mardi 30 septembre 2014

[Track of The Day] Aline - La Rivière Est Profonde

Faisons un saut dans le passé proche. En mai dernier, lors du Disquaire Day (mais si, vous savez, cette journée initialement créée pour mettre en avant les disquaires et montrer au public que la musique est autre chose qu'un fichier mp3; journée depuis bien phagocytée par des majors et beaucoup de labels, petits ou grands d'ailleurs, qui n'ont rien compris à l'affaire et profitent du système en proposant deux ou trois raretés qui ne le sont pas, des rééditions à la con le tout en appliquant des prix globalement exorbitant), une sortie m'avait fait de l’œil.

Il s'agissait de 'FRANCE 2014, et plus...', un EP (vinyle donc) présentant 6 groupes français qui pourraient/devraient faire parler d'eux en 2014, ou plus tard. Une chanson par artiste, trois chansons par face. Tout simplement.

Passé totalement inaperçue (je n'arrive pas à me l'expliquer), ce 'FRANCE 2014, et plus...' est pourtant le genre de compilation qui a tout bon. Du casting aux chansons proposées. Jugez plutôt.

C'est Aline qui ouvre le bal avec La Rivière Est Profonde (en écoute aujourd'hui). Après un premier album remarquable l'an dernier ('Regarde Le Ciel'), le groupe propose ici un inédit totalement instrumental avec pour seul - et court - chant la voix d'une fillette récitant un texte de Guy Debord. Rythmique tendue, guitare 80s, Aline est ici à son meilleur ; et La Rivière Est Profonde a une belle allure de chanson d'ouverture pour leur prochain disque prévu dans quelques mois.

Mais au-delà de cette chanson, la suite reste du même niveau ; aussi bien avec De La Romance (via This Day, chanson profondément pop) que grâce au mélancolique et aérien Boy Meets Girl de Skittle Alley.

La face-b elle démarre pied au plancher avec les Parlor Snakes et un Same Old Scene, rock et très rentre dedans. Ce sont enfin deux chansons chantées en français qui concluent ce 'FRANCE 2014, et plus...'. Les Idées Noires de Mrs Good tout d'abord, aux contours pop 60s à la française, avant que les Rebels Of Tijuana nous présentent une Cowgirl nullement coincée dans le sable mais dans un psychédélisme-folk qui lui sied à merveille.

La pop en France est tellement foisonnante en ce moment que beaucoup de groupes auraient pu figurer sur 'FRANCE 2014, et plus...'. Pourquoi eux ? A dire vrai, peu importe. Car le choix fait par Hands and Arms (webshop musical par ailleurs très recommandable) n'est pas à remettre en doute une seconde. Écoutez Aline et leurs copains de sillons pour vous rendre compte : ce 10" a vraiment de la gueule.


Album : FRANCE 2014, et plus...
Année : 2014
Label : Hands and Arms / Eyes Minded

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En plus de La Rivière Est Profonde d'Aline, en écoute dans le lecteur grooveshark, deux autres chansons. La première est celle de Skittle Alley, Boy Meets Girl :




Enfin, le clip de This Day de De La Romance :


lundi 29 septembre 2014

[Track of The Day] Avi Buffalo - Think It's Gonna Happen Again

Quatre ans après un premier album remarqué, retour d'Avi Buffalo, le groupe mené par Avi Zahner-Isenberg. 'At Best Cuckold' ou un disque d'une belle tenue et réussi.

En 10 chansons (et 36 mns), Avi Buffalo fait une revue de la pop actuelle ou tout au moins récente : du Death Cab for Cutie (une voix qui se rapproche de celle de Ben Gibbard sur So What notamment), des fulgurances qui font - plus que - penser à la grande Elenaor Friedberger (évident Think It's Gonna Happen Again, en écoute aujourd'hui), et d'autres qui rappellent indéniablement Sufjan Stevens (la mélodie de Overwhelmed with Pride a quand même plus que quelque-chose de John Wayne Gacy Jr). Le tout avec quelques élans hero-rock (Oxygen Tank, Memories of You) pas désagréables, mais surtout piano, cordes et cette belle voix, très haute et qui caresse les compositions.

