Production intense qui met les potards dans le rouge, ambiance furieuse autant que noire, chansons bruyantes et excitantes à la fois, reverb généreuse, post-punk et indie-rock : il y a un peu de tout cela sur 'Miserere Mei', le premier album d'Isolated Youth, un quatuor suédois qui a de la rage à
revendre et dont le chanteur a le visage du fils caché de Robert Smith et Brian Molko.
Un disque sans doute un peu épuisant sur la longueur (la production sans concession de Faris Badwan de The Horrors n'y étant pas pour rien), mais plutôt réussi, qui ne manque pas de caractère et qui atteint son climax sur Love Locked in a Dark Room (en écoute aujourd'hui), vraie grande chanson à la rythmique et aux guitares superbes, à la production et au mix particulièrement soignés (sorte de gâteau géant aux couches multiples où toutes trouvent leur juste place) et qui n'est pas sans rappeler, notamment sur l'intro, le Radiohead de 'Hail to the Thief'.
Album : Miserere Mei Année : 2025 Label : Birthday-Productions Ltd. / Memorials Of Distinction / BIJ Records
Des soirées entières à attendre que les températures veuillent bien descendre sous la barre des 30°C, des réveils en sueurs alors que le jour se lève à peine et que le thermomètre affiche encore 25°C au compteur : le quotidien lyonnais n'est pas des plus agréables. Cette canicule et sa chaleur étouffante et harassante qui essore les corps et embrouille les esprits annihile toute volonté de faire quoi que ce soit.
Mais tout de même, il fallait parler d'une des chansons qui accompagnent mes soirées de sudation depuis bientôt quinze jours : Start With The Sound. C'est elle qui ouvre le nouvel album de Tim Arnold, artiste anglais que je découvre et qui vient de publier 'Super Connected', à propos duquel la critique anglo-saxonne est plus qu'élogieuse. Un disque qui a du Bowie (beaucoup), du Muse (un peu moins mais tout de même), pas mal d'emphase, une fausse pub dite par Stephen Fry et une pochette où l'on croirait reconnaître au premier regard Brian Molko avec des cheveux bleus.
Mais revenons à notre chanson, Start With The Sound. De toutes, c'est la plus marquante de l'album. Un rythme lascif et répétitif (ce «Don’t let it follow. Let it lead. Start With The Sound» répété comme un robot jusqu'à plus soif), une rythmique métronomique, le chant de Tim Arnold si prégnant. Et surtout cette avalanche de cordes qui ne s'annonce pas et déboule sans crier gare au milieu du morceau. Une arrivée majestueuse, tendue, mélancolique et mélodieuse où notre homme cajole ses cordes, les fait vibrer, et en exploite la beauté au maximum. Un petit déluge délicieux. Et en désespérant de voir arriver celui qui doit venir nous sauver de notre torpeur actuelle, on prendra celui-ci comme substitut.