mercredi 30 octobre 2024

[Track of The Day] Nevala - Honky Tonk

Il se peut que je m'y prenne mal. Que je ne cherche pas au bon endroit. Ou pose les mauvaises questions à Google. Mais c'est un fait assez récurrent : dès qu'il s'agit de groupes scandinaves, il (m') est souvent compliqué de trouver des informations intéressantes les concernant.

Prenez Nevala, quatuor finlandais originaire d'Helsinki. Ses membres ? Oliver Bentley, Emil Inberg, Sakari Soukka et Ossian Stadigh. Sa discographie ? Quelques singles ici et là au début des années 2020. Un album en février 2022, 'Wastelands, Nevala', sorti chez les suédois de Ninetone Records. Et un second le 18 octobre dernier, 'Take Me to the Honky Tonk'.

Le reste ? Pas grand chose, si ce n'est rien. Qui fait quoi dans le groupe ? Impossible de le savoir. Sur quel label est publié ce nouvel album ? Plusieurs sites indiquent Cheeky Moon mais Internet ne semble ne pas avoir connaissance de cette structure. 'Take Me to the Honky Tonk' existe-t-il autrement qu'en version digitale ? Sans doute pas mais il est impossible de le confirmer. D'ailleurs, vu sa durée (huit titres pour 27 minutes), doit-on vraiment le considérer comme un album ou plutôt partir sur un Ep ?

Vous me direz, tout cela n'est pas très important au final, seule la musique compte, mais c'est dommage de ne pas arriver à en savoir plus sur un groupe qu'on découvre, d'autant plus quand son dernier disque est de qualité. Car, sans rien révolutionner, sans retourner la table de la pop music, 'Take Me to the Honky Tonk' a ce qu'il faut de chansons marquantes (Summer Rain, le mélancolique Letters to Laura, le langoureux Stranger In My Heart), une production qui ne lisse pas les mélodies et une vibe autant Sleepy Jackson que Team Me (ce côté très orchestral) pour charmer son monde. Avec en tête de proue, Honky Tonk (en écoute aujourd'hui), morceau d'ouverture aussi efficace que superbe, qui a tout d'un tube. Espérons le pour Nevala, cela nous permettrait d'en savoir un peu plus sur eux.

Album : Take Me to the Honky Tonk
Année : 2024
Label : Cheeky Moon

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Honky Tonk des finlandais de Nevala est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très réussie de 'Take Me to the Honky Tonk' de Nevala, voilà Summer Rain :

lundi 28 octobre 2024

The Blue Herons - Go On [Subjangle]

Avant-propos : la chronique qui suit est consacrée à 'Go On' le premier album de The Blue Herons. Et non Blue Heron, groupe presque homonyme venu d’Albuquerque au Nouveau-Mexique qui fait lui dans le stoner. La précision peut sembler futile mais elle est d’importance tant The Blue Herons n’a, mais alors, rien à voir.

The Blue Herons est à la base le side-project de Andy Jossi, suisse de son état, qui faisait jusque-là dans le shoegaze avec son groupe The Churchhill Garden et qui voulait s’offrir une petite respiration indie-pop. Lancé en 2017, le projet va vivoter pendant trois ans au gré de quelques singles publiés de temps à autres, avec l’aide d’autres musiciens et de chanteurs et chanteuses, avant qu’Andy Jossi ne tombe enfin sur la perle rare, Gretchen DeVault, californienne et vétérane de la scène indépendante américaine (The Icicles, Voluptuous Panic).

Ce qui n’était jusque là qu’un projet qui se cherchait (six singles en trois ans) va alors suivre une toute autre trajectoire. Certes, le duo va prendre son temps (deux à trois singles par an seulement) mais l’alchimie entre Jossi et DeVault se fait de plus en plus évidente à chaque nouvelle chanson, qui semblent d'ailleurs gagner à chaque fois en qualité.

Après près de quatre ans de travail, c’est donc tout naturellement que The Blue Herons a publié son premier album, 'Go On'. Un disque qui compile tous les singles déjà sortis (des onze publiés par le duo Jossi/DeVault, seule la reprise de Christmas (Baby Please Don't Go) de Phil Spector a été laissée de côté) et ne compte « que » deux inédits : la merveilleuse Clouds et une version ample et très belle du plutôt déjà charmant Echos in the Dust. Pour l’occasion, et sans doute aussi pour rendre le tout plus harmonieux, The Blue Herons a réenregistré la plupart des morceaux et en a modifié le mix.