Un ensemble donc très consistant, malgré des références appuyées, et qui fait de ce 'At Best Cuckold' le maitre étalon d'Avi Buffalo (vous me direz, avec 2 albums...). Et un joli classique de cette année 2014.

Album : At Best Cuckold
Année : 2014
Label : Sub Pop

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En plus de Think It's Gonna Happen Again, So What, chanson qui ouvre 'At Best Cuckold' est en écoute ici :


Memories of You est la seconde chanson de l'album d'Avi Buffalo. Et en écoute ci-dessous :



Enfin pour finir, le clip de So What, le premier single de 'At Best Cuckold' :


mercredi 24 septembre 2014

[Track of The Day] Gulcher - The Wittiest Game

Le deuxième album de Gulcher 'Cocktails' est sorti il y a près de 3 mois. Déjà ! Et chaque nouvelle écoute confirme à quel point je peux être fier d'avoir sorti ce disque sur Without My Hat Records.

Un disque classieux, aussi musicalement que physiquement, tant un soin particulier a été apporté à l'artwork, au livret et au reste, donnant un ensemble rétro du meilleur effet.

Des dix chansons composant 'Cocktails', The Wittiest Games (placée en fin d'album, plage 8) est ma préférée. Et ce depuis la première écoute. Cette chanson me transporte pour plusieurs raisons.
Parce qu'elle a un côté Pavement, groupe plus qu'aimé sur ce blog, aussi bien dans son intro que dans son côté un brin j'm'en foutiste qui s'en dégage.
Parce que le tout est extrêmement bien construit : une mélodie entêtante, chaque refrain qui fait monter une marche à l'ensemble, ce pont qui amène à la partie finale, tout en guitare.
Parce que les  « wouhou » des chœurs me donnent envie de chanter à tue tête.

Bref, The Wittiest Game ou une des chansons phares de 'Cocktails'. Et en écoute aujourd'hui.

Album : Cocktails
Année : 2014
Label : Without My Hat

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The Wittiest Game est également en écoute sur le lien ci-dessous :




Quant à l'album, il est toujours en écoute sur ce lien.

Il est également à l'achat sur le même lien (13€, frais de port inclus, ou 8€ en digital), mais également chez tous les bons disquaires, de Gibert à la Fnac, de Starter à votre disquaire de quartier.


Toujours en écoute et en téléchargement gratuit, Up Against The Wall, premier single d'une efficacité sans faille :


mardi 23 septembre 2014

[Track of The Day] The Pains of Being Pure at Heart - Impossible

Il y a quelque chose d'exaspérant dans l'industrie musicale actuelle, mais qui ne date pas vraiment d'aujourd'hui, c'est ce besoin qu'ont les maisons de disques (à dire vrai essentiellement les majors) de faire continuellement raquer les péquins (comme moi) qui ont le bon goût de claquer encore un fric fou dans les disques qui sortent chaque semaine.

Vous savez, ce truc insupportable de sortir un album et de, quelques semaines plus tard, le rééditer en édition limitée, avec pleins de bonus supplémentaires, genre un live ou un dvd. Bref, tout ce que tout bon fan peut vouloir posséder.

Oh, je vous vois venir : ces ajouts sont la plupart d'une inutilité crasse et prennent souvent la poussière dans votre discothèque personnelle. Certes. Mais il n'empêche c'est quand même un signal fort envoyé à ceux qui achètent encore des disques, qui font l'effort de soutenir tel ou tel groupe, de se déplacer chez telle grande surface culturelle ou simple disquaire du coin, qui ont encore un amour de l'objet et qui se disent qu'un mp3 ou une vidéo youtube diffusés par des enceintes d'ordinateur de base, c'est bien pour découvrir, mais qu'écouter un cd ou vinyle que l'on aime sur une chaîne vaudra toujours bien mieux.

