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lundi 9 septembre 2019

Tim Hecker - Anoyo [Kranky]

Moins avare que jamais, Tim Hecker continue sa route dans les méandres de la musique électronique, ambiante, expérimentale et pleine de drone. Et vient donner à son très beau 'Konoyo' de l'an passé une suite, 'Anoyo'.

Ce n'est pas la première fois que Tim Hecker propose ce genre, si ce n'est d'opposition, au moins de parallèle entre deux de ses œuvres. Il l'avait fait en 2011 quand, à la suite de la sortie du très beau 'Ravedeath, 1972', il avait publié dans la foulée un Ep, 'Dropped Pianos', sorte de face-claire de son prédécesseur, quoiqu'en dise sa pochette en négatif.

'Anoyo' n'est pas pour ainsi dire l'opposé de 'Konoyo'. Plutôt son complément « acoustique » (avec toutes les réserves qu'il faut, les guillemets sont primordiaux ici). Toujours enregistré dans un temple bouddhiste et avec un groupe japonais spécialiste du gagaku (à savoir, selon wikipédia : « l'ensemble des répertoires de la musique de cour du Japon. Il comprend des répertoires orchestraux, des chants et de la danse, et peut être mis en opposition au zokugaku, la musique folklorique, "populaire" »), 'Anoyo' s'est - un peu - épuré des nappes, du maelstrom musical et de la vapeur de son devancier, mais n'en reste pas moins onirique à souhait.

Faisant la part belle à la mélodie, s'échappant de temps en temps vers des faces plus expérimentales pour mieux retrouver sa ligne directrice sans jamais perdre son auditeur, créant un véritable univers musical dans lequel il fait bon se lover, ce onzième (sans compter ses disques avec Daniel Lopatin et Aidan Baker) album de Tim Hecker est un voyage une nouvelle fois sublime. En constante évolution, le canadien continue de tracer un sillon à nul autre pareil et dont la musique est difficilement catégorisable. Ce mec a tellement de talent à mes yeux que s'il disait que la Terre était carrée, je le croirais sur paroles. Oh wait... (Sortie : 10 mai 2019)

Plus :
'Anoyo' de Tim Hecker est en écoute sur sa page bandcamp
'Anoyo' de Tim Hecker est à l'achat sur sa page bandcamp
'Anoyo' de Tim Hecker est également en écoute sur Spotify et Deezer

Trois morceaux de 'Anoyo' de Tim Hecker en écoute ce jour. Ouvrons le bal avec That World (également en écoute dans les playlists Spotify et Deezer, notamment dans la colonne gauche de ce blog). Puis Step Away From Konoyo. Et enfin Into The Void :






vendredi 26 janvier 2018

[Track of The Day] The White Birch - The Weight of Spring

A l’opposé d’un Aidan Baker qui sort plus de disques en une année que n’importe qui, prenons Ola Fløttum, seul désormais aux manettes de The White Birch, dont le retour en 2015 nous avait permis d’avoir droit à un sublime 'The Weight of Spring', sans doute le plus beau disque de cette année là.

Deux ans ont passé, aucun nouvel album n'est annoncé du côté de The White Birch. Pour autant, Ola Fløttum continue de faire vivre 'The Weight of Spring' ; comme s’il ne pouvait pas le lâcher. Ou comme s’il voulait à tout prix que le plus grand nombre l’écoute. Le saint homme.

The White Birch a donc fait paraitre à l’automne dernier un nouveau clip, très simple et très beau, de la chanson The Weight of Spring, douceur langoureuse et mélancolique à se damner.
Et il est donc l'excuse pour se replonger dans l'album du même nom. Alors oui, il a trois ans, mais il mérite qu’on y retourne le temps de 6mns, pour réécouter ou découvrir ce bien beau morceau, caché au milieu d’autres délicates, évanescentes, éthérées et cotonneuses petites douceurs.