Et le résultat est tout à fait épatant. Extrêmement cohérent, superbement composé, aux guitares belles à en frissonner, porté par la voix superbe de Gretchen DeVault (qui a un je ne sais quoi de Beth Arzy), 'Go On' est un disque remarquable d'indie et de jangle-pop circa 80s, qui rappelle les univers C86 et de Sarah Records autant qu'il évoque (et plus souvent qu'à son tour) les merveilleux The Luxembourg Signal.

De la superbe balade Endless Rain au presque poppy Electric, en passant par le mini-tube Go On, la très belle ouverture In The Skies qui pose les bases de l'album, ou la reprise du Disorder de Joy Division lumineuse comme jamais, tout est ici éblouissant, racé et élégant et enthousiasmant, mélancolique et enivrant, avec un duo qui n'hésite pas à faire durer le plaisir (pas une chanson en dessous de 3'30 et seulement quatre de moins de quatre minutes) et marie avec délices des couches de guitares qui se complètent à merveille et la voix de Gretchen DeVault, toujours d'une grande justesse.

De prime abord disque de genre mais qui très vite le transcende, 'Go On' de The Blue Herons est un album impeccable de bout en bout. Un disque solaire, romantique, aux mélodies superbes, inspiré qui, je ne saurais trop l'expliquer, fait du bien. Et un des tous meilleurs, si ce n'est le meilleur, album de l'année. (Sortie : 4 juin 2024)

Plus :
La chronique de 'Go On' de The Blue Herons chez Dans Le Mur du Son (à qui je dois la découverte de ce superbe album. Une de plus)
'Go On' de The Blue Herons est à l'écoute sur leur page bandcamp
'Go On' de The Blue Herons est à l'achat sur leur page bandcamp
'Go On' de The Blue Herons est également en écoute sur Spotify et Deezer

Trois chansons de 'Go On' de The Blue Herons en écoute aujourd'hui. La superbe reprise de Disorder de Joy Division, qui n'a jamais été aussi lumineuse (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis la magnifique balade lancinante Endless Rain. Et enfin Clouds, le très bel inédit de ce 'Go On' de The Blue Herons :

jeudi 24 octobre 2024

[Track of The Day] Tapir! - Broken Ark

Si l'on veut être tout à fait précis, la chanson du jour n'est pas de 2024 mais d'août 2023. A l'époque, les anglais de Tapir! (avec un point d'exclamation, oui) viennent de publier leur second Ep, et Broken Ark est avec Gymnopédie (qui verra le jour en single) la pièce maitresse du disque. Oui mais voilà, six mois plus tard, en janvier dernier, Broken Ark se retrouvait sur le premier album du sextet londonien, 'The Pilgrim, Their God and The King Of My Decrepit Mountain'. Forcément, celui-ci est en fait la compilation des deux premiers Ep du groupe, auquel Tapir! a adjoint une troisième partie inédite, elle aussi de quatre morceaux (dont My God, une chanson qui n'est pas, comme on pourrait le croire, une relecture détournée du célébrissime My Guy de Mary Wells, mais qui s'en inspire très fortement).

Des douze chansons de ce plutôt joli album, Broken Ark (en écoute aujourd'hui) est celle qui saute en premier aux oreilles. Un titre où calme et tempête se disputent la mène. Où le feu gronde sous la glace. Où des guitares gorgées de riff viennent opposer la contradiction à quelques accords de guitare acoustique et de cordes discrètes. Une chanson mélancolique et pas loin d'être sublime, et qui n'est pas sans rappeler quelques élans de Damien Rice.


