jeudi 11 avril 2019

[Track of The Day] Spiral Stairs - The Fool

Après des années à se faire discret, Scott Kannberg a décidé d'accélérer le tempo. Dix-huit mois après un 'Doris and the Daggers' sympathique à défaut de mieux, revoilà le guitariste de Pavement avec un nouvel album, le troisième sous son fameux alias Spiral Stairs.

Sorti sur le label texan Nine Mile Records (qui vient d'ailleurs de rééditer les deux albums de Preston School of Industry et le premier Spiral Stairs), 'We Wanna Be Hyp-No-Tized', à l'instar de son prédécesseur, a un démarrage des plus enthousiasmants. Très vite, on se rend compte que Spiral Stairs a monté le braquet et qu'il a décidé de s'amuser, de se faire plaisir et par la même de nous en mettre plein la vue en invitant saxophone, trompette, chœurs et claviers. Et en prenant la voix (c'est lui qui le dit) de Van Morrison.

Et cela s'en ressent tant l'ensemble déborde d'énergie (et qui est plutôt communicative d'ailleurs) et d'envie où rien n'est (ou ne semble) feint. Alors oui, tout n'est pas bon, il y a quelques effets de manche dispensables ou trop appuyés, des arrangements pompiers ou d'assez mauvais goût. Mais il n'empêche : pas révolutionnaire pour un sou, 'We Wanna Be Hyp-No-Tized' est un disque plaisant, avec quelques chansons réussies (comme ce The Fool, en écoute aujourd'hui).

Album : We Wanna Be Hyp-No-Tized
Année : 2019
Label : Nine Mile Records


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog),  de Spiral Stairs est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson réussie de ce 'We Wanna Be Hyp-No-Tized' de Spiral Stairs, voilà Dear Husband :



Pour finir, le clip de Hyp-No-Tized , la chanson qui ouvre 'We Wanna Be Hyp-No-Tized' de Spiral Stairs :



mardi 9 avril 2019

The Stroppies - Whoosh [Tough Love]

Disons le clairement : 'Whoosh' n'est pas un disque de son époque. Oh, non pas qu'il soit rétro ou qu'il baigne dans des influences de cinquante ans d'âge. Non. Simplement, ce premier effort de The Stroppies, quatuor de Melbourne (composé de Gus Lord, Rory Heane, Claudia Serfaty et Adam Hewitt), n'a pas l'immédiateté que réclame l'époque actuelle pour faire d'un disque ou d'une chanson un succès.
Car quand après 34 minutes, les dernières notes de Switched On s'éteignent, 'Whoosh' a tout sauf l'allure d'un album prêt à rester dans les mémoires. Pour autant, il ressort de cette première écoute une envie bizarre, presque un besoin : celui de la relancer. Comme si cet anecdotique disque de prime abord pouvait être bien plus que cela. Comme si une voix nous disait que derrière ces 10 chansons, il y avait quelque-chose en plus. D'impalpable.

Les écoutes suivantes vont confirmer le sentiment que 'Whoosh' de The Stroppies a quelque-chose que les autres n'ont pas. Et qu'il n'est pas un énième album lambda comme il en sort tous les jours - et pas que le vendredi.

Déjà ils ont des mélodies. Elles ne sont pas forcément immédiates, mais dès qu'elles se sont insinuées dans votre oreille, il est difficile de ne pas les remarquer (My Style, My Substance pour ne citer que cette chanson). Et puis ce côté slacker (branleur certes mais pas trop) et lo-fi (le fait que le disque ait été enregistré en deux jours, faute de moyens supplémentaires, explique sans doute cela) et qui donne aussi bien du corps, de l'unité qu'une vraie ambiance à l'ensemble. Et puis ce côté Sonic Youth, le côté noise en moins, le côté pop en plus. Et puis ces deux voix (une féminine - qui rappelle par moments d'ailleurs celle de Kim Gordon -, une masculine) qui se partagent le chant. Et puis cet accent qui fait parfois penser qu'ils ne chantent pas dans leur langue maternelle. Et puis ces claviers presque cheaps mais diablement mélodiques qui rappellent Mates of State. Et puis le combo guitare-basse qui ne s'énerve jamais trop. Et puis cette production étouffée. Et puis. Et puis.