Album : The Weight of Spring
Année : 2015
Label : Glitterhouse

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Weight of Spring de The White Birch est à écouter et aussi à voir via le clip ci-dessous :


Et pour ceux qui voudraient se contenter de la musique uniquement, le titre est aussi disponible là :




mercredi 10 janvier 2018

Bilan 2017 : « Albums » (20-01)



Avant de mettre un point final à mon année musicale 2017, finissons notre petit tour d'horizon (partiel, j'en ai bien conscience) des « bilans de l'année » des blogs amis et voisins :

Voilà donc les 20 albums qui m'auront le plus marqué en 2017. De superbes révélations françaises (et lyonnaises), des disques beaux, souvent à en pleurer, une découverte essentielle pour mes oreilles, du melting-pot absolument brillant et un album aussi court que fabuleux, produit par un duo d'américains que rien ne semble arrêter. 
Et comme d'habitude, une chanson de chaque disque présenté ci-dessous est en écoute dans un lecteur Spotify et un lecteur Deezer plus bas. Bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2017 :
Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition »
Top 50 « Morceaux »
Top 40 Albums : 40-21



20. H-Burns - Kid We Own The Summer [Vietnam]
Rock lumineux et ambiances mélancoliques (la chanson titre qui ouvre l’album en est la meilleure preuve) au programme de ce nouvel album du romanais. Montant encore d’un cran dans la qualité, H-Burns s’impose (s’il était besoin) comme un des mètres étalon du genre américain, en vo certes, mais à la française.


19. Julien Baker - Turn Out The Lighs [Matador]
Acheté sans écoute préalable sur les bons conseils de Walleum, ce premier album de Julien Baker (rien à voir avec « Les Frères Scott ») est en tout cas d’une beauté sidérante, où l’urgence perce derrière son chant et ses mélodies. Une douceur punk très personnelle et aux accents émo.


18. Raoul Vignal - The Silver Veil [Talitres]
Premier album folk élégant et lumineux de la part du lyonnais Raoul Vignal, et c'est Talitres, toujours à l'affût, qui sort le tout. Entre Kings of Convenience, Stranded Horse, sous le haut patronage de Nick Drake, voilà un bien beau disque, à l'ambiance impeccable.


17. Beach Fossils - Somersault [Bayonet]
Rarement emballé par le trio de Brooklyn, 'Somersault' est une révélation. Leur ambition, leur son plus pop, plus rond et leurs belles orchestrations m’auront beaucoup séduit. Dépourvu de fautes de goûts, ce quatrième album des Beach Fossils a même de faux-airs de réponse new-yorkaise au 'Hang' des californiens de Foxygen.
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16. ENTRANCE - Book of Changes [Thrill Jockey]
Hors du temps, anachronique, 'Book of Changes' est le premier album en 13 ans de Guy Blakeskee qui officie sous le nom d’ENTRANCE. Folk, pop, subtilement arrangé, avec de beaux chœurs, des violons aussi efficaces que discrets, portés par une belle guitare, voilà un des disques les plus beaux écoutés cette année.


15. Percolator - Sestra [Penske]
Kraut-rock, shoegaze, noise-pop, noise-rock, drones, guitares fuzz, reverb', rythmiques martiales, mélodies lumineuses : voilà tout ce qui est au programme de ce premier album de Percolator, trio irlandais auteur d’un disque tonitruant.

14. State Broadcasters - A Different Past [Olive Grove Records]
Sur leur troisième album en 8 ans, les State Broadcasters alternent entre chansons lentes et mélancoliques, pop-songs à la I'm From Barcelona, rappellent tantôt leurs cousins de Dancing Mice, le Spinto Band ou le grand ordonnateur qu'est Sufjan Stevens. Mieux, ils convient à leur festin pop, en plus des traditionnels piano, guitares et basses, de la harpe, de l'accordéon, du trombone et du violoncelle. Parfait.


13. Valparaiso - Broken Homeland [Zamora Label] 
Mené par d’anciens Jack The Ripper, ce premier album de Valparaiso aura invité sur son album sans doute le plus beau casting de 2017 : Howe Gelb, Shannon Wright, Marc Huyghens (Venus), Josh Haden (Spain), Dominique A et autres John Parish (par ailleurs producteur du disque). Très beau voyage musical qui dévoile peu à peu son americana tantôt langoureuse, tantôt électrique.


