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lundi 18 mars 2019

[Track of The Day] Julia Jacklin - Body

'Crushing', le deuxième album Julia Jacklin, australienne de son état, n'est pas un disque transcendant, qui a quelques longueurs et redondances, mais qui reste de belle tenue. 

Surtout, il s'ouvre sur une chanson absolument merveilleuse, Body (et donc en écoute aujourd'hui), qui parvient, chose pas toujours évidente, à avoir tout au bon endroit au bon moment. Ici, tout est à sa place, juste là où il faut.

Il y a cette batterie étouffée et monolithique ; la voix de Julia Jacklin qui reste d'une linéarité folle, sans jamais changer de cap ; ces quelques notes de piano qui n'arrivent pas à mettre de lumière dans la chanson ; cette production presque étouffée qui rend l'écoute encore plus prégnante. Et puis il y a ces paroles et le thème de la chanson, celle d'une femme expliquant qu'elle préfère s'éloigner de son compagnon, devenu toxique à bien des niveaux - « I guess it's just my life, and it's just my body » répète t-elle longuement sur la fin du morceau -. Sublime de bout en bout.

Album : Crushing
Année : 2019
Label : PIAS


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Body de Julia Jacklin est également en écouté ci dessous :


Pour finir, le clip de Body de Julia Jacklin, chanson qui ouvre 'Crushing' :




mercredi 1 octobre 2025

[Track of The Day] Phantastic Ferniture - Change My Mind

Découverte à l'écoute de Body, sublime chanson au mantra bouleversant et répétitif (« I guess it's just my life, and it's just my body »), j'apprends ces jours-ci que Julia Jacklin n'est pas qu'une songwriter pop de talent mais également la chanteuse de Phantastic Ferniture, quatuor indie-rock originaire de Sydney, créé à la base par elle-même, Elizabeth Hughes et Ryan K Brennan comme une récréation adolescente à leurs aventures solo respectives. Dès lors, rien d'anormal à voir que Phantastic Ferniture n'a qu'un album au compteur (un album éponyme en 2018), une récréation doit rester une récréation.

Mais ce début septembre, et à la surprise de leurs fans, les australiens ont publié un double-single (numérique uniquement, mais à prix libre), Change My Mind (en écoute aujourd'hui) et Dare To Fall In Love, annonçant ainsi leur retour. Est-ce le besoin d'à nouveau s'offrir une respiration après le tourbillon médiatique qui a emporté Julia Jacklin avec la parution de ses deux derniers albums solo ? Sans doute, le projet de Phantastic Ferniture ayant toujours été d'être plus spontanés et moins techniques que sur leurs projets solo. Le résultat est en tout cas probant : deux morceaux concis (5'18" à eux deux) entre indie-rock et garage pop nerveuse, aux mélodies accrocheuses, où l'on sent que le quatuor s'amuse vraiment à se retrouver et jouer ensemble.

Album : Change My Mind / Dare To Fall In Love
Année : 2025
Label : Makeout Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Change My Mind est également en écoute ci-dessous :

Dare To Fall In Love, la face-B de ce double-single de Phantastic Ferniture, est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Change My Mind de Phantastic Ferniture, réalisé par Julia Jacklin :

lundi 11 octobre 2021

Ada Lea - One Hand On The Steering Wheel The Other Sewing A Garden [Saddle Creek]

Petite douceur charmante et charmeuse, voilà 'One Hand On The Steering Wheel The Other Sewing A Garden', le second album de la canadienne Alexandra Levy qui officie sous le nom de scène d'Ada Lea. Une jeune femme qui chante d'une voix particulièrement séduisante, parfois un peu désabusée, où transpire la mélancolie.

Cette voix, Ada Lea la balade sur des textes qui racontent des histoires (sans doute les siennes), pleines de douleurs et d'espoir, de tristesse et de nostalgie, de violence et d'amertume. Elle les conte comme si elle ouvrait son journal intime et décidait à nous dévoiler son contenu.
Il faut l'entendre raconter ces soirées ratées, ses passions, ses blessures intimes et physiques (« If there’s one thing I’ve learned there’s a term called resilience and I hope to recognize it next time in the face of violence » sur Violence), ses amours passées (« I just found the letter dated august 2nd the one you sent that summer saying this is how you see it we’re either growing apart or growing together » sur Saltspring) ou perdues (« My love for you is real not like any other love and I wanted so badly for you to feel it like I did » sur My Love 4 U Is Real), ses  pertes d'espoirs (« every year is just a little bit darker, then the darker gets darker, then it's dark as hell » sur Damn) ou ses projets pleins d'espoirs (Writer In NY).

