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lundi 15 décembre 2025

[Track of The Day] Cory Hanson - Bird on a Swing

En 1969, pour ouvrir son deuxième album 'Songs From a Room', Leonard Cohen avait choisi Bird on the Wire. Une chanson destinée à être une de ses plus célèbres compositions, qui marqua son monde à l'époque (Tim Hardin la reprendra et lui donnera même le titre de son album de 1971), à tel point même que Kris Kristofferson, à son écoute, demanda à ce que les trois vers inauguraux (« Like a bird on the wire / Like a drunk in a midnight choir / I have tried in my way to be free ») figurent sur sa pierre tombale le jour il passerait de l'autre côté.

Cinquante-six ans plus tard, Cory Hanson ouvre son quatrième album 'I Love People' par Bird on a Swing. Et il est difficile de ne pas y voir une référence évidente au chef d’œuvre de Cohen. A ceci près que Cory Hanson renverse tout. Musicalement déjà où, à l'ambiance presque austère de Bird on the WireBird on a Swing oppose un folk plein de pop, aux légers accents country, aux chœurs soulful à souhait, mené par une mélodie au piano, certes mélancolique, mais enjouée. Stylistiquement aussi : là où Bird on the Wire voyait un narrateur épris de liberté qui s'excusait de ceux qu'il avait pu blesser en devenant libre, Bird on a Swing est une chanson où le héros vit mal cette libération : le texte est amer (« I can count on my friends / Like I count on my debts »), désabusé (« I'm a lonely bitter soul / I got sadness in my skull / And I'm only kind to strangers / They're the only people I don't know ») voire désespéré par moments (« I rode on the darkest range / I worked a thousand graveyard hours / I have no blood left in my veins »), et l'on se dit très vite que cette liberté gagnée est beaucoup plus contrainte que souhaitée (« That's the cost of being free »).

Et le résultat final est grandiose. Car Bird on a Swing est sans doute une des toutes meilleures chansons d'ouverture de 2025. Vous comprendrez donc qu'à quinze jours de la quille, il était temps pour moi de l'évoquer. Surtout quand on sait que 'I Love People' de Cory Hanson est sorti le 25 juillet dernier.

Album : I Love People
Année : 2025
Label : Drag City

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Bird on a Swing de Cory Hanson est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Bird on a Swing, chanson qui ouvre 'I Love People', le nouvel album de Cory Hanson :

samedi 5 juillet 2008

Le retour du 'Oldies'

Après plus de cinq mois d'inactivité, et même si on est en été, la rubrique 'Oldies' devrait reprendre du service dès la semaine prochaine avec une réédition d'un album de... mais chut!, je ne vous en dis pas plus.

Ayant toujours tenu en estime cette partie 'Oldies' et après la fermeture d'un de mes comptes free sur lequel je conservais les sons mis en ligne pour ces albums, la plupart du temps, oubliés, j'ai décidé de laisser constamment trois titres en ligne, le tout grâce à un lecteur deezer.

Concrètement donc, chacune des 17 (jusque là) chronique 'Oldies' possède son propre lecteur deezer et trois titres mis en ligne et écoutables, jusqu'à plus soif. Histoire de.

Ainsi, les chroniques suivantes ont de nouveau du son disponible à écouter:

Minnie RipertonPerfect Angel (1974)

AmnestyFree Your Mind: The 700 West Sessions (1973)

Ike and Tina Turner - River Deep Mountain High (1966)

The HomosexualsThe Homosexuals' Record (1984)

Tim HardinBird on a Wire (1971)

Van MorrisonSaint Dominic's Preview (1972)

The HolliesFor Certain Because... (1966)

David Ackles - American Gothic (1972)

The Left Banke - Walk Away Renee/Pretty Ballerina (1967)

Bob DylanBlood On The Tracks : New-York Sessions (1974)

The Four Seasons - Genuine Imitation Life Gazette (1969)

Erma FranklinSoul Sister (1969)

Evie Sands - Any Way That You Want Me (1969)

Jackson C. FrankBlues Run The Game (1965)

Millie Jackson - Caught Up (1974)

John Phillips - John, The Wolf King Of L.A. (1969)

The Bee Gees - First (1967)

Bonne(s) écout(e)s et (re)découvertes!

samedi 1 décembre 2007

[Oldies] Tim Hardin – Bird on a Wire (1971)

Si l’on devait résumer la carrière discographique de Tim Hardin, ange déchu de la folk-music des années 60/70, on citerait deux titres. Le premier serait If I Were a Carpenter, son morceau qui a connu le plus de succès - pas forcément sa version, mais celle d’autres, comme Bobby Darin qui hissera le titre tout en haut, ou presque, des charts US en 1966.

Le second serait Bird on a Wire, une reprise de Leonard Cohen qui, osons-le, surpasse l’original. Un titre soulfull comme disent les anglophones (voir plus bas), plein d'ambiances et avec un chant noir surprenant. C'est ce morceau qui donne son nom au disque dont il est question ici. Et qui l’ouvre même.

Septième album (si l’on compte les lives) de Tim Hardin, 'Bird on a Wire' est un des tous derniers enregistrements correct du folkeux de l’Oregon. Un beau disque qui compte presque à part égale des compositions originales et des reprises de standards vraiment aguicheuses (celle de Georgia on My Mind est assez réussie avec une voix qui rappelle par moment celle de Stevie Wonder).

Trente-cinq minutes pour dix morceaux dont quelques grands moments comme ce Southern Butterfly tire-larmes malgré un côté classique et basique (ces quelques accords de guitares folk, surmontés de cuivres et de cordes toutes légères, voir plus bas) ou ce Satisfied Mind (écrit par Joe Hayes et Jack Rhodes) somptueux et délicat comme jamais.

'Bird on a Wire' n’est peut-être pas le meilleur album de Tim Hardin. Ses premiers opus (I, II et III) sont sûrement plus beaux, plus grands. Mais ce disque là reste la dernière vraie production discographique du compositeur américain. Dès 1973 et jusqu’à sa mort en 1980, ses albums ne seront qu’une suite de déceptions et de titres sans force, sans grâce, sans talent. La faute à une addiction beaucoup trop grande à une poudre blanche légèrement destructrice.

Lorsque le 29 décembre 1980, il subit finalement les lois conjuguées de l’héroïne et de la morphine, Tim Hardin vient tout juste d’avoir 39 ans. Et laisse derrière lui un sac entier de chansons indémodables (qu’ils seront nombreux à aller reprendre, de Johnny Cash à Okkervil River, des Small Faces à Paul Weller), quelques jolis (voire même plus) albums et une reprise renversante en guise d’oraison funèbre. Comme un oiseau sur un fil barbelé…

Première sortie : 1971 (Columbia)
Réédition : 2005 (Sony)


Son :
Myspace (trois titres dont un de ce ‘Bird on a Wire’)

Et en écoute, Bird on a Wire (bien sûr), A Southern Butterfly, à tomber et Love Hymn, qui clôt le disque :