Et puis encore plein de choses au final qui font de cet album de The Stroppies une des meilleures choses entendues cette année. Écoutez-le, prenez votre temps : ce diable de 'Whoosh' est un disque discret, un peu timide et qui ne se livre pas facilement. (Sortie : 1er mars 2019)

Plus :
'Whoosh' de The Stroppies est à l'écoute sur la page bandcamp du groupe
'Whoosh' de The Stroppies est à l'achat sur la page bandcamp du groupe
'Whoosh' de The Stroppies est également en écoute sur Deezer et Spotify

Trois chansons de cet album de The Stroppies en écoute aujourd'hui. My Style, My Substance (en écoute également dans les playlists Spotify et Deezer, dans la colonne de gauche de ce blog) pour commencer, sans doute la meilleure chanson de 'Whoosh'. Puis First Time Favourites, histoire d'avoir quelques claviers. Et enfin Nothing at All, la chanson qui ouvre le disque : 

 



 

'Whoosh' de The Stroppies a déjà trois singles à son actif. Trois chansons (et pas les plus dégueulasses : Entropy, Nothing At All et Cellophane Car) qui ont également droit à leurs clips :







vendredi 5 avril 2019

[Track of The Day] Business of Dreams - Ripe for Arnachy

Difficile de passer à côté de ce deuxième album de Corey Cunningham, sorti sous le nom de Business of Dreams. Déjà parce que j'ai raté le premier (éponyme, en 2017). Ensuite parce qu'il est édité par Slumberland. Enfin parce que notre homme est membre de Terry Malts, jolie découverte de 2017, et Smokescreens dont le 'Used to Yesterday' était un des plus importants albums de 2018 à mes oreilles.

Corey Cunningham donc qui s'est lancé dans ce projet solo suite au décès il y a quelques années de son père. Une douleur qui lui a demandé un retour aux sources familiales et dont le résultat est ce 'Ripe for Arnachy'.
Un album charmant et discret, avec un peu de Smiths ici et là, à la production très à-propos, d'où s'échappe régulièrement une mélancolie touchante, et qui est porté par sa chanson titre, magnifique single en puissance, aux quelques accents d’Étienne Daho.
 
Album : Ripe for Arnachy
Année : 2019
Label : Slumberland


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Ripe for Arnachy de Business of Dreams est également en écoute :



Autre chanson de cet album de Business of Dreams, voilà la très Smiths-ienne N.R.E.A.M. :



jeudi 4 avril 2019

[Track of The Day] Yohuna - Mirroring

Premier extrait du deuxième album de Johanne Swanson, américaine de Brooklyn qui officie donc sous le nom de Yohuna, Mirroring est en même la chanson titre. Une chanson courte, sorte de bedroom pop fatiguée et de guingois, basée sur une guitare presque déglinguée, où Yohuna se pose énormément de question.

L'album ('Mirroring' donc) sortira début juin chez Fear of Missing Out Records, label que je découvre et qui a, ne nous mentons pas, le meilleur nom au monde.

Album : Mirroring
Année : 2019
Label : Fear of Missing Out Records


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Mirroring de Yohuna est également en écoute ci-dessous :




mardi 2 avril 2019

[Track of The Day] Jenny Lewis - Wasted Youth

Quand on sait à quels points les réseaux sociaux sont primordiaux pour la promotion d'un album, et quand on sait à quel point Facebook est d'un puritanisme exacerbé et d'une tolérance zéro dès qu'un bout de poitrine féminin est visible (bizarrement, cela pose moins de souci quand il s'agit d'un homme), il est assez couillu de la part de Jenny Lewis d'emballer son dernier album en date, 'On The Line', avec une telle pochette.

Quatrième album pour l'américaine, le premier en cinq ans, et qui compte quelques invités de marque aussi bien sur le disque lui-même (Beck à la production, Ringo Starr à la batterie sur Red Bull & Hennessey) que dans le clip de son dernier single (Red Bull & Hennessey là encore, où Mac DeMarco, St Vincent ou encore Jeff Goldblum sont de la partie). Un disque où Jenny Lewis fait le point sur sa vie, entre rupture, décès de sa mère et temps qui passe.

