samedi 28 février 2009

[Oldies] Wanda Robinson – Black Ivory (1971)

Quand j’ai découvert ce disque, je me suis dit d’emblée que je devais en parler un jour dans la partie Oldies de ce blog.
Afin d’en savoir un peu plus sur Wanda Robinson, j’ai cherché ici et là des informations la concernant. Résultat? Rien, ou presque. Wikipédia l’évoque à peine, Allmusic recense tout juste ses deux albums et le reste est très pauvre, se limitant la plupart du temps à une liste sans fin de disquaire s en ligne. A croire que Wanda Robinson n’existe pas.

Pourtant, elle est belle et bien réelle. Elle a même sorti deux albums, dont le premier, ‘Black Ivory’ dont il est question aujourd’hui, est un véritable bijou et qui ne connaît pas vraiment d’équivalent au début des années 70.

Wanda Robinson voit le jour en 1950 à Baltimore aux États-Unis, dans une fratrie dirigée par sa grand-mère et qui comptera jusqu’à 10 enfants. Une jeune fille qui se découvre rapidement une passion pour l’écriture; passion qu’elle développe en se faisant payer pour écrire les lettres d’amour que ses amies envoient à leurs petits copains partis combattre au Vietnam. Des débuts assez innocents et futiles en quelques sortes.

Mais la politique n’est pas loin. Et son entrée à la fac change la donne. Wanda Robinson s’implique et écrit des poèmes sur le monde qui l’entoure.
Un jour, elle entend ‘This Is My Beloved’ d’Arthur Prysock, poète à ses heures, et décide de faire la même chose. Ni une, ni deux, elle s'enregistre lisant ses poèmes sur une musique déversée par un poste radio. Elle fait écouter le résultat à ses amies de fac, un dj local la diffuse et Perception Records, rien de moins, la contacte et la fait signer.

A son arrivée au label, elle sélectionne des morceaux de Black Ivory, un trio soul de Harlem signé chez Perception, qui fait là office de backing band et qui donnera son nom à l'album.

Un disque où Wanda Robinson ne chante pas mais déclame ses poèmes. Car elle reste avant tout une lyricist, une poétesse; une sorte de slameuse avant l’heure. Les textes de ‘Black Ivory’ sont ceux d’une jeune femme qui en a gros sur le cœur et qui, derrière un calme apparent et une voix qui ne tremble pas, est en plein tourment. Les paroles sont noires et évoquent la société américaine de l’époque, sa politique et tous ses travers.

La musique de Black Ivory est ébouriffante sur certains passages (Parting Is Such ou Tragedy No. 456 6.04, grande chanson désabusée), oscillant entre soul et jazz (un côté renforcé par la production du compositeur et pianiste de jazz Anthony Davis).
Bref, 'Black Ivory' est un très bel album, qui, trois quarts d’heure durant, présente des textes engagés, alliés à une musique qui n'en fait pas trop et laisse toujours la priorité aux écrits, le tout porté par une voix où se battent férocité et douceur.

L’enregistrement de ce disque sera le seul de Wanda Robinson. Elle ne se fait pas à cette vie d'artiste musical, et bien qu’elle s’attache sérieusement à la promotion de ce 'Black Ivory', la lassitude la gagne et elle fuit, préférant trouver un travail plus, «classique» tout en se promettant de ne jamais plus côtoyer un label ou des producteurs.

En 1973, Perception sort son second album, ‘Me and My Friends’, morceaux tirés des sessions de ‘Black Ivory’, sans l’en informer – Wanda Robinson avoue d’ailleurs n’avoir jamais écouté le disque dans son intégralité. Puis plus rien.

Aujourd'hui, Wanda Robinson n'est plus une artiste musicale. Elle a d'ailleurs changé son nom en Laini Mataka. Elle est devenue poétesse et publie régulièrement des recueils de ses écrits, toujours aussi engagés si l'on en croit ce que l'on peut en trouver sur le net.
Et même si quelques artistes sur ces deux dernières décennies se sont emparés de quelques unes de ses «chansons» (de Dj Shadow à Pressure Drop), elle reste encore aujourd’hui une artiste très confidentielle.

En 2006, un long article du Wahsington City Paper lui était consacré (dont la plupart des informations présents dans ce papier sont tirées, voir ici). Laini Mataka y avouait alors son désir de publier des morceaux enregistrés quelques mois auparavant suite à l'invitation d'un ami. Elle pensait même prendre des cours de chant. Pour retourner, beaucoup plus sérieusement cette fois-ci, en studio.