12. Aidan Baker / Simon Goff / Thor Harris - Noplace [Gizeh Records] 
Composé avec Thor Harris (batteur de Swans) et Simon Goff (violoniste anglais), ce nouvel album d’Aidan Baker (le cinquième de l’année !) est un disque langoureux, uniquement instrumental, rempli de longues mélopées lancinantes, extatiques. Un ticket pour un voyage ambient en apesanteur, avec pour seules armes guitare, violon et batterie.

 

11. St. Vincent - MASSEDUCTION [Loma Vista]
L'ex de Polyphonic Spree et du groupe de Sufjan Stevens ne m'a jamais vraiment touché avec ses albums solo. Pourtant, son dernier en date 'MASSEDUCTION' m'aura happé avec sa pop-électronique aux accents mainstream, où les tubes sont nombreux (Los Ageless, New York) et derrière lesquels se cachent des textes personnels et sombres.


10. The Luxembourg Signal - Blue Field [Shelflife]
J'ai beau tourner ça dans tous les sens, The Luxembourg Signal est sans conteste MA révélation de 2017. Renversé par leur superbe 'Laura Palmer' (un de mes 7" de l'année, mais surtout mon single 2017), 'Blue Field', leur second album, ne saurait pas être résumé à cette chanson imparable. Septet, le groupe sait produire une pop aussi rêveuse que nerveuse et endiablée, pleine de guitares. Brillant.
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09. AVIONS - Loner [Bad Health Records / Les Briques du Néant / Ligature / Napalm Trees / Teenage Hate Records]
Dans une année lyonnaise plus que réjouissante, AVIONS est sans doute le disque le plus rentre dedans de l’année (avec celui des Decibelles évidemment). Punk à roulettes mâtiné de grunge et lorgnant vers une power-pop racée (à moins que ce ne soit l’inverse), chanté dans un anglais très convaincant, et puisant leur inspirations dans les années 90, ce 'Loner' a un sacré chien (oui, elle est facile).


08. The Magnetic Fields - 50 Song Memoir [Nonesuch]
Pour ses 50 ans, Stephin Merritt, pas avare de compositions, s'est dit qu'il allait sortir un album retraçant les 50 années de sa vie. Ce qui nous donne donc un coffret de 5 disques de 10 chansons et 2h30 de musique. On passe ici par tous les états. Et le résultat est magnifique, comme souvent. Textes profonds ou anecdotiques, sérieux ou plein de dérisions, chansons travaillées ou presque ivres, le meneur des Magnetic Fields accompagne l'ensemble de belles mélodies et de sa voix reconnaissable entre mille. Un disque qui, à l'instar de '69 Love Songs' devrait être une source de découverte intarissable. Happy Birthday Stephin.


07. Phoebe Bridgers - Stranger in the Alps [Dead Oceans]
S'il fallait élire le disque le plus touchant de l'année, sans nul doute que ce serait le 1er album de Phoebe Bridgers. Un disque mélancolique à souhait, où elle dévoile des compositions simples mais toujours belles, sur fond de guitares et piano grave. Et quand elle prend ses aises, elle n'en est que plus convaincante.


06. Max Richter - Three Worlds: Music From Woolf Works [Deutsche Grammophon] 
Disque construit autour de trois livres de l’écrivaine Virginia Woolf, il est à la base la bande-originale d'une création théâtrale. Album magnifique qui voit Max Richter revenir à ses premières amours et mélanger musique néo-classique et littérature ('The Blue Notebooks' et  Franz Kafka, 'Songs from Before' et Haruki Murakami), 'Three Worlds: Music From Woolf Works' se termine par une chanson de plus de 20 mns absolument superbe et qui sait prendre son temps.


