vendredi 16 août 2019

Action Dead Mouse - Il Contrario Di Annegare [È Un Brutto Posto Dove Vivere / To Lose La Track / Floppy Dischi / Ideal Crash]

Toujours dans un silence assez assourdissant, les Action Dead Mouse continuent leur petit bonhomme de chemin, parsemé de math-rock, de post-punk et d'hardcore reconnaissables entre mille.

Véritable chouchou de ces pages (j'ai chroniqué toutes leurs sorties, sauf le tout premier), toujours dans la progression et jamais dans la redite, le trio italien originaire de Bologne n'en finit plus d'(e m') épater. 'Il Contrario Di Annegare' (« Le Contraire de Noyade » si l'on doit tenter une traduction littérale) est leur cinquième album, et sans doute pas le moins bon.

Déjà à l'époque de 'Cascata', leur précédent, je m'interrogeais sur quelle place lui donner dans leur discographie, arrivant à la conclusion que c'était sans doute un des meilleurs, un des plus accessibles.

'Il Contrario Di Annegare' fait encore mieux. S'éloignant encore un peu plus de leur math-rock des débuts, ce nouvel album des Action Dead Mouse est peut-être le mieux construit, le plus mélodique mais pas le moins furieux. Post à bien des égards (punk, hardcore et même rock sur certaines montées), il est sans doute la symbiose la plus parfaite de leurs différentes inspirations.

Toujours adepte des ruptures et des fins brutales, Action Dead Mouse fait progresser ses chansons comme jamais, aux travers de boucles (ils se définissent ainsi : « Post Something Loop Orchestra from Bologna, Italy ») qui semblent répétitives - mais qui n'en sont pas. Chaque titre est construit de manière à faire arriver par petites touches - et couches - successives la lumière, pour mieux enflammer ses mélodies, pour mieux redonner du rythme à ses chansons.

Alternant cris et chant presque calme, ramassé comme toujours (7 titres pour 29 minutes), 'Il Contrario Di Annegare' est un disque absolument remarquable, qui s'ajoute à une discographie jusque là aussi impeccable qu’exigeante. Il reste juste dommage que les Action Dead Mouse ne trouvent pas un plus grand écho, au moins médiatique, hors de leur Botte tant ils sont définitivement à mon sens un des grands groupes de la décennie en cours. Chroniquer leur dernier album pour le 1400è papier de ce blog est finalement d'une logique totale. (Sortie : 5 avril 2019)

Plus : 
'Il Contrario Di Annegare' des Action Dead Mouse est en écoute sur leur page bandcamp
'Il Contrario Di Annegare' des Action Dead Mouse est à l'achat sur leur page bandcamp en name your price (pour le digital) et à 13€ pour le LP
'Il Contrario Di Annegare' des Action Dead Mouse est également en écoute (notamment) chez Spotify et Deezer

Trois titres de ce 'Il Contrario Di Annegare' d'Action Dead Mouse en écoute aujourd'hui. Perifrastica Passiva pour ouvrir le bal (en écoute également dans les playlists Spotify et Deezer dans la colonne de gauche de ce blog). Puis Parlare Nel Sonno. Et pour finir, Questa Era Glaciale : 




mercredi 14 août 2019

[Track of The Day] Spielbergs - Distant Star

Quoiqu'en dise son nom ou l'accent parfait de son chanteur, les Spielbergs (sans The) n'est en rien américain, mais un trio originaire d'Oslo en Norvège. Et publié par un tout nouveau label de Cambridge en Angleterre, By The Time It Gets Dark.

'This Is Not The End' est leur premier album et fait dans ce que certains appellent le  « celebration rock ». Pour la faire courte, de grosses guitares et un rythme endiablé avec une batterie qui n'arrête pas de maltraiter ses fûts. Ou plus prosaïquement du post-hardcore et du noise-rock auxquels on aurait enlevé le côté jusqu'au boutiste.

Même si les Spielbergs sont dans cette mouvance, et rappellent forcément Japandroids (dont le troisième album mi-figue/mi-raisin ne doit pas faire oublier la classe de leurs deux premières sorties), ils savent aussi ralentir le tempo, être carrément pop (Sleeper) voire pondre un titre quasi post-rock (McDonald's (Please Don't Fuck Up My Order)) et ne pas être trop linéaire.

