vendredi 29 janvier 2010

[Track of The Day] Dum Dum Girls - Jail La La

Tirant sans doute son nom (ce n'est qu'une hypothèse) de Talk Talk et de son album 'It's My Life' (Dum Dum Girl est la chanson qui ouvre le disque), Dum Dum Girls est semble t-il prête à conquérir le monde. En tout cas, de l'autre côté de l'atlantique, le buzz commence à monter, doucement mais surement. Il faut dire que son 'Yours Alone Ep' de l'an passé était très convaincant.

Depuis, tout s'est accéléré pour Dee Dee, maître à bord de ce désormais quatuor (seule au départ, elle a depuis embauché) 100% féminin: une signature chez Sub Pop (rien que ça), l'embauche de Richard Gottehrer (pas l'auteur du Youki hein, mais l'ancien Strangeloves, troisième dent du trio qu'il formait avec Feldman et Goldstein dans les sixties et producteur, entres autres, de Blondie ou Dr Feelgood) à la production, et un premier album 'I Will Be' à venir le 30 mars prochain.

Histoire de nous mettre en appétit, Dum Dum Girls propose un premier 7", qui présente le premier single de l'album, Jail La La. Une chanson toujours dans une veine noisy-pop, même si elle est moins acérée et lo-fi que sur l'Ep. A dire vrai, ce n'est pas forcément un mal, car la qualité est là et Jail La La est un morceau très mélodieux et extrêmement catchy. Ce 'I Will Be' des Dum Dum Girls était attendu. Il est encore bien plus aujourd'hui. 

Album: Jail La La 7" 
Année: 2010 
Label: Sub Pop

Ce 'Jail La La 7"' sera en vente le 16 février prochain. Commande possible directement sur le site de Sub Pop.

mercredi 27 janvier 2010

[Track of The Day] The Tallest Man On Earth - King of Spain

Je m'étais dit qu'aujourd'hui, je ne mettrais pas de track of the day. Pour mieux apprécier le 'There Is Love In You' de Four Tet. Et puis parce que bon, oh, ça va hein, faut laisser les gens respirer, trop c'est trop, non mais. Et puis parce que j'ai une plongée dans Six Feet Under à continuer. Et puis parce qu'il fait froid.

Et puis, voilà t-y pas que Dead Oceans balance un mail anodin, y annonce que The Tallest Man On Earth vient de rejoindre le roster du label, qu'ils sortiront son deuxième album, 'The Wild Hunt' en avril prochain, et qu'en plus, vu qu'ils sont sympa, ils proposent de télécharger gratuitement une première chanson, King of Spain, histoire de nous mettre l'eau à la bouche.

Forcément, j'ai craqué. Je suis faible. Je suis un petit homme qui n'a aucune volonté. Non mais aussi, forcément, The Tallest Man On Earth quoi. On parle ici d'un mec qui m'avait retourné le cerveau y a deux ans avec son premier album 'Shallow Grave'. Ça aide pas.

Et puis, sans vouloir jouer les pisses vinaigres, ça aurait aidé aussi que ces 3'26'' n'aient aucun intérêt, qu'elles soient ineptes et vides, qu'il n'y ait aucun souffle dans ce King of Spain, qu'il n'y ait aucune mélodie, qu'il n'y ait pas cette voix, pas ces doigts qui se baladent à une vitesse folle le long du manche d'une guitare folk, ou même que la pochette soit laide comme tout. Parce que là, comment vouliez-vous que je résiste? 

Album: The Wild Hunt 
Année: 2010 
Label: Dead Oceans 

King of Spain est à télécharger gratuitement et légalement sur le site de Dead Oceans, en allant sur le lien suivant.

mardi 26 janvier 2010

Four Tet - There Is Love In You [Domino]

Il fait partie de ces artistes touchés par la grâce. Ceux qui ont pris une plus grosse part du gâteau que les autres. Et qui en ont même privé certains. Ceux sur le berceau de qui de gentilles marraines se sont penchées, l’une lui donnant une oreille parfaite, l’autre un don pour la mélodie, une troisième lui conférant une ouverture d’esprit rare. Bref, un petit génie, totalement insaisissable, exaspérant pour bon nombre de ses coreligionnaires, passionnant pour les autres.

Lui, c'est Kieran Hebden, aka Four Tet. Un artiste digne des Nick Drake, John Coltrane, Bob Dylan, Paul Mc Cartney, Miles Davis, Beethoven, Brian Wilson et autres Mozart. Cette accumulation de noms et de superlatifs va en faire sourire ou hurler plus d’un. Mais je pense sincèrement que Four Tet est de l’acabit de ces gens là. Un homme à l’intelligence et l’éclectisme fou, qui a une idée très large de la musique et de son art, et qui s’échine à toujours à ressortir la quintessence de ses expérimentations.

L’œuvre de Four Tet est une œuvre en mouvement constant, en perpétuelle mutation. De ses premiers essais en trio avec Fridge (groupe sur lequel un jour on se recueillera pieusement) à son nouvel album sorti hier ‘There Is Love In You’, Four Tet n’a pas choisi de chemin tout tracé mais a creusé son sillon. Toujours en suivant son instinct, sans s’appesantir sur ses premiers efforts, en se remettant sans cesse en question et sans jamais se limiter à la seule sphère électronique.

Il est mélodique et aérien sur ‘Rounds’ – album de folktronica somptueux sur lequel plus d’uns auraient fait carrière ? Il enchaine par un ‘Everything’s Ecstatic’, exigeant et brut de décoffrage.
Il s’acoquine le temps de quatre albums (en 3 ans !) avec le batteur de jazz Steve Reid pour des disques déstructurés, expérimentaux et habités ? C’est pour mieux produire ‘Just Beyond The River’ de James Yorkston & The Athletes, avant d’aller remixer Nathan Fake, Sia, Born Ruffians ou encore Madvillain et de collaborer avec le roi du dup-step Burial, mon enfant.