Un disque moins inspiré que par le passé (la production n'aide pas) mais où elle fait montre à nouveau de son don pour écrire des textes brillants, souvent drôles, même si l'humour est plutôt sombre. Plus que jamais une sorte de mélange entre Fiona Apple et Aimee Mann, Jenny Lewis subjugue même sur Wasted Youth (en écoute aujourd'hui), chanson où elle revient sur son enfance, l'absence de son père et les addictions de sa mère, en mettant plein de « doo-doo doo-doo doo » au moment du refrain ; à fredonner plus que de raison. 

Album : On The Line
Année : 2019
Label : WEA

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Le clip de Red Bull & Hennessy de Jenny Lewis, avec les participations de, et entre autres, Beck, St Vincent, Jeff Goldblum et Mac DeMarco :




vendredi 29 mars 2019

[Track of The Day] Over The Rhine - Let You Down

Longtemps groupe chouchou dans ces pages (voir ici ou ), Over The Rhine est depuis quelques disques rentré dans le rang, le succès lui étant passé sous le nez il y a bien longtemps.

Mais ce n'est pas une raison pour ne pas continuer à proposer de belles chansons, quand bien même elles sont peu nombreuses et portées par une pochette aussi laide.

'Love & Revelation' est le quinzième album du couple Karin Bergquistand-Linford Detweiler. Sur lequel on retrouve Let You Down, petit bijou de 4'40", d'une simplicité folle, plein de langueur, à la mélodie magnifique, chanté à deux, et dont les « I don't want to let you down » vous resteront longtemps en tête.

Album : Love & Revelation
Année : 2019
Label : Great Speckled Dog Records


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Autre belle chanson de 'Love & Revelation' de Over The Rhine, voilà Given Road :




jeudi 28 mars 2019

[Track of The Day] Yola - Lonely The Night

Rendons à César ce qui lui appartient : cette jolie découverte, je la dois à Charles super ninja qui gère Another Whisky For Mister Bukowski, « le blog musical qui ne prend pas les enfants du bon dieu pour des canards sauvages ».

Yolanda Quartey, aka Yola, donc, chanteuse anglaise de Bristol - ancienne choriste pour Massive Attack et membre de Phantom Limb - dont 'Walk Through Fire' est le premier album ; soulful-soulpop-soulcountry au possible. Il y a bien ici quelques facilités, un poil de cliché par ci par là, mais de jolies compositions (comme ce Lonely The Night, en écoute aujourd'hui), un ensemble vintage seyant, une production ronde comme il faut (Dan Auerbach des Black Keys est à la manette. Il est toujours dans le coup dès qu'un projet un peu rétro pointe le bout de son nez) et une belle voix font de ce 'Walk Through Fire' un joli disque. 

Album : Walk Through Fire
Année : 2019
Label : Easy Eye Sound


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Autre extrait de 'Walk Through Fire' de Yola, voilà Ride Out In The Country et son clip :



mercredi 27 mars 2019

[Track of The Day] Benny Sings - So Far So Good

Avec sa pochette sobre qu'on aurait plus vu habiller un album inspiré par les années 30, 'City Pop' du néerlandais (et chevelu) Benny Sings ne ment pas sur la marchandise : l'ensemble est assez minimal.

Premier album pour Stones Throw, il fait dans le funk « froid » et les beats métronomiques. Après quelques écoutes, difficile d'imaginer qu'on se souviendra de cet album dans un an, un mois ou même une semaine. Pour autant, il serait dommage de passer à côté de So Far So Good (en écoute aujourd'hui) et Not Enough, premier single de 'City Pop' ; les deux chansons un tant soit peu ambitieuses du disque, où Benny Sings se révèle attachant.

Album : City Pop
Année : 2019
Label : Stones Throw


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), So Far So Good de Benny Sings est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson de 'City Pop' de Benny Sings, voilà Not Enough via son clip :



mardi 26 mars 2019

[Track of The Day] Scott Walker - The Seventh Seal


Adulé à ses débuts avec son groupe par des années 60 en pleine explosion pop, auteur en solo d'une tétralogie de disque très habillée sur laquelle plane une voix presque de crooner, et qui lui verront donner une dimension internationale à Jacques Brel, héros de Bowie, influence majeure de beaucoup (de David Sylvian à Neil Hannon, en passant dernièrement par les Foxgyen) et artiste toujours en mouvement, faisant évoluer son art et développant des envies jusqu'au-boutistes ('The Drift' dans lequel je n'ai jamais su rentrer), Scott Walker est sans doute un des artistes les plus influents de la musique contemporaine et celui à la notoriété publique la plus faible.

