalement.

Album: Own Your Ghost
Année: 2011
Label: Alien Transistor


En plus d'Armored Scarves en écoute aujourd'hui, vous pouvez écouter Old Age, premier single de 'Own Your Ghost'. (malheureusement plus en écoute)

Le clip de Its Own Sun, chanson d'ouverture de ce deuxième album des 13 & God :

Et pour finir, 2mns sur l'enregistrement d'Armored Scarves :

mardi 15 novembre 2011

Coldplay - Mylo Xyloto [Parlophone]

Disque en concurrence avec le nouveau Justice et la collaboration calamiteuse entre Metallica et Lou Reed pour être le pire album de la rentrée (si l'on en croit les critiques tombant ici et là), 'Mylo Xyloto' est, au-delà de son aspect esthétique, un disque qui me fait me poser plusieurs questions.

A la base, je l'ai déjà dit, je suis plutôt un fan de Coldplay (même si fan est un terme exagéré). De 'Parachutes' à 'Viva la Vida or Death and All His Friends'. Mais j'ai beau écouter 'Mylo Xyloto', j'ai du mal à m'y faire.
D'ailleurs, la question est là: comment un groupe comme Coldplay, qui truste les top ventes dans une industrie qui se casse plus que jamais la gueule, qui peut remplir des Stade de France en moins de temps qu'il ne faut pour mettre les places en ventes, et qui peut presque tout se permettre tant son catalogue de tubes et à faire chanter les foules est énorme, comment donc Coldplay peut-il se vendre et se fourvoyer autant?

Car mince, à la base, ces gens là, Chris Martin en tête, ont un sens aigu de la mélodie. On aime ou on n'aime pas certes, mais ils savent trousser des mélodies marquantes et emballantes.
Je ne nie pas que sur 'Mylo Xyloto' on peut en déceler ici et là mais elles sont tellement massacrées par une production réalisée à coup de pelleteuses qu'il est difficile de les faire ressortir.

Et quelle idée de s'associer avec Rihanna pour une chanson dégueulasse et à peine audible (mais tellement représentative de cet album) alors que leurs univers n'ont rien à voir? Quelle mouche les a donc piqués?
Ils ont le monde dans les mains, peuvent faire ce qu'ils veulent, même dicter leur loi à Parlophone… et tombent dans la vulgarité la plus insupportable, comme n'importe quel groupe en manque de ventes allant se prostituer pour connaître enfin ou à nouveau le succès.

Beaucoup de détracteurs de longue date de Coldplay diront que le changement de cap est sensible et réel depuis 'X&Y' et que le groupe de Chris Martin fait dans la mièvrerie et le sentimentalisme à deux balles depuis des lustres. Oui, mais cette mièvrerie et ce sentimentalisme, ils avaient un côté charmant, accolés à des mélodies accrocheuses et quelques hymnes de stades pas vulgaires. Surtout, Coldplay prouvait par quelques élans - cachés - qu'il était encore capable du tout meilleur (splendide Till Kingdom Come à la toute fin de 'X&Y', une de leurs toutes meilleures compositions).

'Mylo Xyloto' est la première vautre de Coldplay. Un disque construit pour les stades (tous ces "Ohohohohohoh" qui parcourent chacune des chansons), à la production affreuse mais aussi au son désagréable et qui rend le tout quasi-inécoutable sur la longueur.
Un album qui massacre chaque début d'un commencement de mélodie sous un océan de putasserie que même le U2 des 10 dernières années n'aurait pas accepté. Ce disque est une erreur de la nature.

Dans dix ans, Chris Martin parlera de 'Mylo Xyloto' et expliquera les raisons qui ont poussé son groupe à sortir une telle horreur.
Il nous dira peut-être qu'à cette époque, Gwyneth Paltrow était à nouveau enceinte et qu'il lui fallait beaucoup, beaucoup, mais alors beaucoup de sucre. Oui Chris, sauf que là, c'est trop. Et la mère Gwyneth, comme nous, elle a passé le stade du plaisir, elle a même passé celui de l'indigestion. Elle est juste dans les toilettes en train de vomir cette bouse. (Sortie: 24 octobre 2011)