05. Richard Dawson - Peasant [Domino]
Se posant en véritable conteur, l'anglais Richard Dawson plonge sa folk (avant, progressive ou orchestrale, c'est selon) dans le moyen-âge et une contrée du nord de l'Angleterre actuelle, désormais disparue. Chaotique, pleine de clappings, de chœurs, de guitares sur le fil de la justesse, parfois effleurées, souvent maltraitées, la musique de Richard Dawson et de ses compagnons est ensorcelante à souhait. Sans aucun doute, le plus beau disque de l'écurie Domino sorti en 2017


04. Wolf Parade - Cry Cry Cry [Sub Pop]
Là où le côté calculé du retour des LCD Soundsystem m'a empêché d'apprécier le 'American Dream' de la bande à Murphy, le retour des Wolf Parade respire la sincérité ; et est particulièrement imparable. S'ouvrant sur une chanson divine et synthétisant à merveille les appétences musicales de Spencer Krug et de Dan Boeckner, 'Cry Cry Cry' réussit à marier avec une grande subtilité des textes désabusés à des mélodies dansantes et enivrantes.


03. Satellite Jockey - Modern Life vol.1 [Another Record / AB Records / Montagne Sacrée Records / Pop Club]
Joliment produit, très bien mis en musique, ce nouvel album des Satellite Jockey est l'album pop de mon année 2017. Disséminant clin d’œils sixties ici et là, chantant dans un anglais ne sonnant pas français pour un sou et s'entêtant à faire progresser leurs chansons sans jamais s’appesantir sur une simple mélodie, aussi efficace soit-elle, les Satellite Jockey auront sorti un disque de pop classieuse, de grande qualité, et qui aurait sans doute fait plus de bruit s'il avait eu l'étiquette « Canada » ou « Brooklyn » accolée à sa bio.


02. James Holden & The Animal Spirits - st [Border Community]
Véritable découverte, cet album de James Holden & The Animal Spirits est un disque totalement instrumental mais flamboyant en de nombreux points. Melting-pot de sonorités et d'influences (musique orientale, (free) jazz, expérimental, électro, folk sous-acide, des saxophones ivres, etc), enregistré en une prise live pour chaque morceau, il est surtout d'une consistance et à la fois d'une facilité d'écoute autant sidérante que déconcertante.


01. Foxygen - Hang [Jagjaguwar]


Sans hésitation, le disque le plus brillant de 2017 est le nouvel album des Foxygen, duo américain habitué de ces pages. 'Hang' est un album prodigieux, qui contraste totalement avec leur gargantuesque '... And Star Power', leur précédent disque. Ici, 8 chansons en 32 mns. Mais quelles chansons !
Parlant aussi bien de cinéma, de lieux mythiques que d'accomplissement personnel, les Foxygen auront su soigner l'habillage de leurs chansons : un orchestre complet les entoure, auquel viennent se joindre les Lemon Twigs, Matthew E. White et autres Steven Gregory Drozd des Flaming Lips.
Surtout, en plongeant la tête la première dans une pop racée, qui tient autant de l'americana, du glam que des comédies musicales à l'ancienne, le duo aura sorti en 2017 un disque aussi ambitieux que réussi, aux mélodies impeccables et à la mise en musique parfaite.


Comme de coutume, une chanson de chaque disque présenté ci-dessus est en écoute dans un lecteur Spotify et un lecteur Deezer. Sauf pour AVIONS, indisponible sur ces deux plateformes. Bonne(s) écoute(s) ! 






Bilan 2017 :
Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition »
Top 50 « Morceaux »
Top 40 Albums : 40-21

jeudi 7 décembre 2017

[Track of The Day] Bill Baird - Never Go Home Again

En réponse à Aidan Baker et ses innombrables sorties (celui qui connaît toute sa discographie a mon respect le plus immense), voilà Bill Baird, artiste découvert grâce à Benthom de Benzine.

On n’est pas forcément sur le même nombre de sorties, mais quand même : trois albums rien qu’en 2017 pour ce musicien texan assez prolixe, que ce soit en groupe ou son son propre nom.

Pour être tout à fait honnête, ses deux premiers disques ne sont pas véritablement renversant. 'Baby Blue Abyss' n'ayant pas un intérêt dingue, concentrons-nous sur 'Easy Machines', le premier sorti en 2017. Un disque finalement anecdotique, manquant de cohérence et d’unité, pas toujours inspiré, mais où Bill Baird garde le meilleur pour la fin.

