lundi 17 juin 2019

[Track of The Day] Jaune - En Sommeil

Il y a des choix de noms qui n’aident pas. Prenez Jean Thévenin et son projet Jaune, découvert fin 2016 via La Souterraine et un premier album sobrement éponyme. Son nouvel Ep, sorti en début d’année s’intitule 'La Promesse'.

Maintenant que vous avez toutes ces informations, essayez de rentrer « Jaune La Promesse » dans la fonction recherche de Google Actualités. Il n’est pas dit que vous en appreniez beaucoup à son propos mais plus sur le conflit des « gilets jaunes » et des promesses faites par le gouvernement. 

Et c’est dommage tant ce disque d’un des (du ? Je n’en sais rien, je n’ai jamais plus poussé mes écoutes de ce groupe) batteurs de Frànçois And The Atlas Mountains est sacrément réussi.

D’abord boudé sur quelques éparses écoutes, il m’aura fallu un cerveau embrumé et une gueule de bois carabinée (allez comprendre) pour en saisir toutes les saveurs et rentrer de plain pied dans sa langueur, cette électonica mélancolique, ses trouvailles mélodiques et ce chant en français rappelant celui d’Albin de la Simone. Un bien beau disque que celui-ci.

Album : La Promesse Ep
Année : 2019
Label : -


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), En Sommeil de Jaune est en écoute ci-dessous via son clip :


Autre chanson marquante de ce 'La Promesse Ep' de Jaune, voilà Buenos Aires :


mercredi 22 mai 2019

[Track of The Day] Satellite Jockey - You Can't Go On

Parce que toutes les belles aventures ont une fin, il fallait que les Satellite Jockey mettent un terme à la leur, Modern Life, en sortant le troisième volume d'une série commencée voilà toute pile deux ans, et dont la qualité doit rendre jaloux bon nombre de leurs contemporains.

Ainsi, après un 'Modern Life Vol. 1' orienté pop sixties et arrangements soyeux, après un 'Modern Life Vol. 2' faisant la jonction avec les années 70 (avec toujours une belle musicalité), voilà 'Modern Life Vol. 3', qui plonge totalement dans les années 70, ne perd pas en finesse (You Can't Go On, en écoute ce jour et écrite en hommage à Olivia Tremor Control), amène plus de puissance à ses compositions (Waxuctum), un soupçon de musique du monde (The Movie) et produit quelques ambiances à la Air (Soul Engineering). Et s'il diffère de ces aînés par son format (un Ep, quatre titres seulement), la qualité ne se dément pas une nouvelle fois. 

'Modern Life Vol. 3' sonne en tout cas la fin d'un triptyque majestueux pour les Satellite Jockey, à laquelle s'ajoute le départ de Thibault Le Hénaff (guitare, trompette) du groupe. Très curieux et impatient de connaitre la version 2.0 d'un des meilleurs groupes français de ces dernières années.

Album : Modern Life Vol. 3
Année : 2019
Label : Another Record / AB Records / Montagne Sacrée Records


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), You Can't Go On de Satellite Jockey est également en écoute ci-dessous :


Autre très belle chanson de cet Ep de Satellite Jockey, voilà Soul Engineering, chanson qui clôt 'Modern Life Vol. 3' :



Autre chanson, voilà Modern Life, cette fois tirée du volume 1 des aventures de Satellite Jockey, qui a désormais son clip. Et reste une de leurs meilleures compositions :




lundi 20 mai 2019

[Track of The Day] Elva - Harbour In The Storm


Aux premières paroles d'Athens, le cerveau est en alerte immédiate et commence à bouillonner à trop se demander à qui appartient la belle voix qui porte ce nouveau groupe Elva.

La réponse arrive assez rapidement : il s'agit de celle d'Elizabeth Morris, chanteuse de feu Allo Darlin', groupe anglais qui avait terminé en beauté en décembre 2016 ans une jolie carrière discographique.