Son:
Myspace (Deux chansons de 'Mylo Xyloto' en écoute)
Site officiel

Deux chansons en écoute seulement. Les deux plus écoutables de l'album. La première, Us Against the World, est du Coldplay simple et efficace, où Chris Martin n'en fait pas des caisses et où le groupe pond une charmante mélodie.
La seconde,
Up With the Birds, clôt l'album est un bonheur à écouter une fois qu'on vient de se taper les huit chansons succédant à Us Against The World. Grandiloquent mais pas trop. Sympa mais pas top. (malheureusement plus en écoute)


Histoire de se convaincre (à ces deux chansons près) de la nullité crasse de 'Mylo Xyloto' (et que Coldplay ne manque pas de moyens), le clip de Paradise :



lundi 14 novembre 2011

[Track of The Day] Lescop - La Forêt

Jeudi soir, alors que j'étais accoudé à une table du Broc Bar dans le deuxième arrondissement de Lyon en train de gentiment descendre une bière, la chaîne de notre hôte - féru d'électro - s'est mis à balancer entre deux morceaux une chanson chantée en français qui, dans le brouhaha ambiant, tiqua ma curiosité.
Vous savez ce genre de moments où vous avez une discussion des plus banales (donc importantes) mais que vous vous sentez obligé d'interrompre pour mieux écouter et vous concentrer sur ce qui sort des enceintes?

Ben c'était un de ces instants là. Il faut dire que La Forêt (puisque c'est le titre de la chanson en question) était du genre plutôt efficace, entre sonorités eighties, chant en français et voix à la Etienne Daho.

Pour Daho, c'est moins vrai à la réécoute au calme. Mais il n'en reste pas moins que ce titre là, même à tête reposée, a une sacrée gueule.

Dans la droite lignée d'une nouvelle scène française - menée par La Femme (qui vient de sortir un nouvel Ep sur lequel je n'ai pas eu le temps de poser mes oreilles) - qui va chercher son inspiration dans les années 80 françaises (Taxi Girl, Partenaire Particulier, Indochine), Lescop devrait faire rapidement (si ce n'est déjà fait) faire parler de lui.

Ancien d'Asyl, groupe inconnu à mon bataillon personnel, Matthieu Lescop et sa petite bande (John and Jehn) propose là un premier single qui dépote et un vrai tube en puissance. Et si l'Ep après quelques écoutes ne me semble pas au niveau de La Forêt, c'est assurément un groupe à suivre. Et à danser. 

Album: Ep 
Année: 2011 
Label: Pop Noire 

La Forêt est également en écoute ci-dessous, au format soundcloud. (malheureusement plus en écoute)

La même La Forêt est disponible en clip également :



mardi 8 novembre 2011

Alain Bashung - L'Homme à Tête de Chou [Barclay]

Avoir du talent ou pas.
Une fois passés de vie à trépas, beaucoup d'artistes voient leurs titres cachés au fond d'un tiroir, ceux auxquels ils ne trouvaient aucune utilité, ceux dont ils n'étaient pas très fiers ou simplement pas contents du résultat, ressurgir dans d'affreuses compilations ou d'albums posthumes aussi indigestes que dégueulasses.
Entrez-ici familles, labels ou détenteurs des droits sur les chansons avortées des Jeff Buckley (Mary Guibert, dépeceuse en chef), Mickael Jackson ou dernièrement Amy Winehouse, pour n'avoir pas su respecter la volonté de vos défunts proches.

Enregistré en 2006 pour un spectacle de danse contemporaine monté par Jean-Claude Gallotta, 'L'Homme à Tête de Chou' sera finalement le testament d'Alain Bashung. Et il y a quelque-chose de singulier à ce que la dernière œuvre d'Alain Bashung soit une relecture d'un des plus beaux albums de l'histoire de la chanson française.

Si tant est qu'on ait beaucoup écouté l'original, que l'on se soit lové dans les bras de Marylou et de ce journaliste amoureux fou de cette shampouineuse, on ressortira un peu perturbé de la première voire de la seconde écoute.
Le phrasé de Bashung n'est effectivement pas le même. Il est plus posé, moins truculent. Gainsbourg lui s'amusait des sonorités de chaque mot, jouait chacun de ses personnages, et prenait un plaisir malin à raconter son histoire avec ce ton aussi coquin que détaché.