Car pour clore 'Easy Machines', le texan pond deux chansons particulièrement réussies. So Says Me, indie-pop aux guitares qui ne semblent jamais vouloir s'arrêter de riffer. Et un Never Go Home Again (en écoute aujourd'hui) qu'on dirait tout droit sortie de l'esprit des We Are Catchers

C'est peu mais elles ont le pouvoir assez fou de donner envie de réévaluer 'Easy Machines'. Sauf qu'à la réécoute, le constat reste le même sur les 8 premières pistes. Jusqu'à ces deux chansons donc, qui donne envie, etc. Un cercle sans fin. De l'intérêt de toujours soigner la fin d'un album en somme.

Album : Easy Machines
Année : 2017
Label : Talk Show

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Never Go Home Again de Bill Baird est également en écoute ci-dessous : 


Et voilà donc la deuxième chanson très réussie de ce 'Easy Machines' de Bill Baird, So Says Me :


vendredi 24 novembre 2017

[Track of The Day] Aidan Baker / Simon Goff / Thor Harris - Tin Chapel

En 2008, pour la chronique de 'Fantasma Parastasie', l'album qu'il avait sorti avec Tim Hecker, j'avais compté le nombre de sorties discographiques qu'Aidan Baker avait à son actif, collaborations comprises. A l'époque donc, nous en étions à 113 albums.

Réapparu dans mon radar grâce à Mathieu de Random Songs, profitons donc pour faire un point. Ainsi, le canadien basé à Berlin en est, neuf ans plus tard, à 136 albums (dont 24 live), 20 Ep… et tout ça cette fois sans compter tous les autres groupes dans lesquels il a officié ou officie encore.

Bref, les années passent mais Aidan Baker ne change pas ses habitudes. Enregistrer, toujours plus enregistrer. Chacun jugera d'une telle productivité.

D'ailleurs, 'Noplace', le disque dont il est question aujourd'hui est son cinquième de l'année. Sorti il y a 15 jours, il ne sera même pas le dernier de 2017 vu qu' 'Aberration' est prévu pour début décembre !
Mais revenons à 'Noplace'. Composé avec Simon Goff (violoniste anglais) et Thor Harris, (batteur de Swans qui faisait déjà des merveilles sur 'The Past is not a Flood' de Hospital Ships), deux artistes avec lesquels Aidan Baker a déjà collaboré, 'Noplace' est un disque langoureux, uniquement instrumental, rempli de longues mélopées lancinantes, extatiques ; ticket pour un voyage en apesanteur. De l'ambient avec pour seules armes guitare, violon et batterie.

Album : Noplace
Année : 2017
Label : Gizeh Records


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Tin Chapel du trio Aidan Baker / Simon Goff / Thor Harris est également en écoute ci-dessous :
 


Autre morceau de 'Noplace', voilà Red Robin :



mardi 31 janvier 2012

Aidan Baker - The Spectrum of Distraction [Robotic Empire]

S'il y a bien une fonction que j'ai toujours trouvé très con, c'est bien celle du «random» (ou «shuffle»). Vous savez ce bouton qui vous permet de passer un album dans le désordre, au bon vouloir de la machine. Je n'en ai jamais trop compris l'intérêt.

Peut-être parce que je suis plus album que single. Peut-être parce que j'estime qu'écouter un album dans le désordre alors qu'il a été pensé précisément pour être écouté dans un ordre bien précis est fondamentalement idiot. Peut-être parce que je suis un adepte de la maxime du «less is more» en matière de hi-fi.

Mais j'ai mis mes préjugés et mes ressentis au placard en lisant les instructions pour écouter 'The Spectrum Of Distraction', nouvel album d'Aidan Baker, prolixe musicien au talent déjà évoqué dans ces pages. Nouvel et énième album devrais-je même dire. Difficile de tenir des comptes tant les sources diffèrent mais on tape les 120 albums - solo, avec Nadja, ARC et les autres, cumulés - easy.