Nouvel effort discographique, ‘There Is Love In You’ est un nouveau pas en avant dans l’œuvre de Four Tet. Un disque optimiste (le titre n’est pas une façade) et une remise au cœur de son œuvre des mélodies. Si elles n’avaient pas disparues sur ses derniers albums, depuis ‘Rounds’ il n’avait pas été aussi soigné à ce niveau là.

Qu’il use de boucles ou de samples, qu’ils fassent de la synth-pop (Circling) ou se replonge dans un folktronica qu’il maitrise à merveille (She Just Likes To Flight), qu’il augmente les beats et rende les corps lascifs (Love Cry, Sing), la parole est toujours donnée à la mélodie, que Four Tet érige en grand commandeur de ce ‘There Is Love In You’.

Cet album est d’une finesse et d’une délicatesse totale, où chaque morceau est travaillé à l’extrême et composé de couches qui s’emboitent avec un naturel désarmant ; où chaque chanson semble prendre vie et corps (This Unfolds est à ce propos un bijou organique) ; où Four Tet fait dans le feutré et dans le ouaté.

En composant ‘There Is Love in You’, premier véritable album en cinq ans, Four Tet a monté un nouveau pan de mur de la cathédrale sonore qu’il construit depuis le début de sa carrière. Un édifice qui commence à être sacrément imposant, qui semble encore bien loin d’être terminé mais qui a déjà gagné l’intemporalité. (sortie : 25 janvier 2010)

Nb: Très belle chronique de ce 'There Is Love In You' par Berlin2Barcelona chez Chroniques Électroniques, à lire ici.

Son :
Myspace (Une chanson de ‘There Is Love In You’ en écoute)
Site officiel


Deux chansons en écoute. L’une (Angel Echoes) ouvre l’album, avec cette boucle féminine qui répète « There is love in you », l’autre le ferme avec She Just Likes to Flight, sublime morceau sur lequel les plus popeux craqueront forcément (malheureusement plus en écoute).

lundi 25 janvier 2010

[Track of The Day] Tunng - Don't Look Down or Back

Bien qu'entièrement conquis par Bullets ou sa version française Balles, leur 'Good Arrows' m'avait déçu, écrasé qu'il était par ce single tonitruant. Et pourtant dieu sait que j'avais été charmé et fini bouche bée devant la beauté de leurs deux premiers albums, notamment 'Comments of The Inner Chorus' à la finesse et l'élégance rare.

Trois ans plus tard, Tunng, beau groupe de folktronica s'il en est, est de retour après des détours par quelques side-projects (dont le joli bien que dispensable The Accidental) pour un quatrième album, '… And Then We Saw Land'. Un disque qui, selon les dires de la troupe anglaise, a été pensé avant tout pour la scène afin qu'en concert les spectateurs se mettent à chanter à tue tête les chansons pour devenir une sorte de «mega chorus».

A écouter le premier extrait de l'album, on serait presque enclin à croire Tunng. Ce Don't Look Down or Back, s'il a perdu en sonorités organiques qui faisaient la force du groupe (mais c'était déjà le cas sur 'Good Arrows'), une fois passé l'étonnement du premier refrain, s'avère bien efficace. On est certes très loin de la claque de Bullets mais quand bien même.

Sortie de ce '… And Then We Saw Land' prévue le 1er mars prochain, toujours chez Full Time Hobby. Un disque que Tunng annonce aussi festif, optimiste que voyageur. 

Album: … And Then We Saw Land 
Année: 2010 
Label: Full Time Hobby 

Don't Look Down or Back est à télécharger gratuitement et légalement en allant par ici.

vendredi 22 janvier 2010

[Track of The Day] Gorillaz - Stylo (feat. Bobby Womack & Mos Def)

Parlophone a donc lancé la campagne de promotion comme il faut. Un tweet anodin propose de télécharger un premier morceau. Et le buzz est parti.

Car il faut bien avouer que depuis hier, on parle beaucoup de Stylo, ce premier extrait de 'Plastic Beach', le troisième album à venir de Gorillaz. A quoi bon en reparler dans ces pages alors qu'il est déjà un peu partout? Mais pour deux raisons mes bons amis!

Un parce que Gorillaz est la meilleure chose que Damon Albarn ait jamais créée. Et deux parce que ce ce Stylo (qui sort en single lundi) annonce du lourd, du très lourd. Sur cette chanson là, la production est totalement folle, mouvante et percutante. Les voix de Mos Def et surtout de Bobby Womack (incroyable!) sont imparables.

On peut donc s'attendre à une nouvelle réussite de la confrérie animée avec 'Plastic Beach'. Un album qui contera les aventures des Gorillaz, perdus sur une île déserte du Pacifique Sud (The Plastic Beach HeadQuaters), l'endroit le plus désert de la planète, uniquement composé de détritus, déchets et vestiges de l’humanité. Légèrement dans l'air du temps donc…

Mais bon, peu importe: les visuels couplés à ce premier Stylo ainsi qu'à la liste d'invités longue comme le bras (Lou Reed, Mark E. Smith de The Fall (!!), Gruff Rhys, Snoop Dog ou la moitié des Clash) donnent sacrément envie d'en savoir plus. Rendez-vous donc en mars prochain. 

Album: Plastic Beach 
Année: 2010 
Label: Parlophone