mardi 19 octobre 2010

Belle and Sebastian - Write about Love [Rough Trade]

A la sortie de 'The Life Pursuit', je me faisais la réflexion suivante: Belle and Sebastian ressemble de plus en plus à un sportif en fin de carrière qui ne sait pas s'arrêter à temps; ou pire, qui revient s'entêter à revenir sur les terrains chercher une gloire malheureusement bien derrière lui.
Bref, Belle and Sebastian depuis presque une dizaine d'années, c'est Michael Jordan qui sort de sa retraite pour aller jouer aux Washington Wizards ou Michael Schumacher qui reprend le volant quatre ans après avoir arrêté et à 40 ans.

Et tout cela est dommage tant leur discographie jusqu'à une moitié de 'Dear Catastrophe Waitress' est quasiment parfaite; Belle and Sebastian se permettant par la même de créer (ou de relancer) un courant musical folk-pop qui trouvera son apogée au cœur des années 2000.

Après un 'The Life Pursuit' catastrophique (groupe en roue libre s'autoparodiant à souhait), j'étais donc prêt à sortir mess plus belles saillies de mon chapeau, prêt à en appeler au split avec la sortie de leur nouvel album 'Write about Love', qui plus est après l'écoute du premier single du même nom.

Sauf que cet album est une chouette surprise. Une production très rondouillarde, un brin synthétique, mais qui leur va bien et un Stuart Murdoch qui partage plus volontiers le micro.
Il y a sur 'Write about Love' de ravissants moments, de très belles compositions (I Didn't See It Coming, The Ghost of Rockschool), d'autres plus dispensables (le premier single donc, mais aussi I'm Not Living In The Real World ou Read The Blessed Pages) ou bizarrement maîtrisés (Little Lou, Ugly Jack, Prophet John, en duo avec Norah Jones est une jolie chanson mais qui est trop ancrée dans l'univers de l'américaine pour être vraiment passionnante).

Ce 'Write about Love' n'a donc rien d'exceptionnel, mais contient assez de bonnes chansons pour être écouté régulièrement - il est d'ailleurs à noter que le plaisir augmente à chaque écoute, où les chansons se dévoilent les unes après les autres.

Alors me direz-vous, pourquoi lui consacrer une si longue chronique? Tout simplement parce que si musicalement, les Belle and Sebastian ne sont passionnants que par intermittence, ils n'en restent pas moins toujours exigeants esthétiquement parlant.
Et l'artwork de ce 'Write about Love' est dans la lignée de tous ses prédécesseurs (Eps inclus): une réussite. En ces temps où l'on dématérialise à tout va, continuer à travailler ses artworks est un acte militant. Qui mérite d'être souligné. (sortie: 11 octobre 2010)

D'autres avis chez le Panda ou chez Gangan.

Son:
Myspace (Une chanson de 'Write about Love' en écoute)
Site officiel

Deux chansons en écoute. I Didn't See It Coming, qui ouvre 'Write about Love', et The Ghost ofRockschool qui rappelle le Belle and Sebastian d'antan. (malheureusement plus en écoute)

lundi 18 octobre 2010

[Track of The Day] Florent Marchet - Courchevel

Son ami et collaborateur préféré Erik Arnaud la joue no future à poser nu sur un matelas défoncé, dans une chambre délabrée, sous le regard bienveillant de Neil Young sur la pochette de son dernier album en date, 'L'Armure'?
Florent Marchet lui préfère la jouer kitsch à s'asseoir dos à une cheminée, sa guitare à la main, la main sur une peau d'ours polaire, ambiance tartiflette dans les rocheuses.

Pour autant, 'Courchevel' est tout sauf une blague. Et ne prête une nouvelle fois pas à sourire.
'Rio Baril' et 'Frère Animal' ne faisaient pas dans la drôlerie, alignant les douleurs d'un jeune homme, tentant désespérément de se faire une place dans le monde, aussi bien au niveau personnel que professionnel. 'Courchevel' garde la même trame.
Florent Marchet est un artiste qui aime (se?) raconter des chansons sombres - d'aucuns diront en contact direct avec la société actuelle - où cynisme et désabusement sont les maitres mots.

Si 'Courchevel' garde la même optique, plus que sur 'Rio Baril', il propose des chansons vraiment enjouées, où le lyrisme et la musicalité de ses arrangements (où se côtoient cordes, cuivres, boites à rythmes et même… castagnettes!) tranchent franchement avec le propos.
Et c'est ca qui rend 'Courchevel' si réussi, si charmant et désarmant à la fois: une mélancolie souriante dont se dégage une réalité bien plus cruelle. 

