Commençons cette dernière ligne droite de l'année en nous intéressant à quelques disques qui auront fait mon année et pour lesquels, je m'en rends compte, je n'ai eu jusque là aucun mot. Premier de cordée, 'angel in realtime.', troisième album des australiens de Gang of Youths, découvert l'an passé à la faveur d'un The Angel of 8th Ave. décapant.
Un disque pas vraiment inoubliable, mais qui contient deux chansons remarquables (en plus du single sus-cité) : You in Everything, long et prenant morceau d'ouverture. Et Brothers qui pour tout motif une simple mélodie au piano répétitive et le texte de David Le'aupepe, chanteur de Gang of Youths. Celui-ci y raconte tout ce qu'il a appris sur son père à la mort de celui-ci, ses mensonges, ses travestissements de la réalité, ses omissions et notamment celles de l'existence de deux demi-frères abandonnés pendant leur enfance par l'homme qu'il adorait par dessus tout. Une plongée de près de six minutes dans la famille Le'aupepe absolument superbe et très touchante - pour ne pas dire bouleversante.
Album : angel in realtime. Année : 2022 Label : Sony Music
Ayé, nous sommes en 2022. Pas dit que l'année prochaine soit formidable, loin de là. Elle a même tout pour être de même nature que sa devancière. Pour autant, on ne pleurera pas la disparition dans les limbes de 2021, année affreuse s'il en est et qui aura réussi à faire pire que 2020, ce qui n'est pas rien.
Musicalement en revanche, quelle année ! Comme déclinée sur les trois premières parties de ce bilan annuel, 2021 fut un grand cru à mes oreilles. Des disques absolument merveilleux. Des claques prises plus souvent qu'à mon tour. Et des chansons, mes aïeux, je ne vous en parle même pas.
Mais avant d'aller plus loin et de détailler ce Top 50 des meilleurs morceaux de l'année, regardons une nouvelle fois ce que les copines, copains et autres voisins ont tiré de cette année 2021 :
Nous disions donc 50 chansons. Cinquante morceaux qui auront passé leur temps dans mes oreilles, certains en partant pour mieux y revenir encore plus puissant. Le numéro 1 a été évident du moment où j'ai posé mes oreilles dessus (je vous conseille d'ailleurs de regarder le clip, d'une classe et d'une beauté folle). Le numéro 2 est un titre fou, du post-punk qui finit comme en électro. Quant à la troisième marche du podium, c'est la plus belle chanson française de l'année, sans conteste possible (et qui ouvre un album qui a raté le cut d'un rien de mon top album). Le reste ? Des chansons presque du même acabit, avec beaucoup de guitares, de la pop dans tous les sens, des vieux sur le retour qui font dans le cliché mais qui le font bien, quelques petites douceurs dont je n'arrive pas à me lasser et quelques tubes sur lesquels on dansera encore dans vingt ans. Bref, cinquante titres. Cinquante chansons. A découvrir ci-dessous.
Et évidemment, au bas de ce classement, des lecteurs Spotify, Deezer et Youtube pour écouter - et voir - ces 50 chansons. Bonne lecture et surtout, bonne écoute !
Et vu que lire ce top sans écouter les chansons en question n'aurait pas d'intérêt, ci-dessous, non pas un, non pas deux mais trois lecteurs ! Un chez Spotify, un chez Deezer et un chez Youtube (qui permettra notamment de voir le clip aussi formidable que la chanson d'Introvert de Little Simz). Bonnes écoutes !
Mercredi, il était question dans ces pages de The National avec The Angel of 8th Ave. de Gang of Youths. Il va en être question également avec la chanson du jour, What a World, et plus globalement avec l'album 'Cut The Light' de Husband, groupe anglais (découvert ici grâce à Michel Malégeant), dont on ne sait pas bizarrement grand chose (rien chez Discogs ou Rate Your Music). «Bizarrement» parce que ce premier album mérite plus que l'anonymat dans lequel il se débat depuis juin dernier.
Sorti en catimini (version digitale uniquement et sans label), 'Cut The Light' est un album de pop (ou de rock, mettez le curseur où vous le souhaitez) très anglais, aux vraies belles chansons et aux mélodies corsetées dans des ambiances sombres et lourdes que viennent éclaircir quelques guitares lumineuses et un piano des plus justes. Alternant morceaux de bravoure (Mirrors) et balades noires, porté par une voix qui flirte régulièrement avec un chant crooner, le tout tient sacrément la route. Un ensemble dont finalement le seul défaut est sans doute sa production, pas vraiment flamboyante et qui manque autant de relief que de finesse. Mais ne retenir que cela serait très réducteur tant Husband ici fait montre d'un sacré talent de composition et d'écriture (What a World) et a pour lui les chansons qui devraient lui permettre de trouver la lumière qu'il mérite.
Rythmiques à laThe National, lignes de basses à la New Order et chant à la Black English, groupe américain éphémère mais tout à fait recommandable, le dernier single en date du quintet Australien de Sydney Gang of Youths a tout du tube - qui n'en sera sans doute pas un.
Car The Angel of 8th Ave. est un titre aussi immédiat qu'addictif, où basse et guitares se répondent et se renvoient des politesses sans jamais se fatiguer ou réfréner leurs efforts, tandis que la voix de David Le'aupepe, sûre et belle, surfe au-dessus de tout cela et nous conte une histoire d'amour, sans doute la sienne, du genre de celles qui sauvent des vies. Une chanson qui, certes, ne changera pas l'histoire de la musique mais qui est tout de même d'une sacrée efficacité.
Album : Total Serene Ep Année : 2021 Label : Warner Music UK