Ces textes, Ada Lea sait aussi les mettre en musique. Entre folk et pop, rock et presque wave (Can't Srop Me From Dying) avec quelques guitares qui slide doucement, une ambiance soulful par moment et même l'ombre de Jackson C. Frank qui plane sur le très simple Saltpring, cet album s'avère être une bien belle découverte, et qu'on pourra aisément rapprocher de ceux de quelques grandes artistes féminines de ces dernières années, et placer dans le même panier.

D'ailleurs, ces rapprochements avec la fine fleur de la scène actuelle n'ont rien d'étonnant quand on sait que le producteur de 'One Hand On The Steering Wheel The Other Sewing A Garden' (Marshall Vore), la batteuse (Tasy Hudson) et le bassiste (Harrison Whitford) travaillent avec Phoebe Bridgers ; que Burke Reid (qui s'est occupé du mixage) a travaillé sur les albums de Courtney Barnett et Julia Jacklin (on pourra d'ailleurs rapprocher le Body de cette dernière au Hurt d'Ada Lea) ; que Johanna Samuels (dont l'album 'Excelsior!' sorti au printemps vaut plus que l'écoute) vient faire quelques choeurs sur trois titres (Damn, Writer In NY et Hurt). Et c'est pour ne citer qu'eux, tant le personnel qui a participé à cet album est important. 

Mais n'allez pas croire qu'il faille résumer Ada Lea à une simple copie de Phoebe Bridgers ou Julia Jacklin. Il y a trop de talent dans ses compositions, trop de beauté dans son timbre et trop de personnalité dans ses textes pour ça. 'One Hand On The Steering Wheel The Other Sewing A Garden' en est la plus belle preuve. (Sortie : 24 septembre 2021)

Plus :
'One Hand On The Steering Wheel The Other Sewing A Garden' d'Ada Lea est en écoute sur sa page bandcamp
'One Hand On The Steering Wheel The Other Sewing A Garden' d'Ada Lea est à l'achat sur sa page bandcamp
'One Hand On The Steering Wheel The Other Sewing A Garden' d'Ada Lea est en écoute, notamment, sur Spotify et Deezer

Trois chansons de 'One Hand On The Steering Wheel The Other Sewing A Garden' d'Ada Lea en écoute. Le soulful Damn (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube), le magnifique Partner et le simple et optimiste Writer In NY :

Quatre chansons de 'One Hand On The Steering Wheel The Other Sewing A Garden' d'Ada Lea ont été clippées. En voilà trois : Damn, Hurt et Can't Stop Me From Dying : 

  

mercredi 17 mai 2023

[Track of The Day] The Sprouts - I See You There

Je ne sais pas ce qu'ils bouffent en Australie depuis quelques années, mais la scène locale actuelle (allez, élargissons même le propos et la zone à la Nouvelle-Zélande, pas exempte de belles découvertes) est des plus enthousiasmantes. Body Type, Amyl and the Sniffers, Flyying Colours, Jeanines, Rolling Blackouts Coastal Fever, The Stroppies et j'en oublie des wagons en route (tiens Julia Jacklin), on ne peut pas dire que les antipodes fassent dans le détail.

Dernière découverte en date, The Sprouts. Un quatuor de Melbourne dont 'Eat Your Greens' est la première sortie (disponible uniquement au format digital et cassette, ce qui explique la pochette) et qui fait dans l'indie-pop un rien jangle, pleine de mélodies à fredonner, le tout dans une ambiance lo-fi délicieuse. Un disque court (dix titres pour 28 minutes) qui n'est pas sans rappeler quelques uns de leurs prédécesseurs cités plus haut (au premier rang desquels The Stroppies). Mais surtout un album remarquable par bien des aspects qu'on pourrait résumer en trois chansons : la chanson d'ouverture Memories et son très beau refrain « I got enough memories in my head for a lifetime », et le duo de clôture, Hold Together et I See You There (en écoute aujourd'hui).


Album : Eat Your Greens
Année : 2023
Label : Tenth Court

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, I See You There de The Sprouts est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très recommandable de 'Eat Your Greens' de The Sprouts, voilà Hold Together : 

mercredi 1 janvier 2020

Bilan 2019 : Top 50 « Chansons »


Après avoir mis en avant les Ep et autres rééditions qui m'auront marqué en 2019 (lire Bilan 2019 : Top 15 « 7", Ep, Compilations & Rééditions »), passons donc aux chansons/morceaux qui auront fait mon année 2019.