Album: Courchevel 
Année: 2010 
Label: Nodiva

En bonus, le clip de Benjamin, premier extrait de 'Courchevel', dans le ton comme on dit :

vendredi 15 octobre 2010

[Track of The Day] The Innocence Mission - Spring

Déjà il y a cette voix, celle de Karen Peris, enfantine et tout en douceur, responsable en partie du charme qu'exerce The Innocence Mission sur mes oreilles (et sur celles de Pitseleh).
Et puis il y a ces chansons, comme susurrées, alliage délicat de cordes légères, d'une batterie feutrée et d'un piano effleuré.

The Innocence Mission a commencé son aventure discographique en 1989. Nous sommes 21 ans plus tard et il semble qu'ils n'ont pas bougé d'un iota, continuant à suivre le chemin qu'ils se sont ouverts et à faire ce qu'ils savent faire de mieux: des chansons aussi désespérées que belles.

'My Room in The Trees' n'a rien de spécialement renversant. Rien de révolutionnaire. C'est un nouvel album de The Innocence Mission, touchant comme à (presque) chaque fois. Et, très franchement, je ne leur en demande pas plus. 

Album: My Room in the Trees 
Année: 2010 
Label: Badman

mercredi 13 octobre 2010

[Track of The Day] Unkle Bob - Satellite

Découvert à la fin d'un épisode d'une série américaine à succès et multi-diffusée, Unkle Bob et son premier album 'Sugar & Spite' avait été il y a deux ans un beau coup de cœur, mélodique, sorte de Damien Rice en plus enlevé, avec de belles compositions

Quatre ans après ce premier essai, les écossais - de Glasgow - d'Unkle Bob sont de retour; et leurs ritournelles ne sont pas restées coincées au fond de leur besace écossaise. Car 'Shockwaves' contient ce qu'il faut de mélodies à fredonner et de rythmes entrainants, alternant assez judicieusement entre bluettes déchirantes et chansons plus enlevées.

Moins marquant et pas toujours aussi pertinent que son prédécesseur, 'Shockwaves' confirme toutefois que les Unkle Bob savent écrire de belles chansons et que leur pop, aux élans romantiques exacerbés que d'aucuns trouveront sirupeux, reste avant tout sans prétention et pleine de plaisir. 

Album: Shockwaves 
Année: 2010
Label: Friendly Sounds

Deux choses pour finir. Premièrement le clip de In My Head, premier single de 'Shockwaves' :


Et enfin l'EPK de ce nouvel album des Unkle Bob, qui revient aussi bien sur le succès de 'Sugar & Spite' que sur ce 'Shockwaves' :



mardi 12 octobre 2010

Net Emergence 'Octobre 2010': Bumpkin Island, Mondrian, Livin' in a Treehouse, Wonderflu


Après une édition de rentrée qui m'avait laissé sur ma faim, l'édition d'octobre 2010 de Net Émergence aura remis les choses points: du bon du bon et encore du bon. Un podium intéressant auquel il manque juste un groupe qui a titillé bien agréablement les oreilles. Présentation.


Médaille en chocolat: Wonderflu
Coup de cœur pour ce groupe français dont le rock va piocher ses influences dans celui des années 90 et essentiellement dans Pavement (Realize, Travel). Leur dernier Ep en date (le premier?) 'Lota Schwager' est une chouette découverte, rempli de belles compositions. Seul bémol sur l'artwork que je ne trouve pas particulièrement adéquat.
Site officiel et 'Lota Schwager Ep' en écoute



Médaille de bronze: Livin' in a Treehouse

Voix profonde et énervée, la chanteuse de Livin' in a Treehouse pose le décor d'emblée, se rapprochant un peu de Leila Moss, la chanteuse de The Duke Spirit. Sa voix française en anglais passe toute seule.
Il y a d'ailleurs du travail, ca se sent, aussi bien au niveau des compositions que de l'enregistrement. Sur certains morceaux, on sent comme un début de filiation avec les Duke Spirit, précités. Mieux: même dans les moments de calme, le charme opère. Pas transcendant mais sympathique.
Myspace


Médaille d'argent: Mondrian
J'ai déjà dit tout le bien que je pensais de leur premier 'Pop Shop Ep'. J'ai déjà dit à quel point leur pop entre banjots, piano et clappings avait rythmé mes dernières semaines musicales. Je n'ai pas changé d'avis.
Site officiel et 'Pop Shop Ep' en écoute






Médaille d'or: Bumpkin Island
Les grands vainqueurs se sont eux, les Bumpkin Island. Originaire de Bretagne, le groupe se compose de sept membres. Surtout, les Bumpkin Island respirent les belles mélodies, les jolies constructions de chansons (Perfect Life), et savent relever par de légères touches - le plus souvent éclatantes - leur musique quand celle ci perd un peu de force (notamment par le clavier). Beau collectif qui ira assurément loin. Plus qu'un bon vainqueur de ce mois d'octobre en tout cas.
Myspace