jeudi 28 octobre 2010

[Track of The Day] Carl Barât - The Magus

Carl Barât, une des deux têtes pensantes des Libertines, aurait pu la jouer facile et sortir pour son premier album solo, un mélange habile de ce que proposaient les Libertines et les Dirty Pretty Things. Il aurait pu. Il aurait du en fait.

Car si l'idée de départ est belle, si Carl Barât préfère s'affranchir de ses anciens groupes en proposant de la pop très orchestrée, à la limite du cabaret, tout cela se révèle excessivement poussif. Pas de quoi se relever la nuit donc, et même des envies de zapper une grande majorité de cet album tant il tombe avec une facilité désarmante dans le kitsch ridicule (le frenchy Je Regrette Je Regrette, un Run With The Boys de mauvais goût semblant pasticher Wham ou Culture Club).

Bref, à part quelques - rares - moments bien trouvés (on sauvera les charmants The Magus, Carve My Name et Irony of Love), ce 'Carl Barât', pleins de balades, s'avère rapidement très vain. Qu'il s'occupe à relancer Pete Doherty, John Hassall et Gary Powell histoire de donner une suite à la très belle histoire des Libertines, ca vaudra mieux. 

Album: Carl Barât 
Année: 2010 
Label: Arcady

mardi 26 octobre 2010

[Track of The Day] Cabins - The Moon

Ils ont beau avoir sorti Kylie Minogue, AC/DC ou Nick Cave, j'avoue que j'oublie très régulièrement d'aller voir ce qu'il se passe du côté de nos cousins australiens. Et pourtant.

Dernier coup de cœur down-under, le quatuor Cabins qui a sorti au début de l'été dernier un premier album, 'Bright Victory', qui fait dans le court (35 minutes en poussant les murs) mais incisif.

Un disque à la basse bien présente et qui n'hésite pas à aller autant dans le rock que dans le blues, imposer une ambiance lourde dans ses morceaux, avoir toujours un vrai souci mélodique et agrémenter sa musique de saillies de cordes, comme ca, venues de nulle part, semblant par la même rendre à Calexico (la fin de The Moon est à ce propos un exemple et un bonheur).

Chouette voyage - et pas en classe éco - en tout cas. 

Album: Bright Victory 
Année: 2010 
Label: Ivy League 

Deux clips pour finir, des deux premiers singles extraits de 'Bright Victory'.
La vidéo de Catcher In The Rye pour commencer donc:


Et celle de Hounds pour finir. (malheureusement plus disponible)

lundi 25 octobre 2010

[Track of The Day] The Hundred In The Hands - Commotion

Après un week-end sans sommeil, fait d'un set putassier mais diablement efficace d'Erol Alkan, de bières bues dans un rade (le Berthom) à éviter absolument à Lyon (rarement été traité autant comme un con que là-bas, et pourtant je suis pas exigeant), et après avoir enfin vu une des plus magistrales bouses cinématographiques de l'histoire du cinéma français (l'histoire de gaulois qui vont aux jeux olympiques, avec de la potion magique, des dialogues ineptes, des blagues pas droles et des décors en carton pâte, ce genre de choses) avant d'aller visite la plus dure des dictatures actuelles, retour aux affaires.

Et avec The Hundred In The Hands, nouvelle signature de chez Warp. Bien plus easy-listening que ce que Warp a toujours pu proposer, et notamment récemment, le duo - de Brooklyn - The Hundred In The Hands n'en reste pas moins un groupe rock-électro-pop intéressant, dans la veine de Ladyhawke, Annie et autres Robyn. Et leur imaginaire (qui rappelle Broadcast) colle bien à l'image du label anglais.

Leur premier album est au final assez moyen et perdant de la force sur la longueur, mais il contient assez de tubes (Lovesick (Once Again), Pigeons, Dressed in Dresden, Commotion que j'aurais bien vu chanté par Kim Wilde, ) pour raisonnablement penser qu'on devrait réentendre parler d'eux sous peu. 

Album: The Hundred In The Hands 
Année: 2010 
Label: Warp

Et pour finir, deux clips. Ceux des deux premiers singles de 'The Hundred In The Hands'.
Celui de Pigeons, qui rappellera - j'imagine à beaucoup - ces moments qu'on a juste envie d'oublier:




Et celui de Commotion, chanson en écoute aujourd'hui:



vendredi 22 octobre 2010

[Track of The Day] British Sea Power - Bear

Vu que la mode est aux Eps long comme le bras, bienvenue à 'Zeus Ep', nouvel essai discographique des passionnants British Sea Power, auteur de deux albums très mémorables de post-punk aussi pop que rock en 2003 et 2005.

Une sortie qui, disons le tout de go, est une immense déception à mes oreilles. J'ai énormément d'affection pour ce groupe, et leur retour - inattendu - n'est pas convaincant.

Oh, tout n'est pas à jeter: Bear, en écoute aujourd'hui, est une belle balade à la British Sea Power, Cleaning Out The Rooms se la joue post-rock et Retreat, malgré ses 9 mns est plutôt bien menée. Mais pour le reste, ce 'Zeus Ep' est extrêmement brouillon, comme s'il avait été enregistré parce qu'il fallait bien sortir quelque chose de nouveau.

Le single Zeus est bien trop long, sans aucune cohérence, Can We Do It? est assez ridicule. Quant à kW-h et son délire electro-rock c'est sans aucun doute (et de loin) le plus mauvais titre de toute leur discographie et il oblige à lui seul d'être sévère avec ce 'Zeus Ep' qui ressemble plus à un raclage de fonds de tiroirs qu'à une vraie démarche artistique. 

Album: Zeus Ep 
Année: 2010 
Label: Rough Trade

jeudi 21 octobre 2010

[Track of The Day] I Like Trains - Progress is a Snake

A l'époque de leurs premiers Eps et albums, I Like Trains s'écrivait en un seul mot: iLiKETRAiNS. Aujourd'hui, le groupe la joue «détaché». Pourquoi? Comment? J'ai raté trop d'épisodes pour le savoir.

D'ailleurs, pour être tout à fait honnête, je n'ai pas un souvenir impérissable de leur premier album, 'Elegies to Lessons Learnt'. Non pas que ca soit mauvais - bien au contraire, je me souviens avoir beaucoup aimé cet album - mais juste que je n'en ai pas un souvenir immédiat.

'He Who Saw the Deep' est le second album des anglais de Leeds, toujours entre rock et post-rock percutant. Et il est immédiatement accrocheur. Un son carré mais pas agressif et une production plus voluptueuse que volubile.

Les I Like Trains aiment faire danser la mélancolie avec des guitares acérées et faire valser une noirceur délicate (toujours appuyée par cette voix bien sombre) avec des cordes toujours sorties à bon escient (et qui sont aussi un des atouts de cet album).

'He Who Saw the Deep' est un album qui ne paye pas de mine de prime abordmais qui est des plus agréables tant il est prenant et joliment tourné. Une jolie escapade en terrain onirique.
Ceci dit, je vous laisse, j'ai un 'Elegies to Lessons Learnt' à réécouter.

Album: He Who Saw the Deep 
Année: 2010 
Label: Pledge Music

Le clip de A Father's Son, premier single de 'He Who Saw the Deep' :