Bref, tout cela pour dire que je croyais, naïf que je suis, que cette manière de faire était globalement réservée à des artistes de grande envergure et aux majors en mal de cupidité. Et voilà t-y pas que je découvre que la sphère indé n'est pas épargné pour autant. Oh, je ne dis pas que ça n'existait pas avant, mais je viens vraiment d'en prendre conscience.

Prenons donc The Pains of Being Pure at Heart, groupe chéri de ces pages, qui a sorti au printemps dernier un troisième album des plus réussi, 'Days of Abandon'. Et bien 5 mois plus tard, voilà que l'album ressort... en édition deluxe. A peine 5 mois plus tard. N'importe quoi.

Cela aurait été bien trop compliqué de sortir ça à l'époque, quitte à payer un peu plus cher. Non, il vaut mieux le faire plus tard, quand des couillons (comme l'auteur de ces lignes) ont déjà acheté la version normale de l'album en question. Et qu'ils seront tentés par prendre l'édition deluxe.

Hé oui, car le gros problème, c'est que contrairement à beaucoup de ses contemporains, The Pains of Being Pure at Heart prend toujours grand soin de ses face-b et ne fait pas du remplissage pour faire du remplissage (les exemples sont nombreux avec ce groupe, donc je ne citerai que Tomorrow Dies Today, peut-être leur meilleure chanson, sortie uniquement en face-b de The Body à l'époque de leur second album 'Belong').

Édition Deluxe de 'Days of Abandon' donc, qui comptera 5 chansons supplémentaires, toutes de très belles factures : Impossible (la face-b du single Simple and Sure, en écoute ce jour, à la mélancolie insidieuse), Summer Of Dreams (qui voit The Pains of Being Pure at Heart plus que jamais ancrés dans les années 80), The Real World (superbe mélodie menée tout du long par une belle guitare) Kelly (Winter Station Demo) (version non-produite et moins enlevée que sa version finale) et Poison Touch, chanson pop, très sautillante et carrément entêtante, où Jen Goma d'A Sunny Day in Glasgow (groupe remarquable s'il en est) assure le chant (en écoute également plus bas).

Alors vous me direz : ok, cette réédition n'est que digitale (en tout cas, il n'y a pas d'édition physique annoncée pour le moment). Ok, les chansons sont toutes de qualité. Ok, le groupe retrouve de l'actualité et cela remet en avant un album qui est clairement un des plus réussis à mes oreilles cette année. Et tout ceci est très bien.

N'en reste pas moins la sensation générale et désagréable de s'être fait gentiment enfler. La prochaine fois, dites à votre label (Fierce Panda pour le coup) de sortir une compilation complète de vos faces-b; ça aura déjà plus de sens. Parce que là, pour être honnête, ça pique un peu.

Mise à jour 13h30 : Grâce à Pierre, l'homme aux manettes de 'Chocolate, Love, Sex', j'apprends, comme présumé, que cette réédition est surtout une démarche de Fierce Panda, comme le prouve ce tweet très ironique sur cette ressortie de Kip Berman, le leader de The Pains of Being Pure at Heart. C'est rassurant, c'est déjà ça.
J'en ai d'ailleurs profité pour rajouter, au bas de ce papier un autre titre, Summer of Dreams, qui a fait son apparition aujourd'hui :



Mise à jour 19h15 : Décidément, c'est la journée des mises à jour ! Grâce à Pierre (bis), j'apprends donc que le groupe va sortir finalement ces 5 chansons au format Ep, et en vinyle s'il vous plait. Le disque s’appellera 'Abandonment Issue', verra le jour le 17 octobre prochain et est déjà en pré-commande ici. Joie, ô joie !





