Affichage des articles triés par pertinence pour la requête flaming lips. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête flaming lips. Trier par date Afficher tous les articles

lundi 15 juin 2020

[Track of The Day] The Flaming Lips - Flowers of Neptune 6

Sans le vouloir, il est tout de même beaucoup question d'espace ces derniers jours dans ces pages. Après Proxima B de Benjamin Gibbard, Astronaut de Annabel Lee, voilà donc Flowers of Neptune 6, le nouveau voyage musical de The Flaming Lips, un groupe qui m'a perdu depuis des années - depuis 'Yoshimi Battles the Pink Robots' en 2002 pour ainsi dire.

Mais des Flaming Lips pour lesquels je ne demande rien d'autre que de retomber amoureux, surtout s'ils continuent de produire des chansons comme 'Flowers of Neptune 6'. Une chanson d'été, mais pas de 15h de l'après-midi. Plutôt le genre de début de soirée, qui se déguste à l'ombre de quelques arbres en fleurs, lorsque les couleurs tournent pastel et qu'un vent léger vient rafraîchir la chaleur écrasante des heures précédentes. Délicieux.

Album : -
Année : 2020
Label : Bella Union / Warner


En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Qobuz, Flowers of Neptune 6 de The Flaming Lips est également en écoute ci-dessous, via son clip :



dimanche 3 janvier 2021

Bilan 2020 : « Albums » (40-21)


Alors que la rentrée est à portée de main et qu'il va bien falloir remettre la machine en marche après quelques jours de congés, finissons en définitivement avec 2020 avec la sélection des 40 disques qui auront fait mon année. Ceux qui auont rendu plus supportable ce premier confinement, ces couvre-feux, ces interdictions de se rassembler, d'embrasser ou d'aimer.

Avant d'en dérouler la première partie, allons voir les choix du voisinage :
- Le bilan musical 2020 en bédé par Christophe Schenk
- 2020 par des artistes (A Girl Called Eddy, Stephin Merritt de The Magnetic Fields, etc)
- Les 10 albums de l'année par Mind Riot Music
- Les 50 meilleurs albums selon The Revue
- Les 10 albums de l'année du toujours sûr Jean-Marie Pottier

Mais revenons à nos moutons. Première partie avec les disques classés de la 40è à la 21è place donc. Au programme, de la twee-pop, de l'emo-punk toujours aussi jouissif, le retour de flamme d'un grand groupe, la découverte d'un futur grand compositeur et même un artiste auquel j'ai enfin succombé. Ca et bien d'autres choses. Avec, au bas du billet, des lecteurs streaming pour écouter une chanson de chacun des disques évoqués. Bonne lecture et bonne écoute !

Bilan 2020 :
Top Albums : 20-01
Top 50 « Chansons »
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »

 

40. The Stroppies - Look Alive! [Tough Love]
Trio australien qui avait été bien plus qu'un simple flirt printanier l'an passé dans ces pages, The Stroppies auront donné à 'Whoosh' un bien charmant petit frère, 'Look Alive!'. Un disque qui ressemble à son aîné avec cette pop-lo-fi et diy très mélodique, avec toujours comme une lassitude dans la voix qui donne un soupçon supplémentaire de charme à l'ensemble. Comme s'il était besoin.
En savoir plus

Acheter


39. Annabel Lee - Let The Kid Go [Luik Records]
Avec ses guitares tantôt lourdes, tantôt acérées (et qui n'auraient sans doute pas dépareillées dans la scène rock d'il y a 25 ans), la voix d’Audrey Marot et la qualité de ses mélodies accrocheuses, jamais bien loin du tube, les bruxellois d’Annabel Lee font dans le court (9 chansons, 32 mns tout juste), l’énergique et l’efficace.
En savoir plus
Acheter


38. Holy Fuck - Deleter [Last Gang Records]
Cinquième album pour les canadiens, totalement perdus de vue depuis leur 'LP' de 2007. Entre indietronica et dance-pop, rythmique au cordeau, synthés puissants et quelques invités pas piqués des vers (Alexis Taylor d’Hot Chip, Angus Andrew de Liars et Nick Allbrook de Pond).
En savoir plus
Acheter


37. Extraa - Baked [Requiem Pour Un Twister]
Les deux pieds enfoncés dans une pop 60s/70s où l’on sent toute l’influence des Beatles que des Kinks (mais pas que), voilà les parisiens d'Extraa et leur premier très joli album. Très anodin de prime abord, il s'avère être une petite parenthèse des plus délicieuses, faites de mélodies accrocheuses et portées par une jolie production.
En savoir plus
Acheter