Elva (littéralement « rivière » en norvégien) est son nouveau projet. Un duo avec son mari, Ola Innset, et une réussite de tous les instants. Car 'Winter Sun' est d'une tendre beauté où il est question de nature et de leur fille, le tout alternant superbes balades folk (Harbour In The Storm, Winter Sun) et moments pop plus enlevés (évident Ghost Writer, Airport Town, entre autres).

Bien sûr, Elva ne révolutionne rien avec ce disque d'indie-pop. Et ce n'est sans doute pas son but. Mais tout ici est d'une telle justesse, sensibilité et sincérité que 'Winter Sun' en devient un des disques indispensables de cette année 2019.

Album : Winter Sun
Année : 2019
Label : Tapete Records


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Harbour In The Storm de Elva est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson de 'Winter Sun' d'Elva, voilà Ghost Writer, single évident en devenir :


Enfin, voilà le clip d'Athens, la chanson qui ouvre 'Winter Sun' d'Elva :


mardi 30 avril 2019

[Track of The Day] Bastien Lallemant - Danser Les Filles

Repéré par le toujours de bon goût Louis chez Soul Kitchen, Danser Les Filles est le premier single de l'album du même nom de Bastien Lallemant (son cinquième). De qui ? Moi qui suis très chanson française, je suis en effet totalement passé à côté de ce monsieur, qui officie et publie de jolies choses depuis 2003 déjà (j'ai, rapidement certes, rattrapé mon retard depuis).

Difficile en tout cas, pour le néophyte que je suis, de ne pas faire le rapprochement avec Dominique A sur ce Danser Les Filles, tant le phrasé, la mélodie lascive et les guitares assez minimales rappellent l'univers de Monsieur Ané.

Mais cela serait réduire la très belle chanson qu'est Danser Les Filles (produite, soit dit en passant, par JP Nataf des Innocents) à un simple exercice de style, ce qu'elle n'est pas, qui plus est de la part d'un artiste qui a derrière lui 15 ans de carrière. Reste à savoir si cette chanson au tempo lent fera danser les filles.

NB : Pour en savoir plus sur le monsieur et sur ce futur nouvel album, lisez l'article de Soul Kitchen.

Album : Danser Les Filles
Année : 2019
Label : Zamora Label


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lundi 29 avril 2019

[Track of The Day] Charles Bradley - Lonely As You Are

Credit : Giles Clement
Décédé il y a deux ans d'un cancer de l'estomac, Charles Bradley avait été célébré l'an passé par un album posthume, le joli 'Black Velvet'. Mais il gardait le meilleur pour la fin : Lonely As You Are.

Une chanson assez unique en son genre tant elle est un adieu voulu du chanteur de 68 ans à notre monde, qui nous salue et se réjouit presque de revoir tout ceux qu'il a aimé et qui sont partis depuis longtemps. 

Enregistrée (mais non finalisée à l'époque) alors qu'il était déjà très malade, Lonely As You Are  est une balade mélancolique où la belle mélodie n'a d'yeux que pour la voix de Charles Bradley qu'il pousse au maximum et dans ses tous derniers retranchements ; mais son chant est si habité que le résultat est vibrant et émouvant.

Et quand sa voix résonne une dernière fois sur « I love you and this is from Charles Bradley. Hope this one day gets out to the world », la larme qui grossissait depuis le début du morceau finit par couler pour de bon. Rassure toi Charles, Lonely As You Are a vu le jour. Il aurait été encore plus triste que ce ne soit pas le cas. Ah, dernière chose : sois sûr qu'on t'aime aussi.

Album : -
Année : 2019
Label : Innit Recordings


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vendredi 26 avril 2019

[Track of The Day] Mannequin Pussy - Drunk II

Avec ses 4'28" au compteur, Drunk II est une petite surprise de la part de Mannequin Pussy. Car ce premier single de leur troisième album à venir, 'Patience', est la chanson la plus longue jamais composée par le trio de Philadelphie.