Sans doute trop long et n'arrivant pas à évacuer totalement ses influences, 'This Is Not The End' est quand même un bel album qui recèle de quelques chansons d'une implacable efficacité (Distant Star et son côté émo, en écoute aujourd'hui). L'histoire ne dit par contre pas si les Spielbergs ont choisi de s'appeler parce qu'ils étaient fans de Jurassic Park.

Album : This Is Not The End
Année : 2019
Label : By The Time It Gets Dark


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Distant Star des Spielbergs est également en écoute ci-dessous :



Histoire de montrer une autre facette des Spielbergs, voilà donc la très belle balade qu'est Sleeper :



mardi 13 août 2019

[Track of The Day] Royal Chant - Shutdown Corner

Voilà une très belle pochette qui habille parfaitement un des très bons singles de cet été 2019 : Shutdown Corner.

Propriété des Royal Chant, quatuor (ou pas ? Difficile d'y voir clair. Ils semblaient être quatre et désormais plus que deux) australien conçu autour de deux guitares, d'une basse et d'une batterie, cette chanson à la production appliquée, trace sa voie comme s'il était sous le haut patronage de Lou Barlow et de ses nombreuses entités.

Sans fioriture, se permettant même une petite jam session de batterie de près d'une minute pour mieux se relancer sur la fin, Shutdown Corner est d'une efficacité évidente et aiguë. Merci (à nouveau) à Lyle.

Album : -
Année : 2019
Label : Dirty Mab Records


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Shutdown Corner de Royal Chant est également en écoute ci-dessous :


Autre single de Royal Chant, sorti tout début 2019, voilà Accidental :



 Pour finir, le clip de Shutdown Corner de Royal Chant :




lundi 12 août 2019

[Track of The Day] Pale Lips - Hiding From The Moon

Attention : on ressort son perfecto, on monte sa mèche au plus à grand renfort de gomina et on enfile ses boots en cuir. Car voilà Pale Lips, quatuor féminin originaire de Québec dont 'After Dark' est le deuxième album.

Au programme, une sorte de punk-rockabilly - qui fait penser à Chuck Berry mais qui aurait commencé sa carrière en 1977. Un disque où les chansons font dans leur grande majorité moins de 3 mns, où il y a du saxophone, de l'harmonica, où il est beaucoup question de « Johnny », d'amour autour de la Cadillac, que les Pale Lips enrobent de « whou », de « nanananana yeah yeah ». Sans doute pas mémorable, mais pour un disque sorti en janvier, ça fait le boulot en période estivale.

Album : After Dark
Année : 2019
Label : Alien Snatch! Records, Gods Candy Records, Spaghetty Town Records


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Hiding From The Moon de Pale Lips est également en écoute ci-dessous :



Le clip de You're a Doll, premier single extrait de 'After Dark' de Pale Lips :




vendredi 9 août 2019

[Track of The Day] The Horsebites - Two Times

Si The Horsebites est un quintet lyonnais, il est dans le même temps un conglomérat de membres d'autres groupes venus de la capitale des gones (de Lost Boys à Buttshakers, de Missing Souls à Cavemen V et je m'arrêterai là, n'ayant pas écouté jusque là une note de la plupart de ceux-ci).

Est-ce donc ce côté « super groupe » qui donne tant de cachet et tant de relief à 'Shadows' ? Sans doute. Car ce premier album de The Horsebites a une sacrée gueule, de l’énergie et des guitares - fuzz - à n'en plus finir. Garage autant que power-rock, psyché autant que pop, n'oubliant jamais les mélodies, le disque ne fait pas dans la fioriture, resserre son propos autour de 8 chansons et d'une petite trentaine de minutes. Bref, plus que jamais, la scène lyonnaise continue de se porter comme un charme.

Album : Shadows
Année : 2019
Label : Dangerhouse Skylab / Future Folklore Records


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Two Times de The Horsebites est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson très réussie de cet album de The Horsebites, voilà Shadows, qui ouvre l'album du même nom



jeudi 8 août 2019

[Track of The Day] Iorigun - Wasting My Time

Iorigun est un groupe brésilien (et c'est sans doute la première fois que j'évoque un groupe de ce pays depuis le début de ce blog, il y a bientôt 12 ans ; oui, tout ceci ne nous rajeunit pas). Et Wasting My Time, leur dernier single en date est tour récent vu qu'il est sorti le 2 août dernier.

