jeudi 29 février 2024

MGMT - Loss Of Life [Mom + Pop / MGMT Records]

Je ne sais pas trop quoi penser de 'Loss Of Life', le nouvel album de MGMT. Grand cru en devenir ou disque joliment exécuté mais qui rejoindra leur 'MGMT' de 2013 au rang des albums mineurs d'un groupe pourtant majeur des quinze dernières années ('Oracular Spectacular', 'Congratulations', 'Little Dark Age') ? L'avenir nous le dira tant la musique et les compositions du duo Benjamin Goldwasser / Andrew VanWyngarden ne se dévoilent pas toujours aux premières écoutes (je fais partie de ces gens qui n'ont pas saisi le génie de 'Congratulations' immédiatement).

Quoiqu'il en soit, 'Loss of Life' est un de prime abord un disque réussi. MGMT va chercher son inspiration dans les années 80, pour le meilleur (Nothing Changes qu'on pense longtemps être une balade à la Cure, le parfait People In The Streets) comme pour le pire (le duo sans grand intérêt avec Christine and The Queens Dancing In Babylon, toutes ces guitares dégoulinantes marquées du sceau d'une époque un peu trop pompière et qui a plutôt mal vieilli, que Brian May n'aurait pas reniées) ; mais aussi dans les années 90 (évident Bubblegum Dog, le brit-pop Mother Nature, sorte de rencontre entre Oasis et Sophia).

Pas dénué de grands moments, c'est pourtant à la toute fin de l'album que MGMT vient composer un véritable miracle : Loss of Life. La chanson qui clôture le disque du même nom, alors que sa partie 2 l'ouvrait ; comme si l'album ne devait être qu'une boucle infinie. Un morceau sur notre impréparation à la mort d'un être cher (« You can sail off the edges of the earth, greet the workers of the universe, still nothing prepares you for loss of life »), qui sonne comme du Beach Boys époque 'Pet Sounds' qui aurait été produit par Air. Un titre somptueux et qui voit des cuivre s'avancer peu à peu, prendre de la place et de l'ampleur, qui ont moins à voir avec les trompettes de l'Apocalypse du Nouveau Testament qu'avec les trompettes de la déesse Pheme dans la mythologie grecque, qui déifiait les héros par ses chants de Renommée et qui sonnent ici comme une sorte de célébration du défunt et d'une porte d'entrée vers le Monde d'après.

Je ne sais donc pas si 'Loss Of Life' de MGMT va s'imposer dans mes oreilles cette année. Si chaque écoute va lui faire prendre une autre dimension. Ce qui est sûr par contre, c'est qu'il n'est pas dit qu'on écoute une chanson de clôture plus belle et plus touchante que Loss Of Life en 2024. (Sortie : 23 février 2024)

Plus :
'Loss Of Life' de MGMT est à l'écoute sur leur page bandcamp
'Loss Of Life' de MGMT est à l'achat sur leur page bandcamp
'Loss Of Life' de MGMT est également
en écoute et à l'achat ici

Trois chansons de 'Loss Of Life' de MGMT en écoute aujourd'hui. A tout seigneur tout honneur, ouvrons le bal avec le sublime Loss Of Life dont j'ai beaucoup parlé au-dessus (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Enchaînons avec People In The Streets. Et terminons par le très brit-pop Mother Nature :

Les clips de Bubblegum Dog et de Nothing To Declare, deux des singles extraits de 'Loss Of Life' de MGMT :

mercredi 28 février 2024

[Track of The Day] Mo Troper - The Billy Joel Fan Club

Quatre-vingt-trois secondes, c'est court pour dire des choses en musique, surtout quand le single de 3'30" a toujours été le mètre étalon. Et pourtant, l'américain Mo Troper s'en sort très bien sur The Billy Joel Fan Club, second extrait de son cinquième album à venir dans quelques semaines, 'Svengali'.

Une chanson où il est question de tomber encore plus amoureux de quelqu'un qui partage vos centres d'intérêts - ici Billy Joel donc (et Mo Troper de préciser que cette histoire est vraie et qu'il a un jour vraiment adhéré à ce Billy Joel Fan Club). Une chanson, que dis-je, une balade qui prend ses racines dans une pop (et une production) de la fin des années 60, joliment orchestrée, avec quelques cuivres par ci, une guitare qui slide par là.