Il y a presque dix ans, en quelques semaines nous perdions Vic Chesnutt et Mark Linkous. Neuf ans plus tard, après Mark Hollis il y a un mois tout juste (avec qui il partageait une certaine idée de la discrétion), c'est donc au tour de Scott Walker de disparaître. A croire que les génies s'en vont toujours par deux.



lundi 25 mars 2019

[Track of The Day] Christian Scott aTunde Adjuah - Ancestral Recall (feat. Saul Williams)

Je ne sais pas vous mais j'ai toujours du mal à me motiver pour faire une activité le lundi soir, quelqu'elle soit. Le combo fatigue du week-end/fatigue de la journée me fait souvent choisir mon canapé à un concert, un ciné ou tout autre occupation du même acabit (les apéros du lundi étant évidemment proscrits depuis une dizaine d'années, la vieillesse tout ça tout ça).

Pourtant, quand lundi dernier mon compte facebook m'a rappelé qu'il y avait un concert potentiellement intéressant à l’Épicerie Moderne, j'ai laissé sa chance au produit en écoutant quelques morceaux de ce Christian Scott aTunde Adjuah, américain et trompettiste de son état, histoire de voir.

Cinq titres plus tard, j'étais dans ma voiture, espérant arriver assez tôt pour avoir une place - la salle n'annonçant pas un guichet fermé mais une forte affluence. Dans une Épicerie Moderne très bien remplie, Christian Scott aTunde Adjuah et son groupe lance les hostilités et vont les maintenir pendant près de deux heures. Ma connaissance en jazz étant très limitée, je ne me risquerais pas à un compte-rendu long et sans vraiment de sens. Sachez juste que Christian Scott aTunde Adjuah est très bien entouré, car que ce soit son pianiste (qui semble murmurer des paroles à chaque fois qu'il joue), son saxophoniste, son contrebassiste polonais, son batteur qui lui aurait tapé dans l’œil alors qu'il n'avait que 14 ans et un percussionniste aux faux-airs de Taribo West, tous sont très doués. Et que si ce n'était pas le concert du siècle loin de là (des parties d'improvisations un peu trop touffues, un solo de batterie presque cliché et surtout un Christian Scott aTunde Adjuah qui parle beaucoup, beaucoup mais alors beaucoup trop, entre sa très longue présentation du groupe (sans doute plus d'un quart d'heure !) à base d'anecdotes puis un long laïus sur le fait de s'aimer les uns et les autres en rappel), le moment fut agréable et ponctué par un très beau morceau, sûrement le meilleur joué ce soir là.

Depuis lundi dernier, 'Ancestral Recall', son nouvel album est sorti. Il ne m'a pas transcendé jusque là, à quelques morceaux près (dont celui qui donne son nom à l'album, avec Saul Williams au « chant »). Mais l'essentiel est ailleurs : car Christian Scott aTunde Adjuah est une magnifique découverte. Et j'ai toute une discographie à aller découvrir.

NB : La bUze croisé ce soir là à L'Epicerie Moderne a un avis un peu plus sévère que moi

Album : Ancestral Recall
Année : 2019
Label : Ropeadope Records

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Ancestral Recall de Christian Scott aTunde Adjuah, le tout avec la participation de Saul Williams, est également en écoute ci-dessous :



vendredi 22 mars 2019

[Track of The Day] Yann Tiersen - Heol

Souvent oublié lorsque l'on dresse la liste des artistes français ayant une notoriété certaine à l'internationale, Yann Tiersen est pourtant un des exemples les plus frappants, alignant les albums aussi variés que réussis, majoritairement instrumentaux (cela aide), le tout en étant signé chez Mute Records