NB :
Vous noterez que Tapir! Est en tournée européenne actuellement et qu’ils passent par chez nous :
12 novembre - Le Grand Mix (Tourcoing)
13 novembre - Le Pop Up du Label (Paris)
14 novembre - Marché Gare (Lyon)
15 novembre - Antipode (Rennes)
16 novembre - La Vapeur (Dijon)
17 novembre - La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)

Album : The Pilgrim, Their God and The King Of My Decrepit Mountain
Année : 2024
Label : Heavenly Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Broken Ark de Tapir! est également en écoute ci-dessous :

Autre curiosité de 'The Pilgrim, Their God and The King Of My Decrepit Mountain' de Tapir!, voilà My God

mardi 22 octobre 2024

[Track of The Day] Dutch Criminal Record - Dogs Divas and Mobile Grooming

Vous souvenez-vous de Ben & Jason ? Un duo anglais, charmant au possible, composé de Ben Parker et Jason Hazeley, découvert via leur second album 'Emoticons' en 1999. Un disque acheté le même jour que 'Showbiz' de Muse, parce que conquis après l'écoute de quelques chansons sur une borne cd de la Fnac Part-Dieu (tout ceci ne nous rajeunit pas). 

Ben & Jason n'existent plus depuis 2003 et la publication de leur quatrième et dernier album (le bien nommé 'Goodbye'). Pourtant, difficile de ne pas trouver qu'il y a beaucoup d'eux sur Dogs Divas and Mobile Grooming, une des chansons du premier album de leurs compatriotes Dutch Criminal Record (qui n'ont donc rien de néerlandais) : cette manière dont sonne la guitare, cette mélodie lumineuse, belle comme tout, et puis cette voix à s'y méprendre (et qui m'a même poussé à vérifier qu'un des deux Ben & Jason n'était pas de l'aventure).

Dogs Divas and Mobile Grooming est une très belle chanson, sans doute la plus réussie de chanson de 'Novium'. Un album d'indie-pop et de jangle-pop, en gestation depuis bien des années (Dutch Criminal Record existe depuis 2014 mais n'avait publié jusque-là que quatre Ep et quelques singles), qui manque de personnalité (beaucoup d'influences diverses mais pas toujours assez digérées) mais pour le moins plaisant.

Album : Novium
Année : 2024
Label : AntiFragile Music

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Dogs Divas and Mobile Grooming de Dutch Criminal Record est également en écoute ci-dessous :

 
 

lundi 21 octobre 2024

[Track of The Day] Beak> - Hungry Are We

Le temps est aux ruptures et à la fin de belles histoires. Avant METZ il y a dix jours qui venait annoncer que le groupe se mettait en « indefinite hiatus » sitôt la tournée actuelle terminée (sans doute après avoir fait le tour de la question et les grandes envies d'émancipation d'Alex Edkins et de son Weird Nightmare), il y avait eu fin septembre Beak>, groupe où officie Geoff Barrow, l'autre Portishead. Où « officiait » plutôt, car ce dernier vient d'annoncer son départ du trios bristolien après seize années de bons et loyaux services derrière les fûts et le micro.

Deux séparations qui se font faites dans le bon ordre, sans coups d’éclats (apparents en tout cas), de claquements de portes et de drama. Deux séparations qui seront effectives à la fin des tournées des deux groupes qui ont la bonne idée de passer par la France pour ces adieux : six dates pour METZ (Rennes, La Rochelle, Paris, Clermont-Ferrand, Lyon et Lille) et cinq pour Beak> (Lorient, Paris, Lyon, Nantes et Tourcoing).

A Lyon, Beak> a la mauvaise idée de passer le même soir que la grande Myriam Gendron. Mais quand bien même ma place en poche pour la québécoise, j'irai assister aux derniers aux dernières heures de Geoff Barrow au sein de sa deuxième famille musicale. D'autant plus que leur quatrième album, toujours aussi sobrement intitulé ('>>>>'), fait partie des très belles choses de 2024 - et sans doute le meilleur à ce jour du groupe. Un disque extrêmement bien produit, souvent lancinant (comme sur Hungry Are We, en écoute aujourd'hui, obsédant comme tout), qui prend son temps, et qui voit les Beak> toujours sûrs d'eux mêmes et de leurs compositions, mais aussi comme sur un fil.

Album : >>>>
Année : 2024
Label : Invada Records / Temporary Residence Limited

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Hungry Are We de Beak> est également en écoute ci-dessous :

Autre morceau marquant, voilà Strawberry Line, la chanson d'ouverture de '>>>>' de Beak> :