Cette découverte (et c'est loin d'être la première), je la dois à Lyle, meneur émérite de la revue "Dans Le Mur du Son", sans doute le blog le plus indie (ou underground) du net français. 

Lyle annonçait que Wasting My Time était un tube. Hé bien, il n'avait pas tort. Un titre qui évoque beaucoup les années 2000 et des groupes de la clique en « The » ou ceux qui y étaient malgré tout rattachés (Bloc Party, au hasard). Vous me direz, en 2019, est-ce bien nécessaire ? Oui. Cent fois oui. Car ce Wasting My Time de Iorigun est sacrément réussi. Et diablement efficace.

Album : -
Année : 2019
Label : Midsummer Madness


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche, Wasting My Time de Iorigun est également en écoute ci-dessous :



mardi 6 août 2019

[Track of The Day] Ilgen-Nur - In My Head

Découverte grâce à la patronne de Ligature Records, voilà donc Ilgen-Nur Borali, leadeuse d'un quatuor originaire d'Hambourg et du groupe qui porte son nom, Ilgen-Nur.

'Power Nap' sera son premier album et sortira à la toute fin du mois d'août prochain. Une ascension assez rapide pour la jeune femme de 23 ans, qui a démarré sa carrière il y a tout juste deux ans et qui ne compte jusque là qu'un Ep, 'No Emotions', paru en 2017.

Celle qui définit sa musique comme « Sad songs about growing up » a quand beaucoup d'énergie à revendre. Deux titres sont pour l'instant disponible, In My Head et Easy Way Out. Deux réussites, très indie - et aux guitares à la belle nervosité -, très bien produites, et derrière lesquelles on a du mal à ne pas déceler une jolie mélancolie.

NB : Ilgen-Nur viendra présenter son premier album à Lyon sur la scène du Sonic le 24 octobre prochain. Et, précisions le, pour 6.5€ seulement.

Album : Power Nap
Année : 2019
Label : Euphorie Records


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), In My Head de Ilgen-Nur est également en écoute ci-dessous :



Autre single extrait du 'Power Nap' d'Ilgen-Nur à venir, voilà Easy Way Out :


Pour finir, voilà le clip d'In My Head d'Ilgen-Nur :



lundi 5 août 2019

[Track of The Day] Mammoth Penguins - Closure

Voilà donc les Mammoth Penguins, trio londonien mené par Emma Kupa et signé chez Fika Records. 'There's No Fight We Can't Both Win' est leur deuxième album, quatre après 'Hide and Seek' sorti chez Fortuna Pop.

Le disque n'est pas forcément renversant, mais il fait la part belle à une indie-pop de bon aloi - quand ce n'est pas carrément de la power-pop - mais qui sait parfois prendre son temps en ralentissant le tempo. Closure, qui ouvre le disque, donne une assez bonne idée de ce que sont les Mammoth Penguins, rentre dedans, aux faux-accents Nada Surf-ien, et catchy comme il faut.

Album : There's No Fight We Can't Both Win
Année : 2019
Label : Fika Recordings


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Closure de Mammoth Penguins est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson de ce disque des Mammoth Penguins, plus calme cette fois, voilà There Is So Much More :



Pour finir, le clip de Closure, premier single de ce 'There's No Fight We Can't Both Win' des Mammoth Penguins :



vendredi 2 août 2019

[Track of The Day] Accident - Oh Amalia

Si j'avais du écrire cette chronique du nouvel Ep d'Accident 'Dernier Voyage' sans me renseigner outre mesure, j'aurais sûrement commencé par parler de la frénésie créative de Romain Guerret, chanteur d'Aline et qui se produit en solo sous le nom de Donald Pierre (qui avait sorti l'an passé un bien fameux single, Ma Panthère).

Oui mais non. Parce que quand bien même les sonorités très Aline de certaines des chansons (et notamment, forcément, sur les guitares), quand bien même la voix qui font écho à sa voix... Romain Guerret n'est nullement de la partie d'Accident. Mais on ne tombe pas bien loin vu que le groupe est mené par un duo, Jérémy Monteiro et Laurent Maudoux, qui ne sont autres que ses cousins - germains.