Les guitares presque prog qui s'échappent de chacune des 12 plages de l'album original sont remplacées par des sonorités plus «contemporaines», où la trompette d'Erik Truffaz fait, sur quelques passages, merveille.

Pour autant, les écoutes successives confirmeront la beauté et la réussite de cet album. Déjà parce que Gainsbourg et Bashung font partie de la même caste: celles de ces artistes au talent fou. Sa voix est juste, ne sonne pas fausse dans cet univers et dans cette histoire là.
Et puis parce que cette relecture est sincère et juste. Raccourcissant le propos de quelques minutes au total, s’épanouissant totalement dans les parties chantées et moins parlées (sa versions de Marilou Sous La Neige est une réussite et Variations sur Marilou lui va à merveille) et ne ratant vraiment qu'un seul morceau (Marilou Reggae qui tombe à plat), Alain Bashung arrive à donner une seconde vie à ce chef d’œuvre qu'est 'L'Homme à Tête de Chou' (si tant est que cela eut été utile).

Entendons-nous bien, 'L'Homme à Tête de Chou' d'Alain Bashung n'atteint pas une seconde la beauté et le génie qui s'échappent de 'L'Homme à Tête de Chou' de Serge Gainsbourg. Pourtant, il mérite plus d'une écoute. Car c'est un bien beau dernier cadeau que nous offre là Alain Bashung, un hommage d'une grande classe au plus grand des artistes français, par un autre des plus grands.

Dernièrement, lors de la cérémonie du Prix Constantin, ils se sont mis à cinq (cinq!! Raphael, Camille, Olivia Ruiz, Daphné, et Cali) pour «honorer» l’œuvre de Bashung qui a du se retourner une bonne dizaine de fois dans sa tombe devant ce massacre en règle (si vous voulez vous faire mal, c'est ici)
Gainsbourg, au contraire, a du se sentir flatté, que le même Bashung fasse une bien belle relecture d'un de ses plus beaux albums.
Bref, avoir du talent ou pas. (sortie: 7 novembre 2011)

Quatre chansons en écoute aujourd'hui (via Grooveshark évidemment sinon...). Premiers Symptômes, Ma Lou Marilou, Variations sur Marilou et Marilou Sous La Neige. (malheureusement plus en écoute)

Et pour finir, le beau clip de Variations sur Marilou qui va avec :




lundi 7 novembre 2011

[Track of The Day] Lanterns on the Lake - If I've Been Unkind

Newcastle est une ville qui sait faire parler d'elle en cette rentrée 2011. Alors que son club de football vient enquiquiner les cadors de la Premier League et autres milliardaires du moyen-orient venus s'acheter une danseuse, Lanterns on the Lake débarque avec son premier album chez Bella Union.

Mais là où Newcastle United n'est qu'un feu de paille qui survit grâce à une réussite trop insolente pour être honnête et qui est appelé à s'éteindre rapidement, Lanterns on the Lake promet au contraire beaucoup.

Sextet ne respectant pas la parité (4 mecs, 2 filles), Lanterns on the Lake confirme que ce nom n'a pas été pris à la légère: leur musique en est l'exacte expression.

'Gracious Tide, Take Me Home', premier album du groupe, est un mélange de douceur, de délicatesse et d'univers langoureux. Il y a ici des cordes qui ne cessent de s'envoler (et qui font plus que rappeler sur quelques chansons celles du 'The First Days of Spring' de Noah and The Whale), un piano planant, des guitares légères, une rythmique présente comme si elle était absente.

Naviguant entre pop, folk, dreamy pop, post-rock voire slow-core sur certains passages, 'Gracious Tide, Take Me Home' est un album qui transpire de mélodies mélancoliques, de tristesse autant que d'espoir. Et de beauté. Et la beauté, c'est important. 

Album: Gracious Tide, Take Me Home 
Année: 2011 
Label: Bella Union

Afin de vous rendre compte de la beauté des compositions de Lanterns on the Lake, deux autres chansons sont en écoute aujourd'hui, Keep on Trying et You're Almost There. (malheureusement plus en écoute)