'The Spectrum Of Distraction' est un concept album. Mais pas dans le sens où on l'entend habituellement, où l'artiste base son disque sur une seule et même histoire (genre 'L'histoire de Melody Nelson' ou 'The Wall'). Ici, le terme de concept album s'applique surtout à la manière d'écouter l'ensemble. Comme l'ont été en leur temps le 'Zaireeka' des Flaming Lips (quatre disques à jouer en même temps sur quatre chaines différentes) ou la Symphonie pour 100 guitares électriques de Glenn Branca (même si cela n'a jamais vu le jour en disque). Ce genre là.

'The Spectrum Of Distraction' est un double-album. Qui cumule un total de 2h de musique. Le tout disséminé en … 98 morceaux! Pas plus, pas moins. The Gerogerigegege et leur 'Tokyo Anal Dynamite' de 1990 et ses 75 morceaux (en 31 mns cependant) peuvent gentiment aller se rhabiller!

'The Spectrum Of Distraction' est un album qui fait l'éloge de la guitare tout du long. Très noisy, très brutale sur les 53 morceaux du disque 1. Plus vaporeuses sur les 45 titres du disques 2.

Mais 'The Spectrum Of Distraction' c'est aussi un éloge à la rythmique. D'ailleurs, pour emballer cette grand œuvre, Aidan Baker a convoqué pas moins de 18 batteurs, qui se relaient tout au long des 2h. Et au-delà d'Aidan Baker lui-même, on retrouve notamment Thor Harris (batteur de Shearwater, mais occasionnellement de Angels of Light), Mac McNeilly (Jesus Lizard), Ted Parsons (Swans) ou Simon Scott (Slowdive). Excusez du peu.

Mais, et c'est là qu'intervient l'idée de concept-album, Aidan Baker conseille d'écouter chaque disque de 'The Spectrum Of Distraction' en total random. Pas de façon linéaire. Bref, au pif. Une expérience - que je crois - inédite.

Si l'idée de départ peut prêter à sourire et pourrait faire passer Aidan Baker pour un gentil artiste tentant de faire le buzz, au-delà du fait que cela serait mal connaître le bonhomme, le tout tient incroyablement bien la route.
Évidemment, la première écoute se fait dans l'ordre des pistes. Mais dès la seconde, on suit le conseil et on découvre un nouveau 'The Spectrum Of Distraction'. On passe sans coup férir d'un morceau très nerveux à un moment calme. Sans jamais trouver le changement abrupte et anormal.

Aidan Baker réussi avec 'The Spectrum Of Distraction' une vraie expérience sonore à l'éclectisme fou (on passe ici du noise au stoner, du jazz au punk). Une expérience qui a un sens. Qui a du coffre. Et surtout une cohérence. Cet album est dingue. 2012 commence sur les chapeaux de roue. Mais il va falloir se lever tôt pour faire ne serait-ce qu'aussi bien. (Sortie: le 17 janvier 2012)


'The Spectrum Of Distraction' est disponible pour 10€ (oui, 10 malheureux euros auquel il faut ajouter 3.5€ de port) sur Broken Spine, le shop en ligne d'Aidan Baker. En cliquant ici.


Son:

Aidan Baker's Bandcamp ('The Spectrum Of Distraction' est en écoute complète ici. Mais dans le bon ordre, forcément)
Site officiel d'Aidan Baker (et de ses autres projets)

Difficile de proposer des sons en écoute pour un album à écouter en «random». Ceci dit, et en tentant de surcharger la page le moins possible (pour cela que je vous conseille de ne pas rester sur la home pour lire/écouter cet article), voilà une sélection, totalement aléatoire, de six morceaux de ce 'The Spectrum Of Distraction': trois du CD1 et trois CD2.


CD1
Aidan Baker - Mystery Of The Secret Room Pt.3 (0'57)

Aidan Baker - Blood On The Handle Pt.1 (1'02)

Aidan Baker - The Planet Eater (7'00)


CD2
Aidan Baker - Dream Trips Pt.5 (3'00)

Aidan Baker - Surf Monkeys Pt.2 (0'36)

Aidan Baker - Killer Virus Pt.1 (3'42)