Cette erreur évitée, disons donc tout le bien de ce nouvel (Accident avait sorti un album au tout début des années 2010) et excellent Ep, qui a donc de belles guitares « à la Aline » (Dernier Voyage, Oh Amalia) et des titres plus synthétiques (typés 80s) et quelques chansons hypnotiques (Déjà Vu, Déjà Fait et Amour Gloire et Beauté) et d'autres rappelant une certaine idée de la pop française des années 80 (Sur La Route ou Amour 95 qui a un je ne sais quoi de Fade to Grey de Visage). Charmant et efficace.

NB : 'Dernier Voyage Ep' d'Accident est également disponible en CD ou en vinyle en contactant directement Little John sur sa page Facebook

Album : Dernier Voyage Ep
Année : 2019
Label : Little John


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Oh Amalia d'Accident est également en écoute ci-dessous :


Autre tube tiré de cet Ep d'Accident, voilà Dernier Voyage :



jeudi 1 août 2019

[Track of The Day] John Eatherly - Burnout

Pendant un moment vrais chouchous de ces pages, les Public Access T.V. auront finalement fait pschitt avec deux albums loin des standards auxquels nous avaient habitués leurs premiers singles détonants (In The Mirror ou leur 'Rebounder Ep').

John Eatherly, chanteur du groupe, peut-être en voyant l'impasse dans laquelle se trouvait son groupe, a décidé de se lancer en solo. Jusque là, deux titres sont parus, et c'est surtout le second, Burnout, qui retient l'attention. Une chanson qui, selon Eatherly lui-même, a deux sens : celle de l'ennui infini de ne pas se sentir à sa place dans un monde où tout le monde semble sortir du même moule. Et de démonter l'imaginaire qui voudrait que la vie de rockstar soit si formidable.

Musicalement, Burnout est une sorte de mix entre le Public Access T.V. des débuts et le Public Access T.V. de 'Street Safari' (enfin tout ce qui était réussi). Un mélange réussi, au début synthétiquement cheap mais qui fait vite sortir les guitares. Chouette single.

Album : -
Année : 2019
Label : -


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Burnout de John Eatherly est également en écoute ci-dessous :


Pour finir, le clip de Burnout de John Eatherly réalisé par Kaia Gerber, fille de, je l'apprends, Cindy Crawford :



mercredi 31 juillet 2019

[Track of The Day] Froth - Departement Head

Trio de Los Angeles, Froth est une découverte mais pas des nouveaux venus vu que les californiens viennent de publier avec 'Duress' leur quatrième album.
Etant incapable de dire comment sonnent les premiers, concentrons nous sur ce dernier disque, d'une beauté froide de prime abord, mais dont la production et les chansons lui donnent une tonalité plus complexe.

Ensemble moins clinquant que claquant, 'Duress', ses 10 titres et ses 41 minutes, aligne guitares de haute volée, riffs qui ne recherchent jamais la facilité, boucles instrumentales et mélodies implacables. Noisy, shoegaze, post-punk, électronique brinquebalant également, me faisant penser parfois à Wilco, Froth apporte au disque une production des plus soignées, qui laisse avant tout à la musique être mettre d’œuvre de l'ensemble.

De toutes les chansons, c'est Departement Head qui ressort du lot à mes oreilles : son côté robotique, ce post-punk épuisé, presque las, comme à bout de souffle, ces guitares qui semblent peiner à sonner juste, comme sur la tangente. Sublime chanson pour un disque qui s'avère à chaque nouvelle écoute de plus en plus intéressant et brillant.

NB : Pour en savoir plus sur 'Duress' de Froth, je vous conseille fortement la chronique de Coralie Gardet pour Section 26.

Album : Duress
Année : 2019
Label : Wichita


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Departement Head de Froth est également en écoute ci-dessous :


Autre extrait de 'Duress' de Froth, voilà donc Dialogue :




Pour finir, voilà Laurel, le premier single extrait de 'Duress' de Froth. Et accessoirement, la chanson qui ouvre l'album :



lundi 29 juillet 2019

[Track of The Day] Molly Burch - Only One

« Toutes les histoires sont des histoires d'amour » disais-je en ouverture de ma chronique de vendredi dernier à propos de 'Chemin Vert' de Joseph Fisher.