Certes, on pourra fustiger la durée de The Billy Joel Fan Club, se dire que c'est moins une véritable chanson qu'un simple refrain (à peine perturbée par un rapide pont) ou regretter que Mo Troper n'ait pas souhaité construire quelques couplets autour de cela. Mais la mélodie est belle, plutôt emballante et marquante même ; alors on remettra nos critiques à plus tard pour mieux replonger dans ces quatre-vingt-trois secondes de pure pop vintage.

EDIT : Accusé par son ex-compagne Maya Stoner du groupe Floating Room de violences physique et psychologique, Mo Troper a été lâché aussi bien par son management que par Lame-O Records qui finalement ne sortira pas le disque.

Album : Svengali
Année : 2024
Label : Lame-O Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, The Billy Joel Fan Club de Mo Troper est également en écoute ci-dessous :

Le clip de The Billy Joel Fan Club de Mo Troper :

mardi 27 février 2024

[Track of The Day] Maxwell Farrington & Le SuperHomard - Begging's Not My Business

Trois ans après un premier album remarqué, le duo franco (Le SuperHomard) australo-briochin (Maxwell Farrington) est enfin de retour, toujours chez Talitres, et toujours avec une pop orchestrale bien orchestrée dans sa besace.

Le disque s'appelle 'Please, Wait...' et s'il ne confirme pas totalement les promesses entendues sur 'Once' (la faute à des mélodies qui ne marquent pas vraiment), il contient une composition absolument sublime, sans conteste la meilleure à ce jour de Maxwell Farrington & Le SuperHomard.

Elle s'appelle Begging's Not My Business et ouvre la face-B de 'Please, Wait...'. Et de quelle manière ! Il y a tout dans cette chanson : du souffle, des arrangements soyeux, une mélancolie touchante, une production soignée et toujours cette voix entre Adam Green (même si Farrington est sans doute un meilleur chanteur que l'américain) et le Scott Walker des débuts, genre crooner qui ne se prend pas pour un crooner. 

Morceau quasi-symphonique, ample, à la production luxuriante et pleine d'emphase, Begging's Not My Business est en plus de tout ça d'une élégance rare. Qui en trois minutes met l'auditeur à genou.

Album : Please, Wait...
Année : 2024
Label : Talitres

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Begging's Not My Business de Maxwell Farrington & Le SuperHomard est également en écoute ci-dessous :

Autre très belle chanson de 'Please, Wait...' de Maxwell Farrington & Le SuperHomard, voilà Postprandial Promenade, avec le featuring de leur consœur de label Nadine Khouri :

Le clip de Plat du Jour, un des singles extraits de 'Please, Wait...' de Maxwell Farrington & Le SuperHomard :

vendredi 23 février 2024

[Track of The Day] Vampire Weekend - Capricorn

Groupe au succès certain au tournant des années 2000, avec A-Punk, tube qui aura fait date et qui continue de cartonner en synchro, Vampire Weekend est un groupe qui m'a toujours ennuyé. Je ne nie pas quelques qualités de compositions certes, mais rien n'y fait, je suis toujours passé à côté de leurs albums et n'ai jamais compris l'engouement dont il faisait l'objet.

Pourtant, les new-yorkais viennent d'annoncer la sortie d'un nouvel album pour le 5 avril prochain (leur cinquième et le premier depuis 2019). Il s'intitulera 'Only God Was Above Us'. Et si la référence à Dieu me fait d'avance freiner des quatre fers (le « was » laissant planer le doute, on n'est quand même pas chez The Welcome Wagon), je dois avouer que les deux premiers singles publiés en amont m'ont plus que tapé dans l'oreille. Deux chansons très riches, qui ont tout deux l’écho et la distorsion ancrées au coeur, et qui sont dans un style Vampire Weekend pur jus selon les fans (avis que je suis évidemment incapable de donner, n'ayant pas écouté le groupe depuis des années). A tel point qu'il est difficile de trancher entre la très belle balade Capricorn (en écoute aujourd'hui) et ses roulements de batterie, et l'énergique et pop Gen-X Cops.

