Je m'étais déjà fait la réflexion il y a quelques années de cela et le constat s'est depuis plus que vérifié : Leeds n'est pas une cité à prendre à la légère dès que l'on parle de rock anglais. English Teacher, Yard Act, Treeboy & Arc, Lumer ou Mush, pour ne citer qu'eux, tous sont originaires de cette ville qui commença en 1992 à écrire la légende d'Eric Cantona outre-manche (« I love you, I don't know why, but I love you »).
Si vous le voulez bien, ajoutons à cette liste un nouveau nom : Van Houten. Derrière ce patronyme très néerlandais et qui sent bon le cacao en poudre, se cache un sextet anglais (donc), qui fait dans le rock (donc) mais aussi dans le shoegaze et qui aime mettre des ambiances atmosphériques dans ses compositions. Comme dans I Let You (en écoute aujourd’hui), chanson de clôture de leur solide premier album 'The Tallest Room' (leur 'Van Houten' de 2019, présenté comme un album à la base ne semble plus être qu'un Ep vu que leur label parle de « debut album » pour celui-ci). Une sorte de rêverie de plus de huit minutes, impeccablement menée par une batterie métronomique, une voix effacée puis presque plaintive et surtout par une guitare qui monte et qui descend, qui descend et qui monte, avant qu'une autre ne rejoigne tout ce beau monde, se prenne pour un violon électrique très mélancolique sur la fin et l'étire à l'infini, de superbe marnière. Somptueuse et très grande chanson, I Let You est aussi un autre raté et oubli de 2024, heureusement désormais comblé.
Album : The Tallest Room Année : 2024 Label : Clue Records / EMI North
Ayé, nous sommes en 2022. Pas dit que l'année prochaine soit formidable, loin de là. Elle a même tout pour être de même nature que sa devancière. Pour autant, on ne pleurera pas la disparition dans les limbes de 2021, année affreuse s'il en est et qui aura réussi à faire pire que 2020, ce qui n'est pas rien.
Musicalement en revanche, quelle année ! Comme déclinée sur les trois premières parties de ce bilan annuel, 2021 fut un grand cru à mes oreilles. Des disques absolument merveilleux. Des claques prises plus souvent qu'à mon tour. Et des chansons, mes aïeux, je ne vous en parle même pas.
Mais avant d'aller plus loin et de détailler ce Top 50 des meilleurs morceaux de l'année, regardons une nouvelle fois ce que les copines, copains et autres voisins ont tiré de cette année 2021 :
Nous disions donc 50 chansons. Cinquante morceaux qui auront passé leur temps dans mes oreilles, certains en partant pour mieux y revenir encore plus puissant. Le numéro 1 a été évident du moment où j'ai posé mes oreilles dessus (je vous conseille d'ailleurs de regarder le clip, d'une classe et d'une beauté folle). Le numéro 2 est un titre fou, du post-punk qui finit comme en électro. Quant à la troisième marche du podium, c'est la plus belle chanson française de l'année, sans conteste possible (et qui ouvre un album qui a raté le cut d'un rien de mon top album). Le reste ? Des chansons presque du même acabit, avec beaucoup de guitares, de la pop dans tous les sens, des vieux sur le retour qui font dans le cliché mais qui le font bien, quelques petites douceurs dont je n'arrive pas à me lasser et quelques tubes sur lesquels on dansera encore dans vingt ans. Bref, cinquante titres. Cinquante chansons. A découvrir ci-dessous.
Et évidemment, au bas de ce classement, des lecteurs Spotify, Deezer et Youtube pour écouter - et voir - ces 50 chansons. Bonne lecture et surtout, bonne écoute !
Et vu que lire ce top sans écouter les chansons en question n'aurait pas d'intérêt, ci-dessous, non pas un, non pas deux mais trois lecteurs ! Un chez Spotify, un chez Deezer et un chez Youtube (qui permettra notamment de voir le clip aussi formidable que la chanson d'Introvert de Little Simz). Bonnes écoutes !
Leur premier album '3D Routine' avait une des belles découvertes de l'an passé. Sans la pandémie, nul doute d'ailleurs qu'il aurait même connu un meilleur sort, la tournée aidant. Pourtant, bien loin de laisser abattre, les Mush ne s'en étaient pas laissés compter, sortant dans la foulée deux Ep avant de commencer à enregistrer la suite. Tout était au vert donc pour que leur deuxième album, 'Lines Redacted' finisse le travail commencé un an plus tôt tout pile.
S'il semble que celui-ci fait plutôt consensus un peu partout, j'avoue ne pas y trouver mon compte. Le disque oublie, c'est dommage, trop souvent les chansons et les mélodies. Et si le post-punk et ce chant presque loufoque (véritable signature) sont toujours bien présents, l'ensemble tourne pas mal à vide.