La dernière chanson de Molly Burch (face-A d'un 45-tours à paraître en août prochain), Only One, reste dans le thème avec la fin d'une histoire d'amour où l'américaine essaie d'en trouver les raisons, sans, évidemment, avoir de réponse (« I heard you found someone new, is she nice to talk to? I thought she tried to fight you, just like I used to do. Is that why you went away, before I, before I could say... Why'd you stop loving me? »)

Langoureuse, Only One transpire la fatigue et la lassitude. Elle a tous les atours d'un titre estival, mais plutôt dans le sens caniculaire, tant la mélodie pleine de langueur amplifie la tristesse et le désarroi de Molly Burch. Jolie chanson à la belle justesse.

Album : Ballads 7"
Année : 2019
Label : Captured Tracks


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Only One de Molly Burch est également en écoute ci-dessous :



vendredi 26 juillet 2019

Joseph Fisher - Chemin Vert [-]

'Eureka Street', excellent roman de Robert McLiam Wilson, sorte de mix entre le 'Tortilla Flat' de John Steinbeck et 'The Big Lebowski' des Frères Coen (mais à la sauce irlandaise), s'ouvre par ces mots : « Toutes les histoires sont des histoires d'amour ».

Et ce n'est pas 'Chemin Vert' de Joseph Fisher qui viendra contredire cette vérité. Premier album du parisien, ce disque est, comme l'indique son sous-titre, « une collection de chansons à propos des filles, des salauds et de l'amitié.»

Musicalement, évidemment, l'ensemble est très bien ficelé, avec un trio guitare, basse, batterie, plutôt brut, parfois ascète, d'où s'échappent de belles mélodies, montées sur des structures qui de temps à autres s'extirpent judicieusement du carcan traditionnel de la chanson.
Un tout très anglo-saxon (il ne cite pas sur Chemin Vert les Red House Painters pour rien, et ce n'est pas non plus un hasard qu'il ait tenu la guitare lors du concert de Michael Hiscock de The Field Mice au Paris PopFest l'an passé), au plus fort sur Désordre ; mais où l'on retrouve tout de même quelques traces du Miossec des débuts.

Toutefois, l'atout principal de 'Chemin Vert', ce sont les textes de Joseph Fisher. Car ils touchent au plus profond. Rarement il m'a été donné l'opportunité d'écouter un disque parlant aussi bien des affres de l'amour, des ruptures, des déceptions, parfois des joies, de la mise à mort d'un sentiment et de tous les questionnements inhérents à ce genre de relations humaines.

En trouvant souvent le mot juste, en ne sacrifiant jamais ses rimes à une facilité d'écriture, Joseph Fisher est brillant, qu'il évoque les sentiments non-réciproques (« Toi tu voudrais bien vieillir avec moi mais dans 20 ans, moi je voudrais que ça commence maintenant » sur Je Ne Suis Pas Gentil), les plans culs qui n’en sont jamais vraiment (« Pour un garçon si détaché tu as souvent les larmes aux yeux », « Mais je vois que ton cœur se serre quand je me vais au bras d’un autre », « Tu ne trompes personne - je suis partageur et partagé - tu sais que c’est faux - je suis partageur et partagé - ce ne sont que des mots », « Combien de temps encore faudra t-il faire comme si nous faisions fi des conventions? » sur Partageur et Partagé) ou les douleurs d’une séparation (« J’ai toute ma tête mais mon cœur saigne et vient mourir aux portes de ton corps » sur Désordre).

Mieux encore : de toutes les chansons parlant de la douleur de la séparation et de la douleur qui ne veut pas diminuer, c'est sans nul doute le Cup of Coffee de Garbage qui a toujours eu ma préférence, tant le titre écrit par Shirley Manson est d'une justesse folle. La chanson titre Chemin Vert est du même acabit. Sans doute apogée de l'album, Joseph Fisher y questionne au plus près le sentiment amoureux et surtout sa perte. L'histoire d'un homme qui revient sur les pas d'une ancienne relation, dont il se rappelle les débuts (« Tu me recevais nue et fumant dans ton lit. J’y restais le dimanche, parfois jusqu’au jeudi »), la passion qui s'emparait d'eux (« comme nos deux peaux faisaient des étincelles »), le bonheur qui irradiait (« même si cet été là il ne plut pas beaucoup, le ciel ne pleurait plus, il se calquait sur nous »), les projets qui s'amoncellent (« on rêvait aux enfants que l’on aurait plus tard, en voyant ceux des autres gambader dans les squares. Le bonheur pour une fois ne tombait pas des mains, on s’y croyait, on s’y voyait enfin »). Avant que l'on comprenne que c'est l'amour qu'il a perdu et non la compagne, qui elle, a changé (et Joseph Fisher l'explique bien dans l'interview donnée à Sun Burns Out, voir plus bas).