Album : Abandonment Issue Ep
Année : 2014
Label : Fierce Panda

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Poison Touch, autre inédit de cette deluxe edition de 'Days of Abandon' avec Jen Goma d'A Sunny Day in Glasgow au chant, est également en écoute sur le soundcloud des Pains of Being Pure at Heart, et ci-dessous :



Summer of Dreams a fait son apparition ce jour sur le soundcloud des Pains of Being Pure at Heart. Donc il est en écoute ci-dessous :




Pour finir, le clip de Simple and Sure, totalement génial et original :



lundi 22 septembre 2014

[Track of The Day] Papercuts - Still Knocking At The Door

De retour dans mes pénates après la 2è édition du formidable Festival « Heart of Glass, Heart of Gold », fatigué mais heureux, j'avais besoin de pop joliment ouvragée pour ouvrir cette semaine. Papercuts me l'offre sur un plateau.

Le retour des Papercuts donc, ou un groupe que je croise de temps à autres avant de le perdre de vue à nouveau. Il faut dire que le quatuor de San Francisco, mené par Jason Robert Quever, ne m'a jamais plus passionné que cela, même s'il faut avouer que leur 'Fading Parade' était mignonnet - à défaut d'être irrésistible, certes.

Retour aux affaires avec 'Life Among The Savages', leur sixième album, chez Memphis Industries (leur présence chez Sub Pop aura été courte). Un album globalement réussi, très aérien, ne lésinant pas sur des cordes que l'on retrouve sur toutes les chansons. Alors oui, sur un album entier, comme à chaque fois avec les Papercuts, je ne peux m'empêcher de trouver ça redondant.

Mais ce 'Life Among The Savages' me semble plus consistant que les précédents. Il a un petit goût de reviens-y pas désagréable, notamment grâce à son air mélancolique à ne pas y toucher. Et puis, rien que pour une chanson comme Still Knocking At The Door avec ses faux airs de Cold White Christmas (sur 'Etiquette') de Casiotone for The Painfully Alone... En clair, âmes sensibles, surtout, ne vous abstenez pas.

Album : Life Among The Savages
Année : 2014
Label : Easy Sound Recording Co. / Memphis Industries

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Still Knocking At The Door est également en écoute sur le soundcloud ci-dessous :


Life Among The Savages (la chanson donc), autre chanson extraite de l'album du même nom, est également en écoute :


vendredi 19 septembre 2014

[Track of The Day] Amen Dunes - Rocket Flare

Découverte du week-end, bonjour. Amen Dunes, projet de Damon McMahon, américain de, comme c'est surprenant, New-York. 'Love' est son quatrième album et je suis passé à côté des trois précédents.

Il faudra voir à régler ce souci et rattraper le retard. Car ce 'Love' a beaucoup de qualités. La première, cette voix, qui semble maniérée au premier abord mais qui s'avère finalement être le principal atout du disque.

Mais au-delà, musicalement le reste suit. Aidé de quelques Ice Age, Colin Stetson et d'Efrim (Godspeed You ! Black Emperor ou Thee Siver Mt. Zion, choisi ton camp ami lecteur), Amen Dunes propose des chansons assez longues, très psychédéliques, principalement folk, parfois rock (la fin du disque notamment) ; de longues mélopées, comme la chanson titre, avec ce piano obsédant qui pourrait devenir insupportable pour certains (à l'image de celui de All My Friends des Lcd Soundsystem, bien que dans un autre genre), mais qui tiennent à chaque fois la distance (ce qui est assez remarquable), le tout enveloppé dans un production pleine d'écho.

Aux premières écoutes de ce 'Love', on perçoit ici et là des mélodies qu'on rattacherait à d'autres artistes - sans arriver pour autant à mettre le doigt dessus -  avant d'arrêter rapidement de chercher tant les mélodies d'Amen Dunes se suffisent à elles-même (pour ainsi dire, je n'en ai retrouvé qu'une seule : sur White Child, la chanson qui ouvre 'Love', beaucoup de passages (chant et mélodie) me font penser au Country Leaver des Dandy Warhols).