Il faut dire que leurs deux premiers efforts faisaient dans le minimal : un premier album de 18 mns (10 titres), un second de 17 (11 titres). Il semblerait donc que pour 'Patience', Mannequin Pussy ait décidé d'étirer ses chansons. Mais également de s'éloigner du punk et du garage de ses premières amours pour mieux se lover dans un grunge bien mélodique du plus bel effet.

Ce fameux Drunk II ouvre en tout cas de bien belles possibilités au groupe, qui rappelle beaucoup Screaming Females et dont la guitare a ce je ne sais quoi de Jay Mascis. Plus qu'épatant nouveau single.

Album : Patience
Année : 2019
Label : Epitath Records


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Et le même Drunk II de Mannequin Pussy, mais via son clip cette fois :




jeudi 25 avril 2019

[Track of The Day] Fontaines D.C. - Too Real

Sensation annoncée, les petits frères cachés irlandais d'Idles et leur premier album étaient attendus au tournant après une poignée de singles tous plus épatants les uns que les autres.

Et le virage a été particulièrement bien négocié tant 'Dogrel' est une belle réussite et qui a le bon goût de prendre de l'ampleur au fur et à mesure des écoutes.

Punk et post-punk sous bien des aspects, presque grunge par moments (Hurricane Laughter), rappelant le Oasis des débuts - moins musicalement que dans la construction de ce premier album : leur « But I'm gonna be big » de la première chanson Big qui fait écho au « Tonight I'm a rock 'n' roll star » qui ouvrait 'Definitely Maybe' des mancuniens, ces quelques balades pop aguicheuses - et porté par un chant parfois j'm'en foutiste, avec un accent marqué et des plus savoureux, et des paroles sociales, 'Dogrel' a décidément tout pour lui. Les Fontaines D.C. étaient annoncés comme « The Next Big Thing ». Ils le sont. Indéniablement.

Album : Dogrel
Année : 2019
Label : Partisan Records


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Too Real, sans doute le tube de ce 'Dogrel' de Fontaines D.C., est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson évidente, voilà Hurricane Laughter de Fontaines D.C.:


Pour finir, le clip de Too Real :



mardi 23 avril 2019

Wych Elm - Rat Blanket Ep [Post Mortem Records]

Il y a quelques jours de ça, nous fêtions les 30 ans de 'Doolitle', chef d’œuvre absolu des Pixies qui ouvrait avant l'heure les années 90 et en posait les bases.

Trois décennies plus tard, difficile de ne pas voir l'ombre de la bande à Black Francis et Kim Deal flotter au-dessus de 'Rat Blanket', premier Ep de Wych Elm, groupe de Bristol. Un quatuor (3 garçons et une fille, au chant) assez peu disert à son sujet et qui renvoie à chaque fois vers les mêmes informations :  « Wych Elm, after the folktale namesake, birth a macabre string of stories with their ear shredding fragile guitar parts and rattling drums ». Tout un programme.

Ceci dit, cette courte présentation ne ment pas sur le produit. Le nom du groupe vient de l'histoire de cette femme retrouvée morte en 1943 dans le comté de Worcestershire en Angleterre, la main coupée et le corps enfoncé dans le tronc d'un orme blanc (« wych elm » en anglais donc) ; mort que certains attribuent à un rituel de sorcières. Les paroles ne font pas dans le détails elles non plus, tant il est souvent question de douleur - quand il n'est pas question de mort. Enfin, l'adresse du bandcamp du groupe comporte le nombre 666. Bref, autant le dire tout de suite, les Wych Elm ne sont pas venus pour nous conter fleurette.

Et d'un point de vue purement musical ce 'Rat Blanket Ep' ? Indie/alt rock fin 80s/début 90s au programme mais surtout Pixies donc - et Breeders, forcément - pour l'essentiel. Et dès la chanson d'ouverture, Monkey Jaw (tiens, un  « monkey » là aussi), les références sont évidentes ; que ce soit sur le rythme, la façon de construire leurs morceaux, de faire sonner leurs guitares, de faire durer leurs chansons (7 titres en 14 mns, you do the maths) ou ses nombreuses allusions à la religion, tel Black Francis sur 'Doolittle'.