36. Son Little - Aloha [ANTI-]
Dans une année qui aura rivalisé de très belles pochettes, celle du 'Aloha' de Son Little est sans doute dans le très haut du panier. Mais comme cela ne suffit pas à en faire un bon disque et encore moins un des disques de l’année, rajoutons que ce mélange de pop, de folk et de blues avec cette vibe soul et r'n'b qui parcourt tout le disque est on ne peut plus conseillé. Amy Winehouse aurait sans doute adoré travailler avec ce mec.
En savoir plus
Acheter

 

35. The Apartments - In And Out of the Light [Talitres]
Les années passent et Peter Milton Walsh n’est toujours pas heureux. En tout cas, c’est ce qui ressort de 'In And Out of the Light', le successeur du miraculeux 'No Song No Spell No Madrigal' en 2015. Des chansons d’une douceur belle à frémir, de la mélancolie à tous les étages et des larmes qui ne sont jamais bien loin de couler à chaque nouvelle écoute.
En savoir plus
Acheter

 

34. Lunchbox - After School Special [Slumberland Records]
Avec ses chansons courtes et ramassées, enregistrées dans un sous-sol et sans s'embarrasser de circonvolutions, le nouvel album de Lunchbox va à l’essentiel avec son indie-pop pleine de twee (à moins que ce ne soit l'inverse), de soleil, de trompettes euphoriques, de mélodies efficaces. Pas propret pour un sou mais diablement efficace.
En savoir plus
Acheter


33. Cable Ties - Far Enough [Merge Records]
Disque rageur à bien des égards, ‘Far Enough’ est un énorme coup de savate de la part du trio de Melbourne. Un album puissant de rock, de punk et de garage, politique et féministe, qui tient sa ligne tout du long et contient quelques chansons qui en d'autres temps auraient été des tubes.
En savoir plus
Acheter


32. Touché Amoré - Lament [Epitath]
Dans leur style, Touché Amoré ne va pas réinventer l’eau chaude. Et ce n’est pas ce qu’on leur demande. Un disque jouissif au possible, post-hardcore et emo au programme, avec toujours le chant rageur et criard de Jérémy Bolm qui surplombe un disque qui ne manque pas de mélodies. Peut-être leur plus immédiat et réussi.
En savoir plus
Acheter

 

31. The Little Hands of Asphalt - Half Empty [Fika Recordings]
The Little Hands of Asphalt ou l'alias de Sjur Lyseid, norvégien de son état qui fait dans la pop mélancolique (entre guitares et piano), lisse de prime abord et finalement très entêtante. De superbes balades, quelques moments plus enlevés (comme sur le titre avec Elizabeth Morris de feu Allo Darlin'), et au final un disque beau comme tout que je me surprend à plus que souvent ressortir depuis sa parution.
En savoir plus
Acheter

 

30. The Flaming Lips - American Head [Bella Union / Warner]
Perdus à mes oreilles depuis longtemps, les Flaming Lips mettent de côtés leurs élans psyché, retrouvent leurs envies du début des années 2000 (et notamment de 'Yoshimi Battles The Pink Robots') et composent un disque mélodique à souhait, très bien arrangé et à la douceur indéniable
En savoir plus
Acheter

 

29. Bad Moves - Untenable [Don Giovanni Records]
S’il ne révolutionnera rien, ce second album du quatuor de Washington Bad Moves aura fait du bien à cette année 2020. Un condensé addictif de power-rock et d’indie-rock pied au plancher qui ne se pose pas de questions et qui est porté par un tube en or massif, Party With The Kids Who Wanna Party With You.
En savoir plus
Acheter


28. Porridge Radio - Every Bad [Secretly Canadian]
Entre rock, pop et post-punk, calme et brutalité, douceur et acidité, le deuxième album des anglais de Brighton aura marqué son monde en 2020. Un disque souvent habité et porté par la voix et les textes de Dana Margolin, il atteint son apogée sur un Long des plus nerveux et délicieux et qui n’est pas sans rappeler le Not de Big Thief sorti l’année dernière.
En savoir plus
Acheter

 

27. The Proper Ornaments - Mission Bells [Tapete Records]
Le quatuor continue discrètement sa carrière avec 'Mission Bells, peut-être son album le plus abouti. Un disque dans la même veine pop à guitares, mais peut-être plus las ou fatigué. Et plus les écoutes ont passé, plus il semble que ces jeunes gens sont les Radio Bros de leur temps. On a vu bien pire compliment.
En savoir plus
Acheter