Mais au-delà de cette bizarrerie, cet album d'Amen Dunes est en tout cas une belle découverte. Qui sera présent à la deuxième édition du festival 'Heart of Glass, Heart of Gold' dès ce soir.

Album : Love
Année : 2014
Label : Sacred Bones

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En plus de Rocket Flare, voilà Lonely Richard, chanson sur laquelle la voix de feu Nico aurait fait merveille :




I Can't Dig It, la chanson la plus nerveuse de ce nouvel album d'Amen Dunes :



Pour finir, le clip de Lilac in Hand, autre très belle réussite de ce 'Love' :


jeudi 18 septembre 2014

[Track of The Day] BRNS - My Head Is Into You

La Belgique a beau être très petit pays, les groupes important qui en sont sortis depuis une vingtaine d'années forcent le respect, de dEUS à Venus, de Girls in Hawaï à K's Choice (oui oui, K's Choice). Et je ne parle même pas de Jacques Brel, évidemment.

Il y a deux ans, un petit nouveau a montré le bout de sa chope : BRNS. Quatuor de Bruxelles, dont le 2è EP (ou sorte de mini-album) 'Wounded' avait eu une jolie résonance. Et pour cause, le disque était réussi, rock aux rythmiques obsédantes et aimant bien les boucles.

Un an a passé, et revoilà le quatuor pour un premier album, 'Platine', qui sortira en octobre prochain. Pour l'instant, un premier extrait est disponible, My Head Is Into You, qui voit le groupe garder sa passion pour les phrases répétées, le tout sur des guitares qui sonnent incroyablement dEUS-ienne.

Hâte d'écouter en tout cas comment ce 'Platine' sonnera sur scène. Ca tombe bien, BRNS sera au Festival Heart of Glass, Heart of Gold ce week-end. Chouette.

Album : Platine
Année : 2014
Label : PIAS


My Head Is Into You est en écoute également sur le soundcloud ci-dessous :


Void, autre chanson découverte cette année, est en écoute via son clip :


mercredi 17 septembre 2014

[Track of The Day] The Twilight Sad - Last January

Arab Strap ayant pris sa retraite depuis quelques années déjà, le meilleur groupe écossais actuel est sans nul doute The Twilight Sad. Originaire de Kilsyth, formé autour de James Graham, les Twilight Sad ne savent faire que des choses de bon goût.

Musicalement déjà : sombre et nerveuse, leur musique se décline en guitares rugueuses, batterie martelée avec un rythme implacable et une basse métronome.

Visuellement ensuite, car les Twilight Sad n'ont toujours eu qu'un très bon goût en ce qui concerne les artworks de leurs albums passés. Et celui de 'Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave', leur nouvel album prévu pour le 27 octobre prochain ne déroge pas à la règle (voir ci-contre).

Un disque très attendu pour ma part tant je ne trouve aucun défaut à leur discographie jusque là. Et si j'avais été décontenancé par 'No One Can Ever Know' et la production d'Andrew Wetherall de prime abord, j'avais rapidement succombé car le style restait quand même impeccable.

'Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave' ne voit pas le groupe changer ni de voie (les deux premiers extraits sont là pour le prouver) ni de voix (celle de James Graham et ses « r » qui roulent). Mieux, avec Last January, en écoute aujourd'hui, The Twilight Sad s'offrirait presque un single radiophonique potentiel. Et ce qui ne signifie aucunement que le groupe a mis de l'eau dans son vin. Et c'est bien là la meilleure des nouvelles.


Album : Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave
Année : 2014
Label : Fat Cat

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En écoute dans le lecteur Grooveshark bleu à droite.


Last January de The Twilight Sad est également en écoute sur le soundcloud de Fat Cat :



Premier extrait de 'Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave', There's a Girl in the Corner est également en écoute :


mardi 16 septembre 2014

[Track of The Day] Sufjan Stevens - A Little Lost (Arthur Russell Cover)

On dira ce qu'on veut, mais rien ne détrônera la radio. Comme à mon habitude, hier soir j'étais branché sur les ondes de France Musique pour écouter l'émission hebdomadaire de Vincent Théval Label Pop. Et à un moment donné, sans crier gare, après Kraftwerk, bim, un nouveau Sufjan Stevens.