Composé de sept chansons (quatre singles déjà publiés, tous ré-enregistrés, et trois nouveautés, laissant juste de côté un Bag of Worms qui aurait peut-être mérité d'y être), 'Rat Blanket Ep' est une longue montée vers de beaux - et macabres - sommets où l'on retrouve les deux meilleurs titres aux toutes dernières positions : School Shooter, leur excellent premier single sorti en 2017 et qui avait eu son petit succès (c'est triste à dire mais on en est là : plus de 100 000 écoutes sur Spotify) et Susan Smith, ses paroles terrifiantes, sa mélodie et son chant désespéré (« Why'd you do this to me, as your baby, you made me, you made me »), climax et clôture d'un Ep de très haute volée.

Car puissant, cohérent, homogène, inspiré, court, incisif et à la belle mélancolie sauvage, 'Rat Blanket Ep' frappe fort. Et place les Wych Elm en très bonne position de la course à la prochaine révélation - si tant est que cela ait un quelconque intérêt. (Sortie : 22 mars 2019)

Plus :
'Rat Blanket Ep' de Wych Elm est à l'écoute sur leur bandcamp
'Rat Blanket Ep' de Wych Elm est à l'achat sur leur bandcamp
'Rat Blanket Ep' de Wych Elm est à l'écoute, notamment, chez Spotify et Deezer


Trois chansons de 'Rat Blanket Ep' de Wych Elm en écoute ce jour. Susan Smith pour commencer (également en écoute dans les playlists Spotify / Deezer et dans la colonne de gauche de ce blog), Puis School Shooter, autre single évident (je vous laisse imaginer de quoi il est question). Et enfin Woman :





Pour finir, deux chansons en un clip avec le diptyque qui ouvre 'Rat Blanket Ep' de Wych Elm, Monkey Jaw et Help Me :




lundi 22 avril 2019

[Track of The Day] Girlpool - Hire

S'il n'a pas une consistance qui lui permet de tenir la longueur, il y a de belles choses sur ce 'What Chaos Is Imaginary', troisième album du duo angeleno Girlpool, que je découvre à cette occasion. Beaucoup de chansons allant chercher leurs influences dans un indie-rock des années 90, quelques passages plus légers/rêveurs et mélancoliques (moins marquant à mon goût) et même du synthé ici et là.

Mais il y a surtout Hire, superbe chanson qui nous fait imaginer Elliott Smith et Eels se retrouvant dans un studio pour enregistrer au débotté une chanson mêlant leurs deux univers, tout en rajoutant quelques grammes de grunge. Son unique défaut est peut-être de ne durer que 2'55". Heureusement, il reste la fonction « repeat », c'est un moindre mal. Mais quel morceau !

Album : What Chaos Is Imaginary
Année : 2019
Label : ANTI-


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Hire de Girlpool est en écoute ci-dessous :


Autre chanson de qualité de 'What Chaos Is Imaginary' de Girlpool, voilà Pretty (qui suit d'ailleurs Hire dans le tracklisting) :



jeudi 11 avril 2019

[Track of The Day] Spiral Stairs - The Fool

Après des années à se faire discret, Scott Kannberg a décidé d'accélérer le tempo. Dix-huit mois après un 'Doris and the Daggers' sympathique à défaut de mieux, revoilà le guitariste de Pavement avec un nouvel album, le troisième sous son fameux alias Spiral Stairs.

Sorti sur le label texan Nine Mile Records (qui vient d'ailleurs de rééditer les deux albums de Preston School of Industry et le premier Spiral Stairs), 'We Wanna Be Hyp-No-Tized', à l'instar de son prédécesseur, a un démarrage des plus enthousiasmants. Très vite, on se rend compte que Spiral Stairs a monté le braquet et qu'il a décidé de s'amuser, de se faire plaisir et par la même de nous en mettre plein la vue en invitant saxophone, trompette, chœurs et claviers. Et en prenant la voix (c'est lui qui le dit) de Van Morrison.