Trente-cinq minutes, neuf chansons : Joseph Fisher livre avec 'Chemin Vert' un panorama intense, plein de doutes, d'espoir, de renonciation, de souvenirs, de manque de courage aussi, le tout porté par de très belles mélodies qui n'arrivent pas à ne pas être mélancoliques. Et au-dessus de tout cela plane l'amour. Oui, décidément, toutes les histoires sont des histoires d'amour. (Sortie : 30 avril 2019)

Plus :
'Chemin Vert' est en écoute sur le bandcamp de Joseph Fisher
'Chemin Vert' est à l'achat sur le bandcamp de Joseph Fisher
'Chemin Vert' de Joseph Fisher est également en écoute sur Spotify et Deezer
La chronique de 'Chemin Vert' de Joseph Fisher par Mathieu Gandin pour Pop News

Trois chansons de Joseph Fisher en écoute. A tout seigneur tout honneur, voilà donc la chanson Chemin Vert, dont j'ai évoqué la beauté juste au-dessus. Puis Partageur et Partagé, seule chanson en duo (avec Albane Honoré) où un couple qui se veut libre ne l'est finalement pas tant que cela. Et enfin le très beau Ville Nouvelle, plein de rêves évanouis :







jeudi 25 juillet 2019

[Track of The Day] Olivier Rocabois - Ship Of Women

Qui n'a pas besoin d'un peu de romantisme ? Qui n'a pas besoin de chansons bien habillées pour passer l'été ? Qui n'a pas besoin de mélodies touchantes au plus profond ? Personne. Car tout le monde le mérite.

Merci donc à Olivier Rocabois, parisien et leader d'All If (groupe dont je ne sais rien) qui se lance en solo sous son propre nom. Merci pour ces deux premières chansons, Ship Of Women et Somewhere In A Nightmare. Merci pour ces cordes. Merci pour ces belles mélodies pop ouvragées. Merci pour ces envolées vocales. Merci pour ce côté David Bowie. Merci pour cette production ouatée. Bref, merci pour la beauté. On en a tous plus que jamais besoin.

Album : Ship Of Women / Somewhere In A Nightmare
Année : 2019
Label : -


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Ship of Women d'Olivier Rocabois est également en écoute ci-dessous :


Seconde chanson de ce petit EP d'Olivier Rocabois, voilà Somewhere In A Nightmare :


Pour finir, voilà le clip de Ship Of Women d'Olivier Rocabois :




mardi 23 juillet 2019

[Track of The Day] Radical Face - Dead Ends

Chose promise, chose due. Fin 2016, alors qu'il venait de mettre un terme à sa trilogie familiale (voir ici et ), Ben Cooper aka Radical Face annonçait qu'il ne voulait plus se lancer dans des projets aussi longs et qu'il allait, sauf inspiration pouvant faire l'objet d'un album, se concentrer sur des formats plus courts. Dont acte.

Depuis, Radical Face a en effet sorti un trois titres ('SunnMoonnEclippse' en 2017), un Ep de reprises ('Covers, Volume 1: Lady Covers' en 2018) avant de mettre au monde il y a quelques semaines 'Therapy', dont il est question ce jour.

Un disque de 6 chansons, à la sauce Radical Face, aux mélodies qui lui sont si chères. Et s'il est rentré dans le rang et n'atteindra sans doute plus la perfection qui était sienne lors de la sortie de 'Ghost' en 2007, l'ensemble tient bien la route et se termine par une vraie douceur, d'une magnifique simplicité, mélancolique mais pleine d'espoir, Dead Ends : « And I don't wanna know why, I just want to know how to move on now, The past is buried in time, And the future's an anxious invention, Oh, and you never arrive, Unless you accept your dead ends, Yeah, you will never arrive, Unless you make peace with your dead ends ».