Bon, calmons nous, ce n'est pas une nouvelle composition. Mais quand même ! Il s'agit là d'une reprise d'Arthur Russell pour une compilation à l'artiste new-yorkais qui sort le 20 octobre prochain. Arthur Russell, américain mort du sida en 1992 à l'âge de 41 ans, était un artiste a plusieurs vies, entre minimalisme, expérimental, arty-pop et productions disco. Le tout sans se départir (la plupart du temps) de son violoncelle.

Personnellement, j'ai découvert Arthur Russell via la réédition de 'World of Echo' en 2005 par Rough Trade (magnifique album s'il en est); un artiste pas toujours facile d'accès cependant (j'ai mis un peu de temps à l’apprivoiser), mais dont on sent toute l'importance et l'influence aujourd'hui, quand bien même il n'est pas cité à longueur d'interview.

Sufjan Stevens reprend A Little Lost, une chanson en forme de belle déclaration d'amour tirée de 'Another Thought', un disque posthume de 1994 compilant beaucoup de ses chansons restées inédites à l'époque ; chanson que l'on retrouve sur 'The World of Arthur Russell', compilation de Soul Jazz en 2003 qui aura remis notre homme sous la lumière (encore et toujours faiblarde) des projecteurs.

Je ne pensais pas que la version de Sufjan Stevens était déjà en écoute, mais si, et depuis fin juillet dernier. Ça m'apprendra à travailler les mois d'été tiens.
Et, ô surprise, Sufjan Stevens s'en sort divinement bien. Et pourtant, ce n'était pas gagné. Sa version tranche franchement avec l'originale (en écoute plus bas) ; et alors que le A Little Lost d'Arthur Russell ressort comme une belle chanson pop, entre guitare acoustique et son inusable violoncelle, Sufjan Stevens prend le pari des beats qui lui colle à la peau depuis quelques années déjà. Et en s'appuyant sur des parties différentes de la mélodie qu'Arthur Russell, il fait de sa version une belle chanson pop, très ample, où un clavier lumineux tranche avec une production plus pesante.

Mais à le lire, ce n'est pas une surprise, tant il semble apprécier, aussi bien A Little Lost que le travail d'Arthur Russell (merci à Pitchfork) :

« I like “A Little Lost” because it’s all about kissing. I love kissing. If I could kiss all day, I would. I can’t stop thinking about kissing. I like kissing more than sex because there’s no end to it. You can kiss forever. You can kiss yourself into oblivion. You can kiss all over the body. You can kiss yourself to sleep. And when you wake up, you can’t stop thinking about kissing. Dammit, I can’t get anything done because I’m so busy thinking about kissing. Kissing is madness! But it’s absolute paradise, if you can find a good kisser.

Arthur’s music is all over the place, but most of it seems to be about embracing darkness (loneliness) and ambiguity (confusion) with the biggest bear hug in the world. Catharsis! He didn’t give a shit about fads or fashion even as he was influenced by popular music, club music, and all that shitty art music at the Kitchen. He kind of cobbled it all together to create his own diverse musical language, He was funny as shit (a wordsmith, a master of the innuendo), but also dead serious (and blunt) about the deepness of his feelings, unafraid to express affection in his songs, without pandering or cliche. Arthur was real as shit. You can’t fake realness. »

Tout est dit. Reste donc plus qu'à écouter, réécouter et encore écouter cette version de Sufjan Stevens. Se (re)plonger dans l’œuvre (peu pléthorique de son vivant, plus importante depuis) d'Arthur Russell. Et de découvrir cette compilation qui convie du beau monde à l'hommage, d'Hot Chip à Arcade Fire, de Robyn à Phosphorescent en passant par les Scissor Sisters, Cults et Devendra Banhart. Le tout sous le haut patronage de Red Hot Organization, déjà responsable d'une compilation encensée en ces pages, 'Dark Was The Night'. Où apparaissait déjà un Sufjan Stevens (chanson en écoute ici). Tiens donc...