Mais l'important est ailleurs. Pour la première fois, je suis hypé par un disque de Vampire Weekend. Seize ans après leur premier album. Il faut un début à tout. Il parait bien qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

Album : Only God Was Above Us
Année : 2024
Label : Columbia Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Capricorn de Vampire Weekend est également en écoute ci-dessous :

Le second single extrait de 'Only God Was Above Us' de Vampire Weekend est à découvrir ci-dessous :

jeudi 22 février 2024

Aline - La lune sera bleue (2009-2015) [–]

Est-ce pour pouvoir rejouer ensemble sur scène ? Est-ce pour écrire le vrai point final de leur courte discographie ? Ou est-ce plutôt une sorte de galop d'essai pour voir si le public répond présent et si cela peut leur donner des idées pour un vrai troisième album ?

C'est sans doute avec toutes ces hypothèses en tête qu'Aline a décidé de remettre le travail sur l'ouvrage et de revenir du cimetière des groupes disparus bien trop tôt et bien trop vite après deux albums de haute volée ('Regarde Le Ciel' et 'La Vie Électrique') dont le premier reste un classique absolu de la pop à guitare française (que de tubes !).

Pour leur retour, les Aline ont décidé de publier 'La Lune Sera Bleue', compilation de sept inédits et de deux reprises (Tombé pour la France d’Étienne Daho et Moi je joue de Brigitte Bardot) enregistrés entre New-York et Marseille de 2009 à 2015. Un disque financé par crowdfunding, dont la campagne a été un grand succès, prouvant par la même que malgré neuf années d'absence, le quintet n'a jamais été oublié.

Sur les sept inédits, on retrouve La Rivière Est Profonde, chanson déjà chroniquée dans ces pages il y de cela dix ans, à l'occasion d'un Ep 'France 2014', et plus... publié par Hands and Arms et Eyes Minded. Un titre totalement instrumental, à la rythmique tendue et aux guitares eighties, sur lequel une fillette vient réciter un extrait d'un texte de Guy Debord. Sans doute la meilleure des chansons non publiées par Aline à ce jour, à laquelle on adjoindra notamment La lune sera bleue, envoyée en éclaireur au moment du lancement du crowdfunding, l'autre instrumental Acier Géant et le très réussi Marc, qui ouvre le disque.

Une bonne partie de ces inédits, Aline sont venus les défendre sur scène le temps d'une mini-tournée de quelques dates, toutes sold-out. La première avait lieu il y a tout juste deux semaines au Sonic de Lyon, dans une péniche blindée pour l'occasion et prête à danser. Et danser, autant le dire tout de suite, elle le fit. Avec un groupe souriant, content d'être là et un Romain Guerret en forme, venus avec quelques blagues (et pas toutes préparées en amont), le concert a été un moment généreux à souhait, plein de plaisir et de mélodies parfaites. Devant un public totalement acquis, il s'est ouvert par l'évident Avenue des Armées (meilleure chanson de 'La Vie Électrique') avant de prendre une dimension supplémentaire dès Je bois et puis je danse, tube parmi les tubes, pour se finir en rappel sur un décapant et toujours aussi parfait Teen Whistle.

Il fallait voir les visages de la centaine de personnes venue se masser dans la chaleur du Sonic au sortir de ces 1h20 de concert. Des sourires, rien que des sourires. Un feel-good concert comme on en fait finalement assez peu. Je ne sais pas ce qu'Aline recherchaient exactement avec cette tournée et la sortie de ce disque de face-b. Mais s'ils cherchaient à savoir s'ils avaient manqué au public et si celui-ci les aimait toujours autant, la réponse a été claire et limpide. Ne reste plus qu'à espérer que cette collection de face-b ne soit pas le chant du cygne définitif d'Aline : ces (plus si jeunes) gens ont sans doute encore des choses à dire. Et des chansons à composer. (Sortie : 16 février 2024)


Plus :
'La lune sera bleue (2009-2015)' d'Aline est à l'achat sur Caramba Records
'La lune sera bleue (2009-2015)' d'Aline est en écoute, notamment, sur Deezer et
Spotify

Trois chansons de 'La lune sera bleue (2009-2015)' d'Aline en écoute aujourd'hui. Le superbe instrumental La rivière est profonde pour ouvrir le bal (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis La lune sera bleue. Et enfin Marc :