Album : Therapy Ep
Année : 2019
Label : Bear Machine


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Dead Ends de Radical Face est en écoute ci-dessous :


Autre chanson tirée de 'Therapy Ep' de Radical Face, voilà Doubt :


Et histoire de bien faire les choses, voilà le clip de Hard of Hearing, écrit, réalisé et monté par Radical Face lui-même (il semble avoir du mal à déléguer le Ben Cooper) :



lundi 22 juillet 2019

[Track of The Day] Ryan Rebo - Space Real Estate

Cela aura pris un peu plus de temps que prévu, mais le nouvel Ep de Ryan Rebo a donc vu le jour fin mai dernier. Après deux premières chansons lancées en amont (Boogieman et We All Invent Ourselves), l'américain a livré l'ensemble qui, comme prévu, s'appelle '7 Songs In The Key of Z'. Des cinq nouvelles chansons, c'est Space Real Estate qui a surtout attiré mon oreille : une très jolie balade, à la mélodie triste et à la composition pop qui prend une belle ampleur tout du long.
 
Et puis il n'est jamais inutile de reparler de 'I'm A Rainbow, A Promise of God's Care', un autre Ep de Ryan Rebo, sorti sous le nom Man at War, et un de mes disques favoris de 2017.

Album : 7 Songs in the Key of Z
Année : 2019
Label : -


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Space Real Estate de Ryan Rebo est également en écoute ci-dessous :



vendredi 19 juillet 2019

[Track of The Day] Remington Super 60 - The Highway Again

Il va encore faire chaud, très et trop surtout, dans les prochains jours. Alors accueillons à bras ouverts The Highway Again, nouvelle chanson de Remington Super 60, groupe norvégien formé de Christoffer Schou, Elisabeth Thorsen et Magnus Abelsen, qui reprend du poil de la bête après 12 ans de quasi-silence.

Oui, faisons place nette pour The Highway Again, sa belle mélodie pop rétro, la douceur nécessaire de la voix d'Elisabeth Thorsen, et la fraîcheur que semble apporter à l’atmosphère chaque nouvelle écoute de ces bien belles 3'19".

Album : -
Année : 2019
Label : Cafe Superstar Recordings


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Highway Again de Remington Super 60 est également en écoute ci-dessous :



jeudi 18 juillet 2019

[Track of The Day] Calexico and Iron & Wine - Follow The Water

Quand sort 'In The Reins' en 2005, Calexico et Iron & Wine sont à l'apogée de leurs carrières respectives : les gars de Tucson enchainent les disques qui reçoivent les éloges de la presse et Sam Beam vient de sortir son 2è album, le chef d’œuvre qu'est 'Our Endless Numbered Days' et qui vient de fêter ses 15 ans cette année. 'In The Reins' est une superbe claque, totalement inattendue et qui voit les deux groupes sortir parmi leurs meilleures compositions.

'Years to Burn', deuxième volet de leurs aventures communes, arrive lui dans un tout autre contexte : 14 ans ont passé et Iron & Wine et Calexico ne représentent plus grand chose. Ils continuent à sortir des disques, mais leurs magies respectives ont tout bonnement disparu - à quelques rares chansons près. Et ce disque collaboratif s'en ressent malheureusement.

Mais ne jouons pas (trop) les pisse-froids : l'ensemble tient la route, forcément. Ces gens là savent écrire des chansons et ont toujours un don pour la mélodie qui fait mouche (Follow The Water, en écoute aujourd'hui, quelle beauté). Et la voix de Sam Beam est toujours une des plus belles choses au monde. Mais on reste finalement assez loin de l'unité et de la beauté transcendante de 'In The Reins'. Si ce disque n'avait d'ailleurs pas existé, sans doute que cet avis serait plus positif, car 'Years to Burn' a de vraies bonnes chansons et de sacrés beaux moments. Mais si comparaison n'est pas raison, elle n'en reste pas moins au désavantage du plus récent des deux albums. Les années passent, que voulez-vous.

Album : Years to Burn
Année : 2019
Label : Sup Pop


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Follow The Water de Calexico and Iron & Wine est également en écoute ci-dessous :



Autre chanson tirée de 'Years to Burn' de Calexico and Iron & Wine, voilà What Heaven's Left, chanson qui ouvre 'Years to Burn' :