Et cela s'en ressent tant l'ensemble déborde d'énergie (et qui est plutôt communicative d'ailleurs) et d'envie où rien n'est (ou ne semble) feint. Alors oui, tout n'est pas bon, il y a quelques effets de manche dispensables ou trop appuyés, des arrangements pompiers ou d'assez mauvais goût. Mais il n'empêche : pas révolutionnaire pour un sou, 'We Wanna Be Hyp-No-Tized' est un disque plaisant, avec quelques chansons réussies (comme ce The Fool, en écoute aujourd'hui).

Album : We Wanna Be Hyp-No-Tized
Année : 2019
Label : Nine Mile Records


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog),  de Spiral Stairs est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson réussie de ce 'We Wanna Be Hyp-No-Tized' de Spiral Stairs, voilà Dear Husband :



Pour finir, le clip de Hyp-No-Tized , la chanson qui ouvre 'We Wanna Be Hyp-No-Tized' de Spiral Stairs :



mardi 9 avril 2019

The Stroppies - Whoosh [Tough Love]

Disons le clairement : 'Whoosh' n'est pas un disque de son époque. Oh, non pas qu'il soit rétro ou qu'il baigne dans des influences de cinquante ans d'âge. Non. Simplement, ce premier effort de The Stroppies, quatuor de Melbourne (composé de Gus Lord, Rory Heane, Claudia Serfaty et Adam Hewitt), n'a pas l'immédiateté que réclame l'époque actuelle pour faire d'un disque ou d'une chanson un succès.
Car quand après 34 minutes, les dernières notes de Switched On s'éteignent, 'Whoosh' a tout sauf l'allure d'un album prêt à rester dans les mémoires. Pour autant, il ressort de cette première écoute une envie bizarre, presque un besoin : celui de la relancer. Comme si cet anecdotique disque de prime abord pouvait être bien plus que cela. Comme si une voix nous disait que derrière ces 10 chansons, il y avait quelque-chose en plus. D'impalpable.

Les écoutes suivantes vont confirmer le sentiment que 'Whoosh' de The Stroppies a quelque-chose que les autres n'ont pas. Et qu'il n'est pas un énième album lambda comme il en sort tous les jours - et pas que le vendredi.

Déjà ils ont des mélodies. Elles ne sont pas forcément immédiates, mais dès qu'elles se sont insinuées dans votre oreille, il est difficile de ne pas les remarquer (My Style, My Substance pour ne citer que cette chanson). Et puis ce côté slacker (branleur certes mais pas trop) et lo-fi (le fait que le disque ait été enregistré en deux jours, faute de moyens supplémentaires, explique sans doute cela) et qui donne aussi bien du corps, de l'unité qu'une vraie ambiance à l'ensemble. Et puis ce côté Sonic Youth, le côté noise en moins, le côté pop en plus. Et puis ces deux voix (une féminine - qui rappelle par moments d'ailleurs celle de Kim Gordon -, une masculine) qui se partagent le chant. Et puis cet accent qui fait parfois penser qu'ils ne chantent pas dans leur langue maternelle. Et puis ces claviers presque cheaps mais diablement mélodiques qui rappellent Mates of State. Et puis le combo guitare-basse qui ne s'énerve jamais trop. Et puis cette production étouffée. Et puis. Et puis.