'All' est son cinquième album studio pour le label anglais, et pas le moins beau. Calme, cinématographique, post-rock dans bien des aspects, ambiant aussi, il rappelle par moments le 'The Blue Notebooks' ou 'Songs From Before' de Max Richter. Plein de riches d'instrumentations (évidemment Tiersen joue de tout sur ce disque), de belles mélodies mélancoliques (à moins que ce ne soit l'inverse), des morceaux qui ne cessent de progresser et de se mouvoir, 'All', malgré sa longueur, est une douce réussite d'où ressort notamment Heol (en écoute aujourd'hui), superbe morceau en trois temps où le talent de mélodiste et de musicien de Yann Tiersen, qui n'est pourtant plus à démontrer, éclate une nouvelle fois au grand jour.

Album : All
Année : 2019
Label : Mute


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Heol de Yann Tiersen est également en écoute ci-dessous:


Et histoire de bien faire les choses, voilà Gwennilied, la chanson qui suit Heol dans 'All', avec sa voix déclamant du breton (en tout cas, je l'imagine) :




jeudi 21 mars 2019

[Track of The Day] Lux's Dream - Three

De Lux's Dream, j'étais resté sur son 'Tako Tsubo Ep' de 2017, bel Ep, rêveur comme il faut. Depuis, la lyonnaise Sacha Navarro-Mendez a fait du chemin en sortant un mini-album l'an passé (sobrement intitulé 'Lux's Dream') et en venant de révéler il y a peu un nouvel EP, 'Three', mis en lumière par la chanson d'ouverture du même nom.

Habillé par une pochette évoquant sans doute la sainte trinité voix-piano-synthé qui caractérise ce projet, cet Ep propose cinq titres et notamment ce Three, très belle chanson aussi onirique, organique que mélancolique, où Lux's Dream chante d'une voix aussi lancinante que sombre. Le reste de l'Ep n'atteindra pas la beauté de cette chanson (et ce n'est pas ce qu'on lui demande d'ailleurs), mais a un caractère (la synth-pop d'As When) et un cachet (les rêveuses La Maison et Sweet Nothings) certains.

Album : Three Ep
Année : 2019
Label : Archipel


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Three de Lux's Dream est également en écoute ci-dessous :


Le clip de Three de Lux's Dream est à voir ici :



mercredi 20 mars 2019

[Track of The Day] Lala Lala & WHY? - Siren 042

Petite beauté douce-amère du mercredi, voilà Siren 042, le single de Lala Lala (alias de Lillie West, américaine de Chicago née à Londres) et de Yoni Wolf, l'homme derrière Why?.

Douce-amère donc, car avec sa langueur, le mélange des deux voix (le chant pour elle, les chœurs pour lui), sa belle mélodie et ses paroles sombres et désabusées (« And I'm sorry, I was evil, I'm in trouble from before, sometimes I feel like other people, I don't remember anymore »), il n'y a pas vraiment d'autres mots pour la définir. Et cela lui va très bien comme ça.

Album : Siren 042 single
Année : 2019
Label : Hardly Art


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Siren 042 de Lala Lala & WHY? est également en écoute ci-dessous :


Pour finir, voilà le clip de Siren 042 de Lala Lala & WHY? :



mardi 19 mars 2019

[Track of The Day] SASAMI - Pacific My Heart

Un peu de Stereolab, presque du Broadcast sur quelques passages, des invités triés sur le volet (dont Devendra Banhart que je croyais disparu corps et biens depuis des années), une production très marquée nineties, du synthé, des guitares, de la reverb et un poil de shoegaze pour relever le tout, voilà à quoi ressemble le premier album de Sasami Ashworth (sous l'alias SASAMI), américaine originaire de Los Angeles.

Un premier album charmant à défaut de mieux, pas forcément mémorable et manquant sans doute un peu de cohérence et de constance mais qui est parcouru par quelques belles fulgurances, situées en milieu d'album : Free (en duo avec Devendra Banhart) et l'ascète Pacific My Heart (en écoute aujourd'hui).

Album : SASAMI
Année : 2019
Label : Domino


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Autre chanson très réussie de cet album de SASAMI, voilà Free avec la participation de Devendra Banhart :




lundi 18 mars 2019

[Track of The Day] Julia Jacklin - Body

'Crushing', le deuxième album Julia Jacklin, australienne de son état, n'est pas un disque transcendant, qui a quelques longueurs et redondances, mais qui reste de belle tenue. 