 

26. The Luxembourg Signal - The Long Now [Shelflife Records/Spinout Nuggets]
Un troisième album pour les américains, révélation de 2018, sans doute supérieur au précédent 'Blue Field', pourtant déjà très réussi, mais cette fois sans single aussi puissant que Laura Palmer. Court (34 mns), rempli de superbes mélodies, dream-pop/indie-rock/shoegaze en veux tu en voilà, avec de très belles guitares et toujours les voix de Beth Arzy et Betsy Moyer,  'The Long Now' est un disque lumineux de la part de The Luxembourg Signal.
En savoir plus
Acheter


25. Pictish Trail - Thumb World [Fire Records]
Et encore des écossais. Enfin un pour le coup : Johnny Lynch, à la barre de ce quatrième album. Un disque qui sent bon la pop trafiquée, synthétique et qui n’est pas sans rappeler Grandaddy voire Sparklehorse.
En savoir plus
Acheter

 

24. Cold Beat - Mother [DFA]
Parcouru de fulgurances tout en restant cohérent tout du long, s’inscrivant totalement dans l’ADN de DFA Records, 'Mother' est un remarquable album aux influences digérées et pas bêtement recrachées, plein de synth-pop mélodieuse, de wave à foison, de lap-pop et d’électronique, et d’indie-pop 80s délicieuse.
En savoir plus
Acheter
 
 

23. Taulard - Dans La Plaine [Broderie Records]
Synth-punk froid et bricolé, inspiré, wave aussi à l’affiche de 'Dans La Plaine' des grenoblois de Taulard. Un disque bizarre autant qu’addictif, aux atours cheap, plein d’histoires banales et désabusées mais pour lesquelles le groupe arrive à nous passionner.
En savoir plus
Acheter

 

22. Sondre Lerche - Patience [PLZ]
Avec l'amour et ses aléas comme thème principal, 'Patience' est un très bel album de pop sophistiquée, de mélodies lumineuses, d'arrangements léchés et travaillés, où les mélodies font mouche. Il m'aura fallu 19 ans pour apprécier comme il se doit un disque de Sondre Lerche. Ce fut long mais l’attente valait vraiment le coup.
En savoir plus
Acheter

 

21. Ethan P. Flynn - B-Sides & Rarities: Volume 1 [Young Turks]
Loin de ce que pourrait laisser croire son titre en forme de blague, 'B-Sides & Rarities: Volume 1' est le véritable premier album d’un jeune anglais de 21 ans, Ethan P. Flynn, qui en 32 mns se révèle être un sacré compositeur/arrangeur/producteur. Un album épatant, superbement produit et arrangé, sorte de melting-pop aux sonorités électroniques et r'n'b, pleines de clappings et de chœurs.
En savoir plus
Acheter

Bilan 2020 :
Top Albums : 20-01
Top 50 « Chansons »
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »


Comme promis, vous trouverez ci joint un lecteur Spotify et Deezer comptant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus (et dans l'ordre du classement, soit de 21 à 40). Bonnes écoutes !



vendredi 10 février 2017

Foxygen - Hang [Jagjaguwar]

Foxygen est décidément un duo à part dans le monde de la musique actuel, qui ne semble pas avoir de vrai plan de carrière écrit et qui ne semble surtout que suivre son instinct et ses envies. La preuve avec leur cinquième album 'Hang', une des premières grosses sorties de 2017.

Un disque qui contraste totalement avec le précédent '... And Star Power', album gargantuesque au possible (24 morceaux en 82 mns) et adoré dans ces pages, foutraque, fourre-tout de rock sixties, de psychédélisme débridé, de glam-rock lo-fi et de chansons folk vacillantes.

'Hang' prend le complet contre-pied. Cette fois, Foxygen fait court (8 chansons en 32 mns) et remise son lo-fi et un Do It Yourself qui lui allait bien au teint (leur premier album enregistré dans un vrai studio, forcément ça aide) pour pondre un disque extrêmement - bien - produit, plein de cordes, de cuivres et d'ambitions léchées qui plonge la tête la première dans les années 70, entre soul, glam, pop très orchestrée et euro-pop.
On ne s'étonnera donc pas de croiser du Stevie Wonder (ces toutes premières notes de Follow The Leader), une mélodie qui rappelle le My Sweet Lord de George Harrison (Avalon), un peu d'ABBA (toujours Avalon), un peu d'americana (On Lankershim), des mouvements glam à la Bowie (un peu sur tous les titres), des ambiances théâtrales ou tout droit sorties d'un cabaret (America, parmi d'autres), quelques idées à la Burt Bacharach, du 'American Gothic' de David Ackles, des moments guitar hero (formidable Rise Up) ou des tonalités vocales qui rappellent aussi bien Bowie, Jagger qu'Iggy Pop.