Et puis encore plein de choses au final qui font de cet album de The Stroppies une des meilleures choses entendues cette année. Écoutez-le, prenez votre temps : ce diable de 'Whoosh' est un disque discret, un peu timide et qui ne se livre pas facilement. (Sortie : 1er mars 2019)

Plus :
'Whoosh' de The Stroppies est à l'écoute sur la page bandcamp du groupe
'Whoosh' de The Stroppies est à l'achat sur la page bandcamp du groupe
'Whoosh' de The Stroppies est également en écoute sur Deezer et Spotify

Trois chansons de cet album de The Stroppies en écoute aujourd'hui. My Style, My Substance (en écoute également dans les playlists Spotify et Deezer, dans la colonne de gauche de ce blog) pour commencer, sans doute la meilleure chanson de 'Whoosh'. Puis First Time Favourites, histoire d'avoir quelques claviers. Et enfin Nothing at All, la chanson qui ouvre le disque : 

 



 

'Whoosh' de The Stroppies a déjà trois singles à son actif. Trois chansons (et pas les plus dégueulasses : Entropy, Nothing At All et Cellophane Car) qui ont également droit à leurs clips :







vendredi 5 avril 2019

[Track of The Day] Business of Dreams - Ripe for Arnachy

Difficile de passer à côté de ce deuxième album de Corey Cunningham, sorti sous le nom de Business of Dreams. Déjà parce que j'ai raté le premier (éponyme, en 2017). Ensuite parce qu'il est édité par Slumberland. Enfin parce que notre homme est membre de Terry Malts, jolie découverte de 2017, et Smokescreens dont le 'Used to Yesterday' était un des plus importants albums de 2018 à mes oreilles.

Corey Cunningham donc qui s'est lancé dans ce projet solo suite au décès il y a quelques années de son père. Une douleur qui lui a demandé un retour aux sources familiales et dont le résultat est ce 'Ripe for Arnachy'.
Un album charmant et discret, avec un peu de Smiths ici et là, à la production très à-propos, d'où s'échappe régulièrement une mélancolie touchante, et qui est porté par sa chanson titre, magnifique single en puissance, aux quelques accents d’Étienne Daho.
 
Album : Ripe for Arnachy
Année : 2019
Label : Slumberland


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Ripe for Arnachy de Business of Dreams est également en écoute :



Autre chanson de cet album de Business of Dreams, voilà la très Smiths-ienne N.R.E.A.M. :



jeudi 4 avril 2019

[Track of The Day] Yohuna - Mirroring

Premier extrait du deuxième album de Johanne Swanson, américaine de Brooklyn qui officie donc sous le nom de Yohuna, Mirroring est en même la chanson titre. Une chanson courte, sorte de bedroom pop fatiguée et de guingois, basée sur une guitare presque déglinguée, où Yohuna se pose énormément de question.

L'album ('Mirroring' donc) sortira début juin chez Fear of Missing Out Records, label que je découvre et qui a, ne nous mentons pas, le meilleur nom au monde.

Album : Mirroring
Année : 2019
Label : Fear of Missing Out Records


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Mirroring de Yohuna est également en écoute ci-dessous :




mardi 2 avril 2019

[Track of The Day] Jenny Lewis - Wasted Youth

Quand on sait à quels points les réseaux sociaux sont primordiaux pour la promotion d'un album, et quand on sait à quel point Facebook est d'un puritanisme exacerbé et d'une tolérance zéro dès qu'un bout de poitrine féminin est visible (bizarrement, cela pose moins de souci quand il s'agit d'un homme), il est assez couillu de la part de Jenny Lewis d'emballer son dernier album en date, 'On The Line', avec une telle pochette.

Quatrième album pour l'américaine, le premier en cinq ans, et qui compte quelques invités de marque aussi bien sur le disque lui-même (Beck à la production, Ringo Starr à la batterie sur Red Bull & Hennessey) que dans le clip de son dernier single (Red Bull & Hennessey là encore, où Mac DeMarco, St Vincent ou encore Jeff Goldblum sont de la partie). Un disque où Jenny Lewis fait le point sur sa vie, entre rupture, décès de sa mère et temps qui passe.