Surtout, il s'ouvre sur une chanson absolument merveilleuse, Body (et donc en écoute aujourd'hui), qui parvient, chose pas toujours évidente, à avoir tout au bon endroit au bon moment. Ici, tout est à sa place, juste là où il faut.

Il y a cette batterie étouffée et monolithique ; la voix de Julia Jacklin qui reste d'une linéarité folle, sans jamais changer de cap ; ces quelques notes de piano qui n'arrivent pas à mettre de lumière dans la chanson ; cette production presque étouffée qui rend l'écoute encore plus prégnante. Et puis il y a ces paroles et le thème de la chanson, celle d'une femme expliquant qu'elle préfère s'éloigner de son compagnon, devenu toxique à bien des niveaux - « I guess it's just my life, and it's just my body » répète t-elle longuement sur la fin du morceau -. Sublime de bout en bout.

Album : Crushing
Année : 2019
Label : PIAS


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Body de Julia Jacklin est également en écouté ci dessous :


Pour finir, le clip de Body de Julia Jacklin, chanson qui ouvre 'Crushing' :




vendredi 15 mars 2019

[Track of The Day] jeremy messersmith - Sweep Me Off My Feet

Petite bluette de jeremy messersmith (toujours sans majuscules) qui, après un touffu mais très réussi 'Late Stage Capitalism', revient à la simplicité.

La chanson s'appelle Sweep Me Off My Feet et est sortie au moment de la Saint-Valentin. Et ici, pas de chanson d'amour larmoyante. Non, juste l'histoire d'un homme qui a tout réussi dans sa vie sauf sa vie sentimentale et qui, plutôt que se lamenter, préfère prendre du temps pour soi, s'offrir un bon dîner, une belle soirée, une longue nuit de sommeil et des litres de Bloody Mary. Et sans aucune ironie là-dedans.
Le clip et son imaginaire assez proche de Wes Anderson exprime très bien les paroles de la chanson. Un Sweep Me Off My Feet à voir et à écouter donc.

Album : Sweep Me Off My Feet Single
Année : 2019
Label : Glassnote


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Sweep Me Off My Feet de jeremy messersmith :


Le clip de Sweep Me Off My Feet de jeremy messersmith :



jeudi 14 mars 2019

[Track of The Day] The Mountain Goats - Cadaver Sniffing Dog

Il y a quelque-chose d'assez fou avec The Mountain Goats : la musique du quatuor mené par John Darnielle m'a toujours semblé ne pas avoir d'âge. Et ce n'est pas Cadaver Sniffing Dog qui viendra démentir cet état de fait.

Deuxième extrait de leur 17è album à venir 'In League With Dragons', il y a quelque-chose de totalement intemporel dans leur musique. Que ce soit dans la scène sanglante décrite par John Darnielle, cette basse qui joue le rôle de métronome sous amphétamines, ces chœurs discrets qui donnent de l'ampleur à la chanson, ces cordes judicieuses qui viennent et disparaissent, cette guitare qui vient balancer quelques riffs rageurs avant de s'éteindre.
Et on pourrait en dire tout autant de Younger, le premier extrait, avec son saxophone qui arrive dont ne sait où, pour ajouter un peu de sublime à une chanson somme toute banale.

En tout cas, après un 'Goths' (qui portait bien son nom), The Mountain Goats plonge la tête la première dans l'héroïc fantasy et la science fiction (John Darnielle étant fan de Donjons et Dragons, cela fait sens). Le disque racontera l'histoire, selon ce dernier « d'une ville balnéaire assiégée appelée Riversend et dont la communauté est régie par un sorcier bienveillant (sic) ». Et le tout sera produit par Owen Pallett, ex-Final Fantasy et compagnon de scène des Arcade Fire. Bref, ça promet. 
 