Oui, 'Hang' est un peu tout cela à la fois. Mais pour autant, n'est-ce qu'un hommage appuyé feignant et où la patte de Foxygen n'apparaît pas ? Bien au contraire ! En consacrant une certaine idée de la chanson à tiroirs, en multipliant les idées et les directions au sein d'un même morceau (America sans doute la plus marquante à ce niveau là, mais loin d'être la seule), en passant de l'emphase à la discrétion, d'un chant maniéré à une voix plus pop, Foxygen marque de son empreinte de 'Hang' foisonnant.

Entouré par un véritable orchestre (où l'on trouve de tout, jugez plutôt : saxo (alto ou ténor), clarinettes, flûtes, trompettes, bugles, trombones, violons, violoncelles, tuba, hautbois ou une harpe) composé de pas moins de 35 membres, pour leur permettre de mettre en musique leurs grandioses idées, Foxygen compose ici 8 titres vibrant, qui parlent aussi bien de cinéma, de lieux mythiques que d'accomplissement personnel, toujours avec ce côté perché et psychédélique.

Reste la question qui divise - car 'Hang' divise, oui : les Foxygen se foutent-ils de nous ? Et sont-ils vraiment sincères ? N'ont-ils pas eu la folie des grandeurs ? Tout est tellement poussé à l'extrême, tout est tellement à l'opposé de leurs dernières livraisons que l'on peut se poser la question. Ne font-ils que singer une époque disparue depuis longtemps pour mieux se moquer de ses élans parfois pompeux ? Ou ont-ils simplement eu envie et le talent pour se plonger corps et âmes dans une période qu'ils affectionnent particulièrement ('... And Star Power' allait déjà piocher, mais de manière plus brute, dans ces années là ?) et n'en ressortir que le meilleur ?

Ces pages trancheront évidemment pour la seconde option tant 'Hang' respire les mélodies travaillées, les mouvements parfaits. Et la musique plus simplement.
Et puis pourquoi se seraient-ils embêtés à inviter les Lemon Twigs (dont Jonathan Rado a produit le premier album 'Do Hollywood' sorti l'an dernier), Steven Gregory Drozd des Flaming Lips ; ou encore Matthew E. White pour s'occuper des arrangements ? Non, décidément, Foxygen ne se fout pas de nous. Non, Foxygen vient juste de sortir un album magistral, ambitieux de bout en bout, bourré de références et rempli d'idées et de mélodies remarquables. Un 'Hang' dont on reparlera, et pas que cette année. Diable que ces deux là ont vraiment beaucoup trop de talent pour leurs coreligionnaires. (Sortie : 20 janvier 2017)

Son :
'Hang' est à l'achat sur le bandcamp de Foxygen
'Hang' est (partiellement) à l'écoute sur le bandcamp de Foxygen
'Hang' de Foxygen est en écoute chez Spotify et Deezer

Exceptionnellement quatre titres en écoute. Tout d'abord Trauma (uniquement disponible dans les lecteurs Deezer et Spotify à gauche), grandiose et plus épique chanson de 'Hang'. Puis ci-dessous America, longue chanson qui voit Foxygen passer par pleins de tiroirs. Follow The Leader, qui ouvre l'album ; et enfin On Lankershim, qui n'aurait pas dépareillé sur les radios FM américaines de 1974 :







Pour finir, deux clips tirés de 'Hang' de Foxygen. Celui de Follow The Leader. Puis celui de On Lankershim :



mardi 31 janvier 2012

Aidan Baker - The Spectrum of Distraction [Robotic Empire]

S'il y a bien une fonction que j'ai toujours trouvé très con, c'est bien celle du «random» (ou «shuffle»). Vous savez ce bouton qui vous permet de passer un album dans le désordre, au bon vouloir de la machine. Je n'en ai jamais trop compris l'intérêt.

Peut-être parce que je suis plus album que single. Peut-être parce que j'estime qu'écouter un album dans le désordre alors qu'il a été pensé précisément pour être écouté dans un ordre bien précis est fondamentalement idiot. Peut-être parce que je suis un adepte de la maxime du «less is more» en matière de hi-fi.