Un disque moins inspiré que par le passé (la production n'aide pas) mais où elle fait montre à nouveau de son don pour écrire des textes brillants, souvent drôles, même si l'humour est plutôt sombre. Plus que jamais une sorte de mélange entre Fiona Apple et Aimee Mann, Jenny Lewis subjugue même sur Wasted Youth (en écoute aujourd'hui), chanson où elle revient sur son enfance, l'absence de son père et les addictions de sa mère, en mettant plein de « doo-doo doo-doo doo » au moment du refrain ; à fredonner plus que de raison. 

Album : On The Line
Année : 2019
Label : WEA

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Wasted Youth de Jenny Lewis est également en écoute ci-dessous :


Le clip de Red Bull & Hennessy de Jenny Lewis, avec les participations de, et entre autres, Beck, St Vincent, Jeff Goldblum et Mac DeMarco :




vendredi 29 mars 2019

[Track of The Day] Over The Rhine - Let You Down

Longtemps groupe chouchou dans ces pages (voir ici ou ), Over The Rhine est depuis quelques disques rentré dans le rang, le succès lui étant passé sous le nez il y a bien longtemps.

Mais ce n'est pas une raison pour ne pas continuer à proposer de belles chansons, quand bien même elles sont peu nombreuses et portées par une pochette aussi laide.

'Love & Revelation' est le quinzième album du couple Karin Bergquistand-Linford Detweiler. Sur lequel on retrouve Let You Down, petit bijou de 4'40", d'une simplicité folle, plein de langueur, à la mélodie magnifique, chanté à deux, et dont les « I don't want to let you down » vous resteront longtemps en tête.

Album : Love & Revelation
Année : 2019
Label : Great Speckled Dog Records


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Let You Down de Over The Rhine est également en écoute ci-dessous :


Autre belle chanson de 'Love & Revelation' de Over The Rhine, voilà Given Road :




jeudi 28 mars 2019

[Track of The Day] Yola - Lonely The Night

Rendons à César ce qui lui appartient : cette jolie découverte, je la dois à Charles super ninja qui gère Another Whisky For Mister Bukowski, « le blog musical qui ne prend pas les enfants du bon dieu pour des canards sauvages ».

Yolanda Quartey, aka Yola, donc, chanteuse anglaise de Bristol - ancienne choriste pour Massive Attack et membre de Phantom Limb - dont 'Walk Through Fire' est le premier album ; soulful-soulpop-soulcountry au possible. Il y a bien ici quelques facilités, un poil de cliché par ci par là, mais de jolies compositions (comme ce Lonely The Night, en écoute aujourd'hui), un ensemble vintage seyant, une production ronde comme il faut (Dan Auerbach des Black Keys est à la manette. Il est toujours dans le coup dès qu'un projet un peu rétro pointe le bout de son nez) et une belle voix font de ce 'Walk Through Fire' un joli disque. 

Album : Walk Through Fire
Année : 2019
Label : Easy Eye Sound


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Lonely The Night de Yola est également en écoute ci-dessous : 


Autre extrait de 'Walk Through Fire' de Yola, voilà Ride Out In The Country et son clip :



mercredi 27 mars 2019

[Track of The Day] Benny Sings - So Far So Good

Avec sa pochette sobre qu'on aurait plus vu habiller un album inspiré par les années 30, 'City Pop' du néerlandais (et chevelu) Benny Sings ne ment pas sur la marchandise : l'ensemble est assez minimal.

Premier album pour Stones Throw, il fait dans le funk « froid » et les beats métronomiques. Après quelques écoutes, difficile d'imaginer qu'on se souviendra de cet album dans un an, un mois ou même une semaine. Pour autant, il serait dommage de passer à côté de So Far So Good (en écoute aujourd'hui) et Not Enough, premier single de 'City Pop' ; les deux chansons un tant soit peu ambitieuses du disque, où Benny Sings se révèle attachant.

Album : City Pop
Année : 2019
Label : Stones Throw


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), So Far So Good de Benny Sings est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson de 'City Pop' de Benny Sings, voilà Not Enough via son clip :



mardi 26 mars 2019

[Track of The Day] Scott Walker - The Seventh Seal


Adulé à ses débuts avec son groupe par des années 60 en pleine explosion pop, auteur en solo d'une tétralogie de disque très habillée sur laquelle plane une voix presque de crooner, et qui lui verront donner une dimension internationale à Jacques Brel, héros de Bowie, influence majeure de beaucoup (de David Sylvian à Neil Hannon, en passant dernièrement par les Foxgyen) et artiste toujours en mouvement, faisant évoluer son art et développant des envies jusqu'au-boutistes ('The Drift' dans lequel je n'ai jamais su rentrer), Scott Walker est sans doute un des artistes les plus influents de la musique contemporaine et celui à la notoriété publique la plus faible.

Il y a presque dix ans, en quelques semaines nous perdions Vic Chesnutt et Mark Linkous. Neuf ans plus tard, après Mark Hollis il y a un mois tout juste (avec qui il partageait une certaine idée de la discrétion), c'est donc au tour de Scott Walker de disparaître. A croire que les génies s'en vont toujours par deux.



lundi 25 mars 2019

[Track of The Day] Christian Scott aTunde Adjuah - Ancestral Recall (feat. Saul Williams)

Je ne sais pas vous mais j'ai toujours du mal à me motiver pour faire une activité le lundi soir, quelqu'elle soit. Le combo fatigue du week-end/fatigue de la journée me fait souvent choisir mon canapé à un concert, un ciné ou tout autre occupation du même acabit (les apéros du lundi étant évidemment proscrits depuis une dizaine d'années, la vieillesse tout ça tout ça).

Pourtant, quand lundi dernier mon compte facebook m'a rappelé qu'il y avait un concert potentiellement intéressant à l’Épicerie Moderne, j'ai laissé sa chance au produit en écoutant quelques morceaux de ce Christian Scott aTunde Adjuah, américain et trompettiste de son état, histoire de voir.

Cinq titres plus tard, j'étais dans ma voiture, espérant arriver assez tôt pour avoir une place - la salle n'annonçant pas un guichet fermé mais une forte affluence. Dans une Épicerie Moderne très bien remplie, Christian Scott aTunde Adjuah et son groupe lance les hostilités et vont les maintenir pendant près de deux heures. Ma connaissance en jazz étant très limitée, je ne me risquerais pas à un compte-rendu long et sans vraiment de sens. Sachez juste que Christian Scott aTunde Adjuah est très bien entouré, car que ce soit son pianiste (qui semble murmurer des paroles à chaque fois qu'il joue), son saxophoniste, son contrebassiste polonais, son batteur qui lui aurait tapé dans l’œil alors qu'il n'avait que 14 ans et un percussionniste aux faux-airs de Taribo West, tous sont très doués. Et que si ce n'était pas le concert du siècle loin de là (des parties d'improvisations un peu trop touffues, un solo de batterie presque cliché et surtout un Christian Scott aTunde Adjuah qui parle beaucoup, beaucoup mais alors beaucoup trop, entre sa très longue présentation du groupe (sans doute plus d'un quart d'heure !) à base d'anecdotes puis un long laïus sur le fait de s'aimer les uns et les autres en rappel), le moment fut agréable et ponctué par un très beau morceau, sûrement le meilleur joué ce soir là.

Depuis lundi dernier, 'Ancestral Recall', son nouvel album est sorti. Il ne m'a pas transcendé jusque là, à quelques morceaux près (dont celui qui donne son nom à l'album, avec Saul Williams au « chant »). Mais l'essentiel est ailleurs : car Christian Scott aTunde Adjuah est une magnifique découverte. Et j'ai toute une discographie à aller découvrir.

NB : La bUze croisé ce soir là à L'Epicerie Moderne a un avis un peu plus sévère que moi

Album : Ancestral Recall
Année : 2019
Label : Ropeadope Records

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Ancestral Recall de Christian Scott aTunde Adjuah, le tout avec la participation de Saul Williams, est également en écoute ci-dessous :