Album : In League with Dragons
Année : 2019
Label : Merge


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Cadaver Sniffing Dog de The Mountain Goats est également en écoute ci-dessous :


Autre extrait de 'In League with Dragons' de The Mountain Goats, voilà Younger :



mercredi 13 mars 2019

[Track of The Day] Orouni - Son of Mystery

Plus souvent j'aurais aimé parlé ici du projet de Rémi Antoni et de sa joyeuse confrérie Orouni. Mais à chaque fois, je n'ai pas pris le temps, alors que le groupe le mérite. Essayons donc de rattraper un peu de retard en évoquant le premier extrait de leur nouvel album à venir (le quatrième), 'Partitions', qui verra le jour le 19 avril prochain.

Le morceau s'appelle Son of Mystery et raconte l'histoire, je cite, « du musicien Slim Gaillard (qui a joué avec Charlie Parker, Miles Davis et Dizzy Gillespie), aperçu dans On The Road (Jack Kerouac) et inventeur du mot Orouni ». Une chanson joliment racontée (et psychotropement résumée dans son clip, voir plus bas), tout en finesse : une belle mélodie, un rythme plutôt mid-tempo, qui voit Orouni l'habiller de ses pièces instrumentales avec un touché certain (l'arrivée feutrée de la flûte sur la fin de la chanson est d'une justesse folle). Sacré teasing.

Album : Partitions
Année : 2019
Label : December Square


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Son of Mystery, premier extrait de 'Partitions' d'Orouni, est également en écoute ci-dessous :



Pour finir, voilà le clip de Son of Mystery d'Orouni, entre animation psyché et do it yourself :



mardi 12 mars 2019

[Track of The Day] Weyes Blood - Everyday

Américaine de 31 ans, Natalie Mering est plus connue (ou est en passe de l'être) sous le nom de Weyes Blood, son projet musical qui devrait prendre une nouvelle ampleur avec sa signature chez Sub Pop.

Car après deux derniers disques - découverts récemment - plaisants mais ayant du mal à tenir la longueur, le label américain l'accueille en effet pour son nouvel album, 'Titanic Rising' (à la jolie pochette). Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les deux premières chansons dévoilées sont très prometteuses, surtout Everyday (en écoute ce jour).

Une chanson orchestrale, baroque, ambitieuse et délicieusement rétro (bonjour les années 60 ou plus près de nous The Magic Theatre), pleine de chœurs et de « pa papadam papadam » à chanter à tue-tête. En tous points enchanteur.

Album : Titanic Rising
Année : 2019
Label : Sub Pop


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Everyday de Weyes Blood est également en écoute ci-dessous :



Autre chanson, Andromeda, premier single de 'Titanic Rising' de Weyes Blood :


Pour finir, le clip de Everyday de Weyes Blood, en hommage aux slasher-movies :



lundi 11 mars 2019

[Track of The Day] Foxygen - Livin' a Lie

Dans les clichés éculés de la critique/chronique musicale (et souvent utilisés dans ces pages j'imagine), on trouve souvent la fameuse expression « album de la maturité ».

Les Foxygen en sont à cinq albums mais il y a fort à parier que cette expression sera utilisée pour parler de 'Seeing Other People', prochain disque des californiens, duo très aimé ici et auteurs chez moi de deux des albums marquants de la décennie qui s'achève (voir ici et ).

Sam France, le chanteur du duo, explique la genèse de 'Seeing Other People' dans un long et intéressant post. Car contrairement à ce que pourrait faire penser le titre, aucune séparation de Foxygen n'est au programme. Ils n'ont pas besoin de voir d'autres personnes. Non, ils ont juste vieilli. Ont dit au revoir à leurs vingt ans. Aux drogues. Aux tournées. Et bonjour au temps qui passe.

L'album s’appellera 'Seeing Other People' et a envoyé en éclaireur un premier single, Livin' a Lie, qui se démarque une nouvelle fois de ce qu'ils ont fait par le passé. Une chanson très mélancolique et qui promet une nouvelle fois de belles aventures, résumées ainsi par Sam France : « It sounds like your dad's favorite recording artist circa 1985 sneaking off to the studio bathroom for a hit of blow ». Ah quel groupe...

Album : Seeing Other People
Année : 2019
Label : Jagjaguwar


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Livin' a Lie de Foxygen est également en écoute ci-dessous :


Et pour finir, le clip de Livin' a Lie de Foxygen, premier extrait de 'Seeing Other People' :