Mais j'ai mis mes préjugés et mes ressentis au placard en lisant les instructions pour écouter 'The Spectrum Of Distraction', nouvel album d'Aidan Baker, prolixe musicien au talent déjà évoqué dans ces pages. Nouvel et énième album devrais-je même dire. Difficile de tenir des comptes tant les sources diffèrent mais on tape les 120 albums - solo, avec Nadja, ARC et les autres, cumulés - easy.

'The Spectrum Of Distraction' est un concept album. Mais pas dans le sens où on l'entend habituellement, où l'artiste base son disque sur une seule et même histoire (genre 'L'histoire de Melody Nelson' ou 'The Wall'). Ici, le terme de concept album s'applique surtout à la manière d'écouter l'ensemble. Comme l'ont été en leur temps le 'Zaireeka' des Flaming Lips (quatre disques à jouer en même temps sur quatre chaines différentes) ou la Symphonie pour 100 guitares électriques de Glenn Branca (même si cela n'a jamais vu le jour en disque). Ce genre là.

'The Spectrum Of Distraction' est un double-album. Qui cumule un total de 2h de musique. Le tout disséminé en … 98 morceaux! Pas plus, pas moins. The Gerogerigegege et leur 'Tokyo Anal Dynamite' de 1990 et ses 75 morceaux (en 31 mns cependant) peuvent gentiment aller se rhabiller!

'The Spectrum Of Distraction' est un album qui fait l'éloge de la guitare tout du long. Très noisy, très brutale sur les 53 morceaux du disque 1. Plus vaporeuses sur les 45 titres du disques 2.

Mais 'The Spectrum Of Distraction' c'est aussi un éloge à la rythmique. D'ailleurs, pour emballer cette grand œuvre, Aidan Baker a convoqué pas moins de 18 batteurs, qui se relaient tout au long des 2h. Et au-delà d'Aidan Baker lui-même, on retrouve notamment Thor Harris (batteur de Shearwater, mais occasionnellement de Angels of Light), Mac McNeilly (Jesus Lizard), Ted Parsons (Swans) ou Simon Scott (Slowdive). Excusez du peu.

Mais, et c'est là qu'intervient l'idée de concept-album, Aidan Baker conseille d'écouter chaque disque de 'The Spectrum Of Distraction' en total random. Pas de façon linéaire. Bref, au pif. Une expérience - que je crois - inédite.

Si l'idée de départ peut prêter à sourire et pourrait faire passer Aidan Baker pour un gentil artiste tentant de faire le buzz, au-delà du fait que cela serait mal connaître le bonhomme, le tout tient incroyablement bien la route.
Évidemment, la première écoute se fait dans l'ordre des pistes. Mais dès la seconde, on suit le conseil et on découvre un nouveau 'The Spectrum Of Distraction'. On passe sans coup férir d'un morceau très nerveux à un moment calme. Sans jamais trouver le changement abrupte et anormal.

Aidan Baker réussi avec 'The Spectrum Of Distraction' une vraie expérience sonore à l'éclectisme fou (on passe ici du noise au stoner, du jazz au punk). Une expérience qui a un sens. Qui a du coffre. Et surtout une cohérence. Cet album est dingue. 2012 commence sur les chapeaux de roue. Mais il va falloir se lever tôt pour faire ne serait-ce qu'aussi bien. (Sortie: le 17 janvier 2012)


'The Spectrum Of Distraction' est disponible pour 10€ (oui, 10 malheureux euros auquel il faut ajouter 3.5€ de port) sur Broken Spine, le shop en ligne d'Aidan Baker. En cliquant ici.


Son:

Aidan Baker's Bandcamp ('The Spectrum Of Distraction' est en écoute complète ici. Mais dans le bon ordre, forcément)
Site officiel d'Aidan Baker (et de ses autres projets)

Difficile de proposer des sons en écoute pour un album à écouter en «random». Ceci dit, et en tentant de surcharger la page le moins possible (pour cela que je vous conseille de ne pas rester sur la home pour lire/écouter cet article), voilà une sélection, totalement aléatoire, de six morceaux de ce 'The Spectrum Of Distraction': trois du CD1 et trois CD2.


CD1
Aidan Baker - Mystery Of The Secret Room Pt.3 (0'57)

Aidan Baker - Blood On The Handle Pt.1 (1'02)

Aidan Baker - The Planet Eater (7'00)


CD2
Aidan Baker - Dream Trips Pt.5 (3'00)

Aidan Baker - Surf Monkeys Pt.2 (0'36)

Aidan Baker - Killer Virus Pt.1 (3'42)