Mais avant cela, faisons un petit tour du côté des voisins qui ont de belles choses à partager :
Le top 100 chansons « en vrac » de Serge Le Rezza
Le toujours essentiel « Best of Songs » de Sean de Said The Gramophone
Les meilleurs singles de l'année de Sami de Hot Fidélité

Cinquante chansons disions-nous. Cinquante titres qui auront rythmé mon année, qui l'auront rendu plus belle (quand bien même les thèmes abordés dans beaucoup de ces 50 chansons ne sont pas les plus joyeux) et qui m'auront beaucoup touché pour certains d'entre eux. Des confirmations, des artistes à côté desquels je ne peux pas passer, des révélations ; et énormément de titres dans lesquels je pourrais me noyer pour l'éternité. Bref, 50 chansons et comme le veut la tradition, le 1er janvier. En espérant que cela vous aide à vous remettre de la soirée d'hier. D'ailleurs, bonne année. Et donc bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2019 :

50. Olivier Rocabois - Ship of Women
49. Jeffrey Lewis & The Voltage - LPs
48. Beabadoobee - I Wish I Was Stephen Malkmus
47. Iorigun - Wasting My Time
46. Surf Curse - Hour of the Wolf

45. Royal Chant - Shutdown Corner
44. The Chats - Pub Feed
43. Hand Habits - What’s The Use
42. Johnnie Carwash - Lazy
41. Sufjan Stevens - Love Yourself

40. Velvet Negroni - Feel Let
39. Fontaines D.C. - Too Real
38. Guided By Voices - Mumbling Amens
37. James Yorkston - Shallow
36. Lala Lala & Why - Siren 042

35. Exhauster - Denim
34. Orouni - Son of Mystery
33. The Get Up Kids - Lou Barlow
32. The Leisure Society - Leave Me To Sleep
31. Entracte Twist - Les Esses

30. Josienne Clarke - If I Didn’t Mind
29. Swans - What is This?
28. Four Tet - Teenage Birdsong
27. Girlpool - Hire
26. The Stroppies - My Style, My Substance

25. Business of Dreams - Ripe for Anarchy
24. Bastien Lallemant - Danser Les Filles
23. Phoebe Bridgers - Georgia Lee (Tom Waits cover)
22. Papercuts - Blues Run The Game (Jackson C. Frank cover)

21. Weyes Blood - Everyday
20. Kishi Bashi - A Song For You
19. Over The Rhine - Let You Down
18. Froth - Department Head
17. The Murder Capital - For Everything

16. Nick Cave & The Bad Seeds - Hollywood
15. Mannequin Pussy - Drunk II
14. The Love Coffin - Nothing at All
13. Fews - More Than Ever
12. Accident - Oh Amalia
11. Jenny Lewis - Wasted Youth

10. Coldplay - Arabesque (feat. Stromae)
09. Daphni - Just
08. Girl in Red - Bad Idea!
07. Big Thief - Not

06. Lankum - The Wild Rover
05. Julia Jacklin - Body
04. Joseph Fisher - Chemin Vert
03. Wych Elm - Susan Smith
02. Purple Mountains - Margaritas at the Mall
01. Crack Cloud - The Next Fix






Comme promis, voilà quelques players vous permettant d'écouter les 50 chansons présentées ci-dessus sur la plateforme : Spotify et Deezer. Bonne(s) écoute(s) ! 




Bilan 2019 :



lundi 22 janvier 2024

[Track of The Day] Maple Glider - Don't Kiss Me

On a beau être le 20 janvier, ce n'est pas une raison pour ne pas continuer d'évoquer les belles choses entendues l'an passé et qui n'ont pas fini dans mon bilan 2023. Aujourd'hui, place à Maple Glider, chanteuse originaire de Melbourne en Australie (une de plus) et auteure l'an passé de 'I Get Into Trouble', son deuxième album. Un disque de folk aux contours pop, assez délicat et qu'elle chante d'une jolie voix.

Sur 'I Get Into Trouble', on trouve Don't Kiss Me, une chanson plutôt sublime où il est question de consentement dans une relation entre une jeune femme et un homme plus âgé. Un morceau qui démarre sur une simple guitare folk mais où l'on perçoit assez vite une fureur qui gronde sous la glace. L'ambiance se fait plus pesante et la guitare s'électrise à mesure que Maple Glider répète comme un mantra « Sometimes my own body doesn't feel like my body But definitely don't kiss me » pour essayer d'enfin faire comprendre à son interlocuteur que c'est elle et elle seule qui décide. Une chanson pas loin d'être bouleversante (« Don't kiss me, my safety should not have to be earned. I was just a baby until you made me into a lesson to be learned ») et qui n'est pas sans rappeler la tout aussi admirable Body de Julia Jacklin.

Album : I Get Into Trouble
Année : 2023
Label : Pieater / Partisan Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Don't Kiss Me de Maple Glider est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson qui vaut le détour, voilà Do You, qui ouvre ce 'I Get Into Trouble' de Maple Glider :

Le clip de Don't Kiss Me de Maple Glider :