Première sortie : 1971 [Perception]
Dernière réédition : 2005 [Breathless]

En écoute, trois titres, assez représentatif de cet album. Parting is Such, le morceau le plus «soul» de ce ‘Black Ivory’ où bien qu’elle déclame son poème, Wanda Robinson semble chanter. Tragedy No. 456 6.04, longue mélopée de six minutes sur les tourments d'un homme amoureux fou et, pour finir, The Final Hour, où la fin des déchirements précédents :



vendredi 27 février 2009

[Track of The Day] Julien Baer - Couleurs

Quatrième album de Julien Baer (le frère de l'autre), 'Le La' est une découverte pour moi - n'ayant pas eu l'occasion d'écouter les 3 premiers. Plutôt une belle d'ailleurs. Un disque court (à peine plus de 30 mns), de chanson française qui oscille entre l'écriture musicale de Florent Marchet et le Katerine du début de carrière - avec une voix, toute en retenue ou en souffle, qui pourra cependant agacer sur la longueur.
Exemple avec ce très joli Couleurs, qui termine ce 'Le La' de façon courte et assez superbe. 

Album: Le La 
Année: 2009 
Label: Universal

jeudi 26 février 2009

Barzin – Notes to an Absent Lover [Monotreme]

Un soir où chez Jamrek nous tournions en rond, j’avais lancé une petite épreuve de folk nommée 'May The Folk Be With You' où chacun était amené à donner sa définition du genre ainsi que ses titres incontournables. Raoul Lachenay – dont la culture (et pas uniquement musicale) dépasse l’entendement et dont on ne dira jamais assez l’intérêt et la qualité de son ordet blog – avait défini la chose selon les termes suivants:

«Le folk c’est faire avec ses moyens au sens strict, faire avec soi même, faire avec une guitare en bois depuis 100 ans ou aujourd’hui le laptop peu importe, c’est un genre dont la principale moelle est la solitude qui fouille l’intime et ne cherche pas le clinquant,une musique aussi par essence voyageuse, peu importe en fait les moyens il suffit qu’ils soient légers et nomades même si ce sont eux qui définissent le style»

En ce début d’année 2009, un disque répond parfaitement à cette très juste définition : ‘Notes to an Absent Lover’ de Barzin. Un artiste canadien, qui sort là son troisième album. Un homme dont les premières sorties fleuraient bon le slowcore à la Low ou Red House Painters, avec un côté Sparklehorse. Cette fois-ci – et même si l’on sentait déjà le tout venir depuis ‘My Life In Rooms’ – notre homme fait évoluer sa musique vers un folk plus proche d’un Tanakh ou d’un Lambchop.

Plus d’allant dans les compositions, moins de sinistrose que par le passé, Barzin enroule son folk d’un brin de pop, d’un peu d’americana, de jolies cordes et d’une production qui lui sied à merveille. Résultat? Des titres qui résonnent, un folk classieux et gracile et un sacré disque.

Chaque année se doit d’avoir son album de folk lumineux, inspiré, où frissons et larmes se battent en duel. En 2008, c’est ‘We're Becoming Islands One by One’ de The Sleeping Years qui avait remporté haut la main, pour moi en tout cas, ce titre là. Un an pile après celui-ci, voilà donc ‘Notes to an Absent Lover’ de Barzin. Qui prend le même chemin. (sortie : 9 mars 2009)

Son :

Myspace (Un titre de ‘Notes to an Absent Lover’ en écoute)
Site officiel

Deux titres en écoute : un déchirant Nobody Told Me et Look What Love Has Turned Us Into et son côté «tube» évident (et le titre le plus punchy de ce
‘Notes to an Absent Lover’) (malheureusement, plus en écoute).

Et pour finir, le clip de Nobody Told Me, très classe:



mercredi 25 février 2009

[Track of The Day] Fever Ray - If I Had a Heart (Fuck Buttons remix)

Membre de The Knife (duo suédois de dark pop pleine de synthé qu'elle forme avec son frère Olof), Karin Dreijer Andersson vient de s'échapper pour la première fois en solo. C'est sous le nom de Fever Ray qu'elle prend son envol avec un album éponyme très réussi (on y reviendra en temps voulu).
'If I Had a Heart' fait office de premier single. Sur la face-B, la miss a livré son œuvre aux anglais de Fuck Buttons. Bien lui en a pris. Car leur remix est étonnant, efficace et surtout très différent du morceau original: si Fever Ray table sur une ambiance lourde et lugubre, les Fuck Buttons en font un titre presque dancefloor, aux beats percutants. Joli coup. 

Album: If I Had a Heart 7" 
Année: 2009 
Label: Rabid Records

mardi 24 février 2009

[Track of The Day] Ratatat - Mirando (Animal Collective remix)

Vous allez finir par croire que je fais une fixette, mais quand même. Car il est à nouveau question d'Animal Collective, auteur pour le moment, d'un des très grands disques de l'année avec leur 'Merriweather Post Pavilion' de janvier dernier.
Pour deux raisons: la première est que ce remix de Mirando du groupe à guitare Ratatat est véritablement le premier du groupe, en tant qu'entité même (et non pas un remix de Panda Bear), ce qui n'est pas rien.
Et deuxièmement, ce remix est une franche réussite de 10 mns, qui aime à partir dans les hauteurs, pour finir dans un océan de vapeurs, bien plus que ce que le début du morceau pourrait laisser croire. 

Album: Mirando 7" 
Année: 2009 
Label: XL