Toutefois, on trouve à la toute fin de 'Lines Redacted' B2BCDA (pour « Back to back consecutive dark age»), chanson à l'efficacité folle, qui voit Mush connaitre un retour de flamme saisissant, où guitare et basse s'en donnent à cœur joie sur la descente de manche, notamment sur le refrain. Comme quoi, il faut toujours écouter les disques en entier même lorsqu'ils nous ennuient.
L'hiver anglais sera post-punk. Oui, il se pourrait bien que ce début 2021 se concentre sur Angleterre et notamment vers Leeds, avec le nouvel album de Mush (12/02) et cet Ep de Lumer (29/01).
Lumer donc, quartet qui n'en est pas à son coup d'essai et dont les quelques Ep et singles disséminés ici et là donnent envie d'en savoir plus. Ca et le premier extrait de 'Disappearing Act Ep', The Sheets. Un morceau au chant so british, à la grande efficacité, post-punk certes, mais qui ne se départ d'un certain côté pop.
Album : Disappearing Act Ep Année : 2021 Label : Beast Records / Bleakhaus Records
Dans la série « groupes que j'aurais dû voir sur scène au printemps dernier et puis finalement non, foutue pandémie », voilà Mush, quatuor venue de la perfide Albion et puis précisément de la ville d'adoption de Marcelo Bielsa, Leeds. En février dernier, les Mush sortaient leur premier album '3D Routine', disque tout à fait recommandable de post-punk parcouru par quelques singles d'un fort bon aloi (au premier rang desquels Revising My Fee). Mais plutôt que s'arrêter/capitaliser sur ce premier effort, le quatuor a continué à produire et à sortir des disques : 'Great Artisanal Formats Ep' (pour le Record Store Day en août dernier) et 'Yellow Sticker Hour Ep' (début octobre).
Dead Beat, la chanson du jour, est extraite de 'Great Artisanal Formats Ep'. Et le ferme d'ailleurs. Une chanson de 2'15" tout juste, vieille composition qui n'a pas su trouver sur son chemin sur '3D Routine' mais qui a pourtant un sacré chien. Post-punk nerveux et très anglais, toujours chanté de cette voix déglinguée et comme sur montagnes russes, avec une production assez crasse pour lui donner un supplément de charme.
Album : Great Artisanal Formats Ep Année : 2020 Label : Memphis Industries
Un peu de pop efficace, un bijou de la chanson française, une rockeuse au piano et du hip-hop en marge au menu. Bonne écoute (et toujours disponible dans le lecteur deezer, à droite)
Lundi 5 novembre 2007:
* Mr Hill - The Darkest Hour [Hal Cush Music]
Un album complètement instrumental. Des productions hip-hop douces et légères, comme ce The Darkest Hour, aux allures de musique de film. (disponible sur The Darkest Hour # 2007)
Dimanche 4 novembre 2007:
* Curse Ov Dialect - Broken Feathers [Mush]
Sorti il y a un peu plus d'un an, cet album des Curse Ov Dialect, hip-hopeur en marge, à la Anticon, n'a pas pris une ride. Preuve en est ce Broken Feathers, basé sur un sample de Yann Tiersen, absolument magique. (disponible sur Wooden Tongues # 2006)
Samedi 3 novembre 2007:
* PJ Harvey - Dear Darkness [Island] La belle Polly Jean prend tout le monde à revers, remise les guitares pour un temps et s’installe au piano. Superbe. Ou splendide. Au choix. (disponible sur White Chalk # 2007)
Vendredi 2 novembre 2007:
* La Blanche - Te Dire [Nocturne] Une des plus belles chansons de l'histoire de la musique française. Au moins selon moi. Te Dire est un morceau d'une qualité d'écriture folle. Et d'une vérité qui ferait presque peur. Sommet. (disponible sur Michel Rocard # 2002)
Jeudi 1er novembre 2007:
* Nine Horses - Money For All [Samadhisound] Suite du magistral 'Snow Borne Sorrow' de 2005, voilà un nouvel Ep pour Nine Horses, le groupe fomenté par David Sylvian. Beaucoup de remixes. Mais quelques chansons inédites quand même. Dont ce Money For All délicieux. (disponible sur Money For All Ep # 2007)
Mercredi 31 octobre 2007:
* British Sea Power – Atom [Rough Trade] Après deux albums passés (presque totalement) inaperçus, retour du combo anglais que l’on croyait séparé. Un premier extrait, téléchargeable gratuitement ici, de leur album à venir dans les prochains mois. On les retrouve comme on les avait laissé, percutants et incisifs, avec cet Atom, crochu à souhait. (disponible sur Krankenhaus? Ep # 2007)
Mardi 30 octobre 2007:
* Embrace – Ashes [Independiente] Découvert à la fin d’un épisode de Veronica Mars (série dont je pleure chaque jour un peu plus la disparition), ce Ashes d’Embrace n’a rien d’extraordinaire. Il est juste d’une efficacité folle. Pop enlevée dont on n’est pas prêt de livrer la rançon. (disponible sur Out of Nothing # 2004)