Album : Master Mix: Red Hot + Arthur Russell
Année : 2014
Label : Yep Roc.

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La reprise d'A Little Lost par Sufjan Stevens est également en écoute sur le soundcloud ci-dessous :



La version d'A Little Lost par Arthur Russell est quant à elle en écoute ici :


dimanche 14 septembre 2014

[Track of The Day] Damien Rice - My Favourite Faded Fantasy

Il lui aura fallu huit ans. Huit longues années pour le voir revenir. Qu'est ce qui bien pu le pousser à se faire aussi discret pendant autant d'années, lui qui avait pourtant eu un succès phénoménal avec son premier (et magnifique) album 'O' (bien aidé par le film à succès 'Closer') et le suivant '9', lui aussi disque de platine ? Est-ce sa rupture professionnelle avec Lisa Hannigan à la fin de la tournée pour '9', elle qui avait fait tant pour la beauté de ses albums ? On ne sait pas trop. Mais l'important est ailleurs : Damien Rice est donc de retour.

L'album s'appellera 'My Favourite Faded Fantasy', comptera 10 chansons et verra le jour officiellement le 3 novembre prochain.
A en croire le premier extrait à disposition, Damien Rice ne semble pas avoir perdu son sac de mélodies. My Favourite Faded Fantasy (chanson titre donc) dure plus de 6 mns, et est une longue montée mélodique au climax magnifique, comme il savait le faire notamment sur 'O'.

My Favourite Faded Fantasy est une chanson menée de main de maitre, qui ne tombe jamais dans la facilité (couper court à l'emballage final, beaucoup ne l'aurait pas fait), et qui est portée par une voix que Damien Rice sait toujours haut percher.

Bref, une très belle entrée en matière pour ce nouvel album que l'on attendait plus et qui sera habillée d'une belle pochette. En espérant que la suite soit du même niveau. Et que Lisa Hannigan (on a le droit de rêver non ?) soit de la partie...

Album : My Favourite Faded Fantasy
Année : 2014
Label : Wea

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En écoute dans le lecteur Grooveshark bleu à droite.

My Favourite Faded Fantasy est en écoute également sur le soundcloud de Damien Rice ci-dessous :

vendredi 12 septembre 2014

[Track of The Day] King Creosote - Miserable Strangers

Comme quoi, l'actualité fait bien les choses. Alors que l'Ecosse est à quelques jours d'une probable séparation avec ses voisins anglais, nord-irlandais et gallois, King Creosote est revenu cet été pour écrire la bande originale d'un documentaire sur ce pays aux 1000 lacs, où il est - notamment mais pas que, loin de là - d'émigration et de départ vers des contrées plus souriantes. Les années passent, les choses changent.

Le résultat de du travail de King Creosote ? De très haute tenue (comme souvent d'ailleurs avec notre homme). 'From Scotland With Love' compte onze chansons de folk-pop mélancolique, très bien habillées (ah, ces cordes, ces touches de piano caressées...), aux mélodies travaillées, touchantes et délicates. 
De toutes, Miserable Strangers est la plus belle assurément, et une de mes chansons de l'année (peut-être la plus belle écoutée d'ailleurs), une merveille de près de 5mns aussi bien écrite que construite, entre intimité du début et chœurs de la fin.

Histoire de bien faire les choses, King Creosote a habillé ces 11 chansons, d'une très belle pochette. Et alors qu'Apple et U2 viennent de mettre - et de façon éhontée - un énième clou (le dernier ?) au cercueil de la musique « physique », ce 'From Scotland With Love' (dans son ensemble) prend soudain une importance encore plus grande. Car oui messieurs les fossoyeurs, quoi que vous puissiez dire, quoi que vous puissiez faire, un album reste un tout. Et pas seulement une suite de fichiers numériques à récupérer en cliquant sur le bouton store de son lecteur multimédia.

Album : From Scotland With Love
Année : 2014
Label : Domino

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Something to Believe In, la chanson qui ouvre 'From Scotland With Love', est en écoute et en clip ci-dessous :



For One Night Only, chanson la plus dynamique et la moins représentative de l'ambiance générale de ce nouvel album de King Creosote, a elle aussi droit à son clip, avec images d'archives que j'imagine tirées du documentaire dont il est question avec ce disque :



mercredi 10 septembre 2014

[Track of The Day] Erland and The Carnival - Quiet Love

Attention : voilà l'album le plus triste de la rentrée : 'Closing Time' de Erland And The Carnival. Et il ne fait pas semblant. Du tout.

Troisième album du duo Erland Cooper/Simon Tong, 'Closing Time' parle d'amour déçu, déchu, de déchirures atroces. Le tout avec deux chansons qui posent bien le décor : Closing Time et Wrong.

Ces textes se baladent sur des ritournelles pop délicates, un piano joliment joué, des arrangements soignés et même la présence de Paul Weller (difficile qui fait quoi mais il serait, au moins, sur Quiet Love, la chanson du jour). Seule exception - notable, Birth of a Nation, plus synthétique et enjouée que ses congénères.

Si on notera que le milieu de l'album baisse en qualité, l'ensemble est plutôt réussi. Pas l'album de l'année, loin de là. Mais  un joli disque, court (37 mns). Et qui va bien au teint finalement.

Album : Closing Time
Année : 2014
Label : Full Time Hobby

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Erland and The Carnival parlent de 'Closing Time' en faisant un track by track intéressant. A lire ici.

Quiet Love est également en écoute ci-dessous :


Daughter, la chanson qui clôt 'Closing Time', est à découvrir ci-dessous :



Pour finir, le clip de Quiet Love, tourné dans une salle de bingo :



eee

lundi 8 septembre 2014

[Track of The Day] Spoon - New-York Kiss

On ne dirait pas comme ca, mais ce blog vient de fêter ses 7 ans. Sept ans déjà... Histoire de célébrer ça de belles manières, plongeons nous dans le magnifique dernier album de Spoon, 'They Want My Soul'.

Les américains ont décidé de changer de braquet et de s'aventurer (un peu) dans des eaux différentes de celles dans lesquelles ils avaient l'habitude de voguer.
La présence d'un nouveau membre (Alex Fischel) au clavier et à la guitare change les choses. Mais surtout, la production de Dave Fridmann fait des merveilles.

Les chansons de 'They Want My Soul' ressortent toutes ici avec une puissance étonnante et sont pour beaucoup des tubes en puissance. On notera l'évident New-York Kiss (en écoute ce jour), mais aussi l'implacable Rainy Taxi, Let Me Be Mine (et son intro à la Crazy Little Thing Called Love de Queen) et sa capacité à toujours mieux redémarrer après chaque refrain, ou le sifflotant Knock Knock Knock.

Les guitares sont toujours aussi présentes, mais avec ces touches analogiques/electroniques, l'ensemble prend une belle ampleur, le tout dans une cohérence impeccable.

Difficile de se passer de ce nouvel album de Spoon en cette rentrée. Qui me pousse à poser cette question (rhétorique) : et si 'They Want My Soul' était tout simplement le meilleur album de Spoon ?

Album : They Want My Soul
Année : 2014
Label : -Anti

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En écoute dans le lecteur Grooveshark bleu à droite.


New-York Kiss, 10è et dernière chanson de ce 'They Want My Soul' de Spoon est également en écoute ci-dessous :



En écoute également, l'impeccable Knock Knock Knock qu'on aimerait siffloter pendant des heures :


Enfin